îm WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIYERSITY THE GIFT OF J. I). WHITNEY Sturffû Hooptr Prqfessor MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÔLOGY ^.^W^W xWVl- ni!" liai s\M m* Au ^iïKM'M A**Y v^m mê L _ '7 McAl Ik '«W^l r ~ ft « 7 . UWTûli ' *W RUi W A^Mfa*^ ?/?2. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE I/ACADÉMIE DES SCIENCES. PARIï. — IMPRIMERIE DE M U.l. El -BACHELIER , RUE DE SKIPiE-SAINT-GERMAIN, 10. PRÈS L'iNSTITUT. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES CONFORMEMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE <^n (We Du l3 tJulWe-l i835 PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS TOME CINQUANTE-QUATRIEME JANVIER — JUIN 18G2 PARIS, MALLET- BACHELIER, IMPRIMEUR -LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE l'acADÉMIE DES SCIENCES. Quai des Augustins, N° 55. 1862 ÉTAT DE L'ACADEMIE DES SCIENCES AU I e " JANVIER 1862. SCIENCES MATHEMATIQUES Section ï re . — Géométrie. Messieurs : BlOT (C. $) (Jean-Baptiste). J^amé (o. $) (Gabriel). Chasles (o. $) (Michel). Bertrand ^ (Joseph-Louis-François). Hermite ^ (Charles). Serret f? (Joseph-Alfred). Section II. — Mécanique. Le Baron Dupin (G. o.g?) (Charles). Poncelet ( G. o.^) (Jean-Victor). Piobert (G. 0.$) (Guillaume). Morin (c.^?) (Arthur-Jules). Combes (Ofè) (Charles-Pierre-Matthieu). Clapeyron (o. &) ( Benoit- Paul-Émile)-. Section III. — Astronomie. Mathieu (o. ®) (Claude-Louis). Liouville (o. 'é) (Joseph). Laugier # (Paul-Auguste-Ernest). Le Verrier (c. $) (Urbain-Jean-Joseph). Faye (o. $) (Hervé-Auguste-Élienne-Albans).' Delaunay $ (Charles-Eugène). Section IV. — Géographie et Navigation. Duperrey (o.$) (Louis-Isidore). Bravais (o. $) (Auguste). De Tessan(o. $) (Louis-Urbain, Dortet ). i r DE I, ACADÉMIï DES SCIENCES Section V. — Physique générait Messieurs : Becquerel (o.$) (Antoine-César). Pouillet (o.$) (Claude-Servais-Mathias Babinet •';"■: Jacques). Duhamel (o. S (Jean-Marie-Constant). Despretz (o. $) [César-Mansuete). Fizeau @ (Armand-Hippolyte-Louis). SCIENCES PHYSIQUES Section VI. — Chimie. CHEVREUL (c.$) (Michel-Eugène). Dumas (G. O.®) (Jean-Baptiste). PELOCZE (C. $) (Théophile-Jules). REGNAULT (0.$) (Henri-Victor). BaLard (o. ®; (Antoine-Jérôme Fremy @ Edmond Section VII. — Minéralogie. Senarmont (o. $) (Henri Hureau de). DëLAFOSSE (o. $) (Gabriel). Le Vicomte d'Archiac & (Étienne-Jules-Adolphe Desmier DE Saint- Simon). Sainte-Claire Deville # (Charles-Joseph). DAURRÉE (o. g?) (Gabriel-Auguste). Sainte-Claire Deville (o. $&) (Étienne-Henri). Section VIII. — Botanique. Brongniart (o. &) (Adolphe-Théodore). Montagne (o. $) (Jean-François-Caraille TULASNE ^ (Louis-René). Moquin-Tandon & (Horace-Bénédict-Alfred | < . av $ (Claude). Duch irtre Pierre-Étienne-Simon ). ÉTAT DE L'ÀCâDRMlE DES SCIENCES. Section IX. — Economie rurak Messieurs : BOUSSINGAULT (C.&) ( Jear.-Baptiste-Joseph-Dieudonné;. Le Comte de Gasparin (g. 0.4&) (Adrien-Étienne-Pierre). Payen (o.$) (Anselme). Rayer (c. ®) (Pierre-François-Olive ). Decaisne 3g (Joseph). Peligot (o. $) (Eugène-Melchior). Section X. — Ânatomie et Zoologie. Edwards (c. ®) (Henri-Milne). Valenciennes ^ (Achille). Coste 3£ (Jean-Jacques-Marie-Cyprien-Victor). Quatrefages de Bréau ^ ( Jean-Louis-Armand DE") Longet (o. $•) (François-Achille). N Section XI. — Médecine et Chirurgie Serres (c. #) (Étienne-Renaiid-Augustin). Andral (C. $) (Gabriel). Velpeau (c.#) (Alfred-Armand-Louis-Marie). Bernard $ (Claude). Cloquet (o.$) (Jules-Germain). Jorert de Lamralle (c. $?) (Antoine-Joseph). SECRETAIRES PERPETUELS Ëlie de Beaumoint (g.o.$) (Jean-Baptiste- Armand-Louis-Léonce . pour les Sciences Mathématiques. 1'"ix>urens(g.0. &) (Marie-Jean-Pierre), pour les Sciences Physiques. X ÉTAT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. ACADÉMICIENS LIBRES Messieurs : Le Baron SÉGUIER (o.$) (Armand-Pierre). CIVIALE (o.@) (Jean). Bussy (O. #) ( Antoine- Alexandre-BrutusV Delessert (o. ®) (François-Marie). Hienaymé (o. *) (Irénée-Jules). Le Maréchal Vaillant (g.c.*) (Jean-Baptiste-Philibert) \ erneuil £< (Philippe-Edouard Poulletier de). Le Vice-Amiral Du Petit-Thouars (g.c.$) (Abel Aubert). Passy (c.$) (Antoine-François). Le Comte JaUBERT © (Hippolyte-François). ASSOCIÉS ÉTRANGERS Faraday (c.®) (Michel), à Londres. Brewster (0.«) (Sir David), à Edimbourg, en Ecosse. Mitscherlich, à Berlin. Herschel (Sir John William), à Londres. Owen (o.&) (Richard), à Londres. Le Baron Plana (o. ©) (Jean), à Turin. Ehreisberg , à Berlin. Le Baron de Liebig (Justin), à Munich. CORRESPONDANTS. Niita. Le règlement du 6 juin 1808 donne à chaque Section le nombre de Correspondante suivant. SCIENCES MATHEMATIQUES. Section I re . — Géométrie (6). Hamilton (Sir William-Rowan), à Dublin. Le Besgue 3£, à Bordeaux, Gironde. Steiner, à Berlin. Ostrogradski, à Saint-Pétersbourg. TCHÉBYCHEF, à Saint-Pétersbourg. K.UMMER, a Berlin. ÉTAT DES L'ACADÉMIE DES SCIENCES ') Section II. — Mécanique (6). Messieurs : Burdin $, à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme. Seguin aîné $ (Marc), à Montbard, Côle-dOr. Moseley, à Londres. Fairbairn^ (William), à Manchester. Bernard (c. ©), à Saint-Benoît-du-Saulx, Indre. N Section III. — Astronomie (16 i. Le Général Sir Thomas Brisbane, en Ecosse. Encke, à Berlin. Valz $j, à Marseille, Bouc lies -du- Rhône . Struve (c.$), à Pulkowa, près Saint-Pétersbourg. Airy^j (G. Biddell), à Greenwich. Carlini®, à Milan. L'Amiral Smyth, à Londres. Petit $j, à Toulouse, Haute-Garonne. Hansen, à Gotha. Santini, à Padoue. Argelander, à Bonn, Prusse Rhénane. Hind, à Londres. Peters, à Altona. Adams (J.-C .), à Cambridge, Angleterre, Le Père Secchi, à Rome. N. Section IV. — Géographie et Navigation (8). Le Prince Anatole de Démidoff, à Saint-Pétersbourg. Sir James Clark-Ross (c.$5), à Londres. d'Abradie^ (Antoine-Thomson), à Urrugne, près Saint-Jean-de-Luz, Basses-Pyrénées . L'Amiral deWrangell, à Saint-Pétersbourg. Givry (o. &), au Goulet près Gaillon, Eure. Bâche, à Washington. De Tchihatchef, à Saint-Pétersbourg. L'Amiral Lùtke, à Saint-Pétersbourg. C. R., 1862, i« Semestre. (T. L1V, No J.) a IO ÉTAT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. Section V. — Physique générale [g). BaRLOW, à Woolwich. De La Rive ig (Auguste), à Genève. Hansteen, à Christiania. M akianini, à Modène. Forbes (James-David), à Edimbourg. Wheatstowe &, à Londres. Plateau, à Gand. DELEZENNE &, à Lille, Nord. Mvtteucci, à Pise. SCIENCES PHYSIQUES. Section Yl. — Chimie (9). Dksormes, à Verberie, Oise. BÉRARD $, à Montpellier, Hérault. Rose (Henri), à Berlin. WÔHLER (o.C), à Gôttingue. Graham, à Londres. Bunsen (o. &), à Heidclberg. Malacuti (o. &), à Rennes, llle-el- Vilaine. HoFMANN,à Londres. N Section VII. — Minéralogie (8). Rose (Gustave), à Berlin. d'Omalius d'TIalloy, prés de Ciney, Belgique. Murchison (Sir Roderick lmpey), à Londres. Fournet^, à Lyon, Rhône. HAlDINGER, à Vienne Seugwick, à Cambridge, Angleterre. N N v . . ÉTAT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. Il Section YIII. — Botanique (10). ■ Messieurs : De Martius, à Munich. Tkéviranus, à Bonn, Prusse Rhénane. Mohl 'Hugo), à Tiïbingue. Lestiboudois & (Gaspard -Thémistocle), à Lille, Noiri. Blume, à Leyde, Pays-Bas. Candolle # (Alphonse de), ri Genève. SCHlMPER^, à Strasbourg, Bas-Rhin. Hooker (Sir William), à Kew, Angleterre. Thuret, à Antibes, Far. Lecoq, à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme. Section IX. — Economie rurale (10). Bracy-Clark, a Londres. Girardin (o.&), à Lille, Nord. Vilmorin ;§, aux Barres, près Nogent-sur-Vernisson, Loiret. Kuhlmann (o.©), à Lille, Nord. J. Lindley, à Londres. Pierre © (Isidore), à Caen, Calvados. Chevandier #, à Cirey, Meurlhe. Reiset ® (Jules), à Écorchebœuf, Seine-Inférieure. Le Marquis Cosimo Ridolfi, à Florence. Renault (o. &), à Maisons-Àlfort, Seine. Section X. — Ànatomie et Zoologie (10). DuFOUR^ (Léon), à Saint-Sever, Landes Quoy (c.&), à Brest, Finistère. AgaSSIZ, à Boston, Etats-Unis. Eudes-Desloxgchamps £}, à Caen, Calvadt POUCHET Si, à Rouen, Seine-Inférieure. Von Baer, à Saint-Pétersbourg. Carus, à Dresde. NORDMANN à Helsingfors, Russie. PURKINJE, à Breslau, Prusse. Gervais, à Montpellier, Hérault. I ! ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES. Section XI. — Médecine et Chirurgie (8). Mii-sii'iirs : Maunoik aîné, à Genève. PaNIZZA, a Pavie. Bretonneau (o. @), à Tours, Indre-et-Loire. Rrodie (Sir Benj.), à Londres. SÉDlLLOT (o.$), à Strasbourg, Bas-Rhin. Guyon (c.$), à Alger. De Vikchow (Rodolphe), à Berlin. Denis (de Commercv), àToul, Meurthe. N Commission pour administrer les propriétés et fonds particuliers de l'Académie. PONCELET. CllEVREUL. Et les Membres composant le Bureau. Conservateur des Collections de F Académie des Sciences. Becquerel. Changements survenus dans le cours de l'année 1861, (Voir à la page i5 de ce volume.) COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. '88»'- ■ SÉANCE DU, LUNDI 6 JANVIER 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. RENOUVELLEMENT ANNUEL DU BUREAU ET DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE. L'Académie procède par la voie du scrutin à la nomination d'un Vice- Président qui, cette année, doit être pris parmi les Membres des Sections île Sciences naturelles. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 48 (majo- rité 25), M. Balard obtient 23 suffrages. M. Velpeau a3 » M. Andral i » M. LoNGET I » Aucun des candidats n'ayant réuni la majorité absolue des suffrages, il est procédé à un second tour de scrutin. Le nombre des votants étant 54 (majorité 28), M. Velpeau obtient 27 suffrages. M. Ralard 26 » M. Andral 1 » Aucun des candidats n'ayant encore cette fois réuni la majorité absolue. l'Académie procède à un troisième scrutin. ( '4 ) Le nombre des votants cette fois étant 56 (majorité 29), M. Vfxpeau obtient 29 suffrages. M. Balard 26 » Il y a un billet blanc. M. Velpeau, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro- clamé Vice-Président pour l'année 1862. Conformément au Règlement, le Président sortant de fonctions doit, avant de quitter le Bureau, faire connaître à l'Académie l'état où se trouve l'impression des Recueils qu'elle publie et les changements arrivés parmi les Membres et les Correspondants de l'Académie, dans le cours de l'année. M. Milxe Edwards, Président pendant l'année 1861, donne à cet égard les renseignements suivants : Publications de l' Académie. Volumes publiés. » Le tome XXXIII des Mémoires de [Académie a paru dans le courant de l'année 1861, avec son Atlas. Le tome LI des Comptes rendus (2 e semestre 1860) a été distribué com- plet, avec ses Tables. Folumes en cours de publication. Mémoires de l'Académie, tome XXVI : il y a quatre-vingt-treize feuilles tirées, deux en épreuves et deux en copie. — Tome XXIX : les deux tiers du volume sont en manuscrit, mais l'impression n'a pas encore pu être commencée faute de fonds. —Tome XXXII : il y a cinquante-huit feuilles tirées et trois en copie. — Tome XXXIV : il y a six feuilles tirées et quinze en copie. » Mémoires des Savants étrangers. —Tome XVI : il y a quatre-vingt-dix- neuf feuilles tirées, une à tirer, trois en épreuves et dix environ en copie. — Tome XVII : il y a soixante-trois feuilles tirées, douze à tirer, huit en épreuves et douze environ en copie. » Les Comptes rendus ont paru, chaque semaine, avec leur exactitude habituelle. Le tome LU (i er semestre de 1861, sera prochainement mis en distribution. ( iS ) Changements arrivés parmi les Membres depuis le I e 'janvier 1861. Membres élus. » Section de Botanique : SI. Duchartre, le 21 janvier 1 86 1 , en remplace- ment de M. Payer. u Section de Géographie et Navigation : SI. de Tessan, le 1 5 avril 1 86 1 , en remplacement de M. Daussy. » Section de Minéralogie : SI. Daubrée, le 20 mai 1861, en remplacement de M. Cordier. — Sî. IIemei Saixte-Claire-Deville, le 25 novembre |86i, en remplacement de Sî. Bertiuer. » Associés étrangers: SI. le Baron deLiebeg, à Munich (Bavière), élu le i3 mai 1861, en remplacement de SI. Tiedemann. Membres décédés. » SI. Cordier; SI. Bertiuer; SI. Isidore Geoffroy-Saint-Hii aire : SI. TiedemaniV, Associé étranger. Membres à remplacer. » Section d'A natomie et Zoologie : SI. Isidore Geoffroy-Saint-Hieaire. Changements arrivés parmi les Correspondants depuis le 1 er janvier 1861. Correspondants élus. » Section de Géographie et Navigation : SI. Givry, le i5 juillet 1861 ; SI. l'Amiral Lutke, le 29 juillet 1861; SI. Bâche,, le 12 août 1861; SI. de Tciiihatcheff, le 19 août 1861. » Section dAnatomie et Zoologie: SI. Gervais, le 12 août 1861; SI. Pik- kixje, le 22 juillet 1861. » Section de Mécanique: SI. Bernard, le i5 juillet 1861. Correspondants décédés. » Section de Médecine et Chirurgie : SI. SIaunoir, le 16 janvier 1861 . — Section de Mécanique : SI. ViCAT, le 10 avril 18G1. — Section d'Anatomie et Zoologie: SI. Bathke, le 1861. ; iG ; Correspondants à remplacer. » Section de Mécanique : M. Eytelweix. » Section de Chimie : M. Liebig, nommé, le i3 mai i 861 , Associé étranger en remplacement de feu M. Tiedemann. » Section d'Astronomie : M. Boxd. » Section de Minéralogie : M. Uubocher et M. Daubbée. » Section de Médecine et Chirurgie : M. Mauxoir. NOMINATION DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE. L'Académie procède par la voie du scrutin à la nomination de deux Membres appelés à faire partie de la Commission centrale administrative. Sur 53 votants, M. Poxcelet obtient 49 suffrages. M. Chevreul 48 » MM. Poxcelet et Chevreul, ayant réuni la majorité absolue des suf- frages, sont déclarés élus. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. « En rendant compte des observations du passage de Mercure sur le So- leil, M. Le Verrier a dit qu'à Marseille le second contact interne aurait dû, suivant les Tables anciennes, avoir lieu à C) b 37 ra 4o s » Tandis que M. Simon, Directeur de l'Observatoire de Marseille, avait encore vu Mercure sur le Soleil i m 4o* plus tard, ci i m 4o 5 c'est-à-dire à 9 h 3o m ao s » Tout le monde aperçoit à première vue qu'il faudrait au total 9 b 3o/ lu 20% au lieu de o, h 3o m 20*. M. Valz n'a pas pris garde qu'il s'agit d'une simple erreur d'impression, un o ayant été substitué à un 9 : et dans une longue Lettre qu'il a écrite lundi dernier à l'Académie, il en tire une suite de dé- ductions auxquelles il n'y a pas lieu de s'arrêter, puisqu'elles reposent sur une base si futile. » « M. Le Verrier rappelle à l'Académie que la planète @ deM. Chacornac n'avait pas encore reçu de nom, et qu'il en était résulté une discussion dont l'intérêt résidait en ce point qu'il ne fallait pas que, par l'usage d'une no- menclature fautive, on parût admettre que le nombre des petites planètes fut limité. ( '7 » Nos collègues, dit M. Le Verrier, et M. Hind en particulier, nous ont expliqué que l'usage des noms n'impliquait en aucune façon dans leur esprit que le nombre des petites planètes ne tût pas illimité. Ils y voyaient seule- ment un mode avantageux pour désigner les plus gros des astéroïdes. •> La question de principe se trouvant ainsi dégagée, M. Chacornac a prié M. Hind de vouloir bien donner lui-même un nom à la petite planète @. M. Hind a choisi le nom d'Olympia. » ASTRONOMIE. — Sur le système des planètes Mercure, Vénus, la Terre et Mars; par M. Le Verrier. '< Bessel, dans la préface des Tabulée regiomontanœ, place au premier rang, parmi les questions dont la solution importerait à la science, l'examen de cette assertion que la théorie et l'observation seraient complètement d'accord; assertion souvent répétée, mais sans preuves suffisantes à l'appui. C'est cet important problème dont l'examen m'occupe depuis vingt ans. Après avoir rétabli l'accord dans les régions supérieures du système plané- taire par la découverte de Neptune, j'ai cherché si l'harmonie ne laissait rien a désirer dans le système des quatre planètes inférieures Mercure, Vénus, la Terre et Mars. » L'ensemble du travail comportait trois parties distinctes : un nouvel examen des théories, une nouvelle discussion des observations, enfin la comparaison mutuelle des unes et des autres. » Les théories des quatre planètes reposent essentiellement sur le déve- loppement en série de la fonction perturbatrice. Ce développement, que j'ai donné complet jusqu'aux termes qui sont du 7 e ordre par rapport aux excentricités et aux inclinaisons, est l'objet du chapitre III de mes Recher- ches astronomiques {Annales de l'Observatoire, tome I er ). Des Tables numé- riques servent à faciliter le calcul des divers termes de la fonction. » Les chapitres XIV, XV, XVI et XVII des Recherches {Annales, t. IV, V et VI) sont respectivement consacrés à l'étude des mouvements de la Terre (ou, ce qui revient au même, du Soleil), de Mercure, de Vénus et de Mars. Dans chacun de ces chapitres, la théorie des perturbations de la planète considérée est donnée dans la première Section. » Dans l'incertitude où l'on était de savoir si l'on pourrait définitive- ment faire concorder la théorie avec l'observation, il importait au plus haut point que l'exactitude des termes des perturbations fût mise hors de doute. C. F.., 1862, 1" Semestre. (T. L1V, N° 1.) ° ( '8 ) Dans ce but, une grande partie du travail et notamment le* points princi- paux ont été traités en double ou même en triple par des méthodes diverses. » Les perturbations de Mercure en particulier ont été établies en entier par deux méthodes distinctes, soit en développant les séries au moyen des formules d'interpolation numérique, soit en s'appuyant sur le développe- ment algébrique de la fonction perturbatrice. Et cela même n'a pas suffi : les termes principaux, les termes séculaires, qui joueront plus tard un rôle tort important, ont été déterminés d'une troisième manière. » Pour vérifier l'exactitude des formules qui représentent 1 action de Vénus sur la Terre, formules extrêmement complexes, j'ai déterminé l'effet des perturbations pour une certaine période de temps par le moyen fies quadratures numériques, et constaté que le résultat ainsi obtenu cadrait avec celui qu'on déduit des formules générales. » Tous les termes séculaires ont d'ailleurs été formés de deux manières différentes. >i En raison de ces précautions multiples, les théories des perturbations peuvent être considérées comme exactes, et ce n'est pas dans ces théories qu'il faudra chercher l'explication des difficultés ultérieures, s'il vient à s'en produire. » Les Observations à leur tour ont dû être l'objet d'un examen sévère et d'une discussion étendue qui nous a entraîné beaucoup plus loin que nous ne l'avions d'abord soupçonné. » Les positions du Soleil et des planètes sont, par l'observation, rapportées aux positions des étoiles. S'il existait dans les catalogues de ces dernières des erreurs systématiques, elles influeraient sur les positions observées des planètes elles-mêmes auxquelles on attribuerait des erreurs qui appartien- draient eu réalité aux étoiles. Ainsi, on s'exposerait à perdre le fruit de l'exactitude portée partout ailleurs dans la discussion. J'ai donc dû, avant tout, réviser les positions îles étoiles fondamentales. » On ne gagnerait rien à remonter pour les observations méridiennes au delà de Bradley. Les observations de cet éminent astronome ont été réduites par Bessel dans son célèbre ouvrage intitulé : Fundamenta astrono- miœ uro anno MDCCLV. Je me bornerai à rappeler ici que j'ai trouvé, soit dans la détermination de l'état de l'instrument de Bradley, soit dans les positions conclues pour les étoiles fondamentales, de nombreuses inexacti- tudesqui m'ont obligé à reprendre tout le travail de la détermination des ascensions droites des étoiles fondamentales. Les résultats de cette nouvelle discussion sont donnés dans le chapitre X des Recherches [Annales, tome II). ( «9) « A la suite de ce chapitre viennent, pour tout un siècle, de 1750 a 1800 : » i° Des tables de la nutation et de l'obliquité de l'écliptique. » 2 Des tables des ascensions droites moyennes des étoiles fondamen- tales. » 3° Des tables pour le calcul des ascensions droites apparentes de ces mêmes étoiles fondamentales. » 4 Q L'heure delà pendule de Bradley «le 1760 à 1762, déduite des passages des étoiles fondamentales. " Dans une addition au chapitre XII (Annales, tome 111), l'heure de la pendule de Greenwich est calculée de 1763 à i83o pour tous les jours où des passages de planètes ont été observés, ce qui permet de conclure les ascensions droites de ces astres, rapportées avec certitude à un même cata- logue et à un même équinoxe. On y trouve également les ressources néces- saires pour réduire les plus importantes observations du Soleil faites à Rœnisberg de i8r4 à i83o. • Les observations faites a Paris, a partir de l'an 1800, ont été traitées avec une attention particulière. Les résultats de leur discussion sont publiés dans une série spéciale des Annales. » Les observations du Soleil, de Mercure, de Vénus et de Mars sont rap- portées dans la troisième SECTION des chapitres qui concernent ces astres. » Les observations du Soleil puisées dans les registres de Greenwich, Pans et Kœnigsberg sont au nombre de près de 9000. Certes je n'avais pas pensé, en commençant ce travail, qu'il dût prendre un tel développement. Mais la discussion de 35oo observations du Soleil avait indiqué entre la théorie et l'observation des écarts qui, suivant la confiance qu'on accordait alors à l'exactitude des observations, pouvaient être rejetés sur la théorie. Taudis qu'en employant toutes les observations faites pendant un siècle et rétablissant la suite des résultats, j'ai mis au jour, dans les moyennes des observations, des solutions de continuité notables, ignorées jusque-là et qui exigent qu'on diffère de prononcer sur la signification définitive de quel- ques difficultés Ce serait a tort qu'on attribuerait ces solutions de conti- nuité uniquement aux observateurs : très-certainement les dispositions des instruments et celles des salles d'observation y ont une grande part. » Les observations les plus importantes de Mercure consistent dans les passages de la planète sur le Soleil. Tandis que les observations méridiennes sont la base essentielle de toute étude faite sur Vénus et Mars. « La comparaison de la théorie avec les observations est la partie la plus 3.. ( ao) délicate du travail. Nous serions entraînés trop loin si nous voulions en rendre compte ici. Chaque point, en effet, demanderait à être traité com- plètement pour avoir nu sens net et précis. C'est pourquoi, laissant de côté fout ce qui concerne l'exacte détermination des éléments des orbites, nous allons nous attacher exclusivement à la recherche des masses des pla- nètes. II convient de résumer à cet égard les divers résultats. Comme on les a successivement obtenus, leur discussion n'a pas pu être complète ; maintenant que nous sommes eu possession de l'ensemble des documents, nous la reprendrons avec avantage. » Nous avons représenté, à l'origine de nos recherches, les masses des quatre planètes inférieures parles formules suivantes : i + v (0 Mercure m = - 3 000 000 I , / Vénus m' = 7 — 57-j 4 olt M7 La Terre m" = Mars m'" = 354g36 1 -+- y'" 2680337 v, v étant des indéterminées. » L'action de Mars n'a d'effet sensible que sur la position de la Terre; c'est donc surtout par la considération des observations du Soleil que cette masse peut être déterminée. Au premier abord, il est vrai, on serait tenté de recourir aux observations des conjonctions inférieures de Vénus, ou à celles des oppositions de Mars. Dans ces circonstances, en effet, les perturbations que Mars produit dans la longitude de la Terre, se reflètent dans les posi- tions apparentes des planètes; et, de plus, leur effet se trouve considérable- ment accru. Mais il est facile de reconnaître que les oppositions de Mars ne peuvent être d'aucun usage pour la détermination de la masse de cette planète. Au moment de ces oppositions les longitudes moyennes de Mars et de la Terre étant à peu près égales, les termes des perturbations de la Terre qui dépendent de la différence des longitudes moyennes /' et /" disparaissent ; tandis que les termes qui dépendent des arguments de la forme (n ■+- 1) /'" — 'd", etqui sont du premier ordre par rapport aux excen- tricités des orbites, se confondent sensiblement avec l'équation du centre. On venait de même que les oppositions de Mars ne pourraient pas non plus servir à la détermination de la masse de la Terre par la considération des perturbations périodiques de la longitude de Mars. ( 21 ) » Vénus de son côté a présenté dans l'observation de ses conjonctions* intérieures quelques difficultés, par suite desquelles il n'eût pasété prudent de vouloir déduire de ces conjonctions un trop grand nombre d'inconnues. » Les observations méridiennes du Soleil, faites d'une part de it5o à 1810 et de l'autre de 1 8 1 1 à i85o, m'ont donné pour le calcul de l'indé- terminée v" dont dépend la masse de Mars les conditions (Annales, t. [\ . P- 9 5 ) 1760-1810... 2 123"'/' + 567" v'+ IO"v-|- 257",/| = 0, i8ii-i85o... 2472" v"-t- 376V- 2"v + 2i6,4=o. » Chacune de ces conditions dépend d'un très-grand nombre d'observa- tions; et comme elles sont à peu près identiques, on doit considérer comme très-exact le résultat auquel elles conduisent. On tire de leur somme (2) V'"= — O, Io3l — O,205 V' — 0,002V. INous verrons bientôt que v' est une très-petite fraction, et en conséquence nous pouvons regarder comme légitime et suffisante l'hypothèse ut p v = — 0,1 o5, introduite dans les théories traitées après celle du Soleil etdans lesquelles n'a pas reparu l'inconnue v'". Lorsque v' et v nous seront connues, la formule précédente donnera la valeur définitive de v'". » L'action de Mercure sur la Terre est peu considérable: en un siècle elle ne s'élève guère à une quantité supérieure à l'incertitude d'une moyenne d'observations du Soleil. Et, en effet, nous avons reconnu dans leChap.XIV (t. IV, p. g5 ) qu'on ne peut rien tirer des observations du Soleil pour la connaissance de la masse de Mercure. » Mais Mercure introduit dans l'excentricité et dans le périhélie de Vénus des termes séculaires qui, en cent années, deviennent tres-sensibles, et qui nous donneraient la masse de Mercure avec précision si les observations méridiennes des conjonctions inférieures de Vénus, faites par Bradley, n a- vaient renfermé l'erreur systématique que nous y avons trouvée, ou bien encore si Horoccius nous avait transmis l'heure précise de l'entrée de Vénus sur le Soleil en i63q. » Quoi qu'il en soit, nous avons conclu de la considération des longitudes de Vénus les conditions (chap. XVI, t. VI, p. 7 3, 76 et 91 (N) Passage sur le Soleil (1639) 27",4v-+-46",3v'+5i",6v"+i8",6=o, ^Infc— ... ~^a^ S «75'i-i76i <4,3v+25,5v'4-2 7 , 7 v"- Observât, méridien :0, (Q)j \ 1766-1830 7,8v-+- 9, 2v'+t5, 3v"-+- 3,7=0. ( 2* ) Nous avons d'ailleurs dit, p. 92, pourquoi, en tenant compte du degré pro- bable d'exactitude des constantes des équations, il semblait convenable, pour former la condition définitive propre à donner la valeur de v, de diviser par 4 tous les termes de l'équation (N), et d'ajouter l'équation ainsi obte- nue aux équations (P) et (Q) : ce qui donne la condition 29",ov + 46",3v'-H 55",9v" -+- io",o = o. .- Les coefficients dev' et v" dans cette relation sont considérables: et*si on ne l'emploie pas à la détermination de ces arbitraires, c'est parce que v nous est totalement inconnu et que nous n'avons aucune autre condition pour en estimer la valeur. Il ne sera toutefois possible d'en conclure la masse de Mercure que lorsque les masses de Vénus et de la Terre dont elle dépend auront été fixées. On aura alors (3) v = — o,345 — 1,597 V'— 1,928 V". » La masse de Vénus s'obtient de plusieurs manières. » Le mouvement séculaire de l'obliquité de l'écliptique fournit la rela- tion (Chap. XIV, Annales, t. IV, p. 52) : 2 8",88v' + o",83v" + o",53v -t- i",8i = o. » Cette relation attribue à v' une valeur négative, et nous avons montré (Chap. XV, t. V, p. joi) qu'il ne serait pas possible de poser v' — -+- o, 1 sans introduire entre les valeurs de l'obliquité calculée et de l'obliquité observée une différence notable, croissant progressivement avec le temps et s'élevant à 4">6 dans l'espace d'un siècle. La suite des observations de l'obliquité de l'écliptique et leur concordance semblent exclure la possibi- lité de telles erreurs. 1 En faisant v" — — 0,1, la relation précédente donne (4) v' = — o,o5gS — o,oi83 v. » En second lieu, la considération des perturbations périodiques de la Terre, produites par Vénus, nous a conduit (Chap. XIV, t. IV, p. 94), aux deux relations (1750-1810)... 8539" v' — i4o"v" — 39"v — 6",o = o, ,1811-1 8 5o . . . 780 'V v' 4- 1 63" v'" - 23" v -+- 85", 1=0. En raison de la grandeur des coefficients de v'. ces relations sont presque ( a3 ) identiques. Elles deviennent, en y posant v'" = — o, i , 8539" v' - 3c," v -+- 8",o= o. 7 8o3"v'-23"v-f-68",8 = o. » On voit qu'en faisant v' = + 0,1, il resterait en définitive dan? ces équations des erreurs énormes, tandis qu'elles donnent au contraire la va- leur moyenne (5) v' = — 0,0047 +o,oo38v. " Nous avons en troisième lieu tenu compte, dans le chapitre XV, de l'effet de l'action de Vénus sur les positions apparentes de Mercure, en rai- son des perturbations périodiques qu'elle produit sur celte planète et sur le Soleil, et des inégalités séculaires qu'elle introduit dans les éléments de l'or- bite du Soleil. Nous avons trouvé ainsi (t. V, p. g3), (6) v' = — 0,0228 — 0,01 32 v — 0,002827, x étant en secondes sexagésimales la correction de la position du nœud de l'orbite trouvée pour i85o. On ne peut répondre de cette indéterminée r à 5" ou même 10" près. » Enfin, la discussion des latitudes de Mars nous a conduit aux deux relations (Chap. XVII, t. VII), -+- o", 1222 y' — o",ooio v -+- o",ooo3v" — o",i3i 1 v ,v -+- o",oo565 = o, — o ,2.56o v' — o ,0069 v — o ,0682 v — o ,3yi5 v ,T — o ,00577 = o. Nous avons reconnu que ces relations sont très-précises. En retranchant de la seconde la moitié de la première, on trouve — o",3i 7 1 v' — o",oo6/j v — o",o683 v" — o",3o6o v ,T — o", 00860 = o, et l'on en tire (7) v'= — 0,0271 — 0,0202 v — o,2i53v" — o,g65ov' v . » Rappelons d'ailleurs qu'il serait impossible de supposer ■/ = ■+■ o o5 sans introduire dans les latitudes théoriques de Mars des erreurs inadmis- sibles. » En prenant la moyenne des quatre valeurs que nous venons d'obtenir ( ?4 ) pour v' et négligeant les termes en t, v" et v lv , on obtient (8) y' = — 0,0286 — 0,0120 v. » Nous remarquerons, avant (Je poursuivre, qu'on tire, avec une exacti- tude suffisante, des relations (2), (3) et (8) v = — o,3o5 — 1,97 V", (9) V' — — 0,025, v'"= -0,097. » Soient actuellement : m" la masse delà Terre proprement dite, abstration faite delà Lune; /jl m" n la masse de la Lune; m" la somme des masses de la Terre et de la Lune. C'est cette dernière quantité qui doit figurer dans le calcul des perturbations planétaires, ou, par abréviation, on donne le nom de Terre à la réunion de la Terre propre- ment dite et de la Lune. » La comparaison de la chute des graves vers le centre de la Terre avec la chute de cette planète vers le Soleil donne, en désignant parc/ la parallaxe équatoriale du Soleil : H (10) log^ = 9,64520, et, en admettant la valeur de la parallaxe équatoriale (11) ce qui est l'hypothèse la plus for- cée qu'on puisse faire, il resterait encore v" = -+- o, 1 18. » Sans nous arrêter à quelques détails, nous compléterons toutes ces données en rappelant que nous avons trouvé dans le périhélie de Mercure un excès de mouvement très-notable et dont on ne pourrait rendre compte par l'action des planètes connues qu'en posant (Chap. XV, t. V, p. 100) 288V + 87V = + 38",3. Aujourd'hui, plus encore qu'à l'époque où nous avons donné cette relation, il est impossible d'y satisfaire en disposant de l'indéterminée v'. En rempla- çant cette indéterminée par sa valeur ci-dessus v' = — 0,025, îl reste la condition 8 7 "v"= +45",5; et, comme il n'est pas admissible qu'on puisse augmenter la masse de la Terre de la moitié de la valeur qui lui a été attribuée, on se trouve dans l'obligation d'expliquer la plus grande partie de l'excès du mouvement du périhélie de Mercure par quelque action étrangère. » Ainsi, les difficultés sérieuses qu'on rencontre dans les mouvements des quatre planètes inférieures se réduisent à trois principales, savoir : i° l'excès du mouvement du périhélie de Mars; 2 l'excès du mouvement du nœud de l'orbite de Vénus; 3° l'excès du mouvement du périhélie de Mercure. » Les deux premières difficultés, savoir les excès des mouvements du pé- rihélie de Mars et du nœud de Vénus, paraissent provenir de la même source. L'une et l'autre semblent accuser la nécessité d'un accroissement dans la masse de la Terre, ce qui indiquerait que la cause perturbatrice serait placée entre les deux planètes qui en éprouvent l'effet. Mais s.'en- suit-il qu'il faille en réalité augmenter la masse de la Terre? ou bien faut-il détacher d'elle la matière dont l'action a paru jusqu'à un certain point con- forme à celle d'une masse égale au dixième environ de la Terre? Et dans ce dernier cas comment serait distribuée cette matière étrangère à la Terre? 4.. ( =>8 ) » Parmi les objections qui semblent ne pas permettre de joindre à la Terre elle-même cette matière supplémentaire dont nous avons besoin pour rétablir l'harmonie, on doit remarquer la suivante. Si l'on augmentait d'un dixième la masse totale de la Terre et de la Lune, la masse de la Terre elle-même se trouverait accrue dans le même rapport; et la relation (10) qui lie entre elles la gravité à la surface de la Terre, la masse de notre pla- nète et la parallaxe du Soleil, ne serait plus satisfaite, à moins qu'on n'aug- mentât d'un trentième la valeur de la parallaxe du Soleil. » Ces difficultés disparaîtront si l'on admet que la matière perturba- trice soit distribuée entre un nombre considérable d'astéroïdes tels que ceux qui existent entre Jupiter et Mars, et dont on n'aperçoit sans douteque les plus gros, ou tels que ceux dont l'observation de chaque jour constate la présence à une distance du Soleil sensiblement égale à celle de la Terre. Un tel système de corpuscules agira surtout sur le périhélie d'une planète dont l'excentricité sera considérable et lui imprimera un mouvement direct : il troublera moins ou même ne troublera pas du tout l'excentricité. Ce sera seulement dans le mouvement du périhélie, attribué exclusivement aux termes qui dans les formules ne dépendent pas de la longitude de cet élément, qu'on pourra chercher un renseignement sur la masse totale de ces corpuscules. » Mais, dans cette hypothèse, doit-on attribuer la totalité des excès de mouvement observés au groupe des astéroïdes situé à la même distance du Soleil que la Terre, ou au groupe dont font partie les petites planètes découvertes entre Mars et Jupiter? ou bien enfin l'un et l'autre groupe ont-ils une action sensible? Ce sont des questions complexes et qu'il serait impossible de trancher aujourd'hui avec les données dont on dispose. N'ayant aucun moyen d'estimer séparément les actions des deux groupes, on peut seulement assigner à leurs masses des limites supérieures, en attribuant successivement à chacun de ces groupes tout l'excès du mouvement du périhélie de Mars. •> Désignons par m' une petite masse se mouvant autour du Soleil dans une orbite dont l'excentricité soit e' et la longitude du périhélie 4340000 Masse de Vénus m' — -. =- ■> 412 i5o Masse de la Terre m" = Masse de Mars m'" = 354 o3o 2 968300 ( 3i ) » Avec ces divers éléments, je suis parvenu à construire des Tables du Soleil, de Mercure, de Vénus et de Mars, qui représentent toutes les ob- servations faites depuis un siècle, et les observations antérieures, notam- ment les passages de Mercure sur le Soleil. Ces Tables ont toutes été adop- tées pour la rédaction du Nautical Almanac. » En i83o encore, les Tables sur lesquelles on construisait les éphémé- rides astronomiques du Soleil et des planètes étaient toutes françaises. Mais, depuis lors, la moitié d'entre elles avaient été remplacées, même en France, par des Tables allemandes. Nous sommes sortis aujourd'hui de cette situa- tion regrettable. » M. FrouRExs présente à l'Académie un volume intitulé : Mémoires et Souvenirs de Aucjustin-Pyramus De Candolle, Associé étranger de l'Académie, volume que vient de publier M. Alphonse De Candolle. « Ces Mémoires de l'un des plus grands naturalistes de ce siècle seront, dit M. Flourens, lus avec un immense intérêt par tous ceux qui cultivent la science avec un esprit élevé. » Dans une préface qui lui est propre, M. Alphonse De Candolle juge, avec un rare discernement, son père et les services qu'il a rendus. De Candolle, venu à une époque où la science semblait se perdre dans les dé- tails, comme avant Linné, sut tout ensemble généraliser les faits et les con- denser; la botanique avait besoin encore une fois d'un législateur; et, comme le dit excellemment son fds : « Cet homme heureux, après Linné, fut De Candolle. » M. Elie de Beaumont fait hommage, au nom de Madame veuve Dufrénoy, d'un relief du Vésuve exécuté par feu M. Dufrénoy, et en son propre nom d'un relief de l'Etna exécuté par lui. M. Élie de Beaumont fait hommage à l'Académie, au nom de l'auteur M. Plana, d'un Mémoire de l'illustre astronome contenant l'observation faite par lui à Turin, le 12 novembre dernier, du passage de Mercure sur le disque du Soleil. astronomie. — Sur i éclipse du 3i décembre 1861 ; extrait dune Letlrt de M. Petit à M. Élie de Beaumont. « Un assez beau temps m'a permis d'observer, avec beaucoup de préci- ( 3a ) sion, je crois, le commencement de l'éclipsé de Soleil du 3i décembre i86r, à i 1 * 58 m 4^i s ;3 1 (temps moyen de Toulouse). » Des nuages survenus pendant la durée du phénomène et les ondula- tions atmosphériques très-intenses au voisinage de l'horizon m'ont gêné pour la détermination de la fin, que j'ai observée, avec un peu d'incerti- tude, à 4 h n m 3?. s ,48. •• Deux taches étaient voisines du bord qui a été mordu le premier ; l'une fort petite, que les nuages m'ont empêché de voir disparaître-, l'autre assez belle et dont le noyau s'est trouvé complètement occulté à 2 h io m 25 s ,24. » Le grossissement linéaire de ma lunette était égal à 55. » MÉMOIRES PRÉSENTÉS. PHYSIOLOGIE. — Détermination graphique des rapports du choc du cœur avec les mouvements des oreillettes et des ventricules ; par MM. Chabveaii et Mahey. (Deuxième Note.) (Commissaires précédemment nommés : MM. Flourens, Rayer, Bernard.) « Dans un travail récent, nous avons eu l'honneur d'exposer devant l'Académie des expériences destinées à fixer les physiologistes sur la véri- table théorie des mouvements du cœur. On sait qu'à l'aide d'un instrument enregistreur, nous avions mis le cœur lui-même en état de signaler chacun de ses actes principaux avec son moment d'apparition et de durée. Nous enlevions ainsi à l'idée préconçue et à l'illusion des sens toute part dans l'interprétation des faits. » M. Beau a soulevé contre nos conclusions des objections auxquelles nous allons répondre pour lever les doutes qui pourraient rester à la suite d'une démonstration sans doute insuffisante. .. Pour rappeler en quelques mots les résultats fournis par nos premières expériences, voici ce qui exprimaient les tracés que nous avons présentés. 'Voir la séance du 7 octobre 1861 .) » Ces tracés montraient : » i° Que la systole de l'oreillette commence et finit avant celle du ven- tricule. » a" Que la systole du ventricule et la pulsation cardiaque (choc du cœui commencent et finissent toutes deux simultanément. » Nous pensions que cette démonstration suffisait pour prouver que la pulsation cardiaque ne saurait être l'effet de la systole auriculaire qu'elle (33 ) suit de trop loin; tandis que le synchronisme parfait de cette pulsation avec la systole du ventricule montre qu'elle est entièrement sous sa dépendance. » Dans la théorie actuelle de M. Beau, telle qu'elle est exprimée dans les dernières publications de cet auteur, le battement ventriculaire serait pro- duit par la diaslo-systole dn ventricule; c'est-à-dire qu'il se compose de deux chocs, l'un diastolique, l'autre systolique, se suivant de très-près : de si près même, que pour l'observateur ils ne font qu'un seul et même choc attribué à tort à la systole du ventricule. » Au nom de la logique, M. Beau demande à nos tracés la manifestation d'une diastole ventriculaire sous l'influence de la systole de l'oreillette. Nos tracés n'accusant pas ce mouvement, cet auteur est en droit de nous demander : « Que devient donc l'ondée lancée par l'oreillette? » » Pour nous, la dilatation du ventricule par l'oreillette est un phéno- mène accessoire qui n'est pas même nécessaire à l'accomplissement d'une circulation énergique. Lorsque le ventricule est déjà rempli par le retour du sang veineux, l'effet que produit sur lui la systole de l'oreillette est si peu intense, que nos premiers appareils ne le signalaient pas. Mais, en présence de cette légitime réclamation, nous avons dû remédier à l'insuffisance de nos précédentes expériences. En donnant plus de sensibilité aux instruments, nous avons pu signaler la diastole du ventricule et avec elle tous les petits mouvements accessoires qu'éprouve le sang dans les cavités du cœur et même jusqu'à ce léger ébranlement que produit le claquement des valvules C. F... 186:. i" Semestre (T. I.IV, N° I.) ( 34 ) » Nos tracés étant cette fois grandis clans leur amplitude et leur durée, nous avons dû restreindre à un et demi le nombre des battements du cœur représenté; du reste, dans cette figure, les trois lignes superposées ont la même signification que dans celle que nous avons déjà donnée dans notre précédent article. » La ligne O indique les mouvements de l'oreillette, la ligne V ceux du ventricule, et la ligne C les pulsations cardiaques. La description déjà don- née s'applique donc à ce nouveau tracé; seulement nous montrons aujour- d'hui certains détails nouveaux. » Ainsi, les lignes verticales SO, qui dans les trois tracés correspon- dent aux débuts des systoles de l'oreillette, sont partout suivies d'une ondu- lation due à cette systole elle-même. On peut voir sur le tracé O, dans lequel un appareil très-sensible enregistre les mouvements de l'oreillette, que le moment de la systole est accusé par une élévation de pression très- bien caractérisée. Dans le tracé du ventricule (ligne V), cet effet est égale- ment visible, mais moins que pour l'oreillette, à cause d'une sensibilité moindre de l'instrument. Enfin, sur la ligne C, qui indique les battements du ventricule contre la paroi thoracique, on voit que la diastole ventricu- laire se traduit par un battement léger. » Le synchronisme de ces trois mouvements montre bien qu'ils ont la même origine : la systole de l'oreillette qui élève la pression du sang dans le ventricule et le dilate. » Cette diastole ventriculaire est complètement finie quand apparaissent la systole et le battement énergique qui lui correspond. Ces mouvements, dont le début est signalé par la ligne SV, sont tellement distincts des précé- dents, que nous croyons impossible de les confondre en un phénomène unique. » Il nous paraît évident que la systole ventriculaire et le choc qui l'ac- compagne correspondent seuls au battement puissant que la main ressent quand elle est appliquée sur le cœur. » Quant à la supposition d'une translation lente et graduelle du sang de l'oreillette dans le ventricule, c'est une hypothèse faite par M. Beau poul- ies besoins de la théorie qu'il défend. Outre qu'un tel retard semble à priori impossible pour le cas de deux cavités contigués communiquant par un large orifice, l'inspection de la figure montre bien qu'il y a synchro- nisme entre la systole de l'oreillette et la diastole du ventricule qui lui cor- respond. » Nous ne pousserons pas plus loin la réfutation des objections qui ( 35 ) nous ont été faites, notre but étant moins d'y répondre que de compléter une démonstration cpii nous semblait être insuffisante. » ANATOMIE comparée. — Note sur un orcjcine particulier du cerveau des Mormyres; par M. Marcusen. (Commissaires, MM. Milne Edwards, Valenciennes, Claude Bernard.) « M. Erdl a été le premier qui, dans une communication faite à l'Aca- démie de Munich en 1846, fit connaître une organisation tout à fait parti- culière du cerveau des Mormyres; un développement extraordinaire de sa partie supérieure, sa grandeur et surtout les circonvolutions qui s'y mon- trent, présentent un état tout à fait différent de celui du cerveau des au- tres poissons. » Depuis, j'ai donné, en 1 853, dans un travail présenté à la Société de Biologie de Paris et à l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, une courte Note sur le même sujet, dans laquelle j'ai nommé ces parties supé- rieures cjr and cerveau ; mais en observant en même temps que ces circonvolu- tions et par conséquent toute la partie supérieure du cerveau n'étaient que des excroissances solides de la partie du cerveau située au-dessus et sur les côtés des lobes optiques, et qu'il n'y avait pas de ventricules latéraux (par- tie essentielle du cerveau des animaux vertébrés supérieurs); comme l'avait pensé Erdl, j'avais nommé les parties situées derrière les lobes optiques, sous lesquelles passe l'aqueduc de Sylvius, corps quadrijumeaux; je les avais trou- vés formés par une masse placée entre le cervelet et les lobes optiques, qui donnait elle-même des excroissances cylindriques en haut, en arrière jus- qu'au-dessus des lobes optiques, c'est-à-dire jusqu'à la partie qui produit ce que j'avais nommé grand cerveau. » M. Ecker est venu après moi, en 1 854, donner une description du cerveau du Mormyrus bané (qu'il croyait être un Mormyrus cyprinoides Lin., une erreur qui avait été déjà corrigée par M. Valenciennes : le Mormy- rus cyprinoides Lin. est le Mormyrus labialus Geoffr.), et il avait émis l'opi- nion que ce que j'avais nommé grand cerveau n'était que des corps qua- drijumeaux, qui non-seulement se trouveraient au-dessus de l'aqueduc de Sylvius, entre le cervelet et les lobes optiques, mais qui par un développe- ment excessif formeraient les circonvolutions et toute la partie antérieure et supérieure, du cerveau. Les dernières prendraient racine dans une partie 5.. ( 36) située au-dessus des lobes optiques, mais dont la partie moyenne inférieure serait placée entre les lobes optiques. » Par la découverte que je viens de faire, je vois que M. Ecker et moi nous nous sommes trompés tous les deux , et que ce cerveau si bizarre, cette exception surprenante du développement génétique des organes dans la série des animaux vertébrés, n'est qu'un cerveau ordinaire de poisson, qui contient encore un organe particulier dont le développement excessif nous étonne, mais qui n'appartient pas au cerveau proprement dit. » Voici ce que l'on trouve en examinant particulièrement ces excrois- sances : Au-dessus de l'aqueduc de Sylvius, en avant de la partie posté- rieure du cerveau (cervelet), on voit une masse grisâtre qui est terminée en haut par une petite excroissance cylindrique, et au-devant d'elle, séparée par une fente transversale, se trouve une autre excroissance en forme de langue, dirigée en avant et en haut; sous la dernière la masse grise en donne en avant trois : une supérieure, une médiane, et devant la dernière se trouve l'inférieure; une excroissance cylindrique qui prend aussi racine dans la masse grise mentionnée ci-dessus et qui est dirigée de bas en haut et d'avant en arrière. Devant et en dessus de la dernière il y a un lobe central, et des dernières proviennent toutes les excroissances en forme de feuillets minces, qui forment les circonvolutions; ces feuillets s'élèvent, se plient, se replient plus ou moins d'après les différents genres de Mormyres. Ainsi les Mormyrus oxyrliynclws, longipiunis, cascliive, etc., ont le plus grand dé- veloppement de ces parties; les Banés le plus petit; entre les Mormyrus oxyrhynchus et les Banés sont placés les Mormyrus dorsalis, les Mormyrops (Mormyrus cyprinoides Lin.). Toute la masse grise devant le cervelet est gyrogène, excepté une couche blanchâtre au-dessous de la masse grise, se trouvant au-dessus de l'aqueduc de Sylvius et provenant de la moelle allon- gée qui se dirige en avant sous la forme de pédoncules. » Voici la preuve de ce que j'ai avancé plus haut : » Si l'on examine avec attention les excroissances ci- dessus décrites, on voit que toutes montrent une couche blanche à la partie externe. Sous celle-ci se trouve une couche grisâtre, et sous la dernière on voit une couche blanchâtre. » Si l'on examine au microscope la couche blanche externe, on voit qu'elle ne contient rien des parties élémentaires essentielles au système ner- veux, c'est à-dire, ni fibres uerveïises, ni corps ganglionnaires. Mais on aperçoit que ces excroissances sont implantées dans la couche grise sous- jacente au moyen de pédicules allongés et minces, et qu'elles sont constituées (37 ) par une masse tout à fait particulière. Elle est transparente et consiste en fibres grisâtres, placées parallèlement les unes près des autres, qui montrent quelque chose dans le genre de stries transversales, tellement que leur aspect nous rappelle les fibres primitives musculaires. Les fibres ont une direction transversale au diamètre de la longueur des feuillets. A l'œil nu deux feuillets ont toujours l'air de former une anse. Mais au microscope on voit que ce sont toujours deux feuillets qui sont réunis ensemble, que c'est tin tissu conjonctif qui les réunit, et que ce n'est pas un seul feuillet qui retournerait en forme d'anse. » Chaque feuillet a, du côté externe, une sorte de gaîne très-mince, formée par un tissu conjonctif, qui montre dans une substance homogène, transparente, un peu granulée, des noyaux (corps de tissu conjonctif) ronds ou oblongs , dont le grand diamètre est placé le long du feuillet , et croise par conséquent la direction des fibres de la masse particulière des feuillets. Les deux feuillets qui forment l'anse apparente sont séparés de leurs voisins par des prolongements de la pie-mère qui passe entre eux. Mais aussi les deux feuillets formant une anse sont séparés entre eux par une fente longitudinale, dans laquelle se trouve du tissu conjonctif. Dans la masse des feuillets et aussi dans celle du tissu conjonctif qui sépare une anse de l'autre, on voit des capillaires en grand nombre. » Le tissu gris situé sous la couche blanche est constitué par une masse transparente dans laquelle se trouvent des noyaux ronds, luisants, à contours noirs très-prononcés, sans nucléoles, placés si près l'un de l'autre, que c'est à peine si l'on distingue la masse dans laquelle ils se trouvent. Ils ressemblent beaucoup à ces noyaux que l'on voit en si grande quantité dans les centres nerveux pendant le temps deleurdéveloppement,et que l'on trouve en grand nombre pendant toute la vie dans la moelle épinière des grenouilles. (Kolli- ker les regarde comme des corpuscules ganglionnaires; Bidder et ses élèves comme des corps de tissu conjonctif. ) C'est dans ce tissu que se trouvent les racines des excroissances sons forme de pédicules minces. Ce tissu à noyaux couvre-t-il en couche très-miuce les excroissances? Je ne peux pas l'affirmer, mais quelquefois cela paraît être ainsi. La couche grise se voit à côté de la base de l'anse et au milieu en forme de monticule. » Sous la couche grise à noyaux ronds, on voit la couche blanchâtre, composée défibres qui commencent comme toutes les excroissances dans la masse grise au-dessus de l'aqueduc de Sylvius. La direction des fibres de la couche interne, moyenne et externe est selon la forme et la direction des corps ( 38 ) qui en proviennent. Ainsi, dans les cylindres, la couche externe se montre eu forme de cercle entourant le cylindre et l'enveloppant de tous cotés. » Si l'on ôtail toutes ces excroissances, il nous resterait un cerveau pas plus développé qu'un autre cerveau de poisson. Mais à quoi servent ces excrois- sances? Je n'en sais rien. Peut-être qu'elles jouent un rôle dans l'ouïe de ces animaux, car l'organe de l'ouïe, si développé chezles Mormyres, est placé en partie dans des sillons de la partie du cerveau qrii montre les circonvo- lutions, c'est-à-dire ces excroissances particulières, et la vessie ovale qui fait partie de l'ouïe, un organe qui ne se rencontre que chez les Mormyres et le Gymnarchus est placé dans une fossette qui se trouve dans la partie latérale du lobe postérieur de ce cerveau. Mais à quoi serviraient les feuillets avec leurs fibres à stries tranverses? Serait-ce pour propager ou modifier le son? Des recherches ultérieures montreront peut-être que la couche interne, composée de fibres, se trouve en rapport intime avec les racines du nerf auditif. » HYDRAULIQUE APPLIQUÉE. — Mémoire sur l'influence retardatrice de la courbure dans les courants d'eau; par M. de Saint- Vexant. (Commissaires, MM. Poncelet, Delaunav, Clapeyron.) « Un coude, bien qu'arrondi, d'un tuyau de conduite, ou un tournant prononcé d'un canal découvert, oppose à l'écoulement une certaine résis- tance en sus du frottement que les parois exercent dans les parties droites comme dans les parties courbes. » Pour évaluer cette résistance additionnelle due à la courbure, on ne possède encore (à notre connaissance) que les expériences de Dubuat. Il les a faites avec divers tuyaux coudés, de i pouce et de a pouces de dia- mètre, en mesurant les augmentations de charge d'eau nécessaires pour \ faire prendre au fluide la même vitesse que dans des tuyaux entièrement droits de même longueur et de même grosseur. Et, pour en représenter les résultats par une formule où il n'y ait qu'une constante numérique à déter- miner,' il regarde, conformément à la théorie ordinaire du choc des fluides, la résistance ou plutôt la force vive qu'elle fait perdre ou la charge h qui la surmonte, comme proportionnelle : i° au carré de la vitesse moyenne U de l'eau; 2 au carré du sinus de l'angle ë sous lequel le filet moyen delà partie droite d'amont irait, en se prolongeant dans la partie courbe, frapper la paroi concave de celle-ci; 3° au nombre ride fois que l'angle de déviation totale du courant contient le double de cet angle ê, nombre qui serait celui ( 3 9 ) des bricoles faites par le même filet s'il allait se réfléchir sur la paroi sous un angle égal à celui d'incidence, jusqu'à ce qu'il prît à peu près la direction de la partie droite en aval de la courbe. La formule, dont il montre l'accord avec les expériences faites dans les meilleures conditions, est donc , , 7 IPsin'g ( i ) h = n ? <■ ' m m étant un nombre qu'il fait ±= 3ooo pouces ou 8i m ,2i. » Dubuat la regarde comme applicable à des tuyaux de grosseur quel- conque et même aux rivières, parce qu'il en est, observe-t-il, de la charge ou de la pente h comme de celle qui communique la vitesse à l'entrée non évasée d'un tuyau ou d'un canal (ou de celle qui conserve la vitesse après un étranglement suivi d'un élargissement brusque) et « où la grandeur du » lit n'entre pour rien. » » Si l'on admet cette formule, on peut facilement la transformer pour n'avoir à mesurer ni l'angle de bricole S, ni le nombre n des bricoles fic- tives, et pour n'opérer que sur les données directes relatives à chaque cas. Appelons : » L la longueur de la partie courbe, mesurée sur l'axe; » l sa largeur (la même chose, pour un tuyau, que son diamètre) ; v r le rayon de courbure de l'axe, et r' = r -\ — l celui de l'arc exté- rieur. On a L are d'où (2) n = ? ou /• = r -r- - L Sous cette forme elle s'étend au cas où n n'est pas un nombre entier. Mais on la simplifie en remarquant que tant que l'angle ê n'excède pas /|5 ou 5o°, ou que l ne surpasse pas r, on peut prendre cosë = -p r r* h = U 2 L im r r' 2 r arc cos —. r g = y/a(i — cosê), arc cos — = l/ 2 ( i ; d'où U 1 h = \J1 -\ I _ r — — h. ( J-\ '/L——h /.il— l * r j y r' im r'\ f\r) \ r' 2m r'\ r' \ r i6r' que l'on peut réduire à (4o) im i . V r Cette formule donne à peu près les mêmes nombres que celle de Oubliât. » Mais nous avons reconnu que les expériences étaient tout aussi bien et même un peu mieux représentées en y mettant r au lieu de r + - / = r', pourvu qu'on change la valeur du diviseur a. m, c'est-à-dire en adoptant (3) h = — — \j -i A étant pris = 204 mètres. » Bien que basée en apparence sur la supposition d'une marche imagi- naire du filet moyen, la formule de Dubuat n'a rien que de très-rationnel ; car tous les filets fluides venant de la partie rectiligne d'amont tendent bien à conserver leurs directions; et U 2 sin'S, carré de la composante moyenne de leurs vitesses dans un sens normal à la paroi concave vers laquelle ils se dirigent, doit être sensiblement proportionnel à la force vive perdue ou détournée en tourbillonnements par leur rapide déviation, et l'on conçoit que cette perte, si le tournant se prolonge, se renouvelle proportionnelle- ment au rapport de la déviation angulaire — à l'angle S. Mais si, abandon- nant les fictions ou les comparaisons, l'on envisage en elle-même l'expres- sion transformée h = — -,—\/-> on verra que les données L, /, r s'y 004 r y r l trouvent engagées comme il convient; car le facteur est, disons-nous, ia déviation totale, et l/- offre une mesure du degré de la raideur du tournant, puisque sa moitié n'est autre chose que le rapport d'une flèche - à la corde i/—2r du demi-arc correspondant, mesure qui s'annule soit lorsque le rayon r devient infini, soit lorsque la largeur l du courant devient infiniment petite, ce qui est un cas extrême où toute courbure finie se trouve suffi- samment douce et ne produit aucune décomposition finie de vitesse. » Cette expression (3) offre ainsi, relativement au phénomène dont oh s'occupe, les caractères théoriques que l'on peut désirer dans une formule pour quelle soit capable d'extrapoler ou de représenter les faits au delà de ( 4i ) l'étendue où ils ont été observés et mesurés. Et il convient de la préférer à ,, . . . U s /o,oo3q o,oi86\ T , , T 1 expression empirique — I f-^ H IL, proposée par Navier, qui représente moins bien les expériences et qui surtout ne décroît pas comme il le faudrait a\ec le rapport - qu'elle ne contient même pas, en sorte qu'elle ne saurait s'appliquer à des tuyaux ou des courants de diverses largeurs. » Voici la comparaison des résultais de notre formule (/j) avec ceux des seize expériences que Dubuat regarde comme méritant la confiance. Quant aux neuf autres, qu'il exclut parce que « le régime n'y était pas régu- » lier, etc. », nous avons reconnu que notre formule s'en approchait sen- siblement plus que la sienne (i) ou (a) : NUMÉROS LONGUEURS L RAYONS CHARGE ADDITIONNELLE h NUMÉROS LONGUEURS L RAYONS __ CHARGE ADDITIONNELLE h des expé- riences. des parties r des expé- riences. des parties r ■" courbes. de l'axe. Calculée Observée courbes. de l'axe. Calculée Observée m m ni m Tuya .ix d'un du imôtre o m , 02707 = /. 101 0,o573 0,o573 O , O 1 06 0,0100 01 m m m 102 , I 36o , 1 36o 0,Ol88 0,020J 9° 0,3161 O,o573 0,0671 0,0674 104 0,o573 0,0573 , 1 5qo , 1 598 9 r 0,144' id. 0,o448 0,0406 io5 id. id. 0,042g 0,0441 9 2 0,0720 id. 0,0224 0,02o3 106 id. id. 0,0107 0,01 10 93 0,4665 , 1 36o O,o397 0,0406 107 id. id. 0,0103 o,oto5 94 , 34qq id. 0,0297 o,o3o3 95 ,2333 id. 0,0198 0,0203 Tuy; m d'un diamètre o,o54i4 z 96 , 1 666 id. 0,0099 0,0100 ( '> 3 99 6 0,2720! 99 , 2882 0,0573 0,o425 0,0406 1 10 l 0,7205 0, 1 i46?o,2433 0,2139 100 __ 0,441 id. «,0212 0,0203 [ o,o665 1 o,o33q; 1 » Nous ne prétendons pas que notre formule , U' L 11 c L 11 U' «— — 7 — v/- ou == 0,00017 — 1/ - • — 204 r \ r ' v < r y r ig lg étant la gravité 9 m ,8oo,) ne soit pas susceptible de quelques modifications par suite d'expériences nouvelles qui pourraient être entreprises. Peut-être, par exemple, que le diviseur ou le coefficient numérique pourra recevoir une valeur un peu autre pour les rivières que pour les tuyaux de conduite, C. R., 1863, 1" Semestre. (T. L1V, N» t.) " (4* ) car leur lit n'a guère la forme d'un demi-tuyau, etc. Mais il faudra tou- jours, nous le pensons, qu'elle soit fonction des deux rapports — » -■< qu'elle croisse avec eux et qu'elle décroisse jusqu'à zéro quand l'un des deux s'annule. » En attendant, ce qu'il y a de mieux à faire est de l'employer telle que nous la présentons, pour donner une évaluation à un effet ordinairement négligé, quoique de l'ordre des grandeurs dont on tâche de tenir compte. » M. de Caligny adresse une Note sur une machine hydraulique de son invention employée utilement à Paris depuis environ sept ans au Palais de l'Elysée. « Cette machine, dit l'auteur, avait été construite dans cette localité sur la demande de M. Chaulay, architecte, premier inspecteur du Palais. Le 29 juin dernier il m'a fait l'honneur de m'écrire « que jusqu'à présent » elle a toujours hien fonctionné, il n'y a eu que des nettoyages à faire et » quelques réparations de cuirs » Le 4 janvier 1862, M. Lacroix, archi- tecte en chef du même Palais, m'a fait l'honneur de m'écrire : « Je certifie » que la machine de votre invention qui existe au Palais de l'Elysée marche » indifféremment le jour et la nuit. Il est arrivé plusieurs fois, à la suite » de grandes pluies, qu'on a dû laisser marcher l'appareil pendant vingt- » quatre heures sans discontinuer. » » Dans le cas où il resterait à l'Académie le moindre doute sur la marche de nuit de mes appareils, j'aurais l'honneur de lui représenter que je suis parvenu à les faire marcher non-seulement très en grand, mais aussi très en petit, ce qui était beaucoup plus difficile. Un savant Académicien, M. Regnault, m'a conseillé d'appeler d'une manière toute spéciale l'atten- tion sur la possibilité de les construire très en petit, *parce que le très-grand nombre de petites quantités de travail, perdues dans l'état actuel des choses, peut être beaucoup plus important que l'effet d'un certain nombre d'appli- cations pins en grand, quoique au premier aperçu la grandeur des dimen- sions soit ce qui attire le plus l'attention. (Renvoi aux Commissaires précédemment désignés pour une description de cette machine : MM. Poncelet, Morin, Combes.) (43 ) M. Vernier adresse, de Belfort, des épreuves photographiques représen- tant dans six de ses phases l'éclipsé partielle du 3i décembre dernier. « Ces épreuves, qui ont été prises par un temps clair, offrent, dit M. Vernier, ceci de remarquable, que les deux dernières, les n° 3 5 et 6, ne présentent aucune trace d'auréole. L'image du Soleil se dessine nette et pure sur un ciel noir, tandis que les quatre premières sont entourées d'une auréole semblable à celles du 18 juillet 1860, mais cependant moins visible. Celte particularité ne s'explique qu'en raison de l'intensité de la lumière solaire, d'après l'exposition du négatif. En effet, toutes les épreuves ont bien été prises en une petite fraction de seconde; mais a mesure que le Soleil descend a l'horizon, il perd de son éclat, ou, si je puis m'exprimer ainsi, de sa puissance photogénique. Il résulte de ce fait que, si j'avais pro- longé le temps d'exposition au châssis négatif de quelques millièmes de seconde pour les dernières épreuves, j'aurais obtenu l'auréole tout aussi bien que sur les premières. » Ainsi je conclus de ce qui précède que l'auréole qui entoure ou qui enveloppe l'astre solaire appartient exclusivement à l'atmosphère terrestre, car, malgré la sérénité du ciel, qui m'a été favorable dans mes expériences, en cette saison l'air est toujours chargé de vapeurs qui reflètent ou produi- sent un certain éclat ou un rayonnement de lumière plus ou inoins étendu autour du corps lumineux qui les traverse ou qui les avoisine. » Les images et la Note dont nous venons de donner l'extrait sont ren- voyées, comme l'avait été une communication précédente de l'auteur sur l'éclipsé du 1 8 juillet 1860, à l'examen de M. Babinet. » M. A. Martin adresse une description de cathéters cannelés qu'il a ima- ginés en 1 858, et qui ont, suivant lui, de grands rapports, tant pour leur destination (médication topique permanente du canal de l'urètre) que pour leur forme, avec des appareils présentés le ï5 novembre à l'Académie au nom d'un chirurgien napolitain, M. Vinci. (Renvoi à l'examen des Commissaires alors désignés : MM. Cloquet, Jobert, Civiale.) M. Simon, chargé par le gouvernement français d'études agricoles en Chine, adresse de Shang-hai, en date du 28 novembre, les tableaux des 6.. ( 44 ) obsetvations météorologiques qu'il a faites a Han-keou, province du FTou-pé, ceutre de la Chine, du mois de mai au mois de septembre 1861 inclusive- ment. « Ces observations, dit M. Simon, sont continuées en mon absence et se- ront conduites jusqu'au mois de mai prochain parles Pères Franciscains de la mission du Hou-pé. Si l'Académie juge à propos d'encourager des travaux de ce genre par l'envoi de quelques instruments, je serais heureux de me mettre à sa disposition pendant les trois années que je dois encore passer en ce pays pour les installer, les diriger et les réunir. Je crois qu'il me se- rait possible soit de porter moi-même, soit d'envoyer ces instruments dans la partie occidentale de la province du Sse-tchuen au pied du Thibet, et peut-être au Thibet même, dans les provinces du Kanson, du Chan-si, du Honan en Mongolie et en Corée, qui sont les points qui me paraîtraient les plus intéressants à étudier sous ce rapport. » (Commissaire, M. Fave.) M. Legraxd du Saulle soumet au jugement de l'Académie un Mémoire intitulé : « Le froid et l'exercice de la chasse, considérés comme causes de congestion cérébrale. » (Commissaires, MM. Andral, Rayer.) M. Buisson présente une Note sur le traitement au moyen duquel il a guéri un cheval qui présentait tous les principaux symptômes de la morve. (Renvoi à l'examen de M. Rayer.) CORRESPOND AIVCE . M. le Ministre du l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics adresse pour la bibliothèque de l'Institut les numéros 6 et 7 du Catalogue des Brevets d'invention pris pendant l'année 1861. M. l'Inspecteur général de la Navigation et des Ports pour la Préfecture de la Seine adresse le tableau des hauteurs d'eau de la Seine observées chaque jour à l'échelle du pont de la Tournelle pendant l'année 1861 . « Les plus hautes eaux ont été le 5 janvier à 5 m , 60 , les plus basses le 1 7 septembre à o m , 4o au-dessous de zéro. » La moyenne a été de o m , 72. » ( 45 ) L'Académie royale des Sciences d'Amsterdam remercie l'Académie pour l'envoi des tomes XXVIII et XXX de ses Mémoires et lui adresse plusieurs volumes de ses propres publications. [Voir au Bulletin bibliographique.) M. Starixg adresse, par ordre de M. le Ministre de l'Intérieur du Royaume de Hollande, un exemplaire des feuilles 19 et 20 de la Carte géo- logique de la Néerlnule. La Société royale de Zoolguie, Naturel arlis magistra, en adressant de Harlem la 8 e livraison des Mémoires qu'elle publie, exprime le désir d'être comprise dans le nombre des Sociétés savantes auxquelles l'Académie des Sciences fait don de ses Mémoires. (Renvoi à la Commission administrative.) hygiène publique. — Note sur le climat de la ville de Vienne [Autriche); par M. G. Grimaud de Caux. « J'ai eu l'occasion d'étudier en divers pays le climat d'Hippocrate, c'est- à-dire l'influence positive que l'air, les eaux et les lieux exercent sur les hommes réunis en grandes masses et habitant un même point circonscrit et déterminé. La présente Note a pour objet les conditions hygiéniques de la capitale de l'Autriche que j'ai habitée plusieurs années. » § I. Les LIEUX. Configuration du sol. — La ville de Vienne est assise eu pente, par étages, regardant l'est et le sud, du pied du Wienerberg qui ter- mine les Alpes Noriques à la plaine où coule le Danube. » La colonie romaine s'établit sur la rive droite du fleuve : mais lesatter- rissements, descendant des Alpes à chaque pluie, repoussèrent peu à peu le fleuve vers les plaines d'Enzersdorf et de Wagram, qu'il envahit même en- core tous les jours, comme on le voit par les îles nombreuses qu'il forme, en sortant de la gorge du Bisamberg et du Kahlenberg. » En i5o,8, le baron Ferdinand Hoyos ramena le Danube au pied de la ville. Il détourn 1 une partie de ses eaux à Nussdorf, pour former le canal de Vienne. Ce canal baigne une portion des murs de circonvallation, les deux faubourgs de la rive gauche et les extrémités du croissant formé sur sa rive droite par les autres faubourgs. » La ville occupe trois plans superposés et les pentes qui mènent de l'un à l'autre. Le premier plan est dans la plaine au niveau du fleuve. Le second ( 46 ) plan est occupé par la ville, par les glacis qu'on est en train de faire dispa- raître et par les faubourgs de droite et de gauche. Le troisième plan com- prend les faubourgs les plus élevés. » Constitution géobi/ique. — La chaîne adoucie qui termine les Alpes No- riques domine Vienne et porte le nom de Kahlenberg. Elle a pour base i\n grès bleu-grisâtre mêlé de stries de chaux et de marne meir/el-kalk, d'argile schisteuse scliiefer-tlion, de marne schisteuse merqels-chiefer. On y trouve des empreintes fossiles de fucus setangen. C'est la formation qu'on a appelée grès de Vienne ou des Karpathes. Le grès de Vienne est donc un sable lié par de la chaux, de l'argile et de la marne schisteuse. Les principes cal- caires y abondent tellement, que la chaux s'y fait remarquer en stries. Le lœss forme la partie supérieure, la couche superficielle du terrain. Selon le professeur Partsch, dont le nom est bien connu des géologues, le lœss est un terrain d'eau douce dans lequel on rencontre de petites crevasses rem- plies de chaux farineuse kalk-mehl et de nitrate de chaux kalk-salpeler. Il est le résultat des atterrissements formés par les eaux pluviales et torrentielles entraînant les débris des montagnes qui couvrent la ville à l'ouest et au nord. » § IL L'air. — Le savant directeur de l'observatoire de Vienne, M. J.-J. Littrow, mit la plus grande complaisance à me communiquer ses observa- tions concernant la température, la pression barométrique et les mouve- ments de l'atmosphère ou la direction des vents. Je possède un tableau décennal entièrement écrit de sa main, comprenant les années i828-i83n inclusivement. » a. Température. — Moyenne maximum de dix ans -+■ ■a'] , I 7 R. Moyenne minimum — ia°,g4 R. La plus grande chaleur a eu lieu le i!\ juil- let 1 832 : elle s'est élevée à -+- 20,°,o H. Le plus grand froid est descendu à — i^°,oll : ila eu lieu le 3o janvier i83o. » b. Pression barométrique. — Moyenne générale de dix ans, 27°,5oi. La plus grande hauteur barométrique s'est manifestée le 18 janvier 1828, elle a atteint a8°,3a2. La moindre élévation aété de 26°,638, le I er avril 1829. » c. Mouvements de /' atmosphère. — Les observations des vents domi- nants de chaque mois comprennent cent vingt mois, durant lesquels ont prédominé les quatre directions suivantes : » Les vents du sud-est ont dominé 9 fois ; l'ouest-sud-ouest et le sud- sud-est chacun 3 fois; le nord-nord-ouest et le sud-ouest chacun 1 fois. Les vents d'ouest, d'ouest-nord-ouest et de nord-ouest soudent d'une direction analogue : pris ensemble ils ont dominé 202 fois. Le vent du sud-est, qui ( 47 ) leur est directement opposé, a dominé 76 fois seulement. Je ne crois pas qu'il existe une constitution atmosphérique mieux caractérisée et plus tran- chée. » d. Pluie. — Elle tombe pendant un peu plus de 100 jours : en 1 835 on a compté 29 jours de neige. » § III. Les eaux. — A Vienne chaque maison a son puits dont on boit l'eau assez généralement; les fontaines publiques sont alimentées par neuf aqueducs; et le Danube baigne la ville. L'eau des puits est altérante; elle excite à boire. Elle contient des nitrates qui lui viennent d'une circonstance particulière. Dans la cour de chaque maison, il y a sous le sol une fosse carrée couverte en bois, dans laquelle on jette tous les jours les matières qu'à Paris on jette en tas dans la rue. Quand il pleut, les matières contenues dans la fosse sont atteintes, l'eau pluviale les traverse, s'infiltre et vient se rassembler dans le puits qui est à côté et dans lequel elle entraîne toutes les substances solubles. » En i838, M. Wilhem Wurtzler, pharmacien distingué, qui m'avait été désigné par les premiers médecins de Vienne, analysa, sur ma demande, les eaux des neuf aqueducs, celle du Danube et celles de deux puits dont l'eau est fort goûtée par la population. Les chiffres suivants indiquent des grains et des millièmes de grain par livre d'eau de 16 onces : Grain?. Millièmes, i . Eau du Danube 1 325 2. Aqueduc Albertin 2 43o 3. Aqueduc des sept fontaines 2 fi5o 4. Aqueduc de Hernals 2 820 5. Aqueduc du Magistrat 2 q5o 6. Puits du prince Esterhàszy 3 060 7. Aqueduc de l'Intendance 3 i3o 8. Aqueduc de Mariahilf 3 180 g. Aqueduc de la Garde hongroise 3 875 io. Aqueduc Karoly 4 ^65 1 1 . Aqueduc de Nussdorf 5 000 12. Puits du palais Sclvwartzenberg 6 o4o » Les sels dominants sont le muriate de soude, les nitrates, les sulfates et les carbonates de soude et de cliaux. » L'eau des aqueducs vient des montagnes dont j'ai dit la constitution : laies surit aquœ, qualis terra Le muriate de soude, qui surabonde dans certains puits, s'explique par l'habitude où sont les propriétaires d'y jeter. (48) (le temps à autre, des quantités assez considérables de sel de cuisine : ils pensent que l'eau en devient meilleure. » Tels sont les faits que j'ai recueillis à Vienne touchant les trois éléments du climat d'IIippocrate : l'air, l'eau et les lieux. » L'action de tout climat se manifeste par la santé générale et la mor- talité. » Santé générale. — Les faits suivants m'ont été fournis par le docteur J.-J. Ivuolz, protomedicus de Vienne, et par le docteur Schiffner, qui, en outre, m'a fait dresser un tableau authentique des malades admis et traités dans tous les établissements sanitaires de Vienne pendant cinq années con- sécutives, 1 833-1 837. Les hôpitaux de Vienne représentent assez fidèlement la santé générale, parce qu'on y admet aussi des malades payants. Les bourgeois vont s'y faire soigner sans difficulté : habitude consolante pour les malheureux, dont aucun préjugé d'hôpital ne vient troubler la confiance dans les soins qu'ils y vont chercher. Dans une période de cinq ans sont entrés. . 1 3g, 618 malades. » sont morts ... 17,986 morts. C'est un peu plus de 1 mort sur 8 malades. » Sur ce nombre, la phthisie pulmonaire en a enlevé 5,^55, la fièvre ner- veuse (typhoïde) 2,110, l'hydropisie 1,000, la fièvre hectique 836, les in- flammations abdominales 746, la fièvre puerpérale 772, etc. Mortalité. — La population devienne, d'après le dernier recensement, serait de 579,457 individus. En 1 838, des renseignements puisés à des sources variées en portaient le chiffre à 35o,ooo âmes. Trois observateurs me donnèrent les moyennes de mortalité suivantes : Wertheim, de 178g à 1807, moyenne annuelle l5,o56 morts. Klein, de 1807 à 1812, moyenne annuelle 16,470 Une statistique sans nom d'auteur, de 1801 à i8o5, moyenne annuelle. 13,77g Total 45,3o5 Moyenne de 36 ans i5, 101 soit 45 pour 1,000 ou 1 mort sur 22 vivants. » A la même époque, je conférais ce chiffre avec celui de Paris, et je trouvais 1 mort sur 33, et mes calculs étaient d'accord avec les statisticiens 1rs plus sévères anglais et fiançais. » Conclusion. — Le climat de Vienne est vicié par les mouvements atmo- sphériques, par la prédominance des trois rhumbs de vent ouest, ouest- ( 4 9 ) nord-ouest et nord-ouest. Il est vicié par les lieux : l'existence d'une fosse sans clôture hermétique, dans la cour de toutes les maisons, est une mau- vaise condition d'hygiène. Il est vicié par les eaux, comme leur analyse le démontre. » On remédiera aisément aux eaux et aux lieux. Il n'est pas aussi facile de corriger la constitution atmosphérique. Cependant j'émettrai un avis en m'appuyant d'un exemple qui est dans l'histoire. On raconte qu'Empédocle délivra la ville d'Agrigente d'une épidémie qui l'affligeait tous les ans. Ayant constaté que la maladie se manifestait sous l'influence de certains vents, il donna le conseil de houcher, au moyen d'un grand mur, une gorge formée par deux montagnes. Le vent n'ayant plus accès sur la ville, la peste disparut pour toujours. Le vent du nord ne souffle jamais sur Vienne. La ville est pro- tégée par le Léopoldsherget le Kahlenherg qui terminent les Alpes sur le Da- nube. Mais cette protection des Alpes qui forment autour de Vienne une demi-ceinture dans la direction du nord-ouest, de l'ouest et du sud-ouest, ne se continue pas, parce que les gorges de ces montagnes livrent passage aux vents de ces trois rhumbs. Peut-être en étudiant ces gorges et en déter- minant le point culminant de chacune, arriverait-on pour Vienne à un ré- sultat analogue à celui qu'Empédocle obtint pour Agrigente. Le point de parLige des eaux entre Siegardskirchen et Burkersdorf, sur la route de France, me paraît être, sauf meilleur avis, un lieu d'élection pour un sem- blable objet. Ces vents des trois rhumbs d'ouest conjurés apporteraient une diminution notable dans les fièvres nerveuses et toute la série des maladies abdominales, en neutralisant une des plus puissantes causes de leur dévelop- pement à Vienne. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Note sur la composition d'ossements humains trouvés dans d'anciens tombeaux; extrait d'une Note de M. J.-P. Coiterbe. « Sous les remparts du château de Vertheuil on a trouvé deux tombes en pierre à gros grain, comme nous en avons encore aux environs de la commune. Ces tombes, qui, à n'en pas douter, étaient là enfouies depuis plusieurs siècles, avaient exactement la forme d'un cercueil, et renfermaient chacune un squelette humain. » Ces ossements sont légèrement ambrés, assez friables et parfaitement conservés. L'analyse que nous avons faite de la tète de l'humérus, laquelle était spongieuse et se réduisait facilement en poudre, nous a donné la com- C. H., 1862, 1" Semestre. (T. L1V, N» 1.) 7 position suivante : Carbonate de chaux i5,5o Phosphate de chaux 67 ,17 Phosphate de magnésie 3,36 Oxyde de fer, de manganèse et d'aluminium 1 ,5o Silice 2 , • Matière organique azotée 10 )47 Chlorures traces. » L'analyse des os frais, faite par Berzélius, indique 33 pour 100 de ma- tière organique annualisée; 22, 5 auraient donc disparu des os exhumés du château de Vertheuil. Si nous connaissions le temps précis qu'exige la dis- parition de la matière organique des os renfermés dans les tombes, il serait facile aujourd'hui de remonter à l'époque de l'inhumation des cadavres dont il s'agit. Des expériences tentées dans cette direction seraient très-utiles pour la chronologie, et nous nous y livrerions volontiers si nous possédions des échantillons provenant d'époques certaines. Nous pouvons néanmoins arriver à une approximation voisine de la vérité, au moyen de résultats d'analyse que nous possédons déjà. » Vogelsang a trouvé que des os enterrés depuis onze cents ans ne ren- fermaient que des traces inappréciables de matière organique azotée. Cette observation me conduit à conclure que 3 pour 100 de matière organique disparaissent tous les cent ans. Appliquant maintenant cette remarque aux os trouvés dans les tombes du château de Vertheuil, nous arrivons à dé- montrer que l'inhumation a eu lieu vers 1 1 10. Ces restes humains auraient donc aujourd'hui sept cent cinquante ans. Eh bien, c'est ce qui est parfaite- ment d'accord avec les observations archéologiques faites tout récemment par M. Léo-Drouin, de l'Académie de Bordeaux. » Fourcroy et Vauquelin ont publié, en îttoo, l'analyse d'un crâne monstrueux déterré à Reims, dans lequel ils n'ont trouvé que 12 pour 100 de matière animale. Si ce crâne humain s'est trouvé dans des conditions ana- logues de décomposition à celles des squelettes du château de Vertheuil, il est évident qu'il date à peu près de la même époque, et qu'il aurait vécu en 1 100. >' Ainsi en divisant la perte de la matière organique d'un ossement par 3, le quotient représentera son âge en siècles. Nous ne prétendons pas con- sidérer cette loi comme inattaquable, car trop de circonstances peuvent la modifier; nous n'ignorons pas, par exemple, que les os, outre qu'ils sont un peu variables dans leur composition, doivent s'altérer diversement selon ( $1 ) qu'ils séjournent dans l'air, clans un sol humide, aride, ou clos clans des tombps; aussi faisons-nous remarquer que notre observation ne s'applique, quant à présent, qu'aux os des 'tombeaux. Mais nous avons la conviction néanmoins qu'elle peut conduire à des approximations très-cu rieuses et suffisantes pour aider les archéologues dans leurs recherches. » minéralogie. — Sûr une pseudomorphose de pjrroxène du Lac Inférieur,- par M. F. Pisam. « Les cristaux que j'ai examinés sont engagés dans de la chaux carbona- tée provenant du Lac Inférieur. Ils y forment de longs prismes à six faces, aplatis, surmontés d'un pointement et qui dérivent d'un prisme rhomboi- dal oblique, dont la grosseur varie de 7 à 20 millimètres dans le sens de la plus grande diagonale. Leur aspect général est celui du pyroxène dont ils présentent les angles, ainsi qu'il en résulte de mesures faites par M. Des Cloizeaux. » La couleur de ces cristaux est d'un vert clair analogue à celui du talc, avec quelques veines d'un vert plus foncé. Leur surface est mate et légère- ment rugueuse; tout clivage a disparu, et la dureté est considérablement diminuée, puisqu'elle n'est plus que de 2,5 environ. La densité aussi est moindre 2,495. On voit enfin que la matière a subi une altération assez profonde, ce qu'est venue confirmer l'analyse que j'en ai faite. » Ce pyroxène pseudomorphique est fusible au chalumeau en un émail blanc et donne de l'eau dans le tube. 11 est à peine attaqué par l'acide chlorhydrique. Il m'a donné à l'analyse : Oxygène. Rapports Silice 56,52 3o,i3 6 Alumine 20 >49 9*^5 2 Protoxyde de fer. ... 2,67 0,59' Chaux °)93 0,26 Magnésie 5,g4 2, 3^ > 4 > ?3 1 Potasse 3,88 0,66 Soude 3,32 o,85 Eau 7,4° 6,58 i,3 IO! , i5 » Comme on voit d'après ces résultats, la silice reste la même que dans le pyroxène ordinaire, tandis que la chaux a presque disparu. L'alumine, au ( 52 ) contraire, parait en quantité très-notable ainsi que dans la plupart des attires pseudomorphoses du pyroxène. Enfin, la présence de la potasse et de la soude annonce l'intervention d'un liquide alcalin qui a modifié ainsi profondément la composition primitive. Du reste on retrouve ces alcalis dans les terres vertes que quelques auteurs regardent comme un produit de décomposition du pyroxène, entre autres dans celle de la vallée de Fassa en Tyrol analysée par Rammelsberg, et qui conserve la forme de l'augite. » PHYSIQUE. — Appareil pour l'élude des lois de la chute des corps; par M. Bourbouze. « Cet appareil se compose d'un cylindre et d'une roue à gorge montés solidairement sur le même axe, qui peut librement tourner entre deux pivots. Deux masses de même poids sont attachées aux extrémités d'un fil tics-fin qui passe sur cette roue a gorge. » Une lame vibrante est maintenue dans une pince fixée à l'extrémité d'une tige glissant dans un tube muni d'une vis de pression à l'aide de laquelle on donne à cette tige une position invariable pendant la durée d'une expérience. Cette disposition permet, quelle que soit la longueur de la lame, de faire vibrer son extrémité supérieure toujours devant la même génératrice du cylindre. Le tube, et par conséquent la lame, peuvent être déplacés parallèlement à l'axe du cylindre. Sur un écrou, en même temps que le tube, est fixée une petite colonne supportant un électro-aimant a l'aide duquel la lame est maintenue écartée de sa position d'équilibre. Le courant qui passe dans cet électro-aimant passe aussi dans un autre placé à la partie inférieure, et sur lequel s'appuie l'une des masses fixée à l'ex- trémité du fil. » Si l'on vient à supprimer le courant après avoir chargé l'autre niasse d'un poids additionnel, l'équilibre est détruit; le mouvement de rotation du cylindre, ainsi que le mouvement vibratoire de la lame, commenceront rigoureusement au même instant. » Quand on veut faire une expérience, on colle sur le cylindre une feuille de papier que l'on recouvre de noir de fumée. On fixe à l'extrémité de la lame une petite pointe très-flexible, de manière que la partie libre de cette pointe touche légèrement le papier. De cette façon, lorsque les deux mouvements de la lame et du cylindre commencent à se produire, la pointe trace sur le papier une courbe qui permet de connaître la nature du mouvement du cylindre, et par suite des contre-poids. En effet, les vibra- ( 53 ) fions de la lame étant isochrones, on peut prendre pour unité de temps la durée d'un certain nombre de ces vibrations; de sorte que, pour avoir la loi des espaces parcourus pendant des instants successifs et égaux, il suffit de comparer les distances des points tracés par la pointe : i° A l'origine et à la fin de la ri eme vibration ; 2 A la fin de la rï L '"" et à la fin de la jn""'; 3° A la fin de la in' hne et à la fin de la 'in' em '; Etc., etc. » Dans l'épreuve ci-jointe nous avons mesuré les distances : i° De l'origine à la fin de la 6 e vibration simple ; i° De ce dernier point à la fin de la 12 e ; 3° De ce point à la fin de la 18 e ; 4° De ce point à la fin de la 24 e - » Nous avons trouvé que les distances sont entre elles comme les nom- bres 1, 3, 5, 7, etc., et par conséquent que les espaces parcourus depuis l'origine du mouvement sont comme les nombres 1, 4-> 9? l ^> etc - » Quand on veut vérifier la loi des vitesses, on arrête, à l'aide d'un cur- seur annulaire, le poids additionnel à un moment quelconque à partir duquel le mouvement devient uniforme, et l'on voit alors que les dis- tances des points marqués par la pointe au commencement des vibrations successives, vont en croissant, mais ensuite ces distances deviennent égales, ce qui prouve bien que le mouvement du cylindre, d'accéléré qu'il était, devient uniforme. On voit aussi que si l'uniformité s'est produite après n vibrations, la distance des points marqués à l'origine et à la fin de la n iim ' vibration est juste la moitié de la distance des points marqués à la fin de la n ihme et à la fin de la %rï" n ' . » Le tableau montre les deux faits que nous venons d'indiquer. » L'uniformité s'est produite après 12 vibrations. » Cet appareil peut aussi servir à déterminer les nombres de vibrations d'un diapason, etc. » THÉORIE DES NOMBRES. — Addition à la démonstration du théorème de Lagrangt sur (es minima d'une fonction linéaire à coefficients entiers d'une quantité irrationnelle, donnée dans la séance précédente ; par M. Sylvester, de Woolwich. « On peut à juste titre élever quelque objection contre la forme donnée au théorème cité en tant que j'ai posé comme critérium des réduites -de ( 54 l'irrationnelle v, la condition que la valeur de p — qy restera plus petite ' i + 9 et e- s Q-(r-ks) Pe, ">Pe^ ; h > 7*i ft 57<+< ' et alors Pc- 7* v et Pi-'hv-, ( 53 ) seront tous les deux où P, Q sont des fonctions homogènes de (x, j , z) des ordres p,p — i respectivement. Et ou peut supposer que p soit égal tout au plus à m — i : en effet, en prenant p=m — i, l'équation contiendrait ( m — i ) m m (m+ r ) (*} On n'a pas besoin de dire cjue rien n'empêche que e ne soit égal à/; mais dans ce cas, comme on ne peut pas avoir simultanément a = p e+l b = q s ^ t , la conclusion du texte rest^ 'nonne. ( 56) c est-a-dire ;n 2 — i constantes arbitraires; et en déterminant convenable- ment m 2 — m -+- i de ces quantités, la surface de l'ordre m — i passera par m 1 — m -\- i points de la courbe de l'ordre m, c'est-à-dire cette surface contiendra la courbe entière. De cette manière, on obtiendrait toujours une surface de l'ordre m — i ; mais si les fonctions P, Q ainsi trouvées avaient un facteur commun, ce facteur doit être écarté ; il convient donc de sup- poser que les degrés de P, Q soient /;, p — i respectivement , p étant tout au plus égal à m — i . La surface Qw — P = o a au point À un point co- nique du (p — 1 /""" ordre; en effet dans le voisinage de ce point l'équa- tion se réduit à Q = o, laquelle appartient à un cône du [p — i )' ims ordre. J'ajoute que la surface contient les p (p — i) droites P = o, Q = o qui passent chacune parle point A; toute autre droite par ce point rencontre la surface dans ce point (lequel compte pour p— i points d'intersection) et encore dans un seul point donné par l'équation On peut appeler monotcte une telle surface; le point A sera le sommet; le cône P = o le cône supérieur ; le cône Q = o, le cône inférieur ; les droites d'intersection de ces deux cônes, les droites de la monoïde. » Or le cône circonscrit U = o et la monoïde Qii' — P = o se coupent selon une courbe de l'ordre mp : sip = i, cette intersection des deux sur- faces sera la courbe du m ieme ordre, laquelle sera une courbe plane; mais, dans tout autre cas, la courbe d'intersection sera composée de la courbe du m""" ordre, et d'un autre système de l'ordre m(p — t); or ce système ne peut être autre chose que les droites d'intersection du cône circonscrit TJ = o, et du cône inférieur Q = o de la monoïde; c'est-à-dire les équa- tions U=o, Q=o doivent donner P = o; car, cela étant, les droites TJ=o, Q = o seront situées sur la monoïde; et ces droites, lesquelles forment un système de l'ordre m(p— i), seront partie de l'intersection de la monoïde et du cône circonscrit U = o. Et il est nécessaire que cela soit ainsi, car autrement chaque droite du cône TJ = o ne contiendrait sur la monoïde que le point A, et le point déterminé par l'équation (\'= -■> lequel est un point sur la courbe du m"'""' ordre; donc cette autre partie de l'intersection de la nao- ( 5 7 ) noïde et du cône U == o serait, non pas une courbe quelconque, mais le seul point A; ce qui est absurde. « Le cône circonscrit U ^= o ne peut pas être un cône quelconque à moins que p = i ; en effet si /; > i, il est nécessaire que le cône ait au moins ( p — ])/« droites doubles (en comprenant dans cette locution le cas où le cône a des singularités qui équivalent à (/>— i)m droites doubles), car en supposant pour un moment que le cône L 1 = o n'ait pas de singularités, le cône P = o de l'ordre p devrait passer par les (p — \)m droites d'intersec- tion du cône Q == o de l'ordre [p— 1) et du cône U = o de l'ordre m; nr m est au moins égal à Jp-f- i , de manière que le cône P = o doit passer au moins p ar \ p- _ j) droites du cône Q = o; mais p- — i est >/> 2 — />. à moins que p= i ; donc ce cône P==p serait composé du cône Q = o et d'un plan P' = o par le point A; c'est-à-dire P = QP', et l'équation de la monoïde se réduirait à w = P', ou l'on aurait p=-i, ce qui est contraire à l'hypothèse. On obtiendra le même résultat à moins de supposer que le cône Q = o passe par un certain nombre x de droites doubles du cône U = o; mais en fai- sant cette supposition, chacune de ces droites compte pour deux intersec- tions des cônes Q = o, U=o; il y a encore (p — i)m — 2.x droites d'intersection; et les x -+- [p - t m — i x), c'est-à-dire (p—.\).m — x droites peuvent être comprises parmi les p{p — i) droites de la monoïde si x est égal au moins à {p — i) {m— p)\ c'est-à-dire le cône U = o doit avoir au moins ce nombre de droites doubles. Je remarque que pour m m -4- i i i n>2 — 2m + i . impair, et p = - — » le nombre sera -, ? et pour m pair, et p — - on - -t- i, le nombre sera m ~ 2m . : ma is pour toute autre valeur de r 2 2 4 p, le nombre sera moins élevé. » Je résume comme suit : » Toute courbe du m""" ordre est l'intersection d'un cône circonscrit U = o, du m' é "" ordre, et d'une surface monoïde Qîv— P, de l'ordre p= m — i au plus. L'intersection complète de deux surfaces est composée de la courbe du m' ime ordre et des m(p — i) droites d'intersection du cône circonscrit U = o, et du cône inférieur Q = o de la monoïde. Ces droites seront {p — i) [m — p) -t- « droites, chacune répétée deux fois, et {p — i)(-ip— m) — 2a droites, où « peut être égal à zéro; chacune des [p — i (m — p) + a droites sera une droite double du cône U = o; et les [p — i (m — p) 4- a droites et [p — i) [2p — m) — 2a droites, ensemble C. R.. 1862, I er Semestre. (T. L1Y, N" 10 ( 58 ) p(p — i) —a droites seront situées sur le cône supérieur P = o de la mo- noîde. » Il y a deux circonstances qui empêchent que cette théorie ne conduise tout de suite à une classification des combes en espace. D'abord, une droite double du côue U = o peut correspondre ou à un point double réel, ou à un point double apparent de la courbe; et de même en supposant que la droite double devienne une droite de rebroussement, cette droite peut on correspondre à un point de rebroussement (point stationnaire) de la courbe, ou la droite peut être une tangente ordinaire de la courbe, sans qu'il y ait sur la courbe aucune singularité qui corresponde à cette droite de rebrous- sement (Voir le Mémoire de M. Salmon : On the classification oj curves oj double eurvalure, Camb. et Dub. Math. Journ., t. V, p. 23-46, i85o). » Puis, étant donnée l'équation U = o du cône circonscrit, la rao- noïde n'est pas une surface déterminée, et il n'est guère facile de voir quel P doit être l'ordre de cette surface. En effet, cette équation étant iv = - 5 il peut y avoir des fonctions P', Q' telles que PQ' — P' Q = MU, et, cela étant, puisqu'il ne s'agit que de l'intersection avec le cône U = o, on pour- P P' rait remplacer l'équation w = — par celle-ci, w = —,■> laquelle peut être d'un ordre inférieur. » Ces difficultés se présentent dès le commencement. En effet soit m = 3. On a p = i ou p = 2, mais p = i ne donne que la cubique plane ; je sup- pose donc p = a. Le cône U= o du troisième ordre aura une droite dou- ble, laquelle peut être une droite de rebroussement. L'équation de la mo- noide sera u< = —■, où Q = o est l'équation d'un plan qui passe par le point double ou de rebroussement, et qui coupe ainsi le cône U = o selon une autre droite; et Q = o est l'équation d'un cône du second ordre qui passe par ces deux droites. Mais soit que le cône U = o ait une droite double, soit que cette droite soit de rebroussement, on n'obtient qu'une seule espèce de courbe cubique; au premier cas le sommet n'est pas situé, au deuxième cas ce sommet est situé sur une tangente de la courbe cubique; voilà toute la différence. » Soit encore /// == 4 ; ou peut avoir p = i , a ou 3 ; mais p = i ne donne que les courbes planes du quatrième ordre, je suppose donc/; = 2 ou p = 3; dans l'un ou l'autre cas, le cône U = o du quatrième ordre doit avoir au moins deux droites doubles. Il peut donc y avoir seulement deux droites ( 5 9 ) doubles; l'une de ces droites peut être une droite de rebroussenient ou toutes les deux peuvent être de telles droites. Ou encore, il peut y avoir trois droites doubles; l'une de ces droites peut être une droite de rebrousse- nient, ou deux droites ou toutes les trois peuvent être de telles droites. Il y a donc un assez grand nombre de cas à considérer; mais on sait qu'il n'y a que quatre espèces en tout, savoir : i° la courbe d'intersection de deux sur- faces du second ordre qui ne se touchent pas, courbe que je nomme quadri- quadrique générale ; 2° les deux surfaces du second ordre peuvent se toucher; la courbe d'intersection sera une quartique nodale; 3° les deux surfaces peu- vent avoir un contact singulier, la courbe d'intersection sera une quartique cuspidale ; 4° il y a enfin la courbe du quatrième ordre qui n'est située que sur une seule surface du second ordre, et que l'on n'obtient qu'au moyen d'une surface de troisième ordre: ce sera la courbe txcubo- quartique. Je remarque en passant que les quartiques nodale et cuspidale sont des sous-espèces tant de l'excubo-quartique que de la quadriquadrique. En supposant que le cône U = o n'ait que deux droites doubles ou derebrousse- ment, et soit que /; = 2011/} = 3, on obtiendra par la théorie actuelle la quadriquadrique générale (cela est évident par les formules du Mémoire cité de M. Salmon ). Si le cône U = o a trois droites doubles ou de rebrousse- ment, alors soit que/) = 2 oup = 3, on obtiendra, selon les circonstances, ou l'excubo-quartique, ou la quartique nodale, ou la quartique cuspidale (mais non pas cette dernière, à moins qu'il n'y ait au moins une droite de re- broussenient). Mais il faudrait pour tout cela une discussion pius appro- fondie. » Je remarque qu'en prenant le point A sur la courbe du m ieme ordre, l'on aurait eu, au lieu du cône U = du m iè " ie ordre, un cône du [m — i) ié ""' ordre, et l'ordre du cône se réduirait encore si le point A était un point mul- tiple de la courbe. Peut-être il conviendrait de considérer de tels cônes au lieu du cône du m'""" ordre. » En conclusion, je fais les réflexions que voici, savoir : Si S = o, T = o sont des surfaces quelconques qui passent par la courbe du m""" ordre, alors en éliminant entre ces équations le coordonné w, on obtient une équa- tion n =UV= o, qui contient comme facteur l'équation U = o du cône du m iime ordre. Mais il y a plus : la théorie de l'élimination entre deux équations algébriques fait 8.. ( 6o ) voir que les équations S= o, T = o donnent lieu à un assez, grand nombre p d'équations de la forme w = — (en représentant deux quelconques de ces équations par P P' on aura toujours FQ' — P'Q = M II), c'est-à-dire on obtient par une telle élimination plusieurs surfaces monoïdes dont chacune coupe le cône n=UV = o, selon la courbe d'intersection complète de deux surfaces S= o, T = o. Mais il ne s'ensuit pas (même en admettant que l'on ait de cette manière toutes les surfaces monoïdes qui passent par l'intersection complète), que l'on ait toutes les surfaces monoïdes qui passent par la courbe du m"" u: ordre: en effet il peut y avoir des fonctions P', Q' lesquelles, sans donner PQ - P'Q = MUV, donnent cependant PQ' — P'Q = MU, et, cela P' étant, z = — serait une surface monoide qui passerait par la courbe du m""" ordre. a P. -S. On déduit sans peine la théorie des courbes situées sur une sur- facedu second ordre (Voir ma Note On the curues siluate on a surface ofthe second order, Vhil. Mag.Juli 1861, et les savantes recherchés que M. Chasles vient de publier dans les Comptes rendus ). En effet, en supposant que la monoide soit une surface du second ordre ( hvperboloïde)et que son équa- tion soit iv =—> alors, puisque le cône U=o.,.du m"'""' ordre, doit ren- contrer le plan z = o selon les seules droites x = o, y = o, il faut que ces droites soient des droites multiples du cône =0, et. en prenant p, + <\ = in, on peut supposer que les deux droites soient des droites multiples des ordres p et ij respectivement; et cela arrivera si U (fonction homogène du m'"" ordre en .*', >, z) contient x" pour la plus haute puissance de .r, etj^' pour lapins haute puissance de > . Car en arran- geant selon les puissances descendantes de y, on aura u i=ji(x, zy -+- ...r' _ '+ ..., ce qui fait voir (pie x = o, z = o sera une droite multiple du //'"' ordre, et de même y = o, z = o sera une droite multiple du q""" ordre. On a donc selon la notation de M. Chasles U = M(^,j»), en se souvenant qu'ici U contient aussi le coordonné z. » (6. ) GiiOMÉTBiE. — Hec lit irhes sur les surfaces orthogonales; par M. William Roberts, de Dublin. « Ce nouveau Mémoire de M. W. Roberts a pour objet la généralisation des résultats contenus dans une Note que l'auteur a adressée récemment à l'Académie (séance du a3 septembre 1861). » L'Académie reçoit des Lettres de remerciment de plusieurs des auteurs auxquels elle a, dans sa séance publique du a3 décembre dernier, décerne des prix ou des encouragements : MM. Khune (prix de Physiologie expéri- mentale); Lallemand, Perrlx et Duroy (prix de Médecine et de Chirurgie' ; Haspel, Rouis (mentions honorables, même concours). M. Gityard adresse copie d'une Lettre qu'il a écrite à M. Plateau, con- cernant ses recherches sur la forme d'équilibre d'une masse sans pesanteur, Lettre dans laquelle il indique une nouvelle expérience qui lui semble destinée à étendre encore le champ de découvertes si heureusement exploité par le savant belge. M. Legrand transmet l'observation d'un cas pathologique dans lequel le mouvement des doigts de la main était accompagné de douleurs trés- vives provenant, probablement, de l'inflammation des tendons fléchisseurs, inflammation survenue par suite de la morsure d'un écureuil. M. de Paravey adresse de nouvelles remarques qui lui ont été suggérées par la lecture de divers ouvrages chinois. Ce qu'il y a trouvé, cette fois, re- lativement à certains quadrumanes lui semble apporter de nouvelles preuves à l'appui d'une thèse qu'il a déjà soutenue dans de nombreuses communica- tions faites à l'Académie, savoir qu'une grande partie des faits consignés dans les anciens livres chinois serait empruntée à d'autres livres plus anciens, écrits dans des pays fort éloignés de la Chine. La séance est levée à 5 heures et demie. F. ( 6i ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du 6 janvier 1862 les ouvrages dont voici les titres : Mémoires et souvenirs de M. A. -P. de Candolle, associé étranger de l'Institut ; éci ils par lui-même et publiés par son fds. Genève, 1862; vol. in-8°. Catalogue des Brevets d'invention; année 1861; n 09 6 et 7. Paris, 1861; 111-8°. Prodrome de Géologie; par M. À. Vézian. Paris, 1861 ; in-8°. De l'Epispadias ou fissure uréthrale supérieure et de son traitement ; parle D r Dolbeau. Paris, 1861 ; in-4°- (Concours de Médecine et Chirurgie de 1862.) Un apothicaire belge au XVI e siècle {Pierre Coudenberg); par M. A. Cap. (Extrait du Journal de Pharmacie et de Cbimie. Décembre 1861.) Paris, 186 1 ; 1 feuille in-8°. De la colique et de l'iléus aux points de vue des causes, de la nature, du traite- ment et des lésions anatomiques; Lettres au professeur Lordat , par le D r Ber- tulus. Montpellier, 1861; in-8°. Verslagen... Comptes rendus de i Académie royale des Sciences Néerlan- daise (Sciences naturelles); vol. XI et XII. Amsterdam, 1861; in-8°. Verhandelingen... Mémoires de l'Académie royale des Sciences Néerlan- daise; t. IX. Amsterdam, 1861 ; in-4°. Over den... Travaux concernant la Zoologie , publiés par la Société royale zoologique Natura artis magistra ; 8 e livraison. Amsterdam, i85o,;in-4°. Jaarboek... Annuaire de l'académie royale des Sciences Néerlandaise. Amsterdam, 1860 ; in-8°. Cartes géologiques de la Néeriande. Feuilles 19 et 20 ; in-folio. Studien. . Etudes sur l'intégration des équations linéaires différentielles ; par S. Spitzer; a e et dernier supplément. Vienne, 1862; in-8 u . Nachrichten... Nouvelles de l'Université et de la Société royale de Gœttingue ; n os 21 et 22. Décembre 1861. (63 ) A Fajtakerdes... De la question des races d'après les discussions des trois der- nières années; par M, Schwartz Gyula. Pesth, 186] ; broch. in-8°. Foldtani... Théories de la Terre dans les systèmes grecs antérieurs à Alexan- dre ; par le même ; i re et 2 e livraison. Pesth, 1 86 1 ; in-8°. Lampsacusi. . . Straton de Lnmpsaque : Essai sur l'histoire des sciences; par le même. Pesth, 1 86 1 ; broch. in-8°. AGorôgok... Géologie des Grecs...; par le même. Pesth, 1861; in-4". Osservazione... Observation du passage de Mercure sur le disque du Soleil, faite à l'Observatoire royal de Turin dans la matinée du 12 novembre 1 86 1 ; par M. G. Plana. (Présenté au nom de l'auteur par M. Élie de Beaumont.) Ragionamento... Mémoire sur la double pulsation fœtale, et principalement sur les battements cardiaques du fœtus; par le professeur Dom. de Luca. Naples, 1861 ; in-4°. Nota... Note sur les pulsations des veines de la rétine ; par le même. Naples, 1861; in-4°. Atti... Actes de la Société italienne des Sciences naturelles; vol. III, fasci- cule 4. Milan, 1861 ; in-8°. Observatorio... Observatoire météorologique de l'Infant don Luiz,à l'Ecole polytechnique de Lisbonne; n 09 3o à 36; in-folio. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 13 JANVIER 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Secrétaire perpétuel présente le tome LII des Comptes rendus hebdomadaires et annonce que ce volume est en distribution au Secré- tariat. « M. Flourexs fait hommage à l'Académie de son Eloge historique de Tiedemann, lu dans la séance publique du lundi i?> décembre 1861 . » PHYSIOLOGIE. — Note sur la coloration des os d'animaux nouveau-nés par la simple lactation de mères à la nourriture desquelles a été mêlée de la ç/aranre; par M. Flocrexs. « Dans la séance du l\ juin 1860, et dans celle du 3i décembre de la même année, je présentai à l'Académie des fœtus dont les os avaient été co- lorés par l'action de la garance, mêlée à la nourriture de la mère. Je lui présente aujourd'hui un fait qui démontre d'une manière complète la pro- longation de l'influence de la mère sur le nouvel être : ce sont des squelettes C. R., 1863, 1" Semestre (T. L1V, N° 2.) 9 (66 ) d'animaux nouveau-nés dont les os ont été colorés par la simple lactation de mères à la nourriture desquelles de la garance a été mêlée. » Dans le cas des os de fœtus colorés pendant la gestation, c'était évi- demment le sang de la mère qui avait porté (i ) dans le fœtus le principe colorant de la garance. Je ne doutai pas que ce que faisait le sang, le lait ne pût le faire. « Je fis mettre aussitôt en expérience de jeunes porcs qui venaient de naître; ils furent soigneusement séparés de la mère tant que dura l'expé- rience, et n'y étaient réunis que pendant les moments nécessaires à la lac- tation. La mère fut, en même temps, soumise à une nourriture mêlée de garance. Au bout de quinze à vingt jours, tous les os des jeunes porcs se trouvèrent rouges. »> Ce résultat était précieux ; mais, dans les conditions où je l'avais obtenu, il pouvait laisser quelque prise au doute. Lorsque la coche arrivait au mi- lieu de ses petits, elle avait le museau tout barbouillé de sa nourriture, et les petits léchaient cette nourriture à qui mieux mieux (2). » Il fallait, pour ces expériences, des animaux dont on fût sûr qu'ils ne mangent point et qu'ils se bornent à teter pendant les premiers temps de la lactation. » Sous ce rapport, de jeunes rats ( 3) et de jeunes lapins m'ont paru offrir toute garantie. » La femelle du surmulot porte de dix-huit à vingt jours; elle fait un nid où elle dépose ses petits; ces petits naissent tout nus et les yeux fermés ; ils ne mangent point durant les premiers jours; ils ne font que teter, et ne sortent du nid (pie du quinzième au vingtième jour. » La femelle du lapin porte trente jours; elle fait un nid au fond duquel elle dépose ses petits; ces petits naissent tout nus (4) et les yeux fermés; ils ne sortent du nid que du vingt-cinquième au trentième jour; enfin, ils ne man- gent point et ne font que teter pendant les premiers jours. » Les petits rats et les petits lapins m'ont paru offrir toutes les condi- tions que je souhaitais. » J'ai fait soumettre à un régime mêlé de garance une femelle de sur- ( 1 ) Par endosmose. Voyez le t. L des Comptes rendus, p. i o ( i . (2) Le petit porc boit, lèche, mange, court, dès sa naissance. (3) Le rat albinos. (4) Les petits lapins n'ont, comme les petits rats, qu'un duvet à peine visible. ( ^7 ) mulot qui venait de mettre bas. Au bout de onze jours, j'ai examiné les petits : tout ce qui était déjà osseux dans leur squelette était rouge. .. J'ai fait soumettre au même régime, mêlé de garance, une femelle de lapin qui venait également de mettre bas : au bout de neuf jours, tout ce qu'il y avait d'osseux dans le squelette du jeune lapin était rouge. » Déplus, j'ai scrupuleusement examiné la bouche, l'œsophage, l'esto- mac, les intestins de tous ces animaux, rats et lapins, et je n'ai trouvé nulle part aucune trace de garance. » Le fait est donc certain : la lactation agit comme la gestation; le lait a le même pouvoir que le sang de porter au fœtus le principe colorant de la ga- rance, de rougir ses os. En d'autres termes, la mère influe sur le petit par la lactation comme elle influait sur lui par la gestation ; et sous ce point de vue, la lactation n'est qu'une prolongation de la gestation : prolongation pré- cieuse de l'influence de la nourrice sur le petit, phénomène physiologique du plus haut ordre, et ressource thérapeutique dont la médecine savante de nos jours ne manquera sûrement pas de tirer parti. » ASTRONOMIE. — Sur la figure de la grande comète de 1 86 1 ; par M. Faye. (Troisième partie.) « Emission cyathiforme, ou émission nucléale antérieure (du côté du Soleil) en forme de calice à fond conique et. à bords renversés. — Il fallait ici un mot nouveau, car ceux dont on s'est servi jusqu'ici pour désigner ce phé- nomène, les mots d'aigrettes, de secteurs lumineux, d'éventail, etc., semblent tous indiquer une émission qui s'opérerait dans le plan de l'orbite, c'est-à- dire dans le plan où Bessel faisait osciller, devant le Soleil, le noyau et ses appendices, comme une aiguille aimantée placée sons l'influence d'un aimant puissant. Ce secteur plan à bords recourbés se retrouve à la fois dans la figure théorique de la planche lithographiée des Comptes rendus f séance du 9 décembre dernier) que j'aurai occasion de rappeler ici plu- sieurs fois, et dans le dessin du P. Secchi pour la comète de l'an dernier (même planche, 3 luglio io b pom.). Les deux secteurs y sont limités par un contour plus ou moins régulier qui semble en dessiner l'arc terminal. Nous allons voir que ces lignes sont en réalité les contours perspectifs d'une figure bien plus complexe, et que cette figure est précisément celle de la théorie. » Si l'émission antérieure était un secteur situé dans le plan de l'orbite, 9- ( 66 ) son aspect varierait suivant certaines lois au fur et à mesure du déplace- ment de l'observateur. De face il serait vu sans raccourci, en vraie gran- deur; vu obliquement, il se rétrécirait; si l'observateur venait à passer par son plan, il se réduirait a une ligne lumineuse plus ou moins large; enfin, de l'autre côté du pian, il repasserait en sens inverse par les mêmes effets de raccourci. Ainsi son aspect dépendrait de l'inclinaison du rayon visuel sur le plan du secteur et non de son inclinaison sur l'axe. Les cboses se sont-elles passées ainsi pour la comète de 1861 qui nous offre, ici encore, les moyens de contrôle les plus décisifs? Nullement. Le 12 et le 14 juin, M. Ellery voit et dessine un secteur à angle très-ouvert (planche du Compte rendu du 9 décembre). Le 3o juin, jour où la Terre a passé par le plan de I orbite, air lieu d'apercevoir le noyau surmonté d'un trait lumineux unique, dirigé vers le Soleil, on l'a vu entouré de rayons divergents comme un soleil d'artifice, disent les uns, comme une étoile de mer, disent les autres. Enfin le 3 juillet ( même numéro des Comptes rendus), jour où l'incli- naison du rayon visuel sur le plan de l'orbite était encore Ires-faible, au lieu d'un secteur étroit on retrouve l'amplitude et la figure du \l\ juin. Or la seule figure qui ait pour perspective, sous des points de vue si différents, un secteur d'angle assez perr variable, ce n'est évidemment pas un secteur plan, c'est la surlace de révolution engendrée par ce secteur lui-même en tournant autour de son axe, et l'on vérifie aussitôt cette conclusion en la rapprochant des faits observés. La perspective d'une telle surface ne dépend pas, en effet, de l'inclinaison dir rayon visuel sur le plan d'un de ses méri- diens quelconque, tel que le plan de l'orbite, mais seulement de l'angle de cette ligne visuelle avec l'axe; ainsi cette perspective a dû être sensible- ment la même le 14 juin et le 3 juillet, car, dans le premier cas, cet angle était de 53° et dans le second de 5o°. De plus le jour du passage de la Terre par le plan de l'orbite, le 3o juin, cet angle se trouvant réduit à 26 , les contours perspectifs en forme de secteur ont dû disparaître, car avec une pareille obliquité il n'existe plus de cylindre circonscrit à la partie coniqrre d une telle surface. Alors les inégalités d'éclat dans l'épaisseur des parois ou dans 1 intérieur du calice, vues à travers une épaisseur énorme de matières éclairées, orrt dû déterminer l'aspect rayonné dont les observateurs parais- sent avoir' été si frappés dans la soirée du 3o juin. On a pu croire alors qu'on assistait a un phénomène tout nouveau, et pourtant du i4 juio ou du 3 juillet au 3o juin, il n'y avait de changé (pie le point de vue. La forme ordinaire, celle du 1/4 juin, celle que la comète de Halley a rendue familière ( % ) a tous les astronomes, n'a pas tardé à se montrer dans les premiers jours de juillet, comme le montre le dessin du 3 luglio. » Si l'on considère de plus près l'émission eyatliiforme dont les faits viennent de montrer si ciairement l'existence, on trouvera que sa perspec- tive doit présenter pour des inclinaisons fort communes de ()0°=h (io°, 20°, 3b°,' ._.'.), i° un secteur lumineux à bords courbes et convexes en dedans; 2° un arc tangent aux côtés courbes du secteur (i), également convexe à l'intérieur, arc qui sera remplacé, à cause de l'épaisseur des parois, par une zone de lumière plus ou moins large; 3' un peu au delà du secteur, un contour convexe au dehors que l'on prendrait aisément pour une de ces enveloppes concentriques situées ordinairement au delà de l'émission, du côté du Soleil. C'est là précisément ce que donnent l'esquisse théorique des Comptes rendus do 9 décembre et le dessin coinétairedu 3 juillet; il n'y manque que l'arc ou plutôt la zone interne du secteur qui n'est point indiquée dans ces dessins. » Mais si l'on veut comparer en détail ces formes théoriques avec les formes observées, il ne faut pas oublier que les premières supposent des surfaces géométriques sans épaisseur, tandis que les secotides proviennent de surfaces d'émission ayant une épaisseur considérable. Secondement, l'émission n'est pan composée de matières homogènes; les différences de tiensité se font sentir à l'intérieur même du calice qui la limite et qui en forme la partie principale; des portions de ce calice peuvent même man- quer totalement ou présenter l'aspect d'une rupture, si l'émission s'inter- rompt localement. Enfin la nappe conoïdale convexe qui fait suite au calice proprement dit et forme l'origine principale de la queue, cesse d'offrir un contour apparent bien tranché à peu de distance du cercle qui lui sert de sommet du côté du Soleil, parce que sa matière, emportée parla répulsion, se dissémine rapidement sur un grand espace. C'est exactement ce qui se passe dans les nappes coniques ou sphériques de certains jets d'eau tres- étalés : à partir d'une certaine zone, ces nappes se décomposent en lam- beaux et en gouttelettes, incapables d'offrir un contour régulier et continu. (i) En deux points singuliers où le ravon visuel a un contact du troisième ordre avec la surface. ( 70.) Il n'est pas inoins essentiel de tenir compte de la transparence singulière de toutes les parties de la tète d'une comète, le noyau excepté, et du degré d'éclat que la projection visuelle de ces parties les unes sur les autres peut donner momentanément, selon la force optique de l'instrument employé, aux diverses régions de la figure. >» Un excellent moyen de reproduire matériellement et d'étudier ces dé- tails, consiste à considérer de près la figure d'une lampe à alcool venant frapper un obstacle plan horizontal qui la force à se replier en calice. On y retrouve les détails précédents encore mieux que dans les perspective géo- métriques que je dois à l'obligeance de M. Dunesme, et que je mets sous les yeux de l'Académie. Ainsi le contour intérieur (ligne de contact du rayon visuel avec la partie non convexe du calice) est large et peu apparent; ainsi les rayons latéraux du secteur se prolongent plus loin et ressortent mieux que dans les épures; ils ressortent même trop, ce qui me semble tenir unique- ment à cette circonstance que l'intérieur de la flamme est complètement obscur, tandis que l'intérieur du calice cométaire n'est pas complètement vide (i). On réaliserait une image encore plus frappante mais moins exacte du phénomène céleste, si on renversait une nappe conique de gaz d'éclai- rage enflammé. La légèreté spécifique du gaz forcerait cette nappe incan- descente à se recourber, puis à remonter verticalement, par un jeu tout semblable à celui de la répulsion solaire. » Toutefois la théorie indique un angle de 108 à l'origine pour le point conique du noyau. A ce compte, les perspectives du i/| juin et du 3 juillet seraient en défaut, car l'angle du rayon visuel avec le rayon vecteur pro- longé qui aurait dû dépasser la moitié de cet angle, n'était qu< j de 5 i° le pre- mier jour et de 5o° le deuxième. Mais, d'une part, l'axe de l'émission peut s'écarter notablement de la direction du rayon vecteur ; d'autre part, l'angle du cône d'émission n'est qu'une limite statique qui ne saurait répondre complètement à un phénomène de mouvement. Cet angle parait varier d'une comète à l'autre. Et même il y a lieu de croire que l'émission cyathi- lorme est légèrement aplatie, non pas, comme les queues, dans le sens perpendiculaire au plan de l'orbite, mais dans le sens du plan de l'or- bite. Il serait intéressant d'étudier à ce dernier point de vue, que je me borne à indiquer ici, les figures delà comète de Halley en 1 835. Vers le (i) C'est aussi là ce qui fait disparaître l'arc de la perspective de la pallie non convexe du calice, aie que je n'ai retrouve nulle part. ( V ) i3 octobre, en effet, la Terre a traversé un plan mené par le rayon vecteur perpendiculairement au plan de l'orbite; le secteur paraissait alors moins large que les jours précédents et suivants. Vers la fin de janvier et les pre- miers jours de février, le rayon visuel faisait avec le rayon vecteur un angle d'environ /j5° et plongeait directement dans le fond du calice : par consé- quent aucun secteur ne pouvait être vu. J'attribue le prolongement lumi- neux qu'on voyait alors au noyau, à l'opposite du Soleil, à ce que les parois du calice postérieur (formant un très-petit angle avec le rayon visuel) étaient vues en raccourci à travers de fortes épaisseurs de matières illuminées. Il serait difficile de rencontrer deux comètes qui se soient présentées à nous sous des points de vue et avec des effets de perspective plus différents que celle de Halley en i835 et celle de l'an dernier, et pourtant les figures si diverses et si variables de ces deux comètes se plient à la même tbéorie, d'un bout à l'autre de leur apparition (i). » Emission conoïdale, postérieure, opposée au Soleil. — L'esquisse théori- que du Compte rendu du 9 décembre et le dessin du P. Secchi en donnent ici une idée très-nette. Il serait inutile de reproduire des faits et des rai- sonnements analogues aux précédents, car on ne saurait douter qu'il ne s'agisse ici d'une surface de révolution (à l'origine) engendrée par une courbe divergeant du noyau, mais ramenée vers l'axe par la répulsion so- laire. Quelquefois cette émission n'est caractérisée que par l'espace relative- ment vide et obscur qu'elle comprend; sur le dessin du P. Secchi, les bords en sont marqués par un redoublement d'intensité très-visible. » L'émission conoïdale se prolonge très-loin dans la queue dont elle suit à peu près la courbure générale (2), elle s'élargit de plus en plus et sépare quelquefois la perspective en deux rameaux distincts. D'autres fois ce canal obscur est envahi promptement par les particules de densité et de vitesses diverses qui forment la queue. A I origine, l'intérieur du conoïde est garanti contre cette invasion par le noyau qui forme une sorte d'écran sur lequel la force répulsive s'épuise. On conçoit d'ailleurs que cette émission dans son entier se voie mieux de face (perpendiculairement au plan de l'orbite) que (1) Quant à la comète de Donati (i858) , les couches concentriques, dont il sera question dans la dernière partie de ce Mémoire, avaient pour ainsi dire envahi le calice et demandent une discussion Npéciale. (2) Voir plus loin la preuve que l'axe de cette émission peut former un petit angle à peu près constant avec l'axe de la queue. ( 72 de profil. Les deux beaux dessins du 2 et du 10 octobre 1 858 de M. Bond comète de Donati) en offrent un spécimen dont les détails n'ont rien d'em- barrassant; ceux du P. Sccclii pour la comète de 1861 en donnent aussi une idée fort nette, » Direction des axes de ces émissions opposées. — Bessel a donné une im- portance extrême à cette question. Dans un travail remarquable dont le Bureau des Longitudes a publié la traduction dans la Connaissance des Temps, l'illustre astronome de Kœnigsberg crut avoir démontré que l'émis- sion antérieure de la comète de Halley, en 1 835, avait présenté des balan- cements réguliers dans le plan de l'orbite, de part et d'autre du rayon vec- teur, tout à fait analogues aux oscillations d'un pendule de part et d'autre de la verticale. Il en avait même déterminé l'ainplitude(6o°) et la durée (/\\ 6). Tel est le fait capital qui sert de base à sa théorie des forces polaires. Consi- dérant en effet qu'un pur phénomène de libration ne pourrait expliquer ces résultats, il s'est trouvé conduit à admettre une force polaire exercée par le Soleil et développant des pôles de nom contraire dans le corps même du noyau. Une telle force devait effectivement avoir une action dirigeante sur le noyau et sur ses appendices, c'est-à-dire déterminer dans ce triple en- semhle des oscillations analogues à celles d'une aiguille aimantée qui serait suspendue en face d'un aimant puissant et qu'on aurait écartée de sa position d'équilibre. » Bien que Bessel se soit exclusivement attaché au secteur lumineux de la comète de Halley, c'est-à-dire à l'émission antérieure, il est évident que les mêmes conclusions s'appliquent à l'émission postérieure; celle-ci doit, dans la théorie de Bessel, osciller comme la première, simultanément et en sens opposé, de même que, dans une aiguille, les deux pôles opposés sont solidaires et exécutent à la fois des mouvements inverses. » Si ce fait fondamental était vrai, je veux dire si l'on voyait générale- ment dans les comètes le noyau et ses deux émissions opposées osciller devant le Soleil comme un pendule, il faudrait renoncer à la théorie que je soutiens ici, car on ne voit pas comment ii serait possible d'attrihuer à la répulsion solaire, telle que je l'ai définie, le rôle d'une force directrice ana- logue à celle d'un aimant. Mais le fait fondamental que Bessel avait cru observer n'existe pour aucune de ces émissions, et les faits réels, loin de fa- voriser l'hypothèse d'une force polaire, lui sont radicalement contraires. Nous verrons bientôt jusqu'à quel point les mêmes faits s'accordent avec la théorie de la répulsion solaire. (7'M » Et d'abord l'émission antérieure de la comète de Donati, dont on a mesuré avec soin l'angle de position à Alloua, à Dorpat et à Poulkowa par des méthodes diverses, n'a montré aucune trace d'oscillation régulière. Les mesures prouvent que celte émission se déplace, mais elle n'oscille pas à la manière d'un pendule de part et d'autre du rayon vecteur, comme le voulait Bessel. Voici, pour faire apprécier la négation radicale que ces mesures établissent, un simple extrait des observations citées : Septembre 20 p — p„ = -+- 21 -+- 22 -i- 28 — 29 -+■ 30 -+- Octobr 1 2 4 5 6 7 8 9 10 i3 Allona. Dornat. l'oulkow.i ' 3o. 3g -+- 32.56 45.44 -+- 33.28 0.57 -r- 35.42 2. 10 + 26.2 33.4c) + 28.2 7 .8 + 3l.I2 + 0.48 1 5 . 1 1 9.21 16.40 M.33 8.38 + 14. 3i 7.33 + 27 .0 -f- 0.12 10.40 + 12. 14 — i4-3o 1 .5o + 7.33 — 10.48 2. I I + a5. 3o -1- 28.44 — 17.30 » Aucune de ces séries ne confirme le fait admis par Bessel; elles nous prouvent en outre que les habiles astronomes à qui nous les devons n'ont pas toujours observé la même chose, car les discordances de leurs mesures ne permettent pas d'autre supposition. C'est une conhrmation frap- pante des objections qu'Arago opposait a Bessel avec tant de force et de raison (1). (1) astronomie populaire, t. II, p. 3q6. Veut-on l'opinion actuelle d'un excellent juge en ces matières? Je citerai le passage suivant d'un Mémoire récent de l'Académie de Saint-Pétersbourg, dont je dois la communication à lalibéralité duDirecteurdel'Observatoire central de Russie : « En i835, dit M. le D r Winnecke, Bessel avait remarqué des variations frappantes dans la direction de l'émission lumineuse de la comète de Halley, et il montra qu'elles pourraient s'expliquer par l'oscillation pendulaire du noyau de part et d'autre du rayon vecteur. De- C. K., 1SO2, 1" Semestre. (T. LIV, !\°2.j IO ( 74) n Le rapprochement précédent risquerait de déconsidérer ce genre de mesures, si je ne me hâtais de dire que l'ohjet observé dans" la comète de Donati n'était pas véritablement un secteur (perspective de l'émission cya- thiforme), mais une des enveloppes du noyau. « Ainsi, la seule conclusion qu'il soit permis de tirer jusqu'ici de tous les faits connus, c'est que cette émission antérieure n'affecte pas une direc- tion constante; elle s'écarte tantôt plus, tantôt moins de la direction du Soleil, mais elle n'oscille pas régulièrement et à des intervalles égaux départ et d'autre du rayon vecteur, à la manière d'une aiguille aimantée. » Passons à d'autres arguments non moins décisifs. L'émission posté- rieure, qui devrait suivre la première et en répéter fidèlement les mouve- ments, affecte au contraire une direction constante. Voici quelques-unes des mesures qui le prouvent pour la comète de Donati : Septembre 28 p — p 2 9 Octobre 1 6 7 9 12 » Ici plus de différences systématiques entre les observations d'Altona et de Dorpat ; ces séries s'accordent dans la limite des erreurs accidentelles Altona. Dorpat. + 2°. 35 + 4 10 -1- 3.8 -1- 5.22 -+- 8.5 7 -4- 9.33 + 4-' + 6.5o + 9- 28 -t- 7.53 + 7.28 puis on a présenté çà et là ces idées comme ayant la valeur d'une démonstration irrécusable, et pourtant il n'a pas manqué de voix imposantes pour protester contre la valeur probante attribuée à ces observations. Un examen attentif des faits observés à cette époque en diffé- rents lieux m'a confirmé dans ces doutes; d'ailleurs, en pesant avec soin les termes dont Bessel se sert à ce sujet (p. 196 des Ast. N., vol. XIII), on s'aperçoit qu'il était loin lui- même d'attribuer à ses observations la force démonstrative qu'il semble admettre dans d'autres passages. Je n'ai pas l'intention de reprendre ici la discussion de toutes les observa- tions faites à cette époque sur la comète de Halley ; il me suffira de remarquer que les ob- jections auxquelles donnent lieu les mesures de l'orientation de l'axe des secteurs de la comète de Donati comptent également, et même avec plus de force, contre les mesures ana- logues de la comète de Halley. » [Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, 7 e série, t. II, n° i,p. 42.) ( 75) inhérentes à ces déterminations délicates. On est donc autorisé à combiner les deux séries dans leur entier, et on en déduit, pour les angles réduits an plan de l'orbite (i) : o ' Dti 17 au 21 septembre u — «„ = -(- 6.9 par 3 observ. Du 23 au 28 septembre -f- 5.46 5 r> 1/1 r- ,r- r ) passage au périhélie Du 20 septembre au 4 octobre -+- 6.45 6 ( , „ r , * ' ^ H I le 3o septembre. Du 5 au 7 octobre -f- 7 . 01 5 Du 8 au 10 octobre -+-7.32 4 Du 12 au 14 octobre -1-8.38 3 et il en résulte une déviation moyenne presque constante de 7 pendant la durée d'un mois (2). » Ainsi, l'émission postérieure ne présente aucune trace d'oscillation pendulaire; elle affecte seulement une direction légèrement inclinée sur le rayon vecteur, en arrière du mouvement de l'astie. Les choses se sont pas- sées de même pour la dernière comète, sauf la grandeur de la déviation à laquelle le P. Secchi assigne des valeurs énormes, p — p = -f- 46° pour le i er juillet et -+- 52° pour le 2. Mais en remontant aux observations origi- nales, on trouve 18 pour l'angle de position du Soleil, 2.08° pour celui de l'axe du canal obscur : or l'auteur a comparé cette dernière direc- tion au supplément du premier angle, c'est-à-dire à 180 — 18 = 162 , pour avoir l'angle apparent du rayon vecteur prolongé avec l'axe du canal ob- scur, tandis qu'il faudrait prendre, si je ne nie trompe, 180 + 18 ou 198 , ce qui donne -f- io° seulement de déviation. De même pour le jour sui- vant (3). (1) Astron. Nackr., n° 1 173, p. 33o. J'ai défalqué, des moyennes de M. Pape, les me- sures de M. Winnecke, de Poulkowa, qui se rapportent non à l'axe du canal obscur, mais à celui de la queue. (2) Il est très-intéressant de comparer cette direction avec celle de l'axe de la queue à l'origine. M. le D r Winnecke a trouvé que celle-ci était, pendant le même laps de temps, sensiblement constante, et en moyenne de 3°46'. Ces deux déviations, dans le même sens, sont dues à la même cause, bien que l'une soit à peu près le double de l'autre. La différence tient aux inégales densités des matières provenant de régions différentes de la tête et à la différence des chemins parcourus. (3) Osservazioni e Ricerche astr. sulla grande cometa del giugno 1861, p. 62. IO.. ( 76 ) » Voilà donc un ensemble de faits bien constatés : comparons les à la théorie, et d'abord à celle de Bessel. En appliquant à cette déviation la formule tangy = gsin G T V2 \ll-y-4i 3 4resin v 2 \ip \fï (i— p)\Jp] 3r ' v'ï~— 7 que Bessel a donnée pour la corde menée du noyau à un point quelconque de la queue, corde définie par son angles avec je rayon vecteur et sa projec- tion ç sur le même ravon, M. Pape a conclu, dans son remarquable Mémoire du mois de décembre i 858, que du 17 septembre au i/j octobre la répulsion solaire [j. a toujours eu la même intensité. Comme il s'agit ici de l'axe de la queue, le facteur gsin G doit être considéré comme nul, ce qui réduit l'ex- pression de tangœ à son dernier terme. Or il est aisé de voir que pour la corde à l'origine, c'est-à-dire pour la première tangente, cette formule donne ç =0, puisque £, projection de la corde sur l'axe, se réduit ici théoriquement à un élément infiniment petit de la courbe. Ainsi dans la théorie de Bessel, fondée sur une notion erronée de la répulsion solaire, la queue devrait être tangente au rayon vecteur; cette théorie ne peut donc expliquer l'angle observé entre la tangente à l'origine et ce rayon. On ne saurait d'ailleurs objecter à ce raisonnement qu'il s'agit ici d'une région exclue par liessel lui-même comme trop voisine du noyau, car l'attraction du noyau ne. sau- rait dévier les particules qui s'en échappent dans le sens du premier élé- ment de l'axe curviligne de la queue. » Dans notre théorie, au contraire, cet angle est possible et même néces- saire, ainsi que je l'ai plusieurs fois expliqué, car la force répulsive se décomposant suivant la tangente à l'orbite et suivant le rayon vecteur, la composante radiale imprime à la molécule déjà séparée du noyau un petit déplacement modifié par l'attraction du Soleil et celle, du noyau, tandis (pie la composante tangentielle produit seule un autre déplacement en sens contraire du mouvement de l'astre. Si le premier était dû à la seule force radiale, le rapport de ces déplacements répondrait à l'angle d'aberration actuel; mais à cause de l'attraction contraire du Soleil et surtout du noyau, lequel agit encore sur la molécule bien qu'elle ne fasse plus corps avec lui, ce rapport peut déterminer une déviation heaucoup plus sensible; et comme les parois de l'émission conoïdale se trouvent peu inclinées sur la direction de la force répulsive, cet angle ne subira que île faibles varia- tions. » ( 77 ) ASTRONOMIE. — Remarques sur les idées émises par M. Le Verrier relativement à la constitution de notre système planétaire ; par M. Delaunay. « Je n'aurais pas pris la parole sur ce sujet, siM. Le Verrier ne m'y avait pour ainsi dire obligé, en persistant à présenter les choses sous un jour qui ne me paraît pas conforme à la vérité. J'ai montré récemment que l'accrois- sement de 38" attribué par lui au mouvement séculaire du périhélie de Mercure n'est autrechose qu'une équation empirique, ajoutée aux inégalités qu'il avait déduites de la théorie, dans le but de faire disparaître le désaccord qui subsistait entre ses résultats théoriques et l'observation. M. Le Verrier n'a rien trouvé à répondre à la Note que j'ai insérée à ce sujet dans le Compte rendu de la séance du i5 novembre dernier; et cependant il con- tinue à parler de cet accroissement du mouvement du périhélie de Mercure, comme d'un fait que les observations donnent directement, et dont l'exis- tence ne peut être contestée; puis il part de ce fait, et d'un autre analogue relatif a la planète Mars, pour établir l'existence de divers anneaux d'asté- roïdes circulant autour du Soleil, à diverses distances de cet astre. Les con- clusions auxquelles il arrive ainsi ne me semblent pas avoir le caractère de certitude, ou au moins de grande probabilité, avec lequel M. Le Verrier les présente. Ses raisonnements en effet ne reposent sur rien de solide, comme il va métré facile de le montrer. »M. Le Verrier, après avoir effectué une nouvelle détermination théorique des inégalités du mouvement de Mercure autour du Soleil, en a déduit des Tables du mouvement de cette planète. Malgré tous ses efforts, ces Tables théoriques ne s'accordaient pas complètement avec les observations dont il disposait; et il a trouvé qu'il pouvait faire disparaître le désaccord en augmentant de 38" le mouvement séculaire du périhélie de Mercure. Voila le fait. Que faudrait-il pour qu'on pût regarder l'équation empirique ainsi introduite comme étant l'expression de la réalité, c'est-à-dire comme repré- sentant un phénomène réel qui se serait manifesté par la comparaison des Tables théoriques avec les observations? Il faudrait d'abord que l'on fût assuré queles recherches théoriques de M. Le Verrier et les Tables qu'il en a déduites ne laissent absolument rien à désirer; il faudrait ensuite qu'il fut bien établi qu'il n'y a pas d'autre moyen de faire disparaître le désaccord, entre ces Tables théoriques reconnues parfaites et les résultats d'observa- tion, que d'accroître le mouvement séculaire du périhélie de la planète. ( 7» ) » Sur le premier point, il nous sera bien permis de conserver quelques doutes, malgré l'assurance avec laquelle M. Le Verrier dit : « Il reste acquis » aujourd'hui qu'il n'est pas possible de représenter toutes les observations » faites sur le système des quatre planètes inférieures, en ne tenant compte » que de leurs actions mutuelles et de celles du Soleil. » [Voir plus haut, page 3o). Je veux bien admettre que M. Le Verrier a mis un soin extrême à ses recherches théoriques et à tous les calculs nécessaires pour arriver jusqu'à l'établissement des Tables qui en sont résultées ; mais enfin nous savons bien que personne n'est infaillible. Des savants d'un très-grand mé- rite s'étaient occupés avant lui de la même question ; ils avaient aussi fait tous leurs efforts pour atteindre le but qu'ils avaient en vue : et cependant M. Le Verrier a trouvé que les résultats auxquels ils sont parvenus étaient susceptibles d'être améliorés. Qui peut nous assurer que d'autres, venant après M. Le Verrier, et profitant des nouveaux pas qu'il a fait faire à la question, ne trouveront pas encore quelque chose à glaner après lui ? Dans des questions aussi compliquées que celle dont il s'agit ici, c'est à peine si l'on peut se regarder comme certain de l'exactitude des résultats obtenus, même après que d'autres savants les ont retrouvés par de nouvelles recher- ches complètement indépendantes des premières. » Quant au second point, les doutes ne sont pas moins naturels. Les Tables purement théoriques construites par M. Le Verrier ne présentaient avec les observations que de très-petites différences, puisque, pour les faire disparaître, il a suffi d'ajouter 38" au déplacement théorique du périhélie de Mercure pendant tout un siècle, c'est-à-dire pendant que la planète fait 4 1 5 révolutions autour du Soleil ; c'est o",oo, par révolution. Qui ne voit que, en raison de la petitesse de ces différences, les erreurs des observations aux- quelles on compare les Tables prennent une importance relative très- grande ; d'où résulte que la recherche de la loi que suivent les corrections à faire aux lieux fournis par les Tables présente une véritable indétermina- tion ? L'accroissement attribué au mouvement du périhélie est une des formes de l'équation empirique que l'on peut employer pour ramener les différences entre la théorie et l'observation à être renfermées entre les limites d'erreurs que les observations comportent; c'est même probable- ment la forme la plus simple qu'on puisse lui attribuer pour cela : mais ce n'est certainement pas la seule qui permette d'y arriver. Quel motif aurions- nous donc pour croire que cette forme de l'équation empirique est la re- présentation exacte de la différence existant entre les phénomènes réels et les Tables supposées parfaites? ( 79 ) » Je ne trouve pas mauvais que M. Le Verrier cherche à imaginer la cause capable de produire les accroissements qu'il a été conduit à donner au mouvement du périhélie de certaines planètes. Quand on a consacré un long temps à faire un travail considérable tel que la théorie des mouvements des quatre planètes les plus voisines du Soleil ; quand, malgré tous ses efforts, on n'est pas parvenu à obtenir un accord aussi complet qu'on pouvait le désirer entre les résultats de la théorie et ceux qu'a fournis l'observation, il est bien naturel qu'on cherche à pénétrer dans l'avenir, et à voir quelles conséquences pourront découler un jour de l'existence de la différence trou- vée, s'il arrive que l'on constate que cette différence existe bien réellement et sous la forme sous laquelle on l'a obtenue tout d'abord. Mais, malgré tout l'intérêt que peuvent présenter de semblables recherches, on doit éviter de leur donner un caractère autre que celui de simples conjectures. Elles ne peuvent apporter aucune nouvelle pierre à l'édifice de la science, tant que la base hypothétique sur laquelle elles reposent n'a pas été définitivement rangée parmi les faits acquis. » Puisque j'ai été amené à parler des idées émises par M. I.e Verrier sur la constitution de notre système planétaire, j'en profiterai pour dire quel- ques mots d'un singulier résultat qu'il a déduit de ses formules il y a vingt- deux ans, résultat que le temps de la réflexion ne lui a pas fait modifier, puisque seize ans plus tard il le reproduisait dans les Annales de l'Obser^ vatoire, sans y apporter aucune atténuation ni restriction. Voici ce dont il s'agit. » Dans un Mémoire sur les inclinaisons respectives des orbites de Jupiter, Saturne et Uranus {Journal de M. Liouville, année 18/J0, p. 95), M. Le Verrier examine en particulier ce qui arriverait à une petite planète soumise aux actions perturbatrices des grosses planètes Jupiter et Saturne, et circulant autour du Soleil à une distance moindre que celle de Jupiter. 11 trouve que, si la distance de cette petite planète au Soleil est convenablement choisie, l'inclinaison de son orbite sur celle de Jupiter, tout en ayant été primitive- ment très-petite, peut grandir considérablement, et cela d'autant plus que la masse de la planète troublée est supposée plus petite. Puis il remarque que les planètes dont les demi grands axes approchent le plus de satisfaire à la con- dition indiquée pour cela, sont celles dont les masses sont les plus petites, et qu'il se trouve précisément que leurs inclinaisons sur l'orbite de Jupiter sont considérables (ces planètes sont Cérès, Pallas, Junon et Vesta, les ( So ) seule» petites planètes connues à cette époque :. M. Le Verrier ajoute en- suite : « Entre Vénus et le Soleil il existe une autre étendue où, en vertu •■ des actions perturbatrices de Vénus et de la Terre, les inclinaisons d'une » petite masse pourraient grandir considérablement. Mercure se trouve » placé à l'une des extrémités de cette étendue, et ses inclinaisons sont » considérables. » » Cette conséquence que M. Le Verrier a tirée de ses formules n'est pas restée inaperçue. Non-seulement on l'a remarquée, mais on y a vu le point capital du Mémoire où elle se trouve énoncée. La notion qui en résultait pour la constitution de notre système planétaire a même été vulgarisée, et on la caractérisée par une expression à la fois pittoresque et significative, .(e me souviens d'avoir entendu parler plusieurs fois, même dans cette en- ceinte, de la région ravagée découverte pat M. Le Verrier entre Mars et Jupiter. Plus tard, lorsque M. Le Verrier s'est occupé de donner dans les Annales de l Observatoire une seconde édition de ses diverses publications scientifiques, il a reproduit les assertions contenues dans son Mémoire de 1840, sans y changer un seul mot (voir les Annales, t. II, p. i(J5, et surtout les Addi- tions placées à la fin de ce volume, page [34])- » Voyons ce que l'on doit penser de tout cela. Quand on examine la chose de près, il paraît d'abord bien extraordinaire que l'inclinaison de la petite planète considérée puisse grandir d'autant plus que sa masse sera moindre. Autant vaudrait dire que la chute d'une pierre à la surface de la Terre est d'autant plus rapide que cette pierre est plus petite. Les perturba- tions qu'éprouve une petite planète de la part des grosses planètes de notre s\ sterne sont indépendantes de sa masse, de même que la chute des corps à la surface de la Terre (dans le vide, bien entendu,) présente des circon- stances identiques quelles que soient les masses de ces corps. Il faut donc qu'il y ail quelque méprise dans les raisonnements de M. Le Verrier; il y en .1 une en effet, et il ne me sera pas difficile de faire comprendre la cause île l'erreur dans laquelle il est tombé. » Pour étudier les variations séculaires des inclinaisons mutuelles des orbites de trois planètes, M. Le Verrier est parti des équations différentielles établies par Laplace dans la Mécanique céleste, Pour obtenir ces équations, on conçoit que la fonction perturbatrice soit développée suivant les puis- sances croissantes des inclinaisons des planètes sur un plan fixe, inclinai- sons que l'on suppose petites, et on ne conserve que les termes qui sont du premier ordre par rapport à ces inclinaisons. En opérant ainsi, c'est-à-dir;? ( B-i ) en négligeant toutes les quantités d'un ordre supérieur au premier, on sait bien qu'on ne fait qu'une approximation. Les parties principales des quan- tités qui multiplient les premières puissances des inclinaisons dans les équa- tions différentielles peuvent seules contribuer à produire les résultats ap- proximatifs que l'on se propose d'obtenir à l'aide de ces équations. Les petites quantités qui accompagnent ces parties principales ne peuvent avoir sur les résultats qu'une influence insignifiante, souvent plus petite que celle des termes du second ordre et des ordres supérieurs que l'on a négligés. Or c'est en s'arrangeant de manière que les parties principales dont je viens de parler se détruisent mutuellement, pour laisser la prépondérance aux parties accessoires, que M. Le Verrier a été conduit au résultat singulier dont je veux montrer l'inexactitude: il a employé ses formules dans un cas où elles ne peuvent donner rien de bon. En d'autres termes, M. Le Verrier a considéré un cas particulier dans lequel l'ensemble des termes du premier ordre, conservés seuls dans les équations différentielles, devient très-petit dans une certaine combinaison de ces équations, et cela par une cause autre que la petitesse des inclinaisons elles-mêmes; dès lors, comme il n'est nul- lement prouvé que cette cause influe de même sur les termes d'un ordre supérieur qu on a négligés, ces termes d'ordre supérieur acquièrent une in- fluence prépondérante sur celle des termes du premier ordre pris seuls, et par suite le résultat obtenu en se contentant de ces termes du premier ordre n'a plus la moindre signification. M. Le Verrier ajoute, il est vrai, ceci : « On doit, » au reste, remarquer que ce résultat ne prouve pas du tout que la petite » planète atteindrait réellement les très-grandes inclinaisons qu'on obtien- » drait ainsi; mais il montre qu'il y a des cas où l'on ne devrait point, » malgré la petitesse primitive des inclinaisons, calculer leurs inégalités » séculaires en se bornant aux termes du premier ordre. » Ce qui veut dire évidemment : les termes du premier ordre considérés seuls montrent que l'inclinaison de la petite planète grandira; donc le développement suivant les puissances de cette inclinaison n'est pas assez convergent pour que l'on puisse se contenter de garder les termes du premier ordre seuls pour calculer la valeur que cette inclinaison peut atteindre. Et moi je dis, au contraire : les termes du premier ordre considérés seuls ne montrent pas du tout que l'inclinaison de la petite planète grandira, parce que l'on se place dans un cas exceptionnel où l'influence de ces termes du premier ordre est complè- tement masquée parcelle des termes des ordres supérieurs que l'on a né- gligés. Entre ces deux manières de présenter les choses, il y a évidemment C. R., 1862, 1 er Semestre. (T. L1V, N» 2.) I I («*■) un abîme. Il résulte de tout cela que les formules de M. Le Verrier ne prouvent eu aucune manière l'existence d'une région ravagée entre Mars et Jupiter, pas plus qu'entre Vénus et le Soleil. » En soumettant à l'Académie les remarques qui précédent, je n'ai fait qu'accomplir un devoir. Nous sommes réunis ici pour nous occuper de la découverte, de la vérité. Nous devons, chacun dans notre spécialité, veiller à ce qu'il ne se dise devant l'Académie rien qui soit de nature à altérer le vrai caractère des recherches et des résultats dont on lui présente l'exposé. Plus un savant acquiert d'autorité par l'importance et la valeur de ses tra- vaux, plus il doit être circonspect dans l'énoncé des conséquences qu'il croit pouvoir en tirer. Il faut que nous songions à la foule de jeunes savants qui viennent après nous, que nous leur montrions franchement et nettement l'état exact où nous avons amené les questions dont nous nous sommes occupés; il faut que nous leur ouvrions complètement la route des décou- vertes ultérieures, en la débarrassant de tout ce qui pourrait les empêcher de voir au grand jour ce qui est fait et ce qui reste à faire. Si quelqu'un d'entre nous croit s'apercevoir que, dans certaines communications, ces règles de sagesse scientifique ne sont pas scrupuleusement observées; si, dans la pu- blication de certains travaux, il croit découvrir des inexactitudes qui pour- raient nuire au développement ultérieur de la science, il doit le dire nette- ment et faire ses efforts pour ramener les choses à leur véritable point de vue. C'est ce motif seul qui m'a déterminé à prendre la parole aujour- d'hui. » Remarques de M. Le Verrier à l'occasion de la précédente Communication. •< M. Le Verrier a déjà exposé à l'Académie qu'il ne se croirait pas obligé de répondre désormais à des attaques qui deviennent systématiques. » S'il plaît à quelqu'un de dire qu'une théorie peut n'être pas juste, mais sans apporter aucune raison quelconque à l'appui, une objection si banale, qu'on pourrait opposer à priori à tout travail scientifique, ne tombe-t-elle pas d'elle-même? » S'il plaît à quelqu'un d'appeler empirique un résultat tiré des observa- lions, faut-il donc le suivre dans une discussion de mots et classer les sciences d'observation, la physique, la chimie et autres dans V empirisme ' » Et d'un autre côté, si tout à coup, au milieu de la discussion et sans (83) autre motif que d'eu dissimuler le vide, ou reprend une autre question rela- tive aux inclinaisons des orbites, qui fut débattue et résolue l'an dernier devant l'Académie, faut-il donc recommencer des réponses et des répliques sans fin ? » M. Le Verrier ne le croit pas utile. » Toutefois, comme les lecteurs du Compte rendu n'ont pas entre les mains les Annales de l'Observatoire, et que par des citations tronquées on altère le. sens et la portée des articles qu'on incrimine, M. Le Verrier demande à ses confrères la permission de reproduire ces articles en leur entier. Il donnera aujourd'hui les conclusions de la théorie de Mercure. Ceux qui voudront bien les lire trouveront peut-être que la simplicité de ces exposés ne les rendrait pas indignes de servir d'exemple, sous ce rapport, aux jeunes astronomes. EXTRAIT DE LA THÉORIE DE MERCURE (l). [Recherches astronomiques, Chap. XV, Section IV. — Annales de l'Observatoire, Tome V.) « Soient So et 8s les corrections de la longitude et de la latitude hélioeentrique de Mer- cure; <î0 la correction de la longitude du Soleil; Se la correction de la distance des ren- tres des deux astres au moment d'un contact interne. » La discussion des passages de la planète sur le Soleil nous fournit, entre ces correction inconnues et les données des observations, diverses équations de condition auxquelles nous arrivons à la page 74 ( annales, t. V), et que nous reproduisons ici, comme élant le point de départ. Equations de condition déduites des passages observés en novembre. ÉPOQUES. ENTRÉE. SORTIE. 1077,85 0,46 (oV — SQ) — o,o6o.v-|-ôY + 3, 16 = o,43(&>— SQ) +o,i8o\j — de— 4,69 = 1697.84 o,3g(oV — SQ) — 0,268s— 3t + 0,45 = 1723.85 o,45(S» — SQ) — o,ioSs-\-Sc—o,S6 = o 1736.86 0,28(00 — 8Q) — o,^Ss+8c-ho, 75 = o, i6(àV — o\3)4-°.-43o\v — 3c+o, i3 = o 1743. 84 o, 34('?<' — 3Q) + o,3iS.i-\-Sc — 0,01 =0 o,42(oV — SQ) — 0,-20 & — Sc-\- 0,92 = 1769.85 o,44(oV — £©) — o,i5o\v+d> + 0, 99=0 1782.86 0,17(80 — SQ) — o,45o\v+<îc- 0,92 = o,o.3(oV— 8Q)+o,fô8s — 8c+o,z3 = o 1789.84 o,38(8o — 8Q)+o,iy3s+Sc+i,Si = o,U(Si>—8Q) — b,i5Ss—8c+o,g.j=~o 1802.85 o;46(8v—SQ)+o,\o8s-Sc+i,fy 1848.86 o,46$p— SQ)— 0,01 Ss+Sc+z, 27 = (j) Pour ne pas abuser de la permission (pie nous a accordée l'Académie de donner à nos I !.. ( 84 ) Efjuations de condition déduites des passages observés en mai. ÉPOQUES. „ rl .„ „.,. b.~> „,(,..,„,. „j Observation des positions successives de Merci liili|,.w , S 1 01'— OQ — o, isov+ia ,7 = J f •. ■ 1 u 1 u .., ... faites a la chambre obscure par Héve hus. ENTREE . SORTIE . 17. - ;:!. 31 , o,77(oV— ô*©) — 0,270V— oV+ia"o5 = o 1786,34 o,45(oV— oQ) — o,7oôV+dY+4,84=o o,65(ôV — SQ)+o,iySs — Sc+ 5. 11=0 1799,34 o,8o(ôV — #0)4-0, i6ô\y+o\:+5,65 = o o,6o,(ôV— o*©)— o,43o\y- oY+ 3,83 = o 183-2,31 0,61 (ôV — tf©) — o,53fa + oV+o, 17 = o,77(oV — SQ)-\-o,i88s — Se — o,58 = o I8i.'>,35 o,74(oV — SQ)+o i H8s+8c~ i,o3 = o » J'expose ici qu'en raison de considérations particulières aux observations de 1661 et 167^, qui doivent les rendre suspectes, il convient de laisser de côté ces observations; et je pour- suis ainsi : » Laissant donc de côté les observations de 1661 et 1677, on remar- quera, dès l'abord, que les observations des passages par le nœud ascendant (novembre) ne donnent lieu qu'à de faibles erreurs : tandis que les passa- ges par le nœud descendant (mai) donnent lieu à une erreur de 12", o5 en 1 753, et qui, diminuant à peu près régulièrement à mesure que le temps augmente, se réduit à — i",o3 en i845. » Ces treize secondes de variation, en 92 années, demandent a être prises en sérieuse considération, en raison de l'exactitude du mode d'observation dont elles résultent. Elles ne sauraient en effet être attribuées aux incer- titudes des observations des passages, puisqu'il faudrait supposer que tous les astronomes auraient commis des inexactitudes considérables dans la mesure des temps des contacts : ces inexactitudes devraient en outre varier d'une manière progressive avec le temps, et différer de plusieurs minutes aux extrémités de la période de 92 ans. Circonstances tout à fait inadmis- sibles! » Cela étant, on aperçoit qu'on ne parviendra à détruire les erreurs signa- lées dans les passages de mai, sans en introduire dans les passages de no- vembre, qu'en modifiant les valeurs attribuées aux parties proportionnelles aux temps de deux des éléments de l'orbite. Les deux corrections devront extraits toute l'étendue que nous croirions utile, nous devrons remplacer les pages les moins importantes par quelques transitions qu'on distinguera en ce qu'elles seront composées en petit tcxic. ( «5 ) se détruire à peu près dans les passages de novembre, tandis qu'en s'ajou- tant elles rendront raison des écarts observés dans les passages du mois de mai. La considération du mouvement du nœud ne peut dès lors servir à résoudre la question : l'erreur de la longitude du nœud influe sur le calcul des temps des passages d'une manière toute différente, suivant la latitude de la planète. » La longitude moyenne, l'excentricité et le péribélie sont donc les princi- paux éléments dont nous allons avoir à étudier les variations. Il convient de le faire d'abord d'une manière approximative, qui ne laissera pas de four- nir immédiatement une très-grande exactitude. » Les passages de novembre ayant tous lieu dans les environs du nœud ascendant, la correction de la longitude peut, pour ces passages et dans une première approximation, être considérée comme variant proportionnel- lement avec le temps. Nous poserons donc a\> = « + ht, aetb étant deux constantes liées aux corrections âe, de et dV de la longi- tude moyenne de l'époque, de l'excentricité et de la longitude du périhélie, ainsi qu'aux variations annuelles an, é et n' de ces quantités, par les formules i,492c?£ — i,o44^ e — 0,4920V = rt, i,4Q2c?/J — i,o44 e ' — 0,4923?' — b. Les coefficients numériques qui entrent dans ces relations ont les valeurs qui conviennent, en moyenne, aux époques des passages qu'il s'agit de discuter. » En remplaçant iïv par l'expression a -h bt, dans les conditions rela- tives aux passages de novembre, négligeant les corrections c?0 et 6Y, et tirant de ces conditions les valeurs de a et de b, on obtient a = — 4" » 4 3 » 5 = — o",o^io ; par là, les résidus des équations (excès du calcul sur l'observation) devien- nent 1697 1723 S E + o,56 - 1,08 17i3 ! 1 E S — 0,44 + o,47 .789 j l + 0,77 — 0. 10 1736 * E + 0,54 1769 E + 0,18 1802 S + 0,09 1 S — 0,06 1782 \ E I S — 1 ,20 , 02 1818 E -+- o.î5 ( 86) x Lors des passages par le nœud descendant, nous poserons pareillement dv = a' + b't, a' et b' étant liées aux mêmes corrections des éléments que ci-dessus, par les formules 0,71 2 de -+- o,gi6c?e -+- 0,28/4^37 = a', 0,712^ -+- 0,916e' -+-0,28/10-' = b' et nous en conclurons rt' = 3",22, £'= +o",i884. Les résidus des équations correspondantes deviennent alors 1733 S -+- 0,07 ( E -+- 0.08 178fi * E + °'" I S - °.67 / S - 0,06 18i5 E 4- 0,60 1799 j J + °f | S — 0,82 Les erreurs notables qui existaient ont, comme on le voit, complètement disparu. » Connaissant les valeurs de a et a', on peut éliminer c?£ entre les équa- tions dont ces quantités sont les seconds membres. On tombe ainsi sur la relation 2,72 de -+- c?ct = -+- 10", 27. Semblablement on tire, par l'élimination de an entre les équations dont les seconds membres sont égaux à b et b', 2,72e' -+- zs' = -+- o",3t)2. On voit donc que la discussion des observations des passages de la planète sur le Soleil fournira une relation précise entre l'excentricité et la longitude du périhélie; mais que pour déterminer l'un de ces deux éléments, il sera indispensable de recourir à l'emploi des observations méridiennes. » Le mouvement annuel 2,72e' -+- zô' = -+- o",392 doit fixer notre atten- tion ; cette quantité étant essentiellement liée aux valeurs admises pour les masses des planètes. Les variations séculaires de l'excentricité et du péri- hélie de Mercure ont été calculées en attribuant aux masses des planètes les (»7) valeurs fournies par des considérations étrangères à la théorie de Mercure, mais qu'on avait lieu de croire fort exactes. On pouvait donc espérer que la discussion des observations de Mercure confirmerait simplement les re- cherches antérieures. Or il n'en est rien : nous voyons ici que le triple en- viron du mouvement séculaire de l'excentricité, ajouté au mouvement sé- culaire du périhélie, donne une somme que les observations font pins grande de 3g" que celle qui résulte du calcul. La partie de cette somme, tlue à l'action de Vénus, est égale à a88", par le calcul fondé sur la va- leur 0,000002 488 5 de la masse : et en conséquence, pour faire concorder la théorie avec les observations de Mercure, on devrait augmenter la masse, reçue pour Vénus, de près de un se/>tième de sa valeur! » Avant de poursuivre cet examen, il est nécessaire de porter dans la discussion des équations de condition une plus grande rigueur. La connais- sance de la nature du résultat final, que nous venons d'acquérir, nous per- mettra de nous diriger d'une manière utile. » Considérons l'une des équations de condition Aeh> + Bch ± de — AdQ + K = o, de étant affecté du signe supérieur ou du signe inférieur, suivant que l'é- quation correspond à l'entrée ou à la sortie de la planète. v L'erreur très-petite qui peut exister sur l'inclinaison du plan de l'orbite, n'a aucune influence sur le calcul de la latitude, au moment d'un passage qui se produit toujours près de l'un des nœuds. On a dans ce cas, fort sim- plement, ds = ± tang

per respondeant, ut ipsae Tabulée Solis, quas initio hujus sseculi de Lam- » Are et de Zach dederunt, à Tabulis meis anno 1828 editis, quac nunc cum » observationibus consentiunt, 10" saepe discrepent: » Incertum est, qure canssa sit bornm errorum. Ab ipsis observationibus > non possunt originem habere, dntnmodo eœ cum Tabulis comparentur, » qu;r in Speculis et benè instructis et recte administratis sint instituts?, » eoque sint numéro, ut consensus earuin mutùus à fortuitis vitiis Les conditions dans lesquelles nous nous trouvons à l'égard de la théorie de Mercure sont différentes. La nécessité d'un accroissement consi- dérable du mouvement séculaire du périhélie résulte exclusivement des observations des passages de la planète sur le disque du Soleil; nous n'a- vons fait usage d'ailleurs que des temps des contacts internes qui s'observent avec une grande exactitude. Pour échapper à cette nécessité, il faudrait admettre cpie des erreurs de plusieurs minutes dans l'estime des temps des phases auraient été commises dans de grands observatoires, par exemple en 1743 ou en 1753 à Paris, et par des observateurs tels que La Caille, de Lisle, Bouguer, les Cassini. Hypothèse inacceptable! d'autant plus qu il faudrait encore ajouter que ces erreurs grossières dans l'estime du temps d'un phénomène physique se seraient reproduites à diverses époques et d'une manière progressive et régulière! » L'exactitude des observations dont il a été fait usage étant mise hors de cause, on peut se demander si, les masses des planètes perturbatrices étant données, les mouvements séculaires du périhélie et de l'excentricité de l'orbite de Mercure en ont été exactement déduits. » Nous ferons remarquer à cet égard, qu'outre la détermination com- prise dans le travail actuel, nous disposons de celle qu'on trouve dans un Mémoire publié en 1 84 1 , sur les variations séculaires des éléments des or- bites des planètes, en ayant égard aux termes du premier et du troisième 12.. (

3. 27. 47, 48 23.27.47,65 — 0,17 Kœnigsberg. 1825 23.27.43.78 23.27.42,64 + 1,14 Id. 18*1 a ■■ /7.35, 56 23.27.34,63 + 0,93 Paris. I846 23.27.33,88 23.27.32, 12 + «,76 Greenwich. ( 95 ) (iliaque astronome pourra porter sur ce résultat un jugement dont nous avons cherché à réunir tons les éléments de la manière la plus claire. On considérera sans doute que les erreurs dont il faudrait supposer entachées les mesures de l'obliquité sont peu acceptables, en raison surtout de la inarche assez régulière qu'elles suivent, bien que les observations aient été faites dans des lieux et par des astronomes divers. « Dans la même hypothèse (v'= + o, i), les deux conditions tirées de la considération des inégalités périodiques du mouvement de la Terre, condi- tions si précises parce qu'on a pu les affranchir des incertitudes systéma- tiques des observations, se trouveraient en erreur,, la première de o". 80, et la seconde de o", 73. Comme elles ont été déduites l'une et l'autre d'un très-grand nombre d'observations, et qu'elles s'accordent parfaitement, il y a lieu de croire que de telles erreurs sont peu probables. » Ajoutons enfin que la théorie de Mercure elle-même fournit, équa- tion (D), v' = — 0,0228, et que, si l'on substituait v' = -+-.o, 1 à cette valeur, on n'arriverait pas, dans la représentation des passages de la planète sur le Soleil, à une précision aussi grande que celle que nous avons obtenue, et que comporte la nature des observations. » Noi.s n'insisterons pas davantage sur ces considérations, attendu, nous le répétons, qu'ayant réuni tous les cléments de la discussion, chacun pourra se prononcer en connaissance de cause, et adopter les conclusions qui lui paraîtront les plus sûres. Il nous reste donc seulement, pour le cas où l'on croirait que la masse de Vénus ne peut pas être augmentée, à exa- miner à quelles conséquences on serait conduit par la nécessité de taire résulter l'accroissement du mouvement du périhélie de Mercure de Faction de masses encore inconnues. Au reste, nous ne nous livrerons pas a la recherche de toutes les causes qui pourraient produire ce résultat. Nous nous contenterons d'indiquer celle qui paraîtrait la plus probable, en raison de nos connaissances actuelles sur la constitution physique de notre sys- tème planétaire. » Une planète, ou, si l'on veut, un groupe de petites planètes circulant dans les parages de l'orbite de Mercure, serait susceptible de produire la perturbation anormale éprouvée par ce dernier astre. Examinons d'abord l'effet d'une seule masse perturbatrice : on en conclura aisément celui d'un ensemble de corps. » La masse troublante, si elle existe, n'a point d'effet sensible sur la (90) marche de la Terre. Nous ignorons si elle aurait quelque action sur Vénus ; et, en attendant que ce point ait pu être éclairci, nous admettrons que cette action soit insensible ou du moins plus faible que sur Mercure. Dans celle hypothèse, la masse cherchée devrait se trouver au-dessous de l'orbite de Mercure. Si de plus on veut que son orbite ne s'enchevêtre point avec celle de Mercure, il faudra que sa distance aphélie n'excède point les huit dixièmes de la distance moyenne de Mercure, c'est-à-dire les trois dixièmes de la distance moyenne de la Terre au Soleil. » Les observations de Mercure ne nous ont, il est vrai, indiqué aucune inégalité de l'inclinaison de l'orbite, ou de la position du nœud, qui ne ré- sulte des valeurs reçues pour les masses des planètes connues. Mais ceci n'est point une difficulté. Si la perturbation du périhélie ne nous a pas échappé, nous le devons à la grandeur de l'excentricité de l'orbite, et à ce que cette circonstance a rendu très-appréciable le changement de la valeur de l'équation du centre. Or, rien de pareil n'a lieu pour les latitudes, dès qu'on ne suppose pas que l'orbite de la masse troublante soit fort inclinée sur l'orbite de Mercure. » Cela posé, attribuons un accent aux éléments de l'orbite de Mercure : désignons par les mêmes lettres, mais non accentuées, les éléments de l'or- bite de la masse hypothétique m; et cherchons les variations séculaires que cette masse produit dans le périhélie et dans l'excentricité de Mercure. On les déterminera par les formules du Chapitre VI (Tome II, page 32), auxquelles il faut joindre la partie constante du développement de la fonction perturbatrice, donnée en tète du Chapitre IX (Tome II, page 87). » En se bornant aux termes qui sont du premier ordre par rapport aux excentricités, on trouve '-^- = - B -+- C —, cos (zs' — zr)\ mu' , rf( s[ e v J de ' ! r^ • I I \ 1 -y = - Cesin (et —rs)mn . di R etC sont deux coefficients qui dépendent uniquement du rapport « des grands axes des orbites, et qui, conformément aux notations des Cha- ( 97 ) pitres IV et V, ont pour expressions B = b? ■+ - v;\ ' 2 2 1 2 2 D'ailleurs — et -r- doivent satisfaire à la condition unique dt dt (E) • ^ + 2 , 7 ^ = o",383. » En raison de l'indétermination du problème, nous supposerons encore que l'orbite delà masse troublante n'aitqu'une très-petite excentricité, ce qui de' nous permettra de négliger la valeur de — ■> ainsi que le second terme de la valeur de — • D'ailleurs, s'il s'agit d'un groupe d'astéroïdes, on doit croire dt que leurs périhélies occupent des positions variées dans l'espace, et qu'ainsi les termes en sin(V — zs) et cos(st' — zs) peuvent se détruire les uns les autres : tandis que le premier terme de la valeur de —r- est toujours posi- tif, quelle que soit l'orientation de l'orbite. Par là, la condition (E) devien- dra simplement (F) B/«./i'=o",766. » Soit actuellement fi* — a ' • S -7=7»' nous pouvons, en vertu des transformations expliquées dans le Chapitre V, poser, avec une suffisante approximation, b^ = ê 2 , Substituant dans (F), et divisant les deux membres par ri = 5 38 1 016", on trouvera, entre les inconnues m et S 2 , la relation ( S 2 -t- o,8 ê 4 ) = o,ooo ooo 095 . Cette relation fera connaître la valeur de la masse répondant à chaque hy- C. R., 1862, I er Semestre. (T. LIV, N° 2.) ' ' (9* po thèse faite sur a. et, par suite, sur la distance de la niasse troublante au Soled. » On peut, à cet égard, consulter le tableau suivant, dans lequel nous donnons le rapport de la masse m à la masse ni' de Mercure, cette dernière étant supposée égale an trois-millionième de la masse du Soleil : DEHI-GHAND \\E m PLUS GRANDE ELONGATION y. dé l'orbite. m' au Soleil. 0,8 <> 3io o.o65 18° 4' o,7 n.2 7 I 0,167 i5.43 o 6 o,'232 o,35 i3.25 o,5 0,194 0,68 1 1 . 1 1 0, i o.i55 1 ,29 8.55 o. ; 0, 1 16 ■2.66 6.40 On voit, ainsi qifon devait s'y attendre, que la masse troublante est d'au- tant plus considérable qu'elle est plus voisine du Soleil. Dans le voisinage de cet astre, elle varie, à très-peu près, en raison inverse du carré de la dis- tance au Soleil. » Ainsi donc, à ne prendre que le point de vue mécanique, ou peut, par l'hypothèse d'une masse troublante, dont la situation reste indéterminée, rendre compte des phénomènes observés. Il est toutefois indispensable d'examiner en outre si, sous le rapport physique, toutes les solutions sont également admissibles. > A la distance moyenne o, 17, la niasse troublante serait précisément égale à la masse de Mercure. La plus grande élongation à laquelle elle pût atteindre, serait \\n peu inférieure à 10 degrés. Doitron croire qu'une pla- nète qui brillerait d'un éclat plus vif que Mercure aurait nécessairement été aperçue après le coucher ou avant le lever du Soleil, rasant l'horizon J Ou bien serait-il possible que l'intensité de la lumière dispersée du Soleil eût permis à un tel astre d'échapper à nos regards? » Plus ioin du Soleil, la masse troublante est plus faible, et il en est de même de son volume sans doute; mais 1 élongation est plus grande. Plus jirès <\\\ Soleil, c'est l'inverse; et si l'éclat du corps troublant est augmenté par la dimension de ce corps et par le voisinage du Soleil, l'élongation devient si petite, qu'il serait possible qu'un astre, dont la position est inconnue, n'eût pas été aperçu dans les circonstances ordinaires. » Mais, dans ce cas même, comment un astre qui serait doué d'un très- vif éclat, et qui se trouverait toujours très-près du Soleil, n'eût-il point été entrevu durant quelqu'une des éclipses totales' Un tel astre enfin ne passe- (99 ) rait-il point entre le disque du Soleil et la Terre, et n'eùt-on pas dû en avoir ainsi connaissance? » Telles sont les objections qu'on peut faire à l'hypothèse de l'existence d'une planète unique, comparable à Mercure pour ses dimensions, et cir- culant en dedans de l'orbite de cette dernière planète. Ceux à qui ces objections paraîtront trop graves, seront conduits à remplacer cette pla- nète unique par une série d'astéroïdes dont les actions produiront en somme le même effet total sur le périhélie de Mercure. Outre que ces asté- roïdes ne seront pas visibles dans les circonstances ordinaires, leur répar- tition autour du Soleil sera cause qu'ils n'introduiront dans le mouvement de Mercure aucune inégalité périodique de quelque importance. » L'hypothèse à laquelle nous nous trouvons ainsi amenés n'a plus rien d'excessif. Un groupe d'astéroïdes se trouve entre Jupiter et Mars, et sans doute on n'a pu en signaler que les principaux individus. Il y a lieu de croire même que l'espace planétaire contient de très-petits corps en nombre illimité, circulant autour du Soleil. Pour la région cpii avoisine l'orbite de la Terre, cela est certain. » La suite des observations de Mercure montrera s'il faut définitivement admettre que de tels groupes d'astéroïdes existent aussi plus près du Soleil. Peut-être la discussion des observations de Vénus portera-t-elle, de son coté, quelque lumière sur le même sujet, bien que la petitesse de l'excentricité de l'orbite de cette planète ne permette guère de l'espérer. Dans tous les cas, comme il se pourrait qu'au milieu de ces astéroïdes il en existât quelques- uns de plus gros que les autres, et qu'on n'aurait d'autre moyen d'en constater l'existence que par l'observation de leurs passages devant le disque solaire, la discussion présente devra confirmer les astronomes dans le zèle qu'ils mettent à étudier chaque jour les apparences de la surface du Soleil. Il est fort important que toute tache régulière, quelque minime qu'elle soit, et qui viendrait à paraître sur le disque du Soleil, soit suivie pendant quel- ques intants avec la plus grande attention, afin de s'assurer de sa nature par la connaissance de son mouvement. » GÉOLOGIE. — Onzième Lettre à M. Éhe de Beaumont sur les phénomènes éruptifs de l'Italie méridionale ; pur M. Ch. Sainte- Claire Deville. * Naples, 3 janvier 1861. » Les deux relations qui m'ont été adressées par MM. Palmieri et Guis- cardi, et dont j'ai inséré la traduction dans ma Lettre à M. Milne Edwards, i3.. ( IO ° ) ont dû vous faire suffisamment connaître la physionomie générale et les principaux traits de l'éruption qui a commencé le 8 décembre, et que je suis en ce moment, dans ses dernières manifestations, avec l'active et intel- ligente collaboration de M. Ferdinand Fouqué. >' De retour à Paris, maître de tous les matériaux que j'aurai recueillis moi-même, ou dont je devrai la communication aux savants de ce pays, je présenterai une histoire complète de l'éruption, et je fixerai, avec la précision dont les éléments me manquent encore, la position géographique, l'altitude et les dimensions de l'appareil adventif qui vient de témoigner son activité. Aujourd'hui, je veux vous entretenir de ce que j'ai observé des phénomènes chimiques de la fissure. » Vous voudrez bien vous rappeler que, dans mon Mémoire sur les éma- nations volcaniques, j'ai établi que, dans toute éruption, le fait capital est la détermination d'une fente diamétrale, passant sensiblement par le centre du grand cratère supérieur. Le plus souvent, la fissure ainsi formée n'est que la reproduction ou la réouverture d'une fente préexistante, et je crois avoir démontré que, dans les volcans centraux, comme le Vésuve et l'Etna, les principales de ces fentes se lient avec les grands accidents stratigraphiques de la contrée, et par conséquent aussi avec la formation originaire de la montagne elle-même. Cette manière de considérer une éruption concorde parfaitement avec ce que vous avez dit de l'étoilement successif de l'Etna : seulement je regarde les principaux traits de cet étoilement comme déjà tracés d'une manière indélébile, et comme pouvant donner, à divers inter- valles, issue à des matières de deux ordres différents : la lave, qui, une fois sortie et arrêtée, ne pourra plus emprunter qu'à ses propres matériaux et à l'atmosphère (peut-être aussi au sol environnant) les éléments des réactions chimiques qui s'y manifesteront : les produits volatils, dont la production précède le plus souvent celle de la lave, et se poursuit toujours après sa sortie, et qui, puisés en quelque sorte au foyer intérieur, reflètent par les va- riations dans leurs propriétés physiques et chimiques, les différentes phases que subit successivement l'activité éruptive de la fissure. Ces produits vola- tils sont donc à la fois les plus variés et les plus caractéristiques, et c'est à leur étude que je vais consacrer cette première Lettre. » La fissure de l'éruption actuelle se rattache intimement, comme vous allez le voir, à celle qui a produit en juin 1794 'a plus grande coulée de lave que le Vésuve ait donnée depuis plusieurs siècles et qui détruisit pres- que entièrement la ville de Torre del Greco. Le point initial de la fissure ne coïncide cependant pas avec les Bocche nuove de 1794 : celles-ci, situées ( ioj ) à 1 100 mètres environ vers le N.-N.-E., atteignent, d'après M. Schmidt, une altitude de 5o4 mètres, tandis que je n'ai trouvé pour le bord le plus élevé de la première bouche formée par notre éruption qu'une hauteur de 329 mètres. » L'axe moyen des nombreuses cavités plus ou moins profondes qui se sont ouvertes dans la soirée du 8 décembre, et qui ont projeté des matériaux meubles, en formant une petite colline allongée, s'écarte notablement aussi de la direction générale de la fissure de 179/1- Cette portion supérieure de la fente (comme il est arrivé du reste en 1 794 ) diverge de plusieurs de- grés vers l'ouest, et, prolongée du côté de la mer, elle tomberait sur le pa- lais de la Favorite, qui, pour le dire en passant, a été légèrement lézardé, quoiqu'il soit construit plus solidement que les maisons qui l'entourent, et qui n'ont pas souffert. Mais, si du point culminant de la fissure de 1 861 on tourne sa boussole successivement vers le centre du cratère supérieur du Vésuve, et vers le littoral de Torre del Greco, où les constructions ont été le plus fortement démantelées et où surtout la ligne de la fissure est nettement dessinée par les dégagements d'acide carbonique qui se prolongent en mer, on voit que ces trois points sont sensiblement sur une même droite, dirigée à l'E. 2 N. de la boussole, et qu'on peut considérer comme l'axe commun des deux éruptions de 1794 et de- 1861. » Ainsi que l'a fortbien remarqué M. Guiscardi, cette première partiede la fissure est entièrement ouverte dans le tuf de la Somma, et parmi les nombreux matériaux meubles rejetés par les petites bouches, j'ai recueilli un grand nombre de fragments de roches caractéristiques de ce tuf : dolo- miessaccharoïcles, accumulations de micas, d'idocrase et de néphéline, etc. Cette portion du Vésuve primitif, qui forme les pentes occidentales des Piane, porte encore une forêt de châtaigniers, qui, un jour sans doute, disparaîtra à son tour sous les laves du Vésuve actuel. La nouvelle érup- tion a brûlé une partie des arbres, en substituant une petite colline toute dentelée au dos d'âne bombé et plus régulier sur lequel ils végétaient. » Dès le 18 décembre, lendemain de notre arrivée à Naples, nous som- mes allés, M. Fouqué et moi, jeter un coup d'œil général sur l'ensemble des phénomènes de l'éruption, et nous sommes montés aux petites bouches; mais c'est le 20 seulement que nous y avons porté les appareils propres à condenser les vapeurs et à recueillir le gaz. » Des onze cavités qui s'alignent sur la fissure supérieure, une seule, la sixième, a donné la lave, qui s'est épanchée latéralement vers le sud, puis s'est infléchie au sud-ouest. Le point le plus chaud et le plus actif se trou- vait alors et se trouve encore aujourd'hui précisément autour de cette bouche. On y voyait îles ouvertures dont l'incandescence distincte, même de jour, était probablement en grande partie entretenue (comme dans les points analogues que j'ai décrits dans les petits cônes de 1 855) (i ), par les réactions chimiques qui s'y passent et dont la principale consiste dans la transformation des chlorures de fer en fer oligiste (i). » D'abondantes et suffocantes vapeurs, entraînant les acides chlorhy- driqtie et sulfureux, au milieu de roches fortement imprégnées de chlo- rures alcalins, de chlorures de fer, d'aluns, etc., s'y faisaient jour. Nous avons établi un appareil de condensation sur la même tissure, à un point ou l'incandescence était remplacée, au moins à la surface, par nue tempéra- ture de a>.3°. Les vapeurs condensées dans une dissolution de potasse caus- tique précipitaient abondamment par le nitrate d'argent et le. chlorure de baiium. Je me réserve, à mon retour, d'en faire l'analyse, et de déterminer le rapport exact des acides chlorhydrique et sulfureux. » A mesure qu'on s'éloignait de cette petite bouche centrale, en remon- tant vers l'origine de la fissure, l'intensité éruptive diminuait d'une manière évidente. Sur la crête qui sépare le troisième cratère du second, on n'aper- cevait plus aucune trace d'incandescence. La plus haute température, dans les fentes delà surface, était de 210 . Là encore étaient des vapeurs chlor- h\dro-siilfureuses; mais les produits solides, moins riches en chlorures de fer, contenaient, au contraire, beaucoup de soufre, et annonçaient ainsi un abaissement dans l'intensité éruptive (3). 1 Deuxième Lettre à M. Élie de Beaumont sur l'éruption du Vésuve du 1" mai 1 855. (Compte rendu, séance du 1 1 juin i856.) '?.) Celte incandescence existait encore très-vive le 28. L'un de nous, en traversant celle même bouche, pour se rendre au point de sortie de la lave qu'elle a rejetee, a glisse sur la pente intérieure, et s'est fortement brûle la main en la posant à terre. (3) Sur ce point comme au sixième cratère, j'ai condensé les vapeurs dans une dissolu- tion de pnlasse caustique. J'ai, de plus, recueilli l'air des cratères pour en faire une analyse exacte, et l'ai examine sommairement sur les lieux. Voici les résultats de cet essai pour les fu- merolles chlorhydro-sulfu reuses de la deuxième bouche : Gaz absorbable par la potasse. . . 5,56 Oxygène 6,48 Azote 87 ,<)!> 100,00 C'est donc, comme on voit, un mélange de gaz acides et d'air, en grande partie privé di io3 ) » Mais ce qui témoignait plus nettement encore de ce décroissement, c'est que, en s'éloignant de la ligne centrale qui sert comme d'axe commun à tontes les bouches, on trouvait.sur les flancs mêmes du deuxième cratère, et à mi-distance du premier, des fumerolles, qni n'accusaient qu'une tem- pérature de 85 a 86°, ne rougissaient point le tournesol bleui, noircissaient le papier imprégné d'acétate de plomb et déposaient de petites quantités de soufre. » Enfin de la dernière bouche, qui ne parait pas du reste avoir été bien active, même pendant la durée de l'éruption, s'exlialait seulement une légère colonne blanchâtre, qui ressemblait à la vapeur d'eau. Il eût été extrêmement intéressant, si le temps nous l'eût permis et surtout si ce der- nier point n'eût été à peu près inaccessible, de rechercher, par une analyse sommaire, si ses émanations ne contenaient point d'acide carbonique. Mais ce que je viens de dire suffit déjà pour établir que, à mesure qu'on s'éloi- gnait, dans la direction de la fissure, du cratère qui a donné la lave et laté- ralement de l'axe commun des petites cavités, la décroissance dans l'inten- sité éruptive était manifestée aussi bien par l'abaissement des températures que par le passage graduel des fumerolles chlorhydro-sulfureuses, avec dépôt de fer oligiste, aux fumerolles sulfhydriques à simple dépôt de soufre. » Si, partant de cette même bouche d'où est sortie la lave, on descend le cours de la fissure, on la trouve encore en ce moment et jusqu'à son extré- mité dans la phase chlorhydro-sulfureuse. Mais la température est beaucoup moindre : le chlorure de fer qui colore les roches ne s'y transforme nulle part en fer oligiste sous l'influence de points incandescents, et l'abondance du soufre qui se mélange aux chlorures et aux sulfates, semble déjà indiquer l'intervention de l'hydrogène sulfuré qui se décompose au contact de l'acide sulfureux. . v Néanmoins, en suivant la fissure jusqu'au point où elle s'arrête, brus- quement coupée par un bras de la lave de 1794, on n'aperçoit aucune fumerolle qui donne, au moins jusqu'à présent, l'acide sulfhydrique lui- même. " » A ce point, la fissure, en butant contre la lave, se perd dans une autre fissure transversale, beaucoup plus courte, ouverte dans la lave elle-même, et qui y détermine trois cavités très-petites et très-peu profondes, d'où se dégageait, le 18, de la vapeur d'eau accompagnée d'acide chlorhydrique, son oxygène. C'est le résultat auquel nous étions arrivés, M. F. Leblanc et moi, dans nos recherches sur les fumerolles analogues de 1 856 ( «o4 ) s;ms mélange sensible d'acide sulfureux. Le 28, il n'y avait plus avec la vapeur d'eau qu'une proportion d'acide chlorhydrique imperceptible à l'odorat, mais qui était encore trahie par le papier de tournesol. Du reste, absolument aucun dépôt, et cette dernière circonstance établissait un con- traste assez frappant entre cette petite dépression de la lave et les bords richement colorés des bouches de la fissure (1). » Ce n'est évidemment plus la même fissure, mais seulement un brise- ment transversal de la lave de 1794, an moment où elle, a reçu le choc des forces qui avaient déterminé la fissure, et où elle a arrêté leur effet. Quant au dégagement d'acide chlorhydrique pur, il est difficile de ne pas l'attri- buer au voisinage de la nouvelle lave, qui n'en est pas éloignée de plus de 3 ou 4 mètres et qui a pu, sans aucun doute, pénétrer en partie au-dessus de l'ancienne lave ainsi démantelée. » Au reste, la fissure n'est qu'imparfaitement dissimulée par la lave de 1 7q4- Non-seulement, à partir de ce point, la surface de la lave est, en une foule d'endroits, brisée dans la direction de la fissure; mais, comme je l'ai fait observer au début de cette Lettre, c'est encore la même direction qui se retrouve à Torre del Greco dans les crevasses du sol et des édifices, et surtout dans la ligne qui joint en mer les principaux jets d'émanations car- burées dont il me reste à parler. » Ces émanations, les dernières dans l'ordre des intensités volcaniques, constituent, en effet, le caractère le plus frappant de l'éruption actuelle. C'est la première fois, si je ne me trompe, qu'on a observé dans les mo- fettes, en même temps que l'acide carbonique, l'hydrogène carboné. Dès le 18, en entrant à Torre, je reconnus à l'odeur les matières bitumineuses analogues à celles du lac de Palici, où nous avons trouvé, M. Leblanc et moi, l'hydrogène carboné en faibles proportions. Je ne doutai pas un instant de sa présence ici, et l'analyse ne tarda pas à la démontrer, ainsi que je l'ai annoncé dans ma Lettre à M. Milne Edwards. » Ce fait est lié lui-même à l'ensemble de l'éruption. La lave a cessé de coule.' - sept heures après avoir commencé, mais alors les forces intérieures qui ne pouvaient se faire jour de cette manière ont produit des phénomènes (1) C'est en comptant ces trois dépressions de la lave de i^g^qu'on arrive au nombre de onze bouches ou cavités sur la fissure. Par le fait, la première de ces trois dépressions, qui est aussi la plus considérable, est placée à la limite de la lave et de la fissure, et tient à la fois des deux caractères. Son bord supérieur est coloré par le soufre et les chlorures, son bord inférieur est dénué de tout dépôt. ( J03 ) mécaniques considérables. La plus grande partie du sol de Torre, ou plutôt la lave de 1794 sur laquelle la ville est bâtie, a été fissurée perpendiculai- rement à la côte; de nombreuses secousses ont amené graduellement le soulèvement observé et mesuré par M. Palmieri, et de ces fissures sont sortis presque immédiatement les gaz carbures. » M. le D r RaffaelleVitelli m'assure (et le t'ait m'est confirmé par M. Bour- guignon) avoir vu, le quatrième jour île l'éruption, sortir des fissures un gaz enflammé, et avoir observé aussi des flammes courant sur le bassin de la grande fontaine. Ce gaz ne pouvait être que l'hydrogène carboné : s'é- tait-il enflammé par une circonstance accidentelle ou spontanément? On serait assez tenté d'adopter cette dernière opinion, si l'on pouvait accorder une confiance absolue à des renseignements suivant lesquels plusieurs fentes ouvertes dans la lave de 170/1 auraient présenté, à une faible dis- tance du sol, une température assez élevée pour qu'on y put allumer des fragments de bois. » Quoi qu'il en soit, ce qu'on peut conclure avec certitude, c'est que, sur un même point, le gaz a changé notablement de nature depuis le début de l'éruption. En effet, les émanations qui se dégagent encore avec abon- dance du bassin de la fontaine de Torre se composent, comme ce'les qui sortent, du sol et de la lave de 170,4, presque en totalité d'acide carbonique, et non-seulement elles ne seraient pas susceptibles de s'enflammer, mais elles éteindraient un corps en combustion. .. Depuis lors, les mofettes ont paru sur un grand nombre de points. Le 9.8 décembre, en descendant du Vésuve, nous vîmes des feux dans ies par- ties basses, et nous apprîmes qu'on venait de trouver cinq ouvriers asphyxiés dans une carrière située entre les territoires de Torre et de Résina, a peu près au-dessus de la Favorite. Nous nous y rendîmes le lendemain matin, M. Fouqué et moi, accompagnés de plusieurs guides. Nous pûmes aisément pénétrer dans la carrière, où nous trouvâmes les corps de plusieurs animaux asphyxiés (chien, chat, oiseaux] : nous avions même déjà préparé nos appareils pour recueillir et analyser le gaz qui paraissait se dégager len- tement des fissures du sol, lorsque nous fûmes surpris par la mofette avec une rapidité telle, que nous n'eûmes que le temps de nous enfuir, en aban- donnant même momentanément une partie de nos appareils. Ces appareils nous furent rapportés par des ouvriers dans la même journée : il y avait donc intermittence évidente, et le gaz sortait par violentes bouffées. » Du point où nous nous étions réfugiés, nous distinguions aisément la C. Iî., 1862, ," Semestre. (T. LIV, M 2.) ' ( »o6) couche d'acide carbonique (i\ qui, après avoir atteint le niveau le plus élevé de l'étroit orifice qui mène à la carrière, se mit à couler vers notre station, située un peu plus bas (*2). » L'analyse très- imparfaite que j'ai pu exécuter en ces circonstances montre que l'acide carbonique de ces mofettes supérieures est fortement mélangé d'azote, et j'en ai eu la confirmation quelques jours après. >• En effet, le même soir du 28, la mofette se déclara, comme elle le fait d'ordinaire après chaque éruption importante, dans la fissure de i63i, au point même où je l'avais observée en 1 855 près de Santa-Maria di Pugliono. Du gaz recueilli à cet endroit, le i er janvier, m'a donné, abstraction faite de l'air introduit dans la prise : Acide carbonique 54, 70 Azole 45, 3o 100,00 Ce gaz n'avait aucune odeur empyreumatique : le résidu du traitem ni par la potasse et l'acide pyrogallique n'était pas combustible. Il ne contenait probablement pas trace d'hydrogène carboné. » Mais en descendant au-dessous de ce point dans le bourg de Résina, comme aussi au-dessous de la carrière dont j'ai parlé précédemment, l'odo- rat accusait nettement le dégagement de l'hydrogène carboné et des ma- tières bitumineuses. » (les dernières émanations semblaient donc avoir une tendance à se (1) Les deux couches de gaz ne se distinguaient l'une de l'autre que par la réfraction; mais, dans une autre circonstance, nous pûmes nous convaincre que la mofette est accom- pagnée de vapeur d'eau. Le I er janvier, prés de la plage de Torre, dans un espace clos de murs, la mofette formait une couche blanche de quelques décimètres de hauteur, et s'écou- lait par un petit orifice inférieur. Nous voulions y retourner après avoir étudié le gaz. du rivage; mais alors le soleil avait pénétré dans l'enclos et avait dissipé la vapeur blanchâtre, qui n'était autre chose que la vapeur d'eau condensée. Le gaz sortait en effet, comme je le disais tout à l'heure, à une température notablement supérieure à celle de l'atmosphère. (2) En cherchant à se rendre compte approximativement de la quantité d'acide carboni- que dégagée dans la carrière, on arrive aux chiffres suivants : En dix minutes, cette carrière, dont la surface était d'environ 170 mètres carrés, s'est trouvée remplie d'aride carbonique, ainsi que le canal étroit qui en formait l'entrée. Le vo- lume du gaz conlenu dans cette cavité était d'environ 1 ion mètres cubes, ce qui donne à peu près un demi-mètre cube pour la quantité de gaz dégagé dans une minute par une surface de 1 mètre carré. ( io 7 ) manifester plus bas que l'acide carbonique et plus loin du centre éruptif, comme je crois l'avoir démontré pour les émanations analogues de la Si- cile. Mais les expériences dont je vais vous entretenir prouvent nettement que cette succession s'observe aussi dans les produits secondaires des érup- tions du Vésuve. » J'ai déjà parlé d'un point remarquable du rivage de Torre, sur lecpiel les mofettes se dégageaient avec violence des fissures de la la\e de 179/i, et se prolongeaient fort loin en mer dans une direction perpendiculaire à celle de la côte. » J'ai successivement étudié le gaz qui s'échappait de la lave elle-même à terre, puis de divers points situés en mer, à des distances variables du bord. La plupart de ces analyses sommaires, faites dans le canot à bord duquel je recueillais le gaz sortant de l'eau dans l'éprouvette, ne m'ont pas donné trace sensible d'oxygène : j'ai donc considéré comme accidentellement mé- langées les petites quantités d'oxygène que contenaient d'autres prises de gaz, et j'ai déduit des résultats les proportions d'azote correspondant à la composition de 1 air normal. Voici ces résultats : DES FISSURES DE LÀ LAVE, EN MER. A TERRE. Aïo oui5 m. de la cOte. I er Janvier. A 4° °u 5o mètres. 18 Décemb. A 100 m. environ. 1 er Janvier. A 200 m. environ. i er Janvier. 23 Décemb. I er Janvier. Résidu combustible (azote •+- hydrogène carboné). 96,32 3,68 95, 9 5 4,oô 8S,6o 1 1 ,40 5g,53 46,78 53,22 11,54 88,46 100,00 100,00 1 00 , 00 100,00 1 00 , co 1 00 , 00 » Le dernier gaz était combustible avant l'enlèvement de l'acide carbo- nique. » Les nombres qui précèdent n'ont besoin d'aucun commentaire et me semblent démontrer sans incertitude possible la proposition que j'ai avan- cée tout à l'heure. » En définitive, et pour résumer ce qui a trait à la fissure de l'éruption et aux phénomènes chimiques qu'elle a présentés, nous voyons la fente initiale sur laquelle s'étaient établies les huit petites bouches supérieures ( io8 ) venir buter contre la lave de 179I, et se confondre avec la fissure qui la produite. A partir du centre adventif de l'éruption, c'est-à-dire du point de sortie de la lave, nous reconnaissons, en montant comme en descendant, la décroissance dans l'intensité volcanique caractérisée à la ibis par le décrois- semrnt de la température et par la variation prévue dans la nature des émanations. Seulement, vers le haut de la fissure, je n'ai constaté aucune émanation inférieure, quanta l'intensité éruptive, aux fumerolles suif hy- driques, tandis qu'en descendant vers la mer on rencontre graduellement et à leur place habituelle les divers ordres d'émanations, depuis les fume- rolles incandescentes qui se recouvrent de feroligiste jusqu'aux dégagements d'acide carbonique et d'hydrogène carboné. » Ce que je viens de vous dire représente le phénomène général à un mo- ment donné. A chaque moment, l'ordre des émanations a dû être le même que celui que j'ai observé ces jours derniers et qui est l'ordre normal. Mais, à des moments divers, les différentes émanations ont pu changer de siège. » Je vous en ai cité même un exemple singulier : les émanations très- riclies en hydrogène carboné remplacées ultérieurement par l'acide carbo- nique prescpie pur. » Ce fait, en contradition apparente avec la règle générale de succession, s'explique par les oscillations évidentes qu'a subies l'éruption depuis son début. » A peine la lave s'est-elle épanchée quelques heures avec une grande rapidité, qu'elle s'arrête brusquement, et, en ce moment, le cratère supé- rieur du Vésuve subit une vuàe épreuve : son point culminant, la pointe de i85o, s'éboule; les trois cavités qui s'y voyaient depuis le mois de dé- cembre 1 855 s'élargissent, ou plutôt la bouche la plus centrale absorbe presque les deux autres. Une violente projection de lapilli et de blocs énormes (i)suit bientôt el arrête en quelque sorte la sortie delà lave qui menaçait Torre del Greco. Puis tout rentre dans le silence, il ne se dégage plus du sommet qu'une légère fumée, le volcan semble apaisé; niais il n'en est rien Quatre jours après, la lave de 179/i se brise à Torre; la côte se sou- lève sous la pression de gaz intérieurs et peut-être aussi de la lave nou- velle qui se serait frayé un passage souterrain dans les interstices de l'an- cienne, qu'elle aurait même, assure-t-on, rendue incandescente en quelques points voisins de la surface. (1) Quelques-uns de ceux que nous avons rencontrés sur la ]>enlc du Vésuve mesurent l m ,5o sur o ol ,5o ;'i «'"j'jS. ( '«9 ) » Encore aujourd'hui les preuves de chaleur sont manifestes dans l'in- térieur delà lave de i 794- ï- e 2 ^ décembre, l'acide carbonique qui sortait à 12°, 3, présentait le I er janvier une température de 20 , et le même jour, à quelques mètres de distance, les émanations qui faisaient bouillonner la mer au contact de cette même lave communiquaient à l'eau une chaleur de 32°,6. >• Mais l'appareil supérieur a repris à son tour une activité nouvelle qu'il a de nouveau perdue. " Du 22 au 3o décembre, il a vomi des cendres qui ont couvert la con- trée sur une épaisseur de 2 ou 3 millimètres, qui sont tombées à Naples, et que j'ai retrouvées à Baja, comme on les retrouverait sans doute à Castella- mare. « Le 28, comme nous étions au sommet du Vésuve, nous fûmes nous- mêmes témoins d'une projection de blocs, dont les plus gros atteignaient un diamètre de 2.5 centimètres, et dont la chaleur était assez considérable pour brûler cruellement la main imprudente du guide qui nous accompa- gnait. » Depuis le 3i, le Vésuve, reprenant son apparence accoutumée, laisse échapper sans grande violence de blanches colonnes de vapeur, et cette inaction du cône supérieur a précisément coïncidé avec réchauffement observé dans la lave de 170/1, et la recrudescence des émanations carbu- rées. » Ne sembie-t-d pas qu'il v ait une sorte d'opposition et d'antagonisme entre les fonctions de l'appareil normal et celles de l'appareil adventif? Antagonisme que j'ai déjà reconnu, vous vous le rappelez sans doute, dans les circonstances qui ont accompagné ou suivi la grande éruption de » 855. « Mais ceci nous amené naturellement à traiter des phénomènes que pré- sente actuellement le centre commun de toutes les fissures, le cratère cen- tral. Je ne veux pas encore ajouter a cette Lettre déjà bien longue, et je me propose de le faire dans une prochaine, où je vous dirai aussi ce que j'ai observé sur la lave, complément nécessaire de l'appareil advcntii dans toute éruption importante. » P. -S. Je joins cinq petites photographies prises à ïorre del Greco et qui représentent les constructions détruites par le soulèvement du sol, la fon- taine publique avec son dégagement d'acide carbonique, et les émanations carburées qui se font jour en mer. » J'espère avant peu pouvoir mettre sous les veux de l'Académie des épreuves plus intéressantes et exécutées sur une plus grande échelle. » (no) ASTRONOMIE. — Parallaxes et vitesses de deux nouveaux bolides; par M. Petit. « De nombreuses analyses ont fait connaître la constitution chimique de l'aérolithe qui causa tant d'émoi, le 9 décembre 1 858, dans diverses com- munes de la Haute-Garonne. Bien que la résistance de l'air eût sans doute profondément modifié la marche de ce météore lorsqu'il fut aperçu traver- sant les basses régions de l'atmosphère, j'ai pensé que la détermination ap- prochée de la vitesse et de la hauteur pendant les quelques secondes que dura son apparition pourrait présenter encore un certain intérêt. Malheu- reusement les observations offrent entre elles de nombreuses divergences. Aussi n'est-ce pas sans une longue et délicate discussion que j'ai pu parvenir à les faire passablement concorder. J'aime à dire que ces observations ont été relevées, avec la complaisance la plus empressée, par M. l'abbé Laffont, vicaire à Aurignac, et par M. Chaton, habile horloger de Saint- Gaudens. « Voici les résultats que j'ai déduits des diverses indications dont il m'a été possible de disposer : » Vitesse (par seconde) apparente et sensiblement horizontale du bolide pendant que ce corps passait, en détonant, au-dessus des communes de Muret, de Longages, d'Aurignac, de Montrejeau, elc. . . . 5 200 mètres. » Distance du bolide à la Terre pendant la durée (quel- ques secondes) des explosions 5ooo mètres. » Avec ces données, il serait possible, à la rigueur, de remonter à l'ori- gine cosmique du météore et de rechercher quelle était sa vitesse absolue dans l'espace, ainsi que la nature de la trajectoire qu'il parcourait avant de passer au voisinage de la Terre. Sans prétendre obtenir, en effet, des valeurs rigoureuses, on peut généralement arriver, par une discussion convenable, à des valeurs limites, susceptibles de fournir d'intéressantes conclusions. J'avoue cependant que je ne me suis pas senti le courage d'entreprendre une pareille recherche dans les conditions où le bolide du g décembre i858 s'csl montré, et peut-être aussi parce que des occupations très-absorbantes m'ont, depuis quelques années, momentanément éloigné de ce genre d'é- tudes. Je me bornerai donc à donner aujourd'hui, comme nouveau supplé- ment au trop petit nombre d'indications générales dont on dispose, les résultats que je viens de faire connaître. J'ajouterai seulement (pie le bolide laissa après lui une épaisse traînée de vapeur qui persista, d'après M. Clia- ( "' ) ton, pendant plus de douze minutes, et ne se dissipa qu'en s'élevant gra- duellement dans l'air. J'ajouterai également que pendant la marche du météore à travers les nuages, on ne cessa d'entendre de violentes détona- tions, qui correspondaient sans doute chacune à des explosions partielles et à des émissions de fragments ; qu'au moment de la plus forte de ces explo- sions, le bolide parut s'arrêter quelques instants, puis éclater et jeter en tous sens de nombreux aérolithes qui durent aller tomber avec fracas dans diverses localités; enfin, que l'un des plus gros fragments se dirigea de l'ouest vers l'est, et par le zénith de la petite ville de Saint-Gaudens, à peu près perpendiculairement à la marche qu'avait précédemment suivie le bolide. » Je saisis l'occasion de donner, sur un second météore, quelques résul- t.its analogues aux précédents. Ce météore fut aperçu dans la soirée du i.'5 septembre i 858 par M. le baron de La Haye (Compte rendu du 20 sep- tembre suivant), allant du sud-csl au nord-ouest, en passant par le zénith de Hédé. M. de La Tremblais, ancien sous-préfet du Blanc, à l'obligeance du- quel j'ai déjà dû fréquemment de précieuses indications, ayant bien voulu, cette fois encore, me communiquer des observations qu'il avait faites à Paris, j'ai obtenu pour les hauteurs et pour la vitesse du bolide, au moment de l'apparition, les nombres suivants : » Hauteur de la trajectoire, sensiblement horizontale, au-dessus de la Terre 221 kilomètres. » Vitesse apparente du bolide en une seconde. ... 29 kilomètres. » D'où il paraît résulter, conformément à ce que d'autres bolides avaient déjà fait connaître, que celui du i3 septembre 1 858 aurait brillé d'un vif éclat bien en dehors des limites attribuées généralement à notre atmosphère ; ce qui donnerait à penser, ainsi que semblent l'indiquer d'ailleurs les observations crépusculaires recueillies dans les régions équatoriales, qu'en effet la hauteur des dernières couches atmosphériques dépasse de beaucoup celle qui résulte des observations recueillies dans les latitudes élevées. •> Je bornerai là, pour le moment, les détails relatifs au bolide du 1 3 sep- tembre 1 858, me réservant, s'il y a lieu, de compléter plus tard, par de nouvelles indications, l'histoire de ce bolide. » ( lia MEMOIRES LUS iMr.iiYOGÉNiE — Mémoire sur les globules polaires de l'ovule el .sur le modk de leur production; par M. Ch. Hoiii.v. (Renvoi à l'examen de la Section d'Anatomie et de Zoologie. » Parmi les premières phases de l'évolution enibryogénique, il en est un certain nombre qui, entrevues ou ignorées jusqu'à présent, ont été consi- dérées comme d'une importance secondaire et même comme peu dignes d'être rattachées à celles qui les précèdent ou qui leur succèdent. Ce point de vue est acceptable a quelques égards, en ce que ces phénomènes ne sont pas aussi frappants que les autres pour l'œil de l'observateur, et ne portent que sur une portion île la masse embryonnaire. Mais lorsqu'on vient a les considérer sous les rapports de leur similitude d'un animal à l'autre, et de leur succession chez un même être, leur valeur devient promptement saisis- sable. On voit alors que tel acte qui en lui-même paraissait pouvoir être négligé, est la condition essentielle de l'accomplissement de quelque autre beaucoup plus manifeste qui lui succède; on voit que l'exacte interpré- tation de celui-ci ne saurait être donnée sans une connaissance précise du premier; car en le négligeant on interrompt artificiellement l.i conti- nuité des faits, et cela dans une série de phénomènes où précisément la dis- continuité ne se rencontre nulle part, et ne peut être déterminée sans amener la mort. C'est là un fait de même ordre que celui que nous dévoile le déve- loppement des éléments organiques, lorsqu'il nous montre que certaines dispositions embryonnaires précèdent et préparent chacune des dispositions anatomiques définitives de nos tissus, mais pourtant sans prendre part d'une manière directe à leur constitution. Les unes succèdent aux autres sans les reproduire; elles ont avec les premières, qui préparent en réalité leur avè- nement, des relations de succession mais non de similitude. » Comme exemples à l'appui de ces remarques je citerai les changements de volume, de forme et d'arrangement des granules qui constituent le vi- tellus, changements consécutifs à la fécondation et sur lesquels je revien- drai dans un prochain travail, car ils sont une des conditions de la génération des cellules du blastoderme, .le signalerai enfin comme condition de l'appa- rition des cellules bbistodermiques la production des globules polaires, qui elle-même est consécutive à l'issue de l'œuf hors de l'ovaire ou ovulation. L'examen de ce phénomène sera le but essentiel de la communication que j'ai l'honneur de faire à l'Académie. ( «3 ) « Sous les noms de globule muqueux, huileux ou transparent, de corpuscule hyalin, etc., etc., la plupart des embryogénistes ont signalé, depuis M. Du- mortier, l'apparition d'un globule translucide sur les côtés de l'embryon. Une fois produit, il reste sous la membrane vitelline, étranger aux phénomè- nes qui se passent près de lui, et il est abandonné avec l'enveloppe précédente lors de l'éclosion. Devenu inutile eu effet aussitôt même qu'il est formé, sa production a préparé le début de la segmentation du vitellus; elle a préparé par suite les actes essentiels de la génération des cellules du blastoderme, puisque c'est à celte génération que conduit le fractionement du vitellus. » I,e point même de la surface du vitellus où naissent ces globules mar- que, quelques heures d'avance, le pôle du vitellus qui va se déprimer, puis se creuser d'un sillon de division devenant peu à peu équatorial; de là le nom de globules polaires qui doit leur être donné. C'est aussi le point où apparaîtra plus tard l'extrémité céphalique. Ce point indique en un mot l'endroit où va commencer la segmentation, ainsi que l'a déjà noté Leuven pour les animaux chez lesquels elle a lieu. » Faute d'avoir suivi les phases de l'évolution des globules polaires, beaucoup d'hypothèses contradictoires ont été émises et régnent encore sur le nombre de ces globules, sur l'époque de leur production et sur leur nature. Les uns ont, avec M. Dumortier, admis à juste titre que le globule polaire se produit avant la segmentation du vitellus; d'autres ont pensé à tort qu'il ne se montrait qu'après la formation du blastoderme lors de l'apparition de ce qu'on a appelé la fente mamelonnaire chez les Mol- lusques. La plupart des auteurs ont supposé qu'il était formé par l'issue de la vésicule ou de la tache germinative; mais celle-ci a disparu depuis long- temps lorsque naissent ces globules; d'autres, se rapprochant plus de ia vérité, sont portés à admettre, avec MM. Coste,et deQuatrefages, qu'il doit provenir de la substance hyaline qui unit entre elles les granulations du vitellus, de l'intérieur duquel il s'échapperait. Quelques-uns enfin ont admis que ce corpuscule était de nature graisseuse; mais je me suis assuré que, malgré son fort pouvoir réfringent, sa teinte bleuâtre ou jaunâtre, il était de nature albuminoïde, même chez les Poissons. » Par des observations répétées dans les conditions les plus variées, je suis arrivé à reconnaître que chez les animaux dont le vitellus se segmente après la ponte, c'est de quatre à six heures après celle-ci que commencent à naître les globules polaires, c'est-à-dire de douze à vingt-quatre heures après C. R., 1862, i« Semestre. (T. L1V, N° 2.) • 5 ( .n4 ) la disparition de la vésicule germinative. La durée des phénomènes de leur production est de deux heures et demie à trois heures et demie, et c'est en- viron deux heures après leur achèvement que débute la segmentation. >> Le mode d'après lequel naissent les globules polaires est des plus re- marquables, et, malgré de nombreuses recherches bibliographiques sur ce sujet, je n'ai trouvé aucun auteur qui l'ait mentionné. Il est essentiellement caractérisé par une véritable gemmation de la substance limpide du vitellus, suivi d'un resserrement, puis de la division transversale delà base de ce pro- longement. Ce phénomène débute par le reirait des granules du vitellus sur une portion circulaire de la surface large de 5 centièmes de millimètre ou environ, de manière à laisser la substance hyaline complètement seule et translucide. Cette particularité est surtout frappante sur les espèces dont le vitellus est très opaque, comme chez les Mollusques. Au bout de quelques minutes, cette portion transparente forme une saillie hémisphérique, puis conoïde. Sa base se resserre, ce qui lui donne momentanément la forme d'un cylindre large de 2 centièmes de millimètre environ sur une longueur double; mais bientôt ce resserrement cause un véritable étranglement de cette saillie devenue ainsi pyriforme, au niveau de sa jonction avec le vitel- lus; elle se sépare rapidement de ce dernier par un plan de division transver- sal, tout en lui restant contiguë. « Pendant les quinze à vingt-cinq minutes que durent ces phénomènes, le vitellus est le siège de déformations lentes, mais aussitôt après il reprend sa forme sphérique. Au bout de quelques instants le phénomène précédem- ment décrit se renouvelle une seconde fois de la même manière chez les Mollusques; puis une troisième fois chez la plupait des autres espèces ani- males; et même une quatrième fois sur quelques œufs des Glossiplionies et des Cliironomes. Chez les animaux dont le vitellus ne remplit pas complète- ment la membrane vitelline, comme chez les Néphélis, il y a des œufs sur lesquels le prolongement de la substance claire forme de prime abord un long cylindre, qui se resserre, puisse segmente transversalement en trois endroits de sa longueur, de manière à se diviser ainsi en trois globules po- laires. Quelquefois il se divise en ùe\ix globules seulement, mais alors il en naît un troisième de la manière décrite plus haut. » Ces globules, comme les prolongements limpides dont ils dérivent, sont pleins, sans paroi distincte de leur cavité, et le petit nombre de granules vi- tellins qui passe dans leur épaisseur n'y montre aucune trace de mouve- ment brownien. » Après l'achèvement du dernier de ces deux à quatre globules polaires, et parfois même avant, on y voit survenir un phénomène des plus curieux qui n'a pas encore été noté. Il es! caractérisé par la réunion successive de deux ou quatre globules en un seul qui persiste jusqu'à l'éclosion, et dans lequel apparaissent une cavité distincte de la paroi sur quelques espèces, ou bien de un à trois noyaux, ou quelquefois enfin des granules qui n'existaient pas dans le principe. Celte réunion s'accomplit de deux manières : le pre- mier apparu des globules restés contigus diminue graduellement de volume jusqu'à disparition complète, en l'espace de vingt à trente minutes, et cela sous les yeux de l'observateur; l'autre globule grandit d'autant. Il y a pas- sage lent, molécule à molécule, de la substance de l'un dans la masse de l'autre, au point même de leur contiguïté qui est quelquefois légèrement prolongé en cône. S'il y a plus de deux globules polaires formés, ce phéno- mène se répète de l'un à l'autre jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus qu'un qui reste coutigu au vitellus. Sur d'autres œufs ce même fait a lieu par coales- cence d'un globule avec celui qu'il touche; de telle manière que leur point de contact devient un plan qui s'agrandit de plus en plus jusqu'à ce qu'il y ait ainsi fusion de l'un avec l'autre. C'est peu d'instants après la réduction des globules polaires à un seul que débute la segmentation; parfois même elle commence avant que cette fusion soit achevée. » Les Mollusques offrent une particularité importante à notera cet égard, parce qu'elle ne se rencontre pas chez les autres animaux. Elle consiste en ce qu'au moment du début de la segmentation, après la réunion des glo- bules polaires à un seul, il en apparaît un autre un peu plus gros qui sou- lève le précédent, et qui réfracte plus fortement la lumière. De là vient que chez les Mollusques on trouve toujours deux glohules polaires accolés l'un à l'autre sur les côtés de l'embryon, au lieu d'un seul qui existe chez les au- tres animaux. Ce deuxième globule polaire de l'œuf des Mollusques s'élève tout formé de la profondeur de la substance vitelline superficielle dont il écarte les granulations, sans être annoncé par un espace clair dû au reirait de celles-ci comme au début de la formation des autres. Il soulève en même temps, à la surface du vitellus, une très-mince pellicule translucide d'ap- parence muqueuse, au-dessous de laquelle s'accomplissent tous les phé- nomènes de la segmentation. Cette pellicule est repoussée avec les globules polaires plus ou moins loin de l'embryon lorsque les cils vihratiles détermi- nent les mouvements de gyration. Sur les ovules non fécondés ce dernier globule polaire, non plus que la mince pellicule qu'il soulève, ne se produi- sent pas et aucun phénomène de segmentation n'a lieu chez les Mollusques d'eau douce, mais quelques-uns ont lieu chez les Mollusques marins. Les i5.. ( >>6) globules polaires nés par gemmation apparaissent seuls, mais leur réunion en un globule unique n'a pas lieu, et ils restent distincts, contigus l'un à l'autre. •> En résumé, c'est par le mode de reproduction des éléments anatomi- ques, appelé gemmation et s'opéranl à l'aide et aux dépens de la substance hyaline du vitellus, que naissent les globules polaires. Chez tous les vertébrés et beaucoup d'invertébrés leur apparition est suivie de la segmentation du vitellus qui a pour conséquence la formation du blastoderme, sur les côtés duquel le globule polaire reste comme un corps étranger à l'évolution fœ- tale. Mais il est des animaux tels que les tiputcrires~culicij ormes, chez lesquels, fait remarquable, le vitellus ne se segmente pas et toutes les cellules de leur blastoderme naissent par gemmation à la manière des globules polaires chez les autres animaux. De telle sorte que ce mode de production des cellules embryonnaires, qui est limité à un seul point du vitellus sur le plus grand nombre des êtres, devient chez divers Diptères le mode général d'apparition des éléments du blastoderme; au contraire la segmentation t\u vitellus, con- sidérée comme un phénomène sans exception dans le règne animal, est remplacée dans quelques tribus par un autre mode de génération des cel- lules. Mais ce fait, resté jusqu'à présent ignoré, offre trop d'importance pour la zoologie et l'anatomie comparée, pour que je ne demande pas à l'Aca- démie de vouloir bien me permettre d'en faire prochainement l'objet d'une communication spéciale. » zoologii:. — Mémoire sur la reproduction du corail; par M. de Lacaze dit l'un us. Renvoi à l'examen de la Section d'Anatomie et Zoologie.) « Chargé par M. le Ministre et plus tard par M. le Gouverneur général de l'Algérie de faire des recherches sur l'histoire naturelle du corail, en vue de réglementer la pèche, j'ai passé près d'une année sur les côtes d'Afrique à étudier la reproduction des zoophytes en général et celle du corail en particulier. Je demande la permission à l'Académie de mettre sous ses yeux quelques-uns des résultats que j'ai obtenus. » Comment se reproduit le corail? Telle était la première question qui m'était posée. » Pour la résoudre, il fallait évidemment d'abord apprendre à connaître les sexes, afin de prendre l'œuf à son origine et de le suivre jusqu'au mo- ment où il forme ces rameaux seuls connus dans le commerce. » Une branche vivante de corail est une véritable colonie ou association "7 ) d'animaux ou polypes solidaires les uns des autres, mais jouissant cepen- dant d'une activité vitale propre et à bien des égards indépendante. Les in- dividus de cetle colonie sont (pour ne nous occuper ici que de la reproduc- tion) tantôt mâles, tantôt femelles, tantôt hermaphrodites. En un mol, ils ont des glandes génitales réunies ou séparées. Maison observe ordinaire- ment que les individus d'un sexe l'emportent en nombre dans une même branche sur ceux d'un autre sexe. Ainsi tel rameau renferme presque ex- clusivement des polypes mâles, tel autre des polypes femelles. Quant aux individus hermaphrodites, ils semblent relativement moins nombreux. Il y a donc une grande irrégularité dans la distribution des glandes sexuelles. » On doit conclure de ces faits que la fécondation se passe dans des cir- constances bien différentes; que tantôt elle est directe dans un même po- lype, que tantôt elle est indirecte, et qu'elle s'effectue entre des individus d'une même branche, ou de branches distinctes et éloignées. » Ici se présente un mode de fécondation qu'on retrouve dans les mol- lusques soit hermaphrodites, soit à sexes séparés, dont la coquille est fixée. Les courants sont à ces animaux ce que sont les vents aux plantes dioïques; l'eau porte aux uns la semence des mâles, comme l'air porte aux autres le pollen des étamines. » Il suffit d'avoir mis en observation du corail bien vivant pour voir avec la plus grande netteté les individus mâles lancer des jets d'un liquide blanc qui forme des nuages au milieu de l'eau, et qui renferme les éléments caractéristiques du sexe. » Les capsules séminales et les capsules ovigères sont difficiles à distin- guer sous la loupe : elles se ressemblent en effet beaucoup. Le microscope seul levé tous les doutes en montrant, dans les œufs, la lâche et la vésicule germinatives, les granulations viteilines, et, dans les capsules séminales, les spermatozoïdes et les cellules qui les produisent. » Les œufs et les testicules sont d'un beau blanc de lait. Les premiers sont opaques, les seconds sont un peu transparents. Après la mort, ceux-ci restent blancs, tandis que ceux-là jaunissent : alors on les distingue aisément. » C'est à la base des replis intesliuiformes et au-dessous d'eux, dans la lame mince qui les unit aux parois du corps, que les glandes génitales sont placées et que l'on trouve les produits de leur sécrétion. Ceux ci, en se dé- veloppant, font saillie à l'extérieur des lames et paraissent attachés par île longs et grêles pédicules. Lorsqu'ils se séparent, c'est par la rupture du pé- dicule, et ils tombent dans la cavité générale. Or c'est dans cette cavité, ou ( 1 1 8 ) va se Irausformer l'œul après la fécondation, que s'accomplit la digestion. On voit donc qu'une même poche sert à la fois d'estomac et de jioclie d'in- cubation, et que dans son intérieur deux matières peuvent, à côté l'une de l'autre, l'une se dissoudre, l'autre s'accroître, se développer et produire un être nouveau. » Cette particularité ne peut manquer de frapper les physiologistes; car. loin d'être une exception, elle semble être une condition générale de la re- production dans la classe des Coralliaires. » Que devient l'œuf après sa fécondation ? » C'est avec la plus grande difficulté que je suis parvenu a observer ce qui se passe. Installé à la Calle, dans un local très-convenable, j'ai vu mourir pendant les trois mois de juin, juillet et août, tout le corail qu'on m'apportait. A la fin de mai et au commencement de juin, j'avais obtenu la ponte d'un beau rameau; malheureusement des circonstances indépen- dantes de ma volonté me firent perdre tous les bénéfices de cette première observation. Après cette époque, le corail, rapporté des lieux de pêche par moi-même, et avec les plus grands soins, se couvrait en quelques heures d'une épaisse couche de moisissure. « Jugeant par analogie, d'après ce que j'avais vu chez les Polypiers pro- prement dits et les Gorgones, je pris le parti, vers le milieu d'août, de m' em- barquer abord d'un balancelle coraline et d'ouvrir tout le corail vivant rapporté par les filets. J'espérais faire naître avant terme les jeunes polypes et éviter leur mort, conséquence forcée de la mort de leur mère. Cela m'a- vait toujours réussi pour les Gorgones, les Alcyons et les Astroïdes. Pendant le temps que je passai à la mer, je recueillis une énorme quantité d'œufs, mais tous moururent. Je désespérais presque de réussir, lorsque enfin, le 4 septembre, quand la température se fut un peu abaissée, j'obtins des jeunes tres-vivaces dont je pus suivre toutes les transformations. » L'œuf, primitivement nu et sphérique, s'allonge et se couvre de cils vi- bratiles en se développant. Il se creuse d'une cavité qui s'ouvre au dehors par un pore destiné à devenir la bouche. Alors il prend la forme d'un véri- table petit ver blanc. » Rien n'est curieux comme ces jeunes animaux, dont l'agilité est encore assez grande, qui nagent en tous sens en s'évitant quand ils se rencontrent, qui montent et descendent dans les vases où on les recueille, en avançant toujours l'extrémité opposée à la bouche la première! » Quand on les change d'eau, ou quand ils sortent de la poche d'incu- bation de leur mère, ils s'allongent surtout beaucoup et leur agilité aug- mente. C'est à ces moments que je me plaisais à les montrer aux pécheurs. (-119.) naturellement assez incrédules, mais qui s'en allaient tous convaincus, et surtout fort étonnés. » Ainsi par ces premières observations les questions relatives à la repro- duction se trouvent résolues, et il reste établi : que les sexes peuvent être séparés sur des branches distinctes ou sur des individus d'un même rameau et qu'ils sont quelquefois réunis dans un même polype; que l'incubation se passe dans la cavité digestive où a eu lieu la fécondation ; que par conséquent le corail est vivipare; que ses petits sortent de son corps par sa bouche et qu'ils ressemblent à des vers, se mouvant avec agilité en avançant à recu- lons. » Or chaque brandie de corail a pour origine un de ces petits vers blancs: j'aurai donc l'honneur, si l'Académie veut bien me le permettre, de lui présenter dans une prochaine communication les résultats des observa- tions qui montrent avec la dernière évidence quels changements éprouvent ces petits êtres vermiformes et libres, pour devenir des colonies arbores- centes d'individus soudés et fixés. » MÉMOIRES PRÉSENTES. hydraulique. — Sur une nouvelle roue verticale à tuyaux plongeurs el à lames liquides oscillantes dans les biefs d'amont et d'aval; Note de M. A. de Caligxy. (Renvoi à l'examen de la Section de Mécanique. ) « Cette roue se compose d'un tambour portant extérieurement un anneau creux de section rectangulaire, partagé en plusieurs tuyaux par des aubes perpendiculaires à l'axe, en amont et en aval de chacune desquellesdes orifices rectangulaires sont disposés sur la surface courbe extérieure de cet anneau, de sorte que chacun de ces tuyaux est percé latéralement à ses deux extrémités, qui doivent être bouchées en temps utile par un coursier inférieur où elles viennent s'engager successivement. Cette roue formant elle-même une partie du barrage, comme les anciennes roues à pression, se présente latéralement à l'eau du bief supérieur, qui entre par l'extrémité inférieure de chaque tuyau partiel, dont le sommet achève au besoin de se remplir par son immersion dans ce même bief. » Quand l'orifice inférieur de ce tuyau s'engagera dans le coursier dont on vient de parler, il y aura un étranglement momentané donnant lieu à une perte de force vive dont la limite est facile à calculer. Mais par suite de la diminution de pression intérieure qui en résultera, la colonne liquide ( l2 ° ) contenue dans le tuyau partiel prendra de haut en bas la vitesse nécessaire, afin qu'il n'y ait pas, pour certaines proportions du tuyau, de percussion bien sensible à l'époque où son orifice inférieur sera masqué parce cour- sier. Jusqu'ici les effets paraissent analogues à ceux des anciennes roues hy- drauliques à pression coulant à plein coursier, mais les aubes, protégées en amont et en aval par les espèces de tuv..ux qui les séparent, ne viendront plus frapper l'eau du bief supérieur en s'y enfonçant, et ne rencontreront plus que peu de résistance dans l'eau du bief d'aval. n Au lieu d'occasionner un jaillissement de l'eau du bief supérieur en y pénétrant avec une certaine vitesse, cette roue donnera lieu à une espèce de frottement latéral. Il est à peine nécessaire d'ajouter que les aubes qui sé- parent les tuyaux doivent être disposées convenablement en dessus et en dessous pour éviter autant que possible les déviations des filets liquides, et que ce sera d'ailleurs un des cas où l'on pourra appliquer le système des lames concentriques dont je me suis servi pour diminuer la résistance de l'eau dans les coudes (voir les Comptes rendus des séances de /' A 'endémie des Sciences, t. XLT, p. 328); il est évident aussi que, dans le. sens du rayon de la roue, la profondeur du tuyau devra ne pas dépasser certaines limites, mais qu'il sera bon que chaque tuyau partiel ait toute la longueur possible que permettra le diamètre de la roue. » Quand ce tuyau est dégagé du coursier précité, il peut être entière- ment plongé dans l'eau du bief d'aval. La vitesse de la roue étant supposée à peu près uniforme, quand l'extrémité devenue supérieure du tuyau dont il s'agit sort du bief d'aval, l'eau contenue dans ce tuyau tend à monter dans la partie qui s'immerge. Mais elle ne peut y monter, en vertu de sa vitesse acquise, qu'en perdant une partie de cette vitesse. Il faut donc qu'une certaine quantité d'eau soit abandonnée au bief d'aval par l'autre extrémité, devenue inférieure et ayant un orifice latéral d'une grandeur con- venable. » Si les vitesses et les longueurs des tuyaux partiels sont calculées selon certaines lois, on conçoit que la colonne liquide dont il s'agit peut avoir le temps d'osciller de manière que, par leur mode d'action, les pressions latérales rentrent dans le système de celles qui se présentent dans les expé- riences que j'ai eu l'honneur de soumettre à l'Académie le 1 8 octobre 1 84 1 (voir les Comptes rendus, t. XIII, p. 83o, et t. XLI, p. 49 1 ), et qui ont été l'objet d'un Mémoire, suivi d'une Note de M. Combes, publiée dans le Journal de Mathématiques de M. Liouville, t. VIII, p. 23. » On croyait que les roues du genre des roues de côté coulant à plein ( lai ) coursier ne pouvaient utiliser une partie de la vitesse de sortie de l'eau au bief d'aval que pour les cas où l'eau de ce bief ne recouvrait point la veine de sortie donnant alors lieu dans le coursier à des effets depuis long- temps signalés. Or il résulte des considérations que je viens de rappeler, qu'il doit être facile de réaliser pratiquement, pour des roues verticales pro- fondément Immergées à leur partie inférieure, l'épargne d'une partie de la force vive perdue jusqu'à présent au bief d'aval dans les anciens systèmes ainsi immergés, l'état d'oscillation ayant, dans certaines hypothèses, la pro- priété de diminuer la moyenne des pressions lalérales, de manière à la rendre moindre que la pression hydrostatique de l'eau du bief d'aval. On conçoit d'ailleurs, même abstraction faite de ces considérations, que si le tuyau partiel était vidé par oscillation jusqu'à une certaine profondeur au-dessous du niveau du bief d'aval , l'eau de ce bief ne pourrait rentrer que dans une capacité fuyant devant elle; et que d'ailleurs elle y produirait un effet analogue, jusqu'à un certain point, à celui de l'eau qui entre de l'extérieur à l'intérieur de certaines roues à réaction, en donnant lieu à une diminution de pression par l'effet même de sa vitesse. » Quant à ce que j'ai dit delà manière dont les choses se passeront dans le bief d'amont à l'époque où le tuyau partiel s'engagera dans le coursier inférieur, quoique, d'après les indications du calcul, il ne paraisse pasqu'on doive en général s'en préoccuper d'une manière bien sérieuse pour certaines proportions des tuyaux partiels, il n'est cependant pis sans quelque intérêt de conserver au moins les traces d'une combinaison ayant pour but de sup- primer l'effet momentané de cet étranglement, quoique dans l'état actuel de l'hydraulique on ne connaisse pas assez quelques détails des résistances passives, notamment dans les contractions de la veine liquide pour ce cas. » Je suppose que chaque tuyau partiel soit momentanément bouché à l'extrémité qui est inférieure, quand il s'enfonce dans l'eau du bief d'amont. On conçoit que, dans certaines conditions, si cette extrémité est ensuite su- bitement débouchée à une profondeur convenable au-dessous du niveau de ce bief, l'eau s'élancera de bas en haut, aura le temps de monter au- dessus de ce même niveau jusqu'à l'extinction de sa vitesse; qu'alors le tuyau marchant dehaut en bas plus vite que cette eau qui tend à redescen- dre, il se produira les effets suivants. La colonne liquide tendra ainsi à prendre d'elle-même la vitesse de la roue, pendantqu'il continuera à entrer dans le bas de ce tuyau des quantités d'eau diminuant de plus en plus jus- qu'à ce qu'elles soient sensiblement nulles lorsque la vitesse de la colonne liquide intérieure sera devenue égale à celle de la roue, et que le sommet du C. R., 18G2, 1 er Semestre. (T. L1V, N" 2.) ' b ( I22 ) tuyau partiel aura en descendant atteint le sommet de cette colonne liquide. Pour réaliser cette idée dans les limites où elle peut l'être sans complica- tion, on disposerait extérieurement à la roue dans le bief d'amont une sur- lace courbe fixe pour chaque niveau, formant une sorte de coursier entiè- rement immergé, permettant d'abord à l'eau d'entrer un peu au bas du tuyau partiel, interrompant ensuite cette introduction jusqu'à une profon- deur convenable, H permettant ensuite de démasquer très-vite, mais suça s- sivement, chacune des lames courbes concentriques de l'orifice inférieur de ce tuyau, sans empêcher le sommet de ce tuyau d'achever de se remplir au besoin par son immersion dans le bief supérieur. » En résumé la nouvelle roue à tuyaux a pour but de modifier les an- ciennes roues à pression coulant à plein coursier, de manière à leur per- mettre de marcher plus vite quand elles sont assez profondément immer- gées. En la communiquant verbalement à la Société Pbilomathique de Paris, en i845 et 1849, je n'ai pas ainsi développé les principes sur lesquels je dé- sire surtout attirer l'attention dans cette Note, et qui permettent de mon- trer comment on peut appliquer un mode d'action des oscillations dans le bief d'aval, cpie j'avais présenté sous un autre point de vue, notamment dans le Journal de Mathématiques, de M. Liouville. La possibilité de cette application montre une fois de plus l'utilité de îecherchcs en apparence d'abord purement spéculatives. » CHIMIE AGRICOLE. — Sur la composition de quelques terres arables; par M. Dkhf.rain. (Commissaires, MM. Dumas, Payen.) » Tandis que certaines terres du nouveau monde et de la Russie peuvent produire indéfiniment sans recevoir aucun engrais, la plupart des sols de noire pays cesseraient rapidement de donner des récoltes rémunératrices, si les fumiers ne s'y succédaient régulièrement. J'ai pensé qu'une étude ana- lytique attentive de sols si différents quant aux résultats produits pourrait peut-être nous éclairer sur les causes encore assez obscures de ces fertilités différentes, et M. Décaisse ayant bien voulu mettre à ma disposition des échantillons des terres noires de la Russie, et d'une terre d'alluvion dé- posée parle Rio-Parana (Amérique du Sud), j'en ai entrepris l'analyse. En même temps j'exécutais celle d'une terre d'une fécondité moyenne prise sur le plateau de la Brie, dans le département de Seine-et-Marne, espérant mieux saisir, par la comparaison, les causes des différences de valeur qui existent entre ces sols. ( 123 ) » Nous avons d'abord recherché la composition physique de ces terres, en y dosant l'argile et le sable et en prenant la densité; on a trouvé ainsi (i) : * TERRE NOIRE DE RUSSIE. TCIIOUXOIZEM. TERRE DU PARANA. (Amérique du Sud.) TERRE DES CHAPELI.ES- lllil T.B0N. (•Seine-et-Marne. ) N° i. N° 2. Sable 49 6 5o4 i ,266 202 79 8 1,186 6;5 3 2 5 1 ,o34 2o5 79 5 1 ,226 j » On a fait ensuite l'analyse élémentaire, on a trouvé dans un kilo- gramme de terre sèche : DESIGNATION DES MATIÈRES DOSÉES. TERRE NOIRE DE RUSSIE TCUORNOIZEM. lN° 1. Azote (des matières or paniques) Carbone (des matières organiques) Acide pho5phorique. Chaux Magnésie Oxyde de 1er Silice soluble Nitrates correspondant à nitrate de potasse. g 0,524 4,9/4 3,823 0,/|00 trace? 5,3 7 3 N° 2. A.NALYSES. 0,524 U,JyU 5,273 3,823 2,093 2"!, 999 1,5^6 7,527 3,4o3 18,700 3,8^0 1,923 1 .29° 7,5oo » 19,400 0,400 traces] 0,027(1) TERRE DL! PARAFA . 2,009 '22 ,999 ! ,4 20 1,840 7 ,5i3|3,252 3,4o3 1 9 , 1 00 3,840 0,027 1 , 1 4o ! « 4,760 0,570 TERRE DE LA BRIE. CHM'ELLES-BOURHOX. 1,920 l,l40 4 , 006 0,570 ANALYSES. r>" 1. N° 2. 0,888 S 11 7,208 » 0,900 » 4,54s 4,210 5,o3S a 17,300 ), » » » » o,8S8 0,900 4,374 5,o38 17,300 (1) Ce dosage a été fait par mon collègue au Conservatoire des Arts et Métiers, M. Idiote, auquel ses travaux dans le laboratoire de M. Iîoussingault ont donné une grande habileté dans ces recherches délicates; la quantité trouvée est extrêmement considérable. (1) Les terres avaient été séchées à l'air, on a rapporté l'argile et le sable à ce qu'ils eussent été si les terres avaient été sèches. 16.. ( «*4 ) » On remarquera d'après ces tableaux que si l'une des terres de Russie ^e place au premier rang par sa teneur en matières a/.otées et en acide phos- phorique, que si la terre du Parana possède une richesse analogue, la terre des Chapelles arrive avant la seconde terre de Russie. a Plusieurs des terres d'Alsace analysées par M. Boussingault (i) renfer- ment également plus de matières azotées que les terres noires de Russie ou la terre de Parana ; il est certain cependant que nos terres de France ne pro- duiraient rien sans fumure, tandis que la terre de Russie, après quelques années de repos, peut fournir de nouveau d'abondantes récoltes. » Si donc l'on classait les terres d'après le poids de principes utiles qui existe dans i kilogramme, on arriverait à des conclusions fort erronées. » C'est qu'il faut tenir compte, encore de la masse de la terre, de son épaisseur; plus elle sera grande, plus les plantes auront d'espace pour étendre leurs racines, plus ellesauront chance par conséquent de rencontrer au milieu de la masse énorme de principes utiles que renferment les sols, ceux qui sont actuellement assimilables. Cette influence de la masse de la terre arable a été mise en évidence de la façon la plus heureuse par M. Boussingault : tandis qu'une plante cultivée dans un pot où elle ne ren- contrait qu'une faible quantité de terre restait chétive comme si elle eût vécu dans un sol stérile, elle végétait vigoureusement lorsqu'elle t pouvait étendre ses racines librement dans la même terre (2). » 11 nous faut donc, pour établir la comparaison entre les terres étudiées, rechercher le poids d'un hectare de chacune d'elles et y calculer l'azote, les phosphates, etc., nous verrons alors la différence des fertilités s'accuser par des chiffres de la façon la plus évidente. Nous avons admis pour la terre de Russie une épaisseur moyenne de 3 mètres ( 3) ; de 3 a, ,5o pour la terre de Parana (4) et de 36 centimètres pour celle des Chapelles. (1) Boussingault, Agronomie, Chimie agricole, t. II, p.. i^. (2) I(J. il). t. I,p. 2 83. (3) Murcluson, Description géologique de la Russie, t. I. ?4) Marcos Sastre, El Tempe Argentino, o el Delhi de los rioi Ut u gai, Parana y Plaïa. 1860. ( i»5 ) Densité Profondeur Poids d'un hectare de terre arable Poids des matières dosées que renferme un hectare. Azote Acide phosphorique Chaux Magnésie Charbon Nitrate de potasse TERRE DE RUSSIE. N° 1. I ,266 37900^ I 990 I k 2*1 648 1 899 1 2 145297 TERRE DE RUSSIE. N° 2. 1,186 3 m 3585o k 7i48o k 5o559 267312 25012 8i83i4 960 TERRE DU PARAMA. 1,034 3 m ,5o 2585o k 638oo k 38oi3 127395 io4665 TERRE DE LA BRIE. 1 ,3oo o m ,3o 3goo k 35a i k 354 1 19722 22713 287-78 » Nous voyons d'après ce nouveau tableau que la terre de Russie n° 1 renferme a3 fois plus d'azote, 17 fois plus d'acide phosphorique que la terre des Chapelles; la terre du Parana donne des résultats analogues, et la terre de Russie n° 1, tout à l'heure la dernière, a repris la troisième place. » Les matières organiques accumulées dans la terre de Russie sont réelle- ment énormes, ainsi qu'on l'a pu voir d'après le dosage du charbon qui est près de 4° fois plus abondant dans la terre noire n° 2 que dans la terre des Chapelles; nous nous sommes assuré, en calcinant les terres noires avec du nitre, qu'elles devaient bien leur couleur à des matières organiques. » Des travaux nombreux ont montré depuis quelques années que les ma- tières azotées ou les phosphates enfouis dans la terre arable n'étaient pas immédiatement assimilables, qu'une faible fraction était seule actuellement soluble. La transformation de ces matières inertes s'exécute sons l'influence des bases, sous celle de l'oxygène atmosphérique, sous celle des carbonates; j'ai moi-même signalé quelques-unes de ces métamorphoses relatives aux phosphates, il y a quelques années (1). L'oxyde de fer paraît être un des >) Comptes rendus, t. XLVII, i858. ia6 ) agents qui facilitent le plus énergiquement ces transformations; on voit qu'il est abondant dans la terre de Russie. » Ces sols ne recevant pas d'engrais, les plantes doivent prélever sur sod fonds de richesse tout ce qu'elles s'assimilent ; si chaque récolte prélevé cha- que année plus de matières assimilables que les forces citées plus haut n en élaborent pendant le même temps, il arrivé un moment où la terre est Sté- rile, on l'abandonne alors au repos, à la jachère, dont l'utilité est bien plutôt de laisser le temps aux principes du sol de se métamorphoser en ni- trates, en sels ammoniacaux, en phosphates solubles, que de laisser aux agents atmosphériques le loisir d'y apporter de nouveaux principes utiles. » Ces recherches conduisent donc aux résultats suivants : » i° L'analyse chimique ne dévoile pas dans i kilogramme de terre de fertilité très- différente, des différences de composition très-cousidé- rablés. » 2 L'épaisseur de la couche arable, l'espace dans lequel les racines peu- vent se répandre, paraît avoir une influence beaucoup plus considérable sur la fertilité que la richesse même de cette terre. » 3° Un des plus puissants moyens d'augmenter la fertilité est donc d'augmenter la couche arable par des labours profonds, en les combinant avec des fumures suffisantes pour que la terre conserve toujours la même composition, et qu'elle ne soit pas appauvrie par le mélange du sous-sol. » M œe de Corneillan adresse une réclamation de priorité à l'occasion d'une communication qui a été faite à l'Académie, dans la séance du 3o décembre dernier, concernant le dévidage en soie grége des cocons du ver à soie de t Al- lante. « Si j'eusse pu prévoir cette communication, dit M me de Corneillan, j'aurais adressé les détails exacts de la solution d'un problème longtemps cherché et je n'aurais pas à protester aujourd'hui contre l'assimilation faite cuire moi et M. Foiyeniol. Mes expériences concluantes et définitives re- montent à l'automne de 1860; dès le printemps suivant M. I. Geoffroy- Saint-Hilaire, de regrettable mémoire, M. Guérin-Méneville, M. Marchant, étaient instruits de ma découverte; dés cette époque j'en soumettais les premiers produits à M. Alcan, professeur au Conservatoire des Arts et Mé- tiers, et, éclairée par lui sur l'importance de ma découverte, je pris d'après son conseil un brevet. En juin 1 86 1 j'écrivais au Ministre du Commerce . le ?-4 juillet et le G août à l'Empereur, Lettres très-explicites constatant ma découverte expérimentée et complète. » M mc de Corneillan n'a connu que par voie indirecte et d'une façon ( i 2 7 ) inexacte la communication qui a provoqué sa réclamation. Ce n'est pas, comme elle le suppose, M. le Secrétaire perpétuel, mais M. Guérin-Méne- villequi annonce « que deux personnes viennent de trouver presque simul- » tanément le moyen de dévider les cocons du ver de l'Ailante en soie » eréee et continue, savoir M me la comtesse de Vernède de Gorneillan et » M. Forgemol, médecin à Tournai! . » A la Lettre de M rae de Gorneillan sont jointes les copies : i° d'une Lettre adressée par elle à l'Empereur, 2° d'une Lettre qu'elle a reçue de M. Alcan. Ces trois pièces sont renvoyées à l'examen de la Commission des vers à soie. M. Mf.rcier-Lacombe, directeur général des services civils en Algérie, annonce que le câble électrique immergé au mois de septembre dernier entre Port-Vendre et Mahon pour relier la France à notre colonie africaine, continue à fonctionner d'une manière parfaitement satisfaisante, malgré une déperdition très-notable de fluide. Partant de cette observation, M. Mercier- Lacombe présente des considérations sur le fonctionnement des télégraphes sous-marins et sur certaines circonstances qu'il considère comme des causes non encore soupçonnées de dérangement dans le jeu de ces appareils. (Renvoi à l'examen de MM. Becquerel et Pouillet.) US. Karst adresse de Nancy une Note concernant un système de chemin de fer. Ce système se distingue principalement par un rail médian que la locomotive saisit entre deux roues horizontales se mouvant en sens inverse comme les rouleaux d'un laminoir. (Commissaires, MM. Morin, Combes.) M. Moxtel, qui avait fait une précédente communication relative aux moyens destinés à prévenir les collisions de trains de chemin de fer, adresse, comme complément à cette communication, plusieurs dessins accompagnés de légendes. (Commissaires, MM. Piobert, Morin.) M. J. Lemoixe soumet au jugement de l'Académie un procédé de son invention pour prévenir les fuites du gaz d'éclairage circulant dans les tuyaux de distribution. (Renvoyé à l'examen de M. Morin.) ( 1*8 ) Une Note de M. BoritBouzE sur un appareil pour l'étude des lois de la chute des corps, présentée à la séance précédente, est renvoyée à l'examen d'une Commission composée de MM. Despretz et Delaunay. M.Milne Edwards est adjoint aux Commissaires précédemment désignés, MM. Flourens, Rayer et Bernard, pour l'examen des communications de MM. Chauveau et Marey concernant la détermination graphique des rap- ports du choc du cœur avec les mouvements des oreillettes et des ven- tricules. CORRESPONDANCE . M. i.e Ministre d'Etat, par une Lettre en date du 10 janvier, approuve lemploi proposé par l'Académie pour une portion des fonds restés dispo- nihles. L'Académie impériale des Sciences de Vienne remercie l'Académie pour l'envoi d'une nouvelle série des Comptes rendus et lui adresse plusieurs de ses propres publications. [Voir nu Bulletin bibliographique.) L'Académie reçoit des Lettres de remercîments de plusieurs auteurs aux- quels elle a, dans sa séance publique du q3 décembre 1861, décerné des prix ou des encouragements : MM. Pasteur (prix Jecker); Goi.dsciimidt, Luther (médaille de Lalande) ; Block (prix de Statistique); deChastellux (mention honorable au même concours). ASTRONOMIE. — Nouvelle comète. — Dépêche télégraphique de M. Otto Struve à M. Le Verrier. « Saint-Pétersbourg, le 10 janvier l86a. » Comète télescopique découverte à Poulkova, par Winnecke : » (S janvier, 1/1 heures 21 minutes. » Ascension droite, 14 heures 35 minutes. « Déclinaison boréale, 2 5 degrés 22 minutes. » Mouvements respectifs, l\ minutes et l\ degrés positifs. » Swnê : Otto Struve. » ( *2 9 ) analyse mathématique. — Sur une classe nouvelle tf équations différentielles et d'équations aux différericéi finies d'une forme intéarable; par M. Sylvesteii, de Wnolwici). « Commençons par le cas des différences finies. Représentons par A. t . le déterminant r "x "r+l ".r+2 • • ■ "'x-yi—i 'jt+i "x+2 Ur !, .v+3 "jt+4 "«+1-1 Ujc+i "jt«+i • • • ".r+2('-î et considérons l'équation (,) A,= C,..., ce qui au fond est aussi général que si nous écrivions A r — Cy*. » Je dis que l'équation (i) pourra être satisfaite par la même intégrale que celle qui satisfait à l'équation (2) U x — [),"*■+, + Pl"x+2 ■ ■ •(— 1 ">'/>'•-< "•*+'• + (- f )' B *+« — ° (p, , Oij, . . .,/',_(, étant des constantes). Car si cette dernière équation a lieu, on peut dans la permiere ligne du déterminant substituer à It r tl T _.t ... ll v ,f — ■ les quantités ( — i)' ' u x+i ')" ( - 1 y -1 "* sans changer la valeur de ce déterminant. » Donc on voit immédiatement que A a . devient égal à A J+ , , c'est-à-dire Aj sera constant; donc l'intégrale de A r = C sera (3) ",-",«, «,«, + ■ a i a. , avec la condition a, a,. . . a,= 1 . Cette condition est une conséquence de la forme du dernier coefficient (— 1/ dans l'équation (2); de plus une autre condition se présente à cause de la valeur spéciale qu'il faut attribuer à la constante C dans l'équation donnée. » Pour obtenir cette dernière condition nous pouvons considérer les a et les a. comme étant données et C comme une fonction de ces quantités. Or en faisant un quelconque des a égal à zéro, le degré de l'équation (2) s'abaisse d'une unité, c'est-à-dire les i fonctions u_ v , u x+h . . .,«.,..+,_, seront liées entre elles par une équation linéaire et conséquemment le déterminant A v s'évanouira. Donc C contient le produit a,a 2 . . . rt, comme facteur. Mais C. R., îSfii, i cr Semestre, (T. LIV, K° 2.) ' 7 ( '3o ) on trouve aussi, en prenant .r = o, C égal au déterminant à i lignes la la a . . .2aa 1-1 lau laa 2 .. .laa* lav.;_, lac/.' . . . lac<.-'~ 2 qui est du degré i par rapport aux quantités a. » Donc G = a,a a ...a,-F(a 1 a 8 . ..a,-). » Pour déterminer F, on n'a qu'à supposer a, = a 2 = . . . = u x+i _ 2 — P, u x+i -, -4- P 2 u x _; ... — (— l)'Pj_, «x+ai-s + ( — 0' "x-ni-s = o, et si, en conservant à A x la même valeur que dans l'équation (1), on écrit (5) A x + < ? (P l ,P 2 ,...,P,_,) = o, il est évident qu'en faisant u x — p, u x+{ -+- p 2 u x+2 ... — ( — 1)' />,_, u I+i _, -+- ( — i)' u x+i — o, A x sera égal à A x+I et cp sera toujours constant, car on aura P, == jt?„ P 2 = p,, ..., P/_, = p,_, . (6) ( «3i ) » Donc l'équation (5 ) sera satisfaite par l'intégrale u x = a, a\ -+- a. 3 a* + . . . + a t a*, avec: les conditions a, «.,... a,= i , («, « 2 . . . a ( ) (a, — a 2 a, — a 3 « 2 — a 3 . . . a,_, — a,) + y(2a,,2a,a 2> ...,2a t -— a,-_,) = o. » Passons au cas de la forme analogue des équations différentielles. En supposant y une fonction de x, j'écrirai ^-i = y~i et je nommerai Tf x y le déterminant 7 jr< j s • • • ji-, J< Ja Ja • • • J« J"i-\ J i J i—i • • • Tii—i « Considérons d'abordjl'équation in) Kr= c - Sans prendre la peine de passer par les moyens connus du cas des différences finies à des différences infiniment petites, il suffit de faire le rapprochement de la valeur de -^ quand u x = r-2.y 3 » De même en différentiant ce dernier déterminant [colonne à colonne), y y,j 3 y,y 3 j -, ysy*Ts » On remarquera que tous les termes du nouveau déterminant D 3 r ± ( d 3 r ) | on obtiendra comme la valeur de -^-, D° y- dx' L&dsP*) seront des déterminants mineurs de D^, et par un théorème très-connu on conclut que ce déterminant composé sera égal au produit tfy x ^ly- c'est-à-dire b:jxd^ = d:(d 3 7 ), et dans la même manière on peut établir l'équation générale qui lie ensem- ble trois termes consécutifs quelconques delà série D' D 2 D 3 D 4 D 6 ..., C est-à-dire (9) D' x ->xD'^ = D 3 ,(Di/). Avec l'aide de cette équation on parvient facilement à l'intégration d'une classe très-intéressante d'équations différentielles du quatrième ordre, parmi lesquelles on peut distinguer les équations »ly=C r », (DlyY=C(Dlyy, lesquelles ne sont que deux cas particuliers d'équations qu'on peut inté- grer par le moyen des fonctions elliptiques inverses. » ( 33 ) COMITE SECRET M. de Sexarmoxt, doyen de la Section de Minéralogie, présente, au nom de cette Section, la liste suivante de candidats pour une place vacante de Correspondant : Au premier rang. Au deuxième rang et par ordre alphabétique. M. Lyell à Londres. M. Aricii à St-Pétersbourg. M. Boité à Vienne(Autriche). M. Dana à New-Haven (États-Unis). M. de Dechex. ... à Bonn (Prusse). M. Domeyko à Santiago (Chili). ' M. Hitchcock. ... à Boston (États-Unis ). M. Jackson à Boston (États-Unis). M. Locax à Québec (Canada). M. Naumann à Leipzig (Saxe). M. Angelo Sisnoxda. à Turin (Piémont ). M. Stitder à Berne (Suisse). Les titres de ces candidats sont exposés et discutés. L'élection aura lieu dans la prochaine séance. La séance est levée à 5 heures et demie. !•;. 1). B. BULLETIX BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du i3 janvier i 862 les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, t. LU (janvier-juin 1861). Paris, 1861 ; vol. in-4°. Eloge historique de Frédéric Tiedemann, l'un des huit Associés étrangers dt l'Académie; par M. Flourkns, Secrétaire perpétuel. Paris, 1862; in-Zj". La méthode des portraits grandeur naturelle et des agrandissements photogra - phiques mise à ta portée de tout le monde; par Arthur Chevalikp. . Paris, 1 862 ; in-8°. '34 ) Rapport sur les travaux de la Faculté des Sciences de Montpellier pendant I année scolaire 1860-1861; par M. P;ml GervâIS. Montpellier, 1861; i feuille in-8 u . Annales de la Propagation de la foi; janvier 1862, n" 200. Paris, 1862; in- 12. De l'absorption par te tégument externe} thèse pour le doctoral en médecine présentée et soutenue à la Faculté de Médecine de Paris , par M. L. HÉBERT. Paris, 1 861 ; in-4". Quelques recherches sur la diplithérite et sur le croup; thèse pour le doctorat en médaille présentée et soutenue le 29 décembre 1 85g; par M. C.-F.-M. PETER. Paris, 1 85g ; in-4°. (Adressée an Concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie de 1862, avec l'analyse exigée par le programme.) Mémoires de l'Académie royale de Médecine de Belgique (5 e et 6 e fascicules du t. IV). Bruxelles, 1860-1861 ; in-4°. \ handbook... Manuel d'Astronomie descriptif et pratique; par G. -F. CHAMBERS. Londres, 1 86 r ; 1 vol. in- 12. Uber die... Sur le Soleil; par le D r A. Winnecke; br. in-8°. Amtlicher... Compte rendu officiel de la 35 e réunion des naturalistes et médecins allemands à Kœnigsberg en Prusse en septembre 1860; publié par les commissaires de la réunion, MM. V. VlTTlCH et Wagner. Kœnigsberg, 1861; in-4°. Sitzungsberichte... Comptes rendus de l'Académie impériale des Sciences de Vienne : sciences mathématiques et sciences naturelles; t. XLII, n° 29; t. XLIII, livraisons 4 et 5 (sciences mathématiques), t. XLIII, 5 e livraison (sciences naturelles), t. XLIV, i re et 2 e livraisons (sciences mathématiques), t. XLIV, ,re c . t 2 e livraisons (sciences naturelles). Vienne, 1861 ; 8 livraisons in-8°. Jahrbiicher... Annuaire de i Observatoire central de météorologie et de ma- gnétisme terrestre , publié par l'Académie impériale des Sciences et rédigé par K. KtiEiL; 8 e volume, année 1 856. Vienne, 1861 ; in-4°. The circle... Mesure commune du cercle et du carié par un triangle commun aux deux surfaces. Détermination aussi approchée qu'on le voudra de la valeur île ce triangle; par W. Houlston. Londres et Jersey, 1862; in-4°- Mémoires de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg ; t. III, n os 10, 1 1 et 12; t. IV, n° 1. Saint-Pétersbourg, 1861 ; in-4°. Bulletin de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg; t. III (feuilles 23-36), t. IV (feuilles 1-10); in-4°. Arc du méridien de 2J 1 ' 20' entre le Danube et la mer Glaciale mesuré depuis 18 16 jusqu'en [855. Ouvrage rédigé par M. F. -G. -W. Struve, et publié par ( i35 ; l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg; t. 1 et II. Saint-Pétersbourg, 1857 et 1860; volumes gr. in-4° avec un atlas de 26 planches. Tabulœ quantitatum besselianarum quibus apparentes stellarum posiliones in médias converiuntur adhibitis numeris constantibus pulcovensibus pro annis 1840 ad 1864 compulatœ. Edidit Otto Slruve. Petropoli, 1861 ; petit in-4°. Osservazioni... Observations sur l'induction électrostatique; par le prof. L. Della Casa. Bologne, 1860; in-4". Nuove... Nouvelles observations sur l'induction électrostatique , par le même. Bologne, 1861 ; in-4". Della visione... Sur la vision binoculaire : par le D r F. Rossetti. Venise, 1861; in-4°. Descripçâo... Description des insectes coléoptères du Camboge; par le baron D. Castello de Paiva. Lisbonne, 1861 ; in-8°. Descripçâo... Description de deux nouvelles espèces de coléoptères des îles Canaries ; par le même. Lisbonne, 18G1 ; in-8°. (Présentés par M. Moquin- Tandon.) ERRATA. (Séance du 6 janvier 1862.) État de l'Académie des Sciences au I er janvier 1862, page 9, Correspondants de la Sec- tion de Géographie et de Navigation. Le nom de l'amiral Lutke, placé par erreur à la fin de la liste, doit être remonté de trois lignes et venir après le nom de M. Givry. Page 4i» ligne 7, au lieu de (4), Usez (3). Même page, au Tableau : Numéros. Longueurs L m 102 au lieu de 0,05^3 lisez 0,0720 io3 » 0,1 36o « o,4665 104 » 0,0573 » 0,7205 io5 » Id. » 0,2882 (Rien à changer à la colonne des rayons /•). COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 20 JANVIER 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE. — Sur la fic/ure de la grande comète de 1861; par M. Fave. (Quatrième et dernier article.) (1). « Enveloppes concentriques de la tête. — Elles sont formées par la matière émise soit à l'intérieur du calice antérieur, soit dans l'épaisseur plus abon- dante encore de ses parois. Évidemment le triage opéré par la force répul- sive, triage qui donne naissance aux queues multiples, commencera dans la tête même sur les matières non homogènes de rémission; en vertu de leur vitesse acquise et de la moindre action de la force répulsive sur les matières les plus lourdes, celles-ci iront plus loin que les plus légères, et il se for- mera, pour chaque ordre distinct de matières, un étage particulier ou s'arrêteront les molécules de même densité; là elles formeront une sorte de couche concentrique au noyau, mais bientôt la force répulsive, après avoir détruit la vitesse acquise vers le Soleil, fera rebrousser chemin à ces parti- cules et les chassera vers la queue qu'elles alimentent. Peu à peu l'enve- (1) Note relative à l'article précédent [Compte rendu du i3 janvier) : p. 7 1 , ligne 2, au lieu de : le secteur paraissait alors moins large, lisez : le secteur paraissait moins large, le 12 et le 1 4 octobre. ... La disparition du secteur le i3 ne semble pas pouvoir s'expliquer par l'obliquité du rayon visuel sur l'axe. Bessel s'est servi aussi quelquefois du mot plus si- gnificatif de cône lumineux au lieu de secteur. C. R., 1862, I er Semestre ( T. LIV, N« 5.) '° ( '38) loppe s'amincira; son éclat ira en s'affaiblissant, et finalement elle dispa- raîtra pour faire place à d'autres enveloppes en voie de formation. Tout porte à croire d'ailleurs que ces phénomènes ne sont pas continus, mais intermittents. Un des traits les plus saillants de la comète de Donati était assurément l'alternative d'activité et de repos du noyau dans l'acte de l'émission ; chaque fois que le noyau prenait de l'activité et se préparait à expulser de nouvelles matières, son éclat augmentait rapidement, et M. Bond, à qui nous devons cette curieuse remarque, reconnaissait à ce signe l'apparition prochaine d'une émission nucléale. Ainsi cette intermit- tence se retrouvait dans le développement successif des couches propres du noyau, lesquelles se dilataient peu à peu jusqu'aux points faibles ou points de rupture assignés par la première analyse des couches de niveau que nous devons à M. Roche. Ce phénomène n'indique-t-il pas que le noyau reçoit lui-même, de la chaleur solaire, une activité propre, identique à celle que la chaleur de toute origine détermine entre les molécules des corps gazeux. Mais je me hâte de faire remarquer qu'il ne s'agit pas ici d'une nouvelle hypothèse. Dans tout ce qui précède nous avons tacitement considéré la matière cométaire comme formée de particules indépendantes, assimilables, par leur ténuité excessive et leur facilité à se disperser sous l'influence des moindres forces dans des espaces énormes, à celles qui constituent un gaz privé de tout ressort par le froid et par sa propre expansion ; or cette ana- logie même a conduit depuis longtemps à penser que la chaleur solaire absorbée par le noyau y donne naissance à de faibles actions de répulsion mutuelle. Les dernières couches de notre atmosphère nous offrent un exemple frappant de cette singulière condition des corps gazeux réduits à l'état pulvérulent, ou, si l'on veut, à l'état d'un liquide sans cohésion, sans viscosité, n'agissant plus sur les couches inférieures que par leur poids, réfléchissant encore un peu de la lumière qui les traverse, mais incapable d'en réfracter les rayons. Ainsi, à mesure que les rayons solaires échauffent le noyau, ils y excitent une faible répulsion moléculaire ou gazeuze, qui favorise l'émission; à celle-ci répond aussitôt, comme le pensait Laplace, un abaissement de la température du noyau, lequel a besoin d'un certain temps pour absorber une nouvelle quantité de chaleur solaire et donner lieu à une nouvelle émission. C'est ainsi du moins que je m'explique l'intermit- tence de ces phénomènes. Si l'on pouvait avoir confiance dans les dessins d'Hévélius, je citerais un cas remarquable où l'intermittence de l'émission s'est traduite d'un bout à l'autre de la queue par des tranches fort nettes alternativement brillantes et obscures. ( i3 9 ) » On conçoit que le phénomène des enveloppes doive varier d'une comète à l'autre tout autant que celui des queues. Dans une comète à période assez peu étendue, comme celle de Halley, les retours fréquents au périhélie doivent à la longue épuiser le noyau de ses matières les plus lé- gères; dès lors on ne s'attendra pas à retrouver de nombreuses enveloppes étagées au-dessus du calice antérieur. La comète de Donati, avec sa queue multiple, au contraire, nous a offert ce phénomène à un degré remarqua- ble. Les enveloppes formées de la matière la moins dense avaient envahi le calice lui-même et fait disparaître le secteur qui en est la perspective. » Tl en restait pourtant encore quelques traces constituées par des ma- tières plus denses qui traversaient les premières enveloppes pour aller, plus loin du noyau, former d'autres enveloppes plus persistantes. On lit pour ainsi dire ces détails dans les beaux dessins que M. Bond a publiés sur la comète de Donati, aux dates du 2 et du 10 octobre. » Ainsi les matières s'étagent dans la tète à l'inverse du noyau : dans celui-ci, les molécules les plus lourdes se trouvent sans doute vers le cen- tre; hors du noyau, la densité des matériaux va en croissant vers l'exté- rieur, c'est-à-dire vers le Soleil (1). Il est facile de vérifier immédiatement cette assertion. Nous avons vu que les queues droites sont dues à la pré- sence de matières extrêmement légères; les queues courbes, à celle de mo- lécules plus denses; les queues dirigées vers le Soleil, à des matières plus lourdes encore, sur lesquelles la répulsion n'a pas plus de prise que sur le noyau lui-même (toutes les queues d'une comète se trouvent distribuées dans deux des quatre angles formés par le rayon vecteur et la tangente à l'orbite). D'après cela, ce sont les enveloppes extérieures qui doivent ali- menter les queues très-courbées, tandis que les enveloppes maintenues à peu de distance du noyau donnent naissance aux queues presque droites. Le premier point se constate de visu sur toutes les comètes ; quant au second, s'il n'a pas été possible de le vérifier sur la comète de Donati, à cause de la faiblesse extrême de la queue droite, celle de 18G1 nous en a offert un exemple remarquable. Voici les propres paroles du P. Secchi : « Connet- » tando le apparenze ad occhio nudo con quelle dentro il cannocchiale, » appariva che la parte longa délia coda era un prolungamento del getto » curvilineo che usciva dal riùcleô al lato boréale ( 1" juillet). » Cette parle (1) J'emploie souvent ici le mot de densité dans un sens particulier; il s'agit alors de la densité des particules, indépendamment de la densité de leur agrégat actuel. 18.. ( >4o ) onga délia coda était précisément la queue droite qui fut reconnue le joui- suivant. » Voici une seconde vérification non moins curieuse. Les dernières .en- veloppes peuvent être franchies à leur tour par des matières assez lourdes pour (pie la répulsion solaire ait prise sur elles et les force à rebrous- ser chemin; et ces matieres-là vont former une queue particulière du côté du Soleil, en avant du rayon vecteur. A quelle enveloppe répondra cette espèce de queue? Évidemment à une enveloppe située encore plus loin du noyau que toutes celles dont il vient d'être question, avec cette circonstance qu'elle ne sera pas complètement fermée du côté du Soleil. La comète de Donali a offert un exemple remarquable d'une disposition de ce genre. En dehors de la tète proprement dite, du côté du Soleil, et en avant du rayon vecteur, M. le D r Winnecke a découvert et suivi, du i 8 septembre au 8 octobre, une sorte d'amas régulier de matière faiblement lu mineuse et limitée par des contours assez vagues, qui permettaient cepen- dant d'en constater la direction principale. Celte direction formait un an- gle de + 66° avec le rayon vecteur, et n'a présenté que des variations insi- gnifiantes de quelques degrés, tandis que les enveloppes situées près du noyau avaient bien plus de mobilité. Cette enveloppe, étant limitée de toutes parts, n'était évidemment que l'état rudimentaire d'une queue dirigée vers le Soleil, et non, comme le savant auteur que je viens de citer a pu le croire un moment, la provision de matières destinée à alimenter la queue droite opposée au Soleil. » On serait tenté de comparer une partie de ces phénomènes aux érup- tions volcaniques formées de fumée, de cendres à divers degrés de ténuité, de scories et de fragments de lave. La forme de la colonne de fumée et des couches de cendre étagées comme les branches d'un pin immense pré- sente en effet quelque analogie avec l'émission antérieure et les couches dont nous venons de parler. Mais les différences sont encore plus saillantes (pie les analogies, car dans les phénomènes volcaniques les forces en jeu sont exclusivement propres au noyau terrestre, tandis que dans les phéno- mènes cométaires l'attraction solaire lutte contre celle du noyau pour y déterminer en deux points la rupture de ses couches de niveau, et la répul- sion solaire, autre force extérieure, exerce sur tout le reste du phénomène une influence prépondérante ; enfin les branches du pin cométaire ne sont pas, connue les cendres d'un volcan, tenues en suspension momentanée par une atmosphère, mais par le jeu de deux forces opposées. » Oscillation irrégulière de l'émission c y m" Informe el des enveloppes ; exeen- ( i4i ) iricité du noyau. — Ces phénomènes tiennent à une différence de marche entre le noyau et les matières qu'il émet du côté du Soleil. En supposant d'abord que l'émission se fasse symétriquement par rapport au rayon vec- teur, son mouvement étant dirigé vers le Soleil, il en résultera pour cette matière séparée du corps de la comète une tendance à devancer de plus en plus le rayon vecteur; par suite la direction générale de la figure répondra à un angle de position positif. Il faul ensuite distinguer parmi ces matières émises celles qui sont ramenées en arrière par la force répulsive et celles qui échappent à son action par leur densité moléculaire. Celles-ci conti- nuent à marcher vers le Soleil et vont former une queue en avant du rayon vecteur; les autres rebroussent chemin et vont former les queues ordinaires en arrière de ce rayon et du côté opposé au Soleil. Ainsi ces enveloppes n'ont qu'une existence passagère, c'est pourquoi la déviation dont il s'agit ne peut croître indéfiniment. Au bout de quelque temps, elles seront rem- placées par d'autres enveloppes formées dans la direction du rayon vecteur, puis s'écartant peu à peu de ce rayon, comme les premières, jusqu'à ce qu'elles disparaissent à leur tour. De là l'espèce d'oscillation irrégulière que l'on a constatée dans la direction d'une enveloppe lumineuse de la comète de Donati; mais il n'y a là rien de commun avec l'oscillation pen- dulaire admise par Ressel. » Si, par suite de quelque autre influence, l'émission antérieure ne s'ef- fectue pas à un moment donné dans la direction exacte du Soleil, il pourra en résulter des variations encore plus étendues pour les enveloppes. On remarquera d'ailleurs que l'amplitude et la durée de ces oscillations répon- dront à l'intermittence de l'émission nucléale et qu'elles différeront beau- coup suivant que l'on considérera une enveloppe très-voisine du noyau, ou une autre enveloppe très-éloignée, telle que la scltwrtrhe Umhùllung de M. Winnecke. » Ce que nous venons de dire des enveloppes compte aussi pour l'émis- sion cyathiforme, et n'a plus lieu pour l'émission conoïdale postérieure, à laquelle nous avons d'ailleurs reconnu en fait une direction sensiblement constante. » Mais ici d'autres circonstances non moins influentes viennent encore s'ajouter à celles-là. La force répulsive qui infléchit les parois de la pre- mière émission produira des effets différents d'un moment à l'autre, sui- vant la densité des matières émises et les moindres irrégularités des parois du calice antérieur, tandis que les matières de l'émission opposée n'ayant point à rebrousser chemin restent moins exposées à ces actions diverses. ( i4a ) On pourrait comparer le noyau et ses deux appendices à un double cou- rant de fumée s'échappant d'un même point au sein d'un courant d'air en mouvement; le courant opposé à la direction de l'air subirait en tout sens, parla moindre influence, des oscillations continuelles et irrégulières, tandis que la fumée émise dans le sens opposé conserverait une direction à peu près invariable. » Signalons enfin une troisième cause de variation beaucoup moins rapide que les précédentes, mais non moins réelle. L'émission nucléale n'est rien autre chose au fond qu'une énorme exagération du phénomène si connu des marées. Or, dans les marées terrestres, il s'en faut que l'a'xe des ren- flements opposés produits par l'attraction inégale du Soleil, par exemple, sur les diverses parties du sphéroïde terrestre, coïncide constamment avec le rayon vecteur de l'astre troublant. La figure théorique des couches du noyau ne peut jamais être atteinte rigoureusement; les surfaces matérielles tendent seulement vers ces types géométriques, qui eux-mêmes varient sans cesse avec le mouvement de translation de l'astre autour du Soleil, mais l'inertie de la matière s'oppose à ce qu'elles les réalisent instantanément. Pour certaines comètes la rapidité de ces changements dépasse toute idée : ainsi la grande comète de 1 843 a parcouru en deux heures 180 d'anomalie autour du Soleil (tandis que la comète périodique de la même année y a mis deux ans), en sorte que deux régions opposées du noyau auraient dû être successivement, à deux heures d'intervalle, le siège des deux émissions que nous avons nommées cyathiforme et conoidale. Heureusement c'est ici un cas extrême; mais, même dans les cas ordinaires où le siège de ces émissions se transporte à la surface du noyau avec lenteur, il doit se produire des dévia- tions, des phénomènes de libration difficiles à discuter, bien qu'on en com- prenne parfaitement l'existence. » On conçoit d'après cela que les deux émissions nucléales opposées ne s'effectuent pas exactement dans la direction du rayon vecteur, et que l'émission antérieure présente des oscillations beaucoup plus étendues que l'émission postérieure. Mais les difficultés inhérentes à la figure compliquée de la première n'ont pas permis jusqu'ici de saisir la loi de ses déviations, tandis que les mesures que j'ai rapportées ne laissent place à aucune incer- titude en ce qui concerne la deuxième. » Figure extérieure. — Depuis longtemps on assimile la figure extérieure, les derniers contours perceptibles de la tète d'une comète, à un paraboloïde de révolution ayant le noyau à son foyer, et tout dernièrement un savant professeur de Moscou. M. Rredichin. a montré qu'effectivement cette der- ( i43 ) nière forme résulterait, sous certaines conditions, de l'analyse de Bessel. » M. Bond vient de publier dans les Jslr. Nachrichten le résultat de ses recherches à ce sujet : il a réuni et comparé 22a dessins de la comète de Donati, fournis par quinze observatoires, puis il en a déduit quatre formes normales pour quatre époques distinctes. Ces formes étant assez peu diffé- rentes entre elles, il les a combinées en une courbe moyenne définitive que je ne puis reproduire ici, mais dont il est facile pourtant de donner une idée exacte. Construisez une chaînette dont le rayon de courbure au som- met serait de i5 mm , 18; cette courbe se confondra presque exactement avec le contour cométaire obtenu par M. Bond, jusqu'à une distance du som- met (comptée sur l'axe) de ']2 mm . A la distance de i24 mm ,7> l'ordonnée de la courbe surpasse celle de la chaînette d'environ i mm ,6. Quant au noyau, il se trouverait sur l'axe à i^ mm ,ï du sommet. Maintenant si vous construisez une parabole ayant même sommet et son foyer au noyau, il n'y aura de commun entre cette courbe et le contour de la comète qu'un point de con- tact simple au sommet : à i24 mm de ce point, l'écart dans le sens de l'ordon- née sera d'environ ^l\ wm . Même en sacrifiant la condition relative au foyer, j'ai trouvé qu'il serait également impossible d'adapter une parabole quel- conque à ces contours. » Quand on songe aux propriétés mécaniques de la chaînette, on est très- frappé d'en retrouver de si près la figure dans les contours de la tête de la comète de Donati ; niais le mérite de cette coïncidence approchée s'affaiblit ou disparaît quand on se reporte au dessin du 10 octobre, de M. Bond lui-même, ou quand on a sous les yeux les dessins de l'enveloppe faiblement lumineuse de M. Winnecke. D'ailleurs cette forme ne se retrouve pas dans les contours tout différents des deux dernières comètes. » Dans tous les cas, cette discussion montre qu'il est nécessaire de tenir compte des effets de la perspective sur la mesure de la distance du noyau au sommet d'une enveloppe quelconque : d'après les inclinaisons du rayon visuel ou l'axe de la dernière comète, du 3o juin au 3 juillet, cette distance aurait varié dans le rapport de L\ à 7 (hypothèse d'un paraboloïde) par le seul fait de la perspective, et en mesurant ces distances sur les épures de M. Dunesme, construites d'après des données plus voisines de la vérité que la parabole, je trouve les nombres suivants pour la distance du noyau au sommet. Inclinaison 90 57 43° 33° a3° \ Contour de l'émission cyathiforme. i9 mm ,o 3o mra ,2 34 mm ,5 3"] mm ,7. 4> mm >° Contour de l'enveloppe extérieure. . 53 mm ,o 55 mm ,6 58 mm , 1 6i mm ,3 6'] m " , ,o La correction due à cet effet ne saurait donc être négligée. ( i44 ) » Masse et densité. — D'après ce que nous avons vu plus haut, la distance a laquelle les matières émises s'arrêtent en avant du noyau , ou le rayon £ d'une enveloppe quelconque, n'a pas une valeur absolue, résultant de l'antago- nisme des attractions du noyau et du Soleil. Il y intervient encore l'effet de la répulsion sur les matières considérées et la vitesse de l'émission, laquelle esi la même à l'origine pour toutes les matières. Or à aucune distance, on ne peut négliger la répulsion dont les effets se font sentir si énergiquement par delà l'orbite de Mars sur la comète périodique d'Axel Môller. Une comète d'une masse bien faible, mais possédant des matières spécifiquement très- lourdes, peut avoir une enveloppe pins vaste qu'une autre comète, dont la matière beaucoup plus abondante sera spécifiquement plus légère. Quant à la vitesse d'émission, si on la néglige, on se trouvera conduit à assignera la comèie une masse beaucoup trop grande. » Si on prend pour s le rayon du noyau compté jusqu'au point d'émis- sion, et qu'on lui applique la formule de Cnlandrelli ou de M. Roche, qui est arrivé de son côté à la même expression V\ /£> par une voie préférable à mon avis, on se rapprochera davantage de la vé- rité ; mais, en négligeant l'expansion gazeuse que nous y avons signalée, on obtiendra un résultat trop faible. M. Roche a donc eu raison de penser qu'on devrait appliquer sa formule à ces deux cas extrêmes, afin d'avoir deux limites entre lesquelles la niasse se trouverait comprise, mais c'est la seconde qui me paraît devoir être la plus voisine de la vérité. Quant à l'énorme incertitude que laissent ces limites, elle me paraît être en harmonie avec la nature de la question ou plutôt de la formule où manquent plusieurs éléments essentiels. Dans celle que Kessel a donnée f désigne le rayon de la sphère d'attraction et contient implicitement la masse; œ est l'action répulsive du Soleil, g la vitesse de l'émission : mais il est impossible d'en déduire ces trois quantités à moins de combiner plu- sieurs valeurs de s, relatives à diverses enveloppes, avec les valeurs de © four- nies par la considération des queues correspondantes, et avec quelque hy- pothèse nécessairement incertaine sur la valeur de g. » Quoi qu'il en soit, les limites fort vagues dont nous venons de parler offrent un grand intérêt quand on se propose de rechercher, non plus la .45 ) masse, mais la densité moyenne de telle ou telle partie cométaire. C'est ainsi que le P. Secchi est arrivé aux conclusions suivantes sur la dernière comète. La densité moyenne du noyau serait comprise entre une densité 16 fois plus grande et une densité 1800 fois moindre que celle de l'air. Celle de la tète, en v répartissant uniformément la masse entière, serait de 0,002 de celle de l'air : « vale a dire, ajoute le P. Secchi, appena quanto l'aria più rare- « fatta nelle nostre migliori machine pneumatiche; » et il dit encore: « nulla diro délia coda la quale benchè immensa nella estensione non ha » densità valutabile tanto e esile(i). » C'est une confirmation remarquable des résultats auxquels j'étais parvenu de mon côté, il y a trois ans, pour la comète de Donati, et des vues qui m'ont guidé dans mes expériences phy- siques sur la force répulsive. •> Voici le résumé des deux articles relatifs à la tète des comètes : » i° Dans la région de l'orbite la plus voisine du Soleil, le noyau est ac- compagné généralement de deux émissions opposées : l'une du côté du Soleil, que j'appelle cyathiforme, l'autre du côté opposé, que je nomme conoidale. » 2 L'émission cyathiforme et brillants présente de grandes déviations variables par rapport au rayon vecteur; elle est ordinairement située en avant de ce rayon et quelquefois en arrière. » 3° Au contraire, l'émission conoidale à intérieur obscur dévie toujours en arrière du rayon vecteur, dans le plan même de l'orbite, et la déviation n'est qu'un très-petit angle à peu près constant pendant une longue suite de jours. " 4° Ainsi l'hypothèse d'une force polaire exercée par le Soleil est con- tredite par les faits. » 5° Les enveloppes qui ferment la tète du côté du Soleil, proviennent des matières de l'émission cyathiforme dont elles envahissent parfois le calice. Leur formation présente des caractères d'intermittence, ainsi que l'émission elle-même. Elles présentent aussi des déviations dues en grande partie à une simple différence de marche avec le noyau. (1) La rareté extrême de la matière dans la tête elle-même permet de comprendre que la force répulsive agisse, sans affaiblissement considérable, à travers ces enveloppes concen- triques qui laissent passer, sans la réfracter et sans l'affaiblir, la lumière des moindres étoiles. « Di ciô si ebbe più decisa prova la sera del 4 luglio, in cui una stellina anche più piccola, » cioè di g a grandezza, passé, precisamente altraverso uno dei raggi lucidi più vivaci senza » perder altra luce, che quanto avrebbe perduto passando nel campo egualmente illuminato » del telescopio. « C. R., 18G2, i er Semestre. (T. L1V, N»5.| J 9 ( '40 ) » 6*° La matière v est étagée d'après l'ordre des densités croissantes vers le Soleil : les plus denses allant se ranger dans les enveloppes les plus éloi- gnées du noyau. » 7 Les queues sont en grande partie alimentées par ces enveloppes; les queues droites proviennent des enveloppes les plus voisines du noyau, ou directement de l'émission nucléale elle-même; les queues recourbées, si- tuées, comme les premières, dans l'angle postérieur formé par le rayon vec- teur et la tangente à l'orbite, en arrière du mouvement de la comète, pro- viennent d'enveloppes plus distantes. Les queues dirigées vers le Soleil, dans l'angle antérieur opposé au premier, proviennent d'une enveloppe encore plus éloignée du noyau. » 8° La figure extérieure de la tète n'a rien de commun avec un parabo- loïde. » 9 La discussion des phénomènes de la figure des comètes conduit, re- lativement à la nature de cette force, aux mêmes conclusions que l'accélé- ration des comètes périodiques, et ces conclusions sont confirmées par les recherches physiques basées sur l'emploi de l'étincelle d'induction pour rendre visible la répulsion à distance qu'une surface incandescente exerce sur l'air raréfié. » Réponse de M. Delaunay à l'article inséré par M. Le Verrier dans le Compte rendu de la dernière séance. « Le long article inséré par M. Le Verrier dans le Compte rendu de la dernière séance ne détruit pas la moindre partie des remarques que j'ai présentées à l'Académie au sujet des idées émises par lui sur la constitution de notre système planétaire. » J'ai dit que l'accroissement de 38" attribué au mouvement séculaire du périhélie de Mercure n'est autre chose qu'une équation empirique intro- duite dans les Tables pour les faire concorder avec les observations. » J'ai dit que, de ce que M. Le Verrier avait eu besoin de recourir a cette équation empirique pour compléter sa théorie de Mercure, il n'était pas en droit d'en conclure l'existence d'un anneau d'astéroïdes entre Mercure et le Soleil. » J'ai dit enfin que les conclusions auxquelles il a été conduit en 1840, relativement à l'existence de certaines régions ravagées dans l'étendue de notre système planétaire, conclusions qu'il a réimprimées littéralement en 1 856, ne reposent que sur une discussion erronée des formules qu'il a obtenues. ( '47) » Pour tonte réponse à ces diverses propositions que j'ai appuyées sur des raisonnements sérieux, M. Le Verrier se contente de reproduire un long passage extrait de sa Théorie de Mercure publiée dans les Jnnales de i 'Ob- servatoire. Cette citation de dix-sept pages ne répond à rien, ne justifie au- cune de ses assertions ; elle laisse intactes les conclusions auxquelles je suis arrivé dans mes deux Noies du a5 novembre et de lundi dernier, et que je viens de rappeler sommairement à l'Académie. » ZOOLOGIE. — Essais d'acclimatation du Saumon dans le bassin de l'Hérault, par M. Paul Gervais. « On a souvent parlé, depuis quelques années, de l'utilité qu'il y aurait à introduire clans les cours d'eau versant à la Méditerranée le Saumon (Salmo salar), qui n'existe dans aucun d'eux, et plusieurs Membres de l'Académie en ont fait l'objet de recommandations spéciales. Placé, sous ce rapport, dans des conditions favorables, j'ai voulu essayer de réaliser cette intéressante entreprise, et l'Administration a bien voulu s'y associer en faisant les frais de mes expériences. Mes efforts n'étant pas entièrement restés sans résultat, je crois pouvoir en dire aujourd'hui quelques mots à l'Académie. » Près de quarante mille Saumoneaux, obtenus dans mon laboratoire à l'aide des appareils dont se sert M. Coste et d'œufs expédiés par l'établis- sement d'Huningue, ont été portés par mes soins dans les eaux de l'Hérault et de ses affluents principaux : la Vis, la Malou, la Dourbie et l'Ergtie. Ces jeunes poissons, pris à l'époque où la vésicule ombilicale était complète- ment résorbée, ont, en partie du moins, continué à se développer lorsqu'ils ont éié mis en rivière. Les premiers versements ont eu lieu en 1 858, et, des l'année suivante, on a péché de temps en temps, soit du côté de Ganges, soit près de Lodève ou sur d'autres points, des Saumons longs de 12 à i5 centimètres, c'est-à-dire comparables à ceux auxquels on donne dans les Cévennes le nom de Tacons. Il a été pris plus récemment des indi- vidus plus grands et du poids de 6oo à 8oo grammes, et tout dernièrement on a constaté que les Saumons introduits ainsi dans l'Hérault commencent à s'y reproduire. De quatre individus observés cet hiver à peu de distance de Ganges, trois étaient des mâles chargés de laitance, et le quatrième était une femelle portant un grand nombre d'œufs (b). » (i) Je puis signaler un autre fait curieux, quoique moins important, relatif à l'élève des 19.. ( i48 ) zoologie. — Sur le grand Calmar de ta Méditerranée ; par M. Pâli. Gervais. « Arislote appelle TsuÔo; un Céphalopode de la Méditerranée, long, dit-il, de 5 coudées (a™, 3io), et qui rentre avec son TfMç dans la division dos animaux de cette mer que l'on réunit aujourd'hui sous la dépomination commune de Calmars. Les naturalistes n'ont pas encore signalé dans la Méditerranée de Calmars tout à fait aussi grands que le Teullios, mais ds en citent dont la taille n'était inférieure que d'un cinquième environ à celle indiquée par Aristote. M. Vérany, qui a écrit une Histoire des Cépha- lopodes de la même mer, parle d'un de ces mollusques appartenant au groupe des Calmars, qui avait i m , 655 de longueur totale (corps et bras tentacu- laires), et pesait 12 kilogrammes. Un autre exemplaire, signalé au même naturaliste et péché près de Nice, pesait i5 kilogrammes. Enfin on possède au Musée de Trieste le corps d'un animal analogue trouvé en Dalmatie sur les bords de la mer, et que M. Stecnstrup considère comme appartenant a la même espèce que les exemplaires précédents. Un autre Calmar de grande raille (i m ,82o) a été pris en mer par les pécheurs de Cette, il y a une ving- taine d'années, et fait depuis lors partie. des collections de la Faculté des Sciences de Montpellier. Ti y a deux ans, M. Steenstrup, qui était venu clans cette ville pour étudier notre collection paléontologique, a fait avec moi un examen attentif de ce grand Céphalopode. Il y a reconnu l'espèce décrite par lui-même sous le nom d'Ommaslreplies pleropus, espèce d'ailleurs tres- voisine de YOmmastreplies Barlrami, que l'on signale dans l'océan Atlan- tique, ainsi que dans la Méditerranée. M. Steenstrup et moi avions même rédigé au sujet du Calmar de Cette une Note que d'autres travaux nous ont fait perdre de vue, et qui est restée inédite. J'y aurai recours pour la des- cription qui suit : » Le grand Calmar dont il s'agit présente les caractères des Ommasirephts Barlrami et pleropus, et plus particulièrement ceux de la seconde de ces espèces. C'est la même forme générale, sauf un peu plus de largeur du manteau. Les mâchoires et la membrane qui les entoure, les tentacules et leurs ventouses, la nageoire, etc., sont aussi parfaitement semblables, et l'on Salmonidés. Des Truites, écloses, il y a deux ans, dans mon laboratoire, et que j'ai tenues depuis cette époque dans un îles bassins de nos promenades publiques, sont en pleine repro- duction, el j'ai pu en obtenir des oeufs dont la fécondation artificielle a été immédiatement ( '49 ) voil même aux bras de la troisième paire la membrane véliforme qui a valu à la deuxième espèce le nom de pteropus. » Les dimensions sont les suivantes : 01 Bras de la première paire o ,3oo Bras des trois autres paires o,38o à o,3go Bras tentaculaires 0,810 Tète et corps i ,020 Plus grande largeur de la nageoire. . . . o,55o Bord supérieur de la nageoire o,25o Bord inférieur de la nageoire o,325 Longueur de l'osselet dorsal 0,600 » Ainsi le corps et les bras tentaculaires donnent ensemble une longueur de i"',8i. » L'exemplaire type de V Ommastrephes pleropus, qui est aussi fort grand, a fait partie du musée de M. Eschricht; il appartient maintenant au Musé* royal de Copenhague. M. Steenstrup l'a décrit comme rapporté de Saint- Thomas des Antilles, et il a fait connaître en même temps un autre Cépha- lopode qu'il a donné, d'après l'étiquette qui l'accompagnait, comme recueilli autrefois à Marseille par M. Eschricht : c'est son Dosidicus Eschriçhtii. Tou- tefois, comme les observations faites depuis lors sur les Céphalopodes de la Méditerranée, et elles sont aussi nombreuses qu'intéressantes, n'ont point fait retrouver le Dosidicus dans cette mer, M. Steenstrup et M. Eschricht sont aujourd'hui très-disposés à penser qu'il y a eu transposition dans les indications dont on avait accompagné les vases renfermant les deux curieux mollusques dont je viens de parler. Dans ce cas, ce serait le Dosidicus, et non I < Immastrepltes pteropus du Musée de Copenhague, qui aurait été envoyé de Saint-Thomas. S'il en est réellement ainsi, le grand Ommastrephe du même Musée devrait être considéré comme le cinquième exemplaire connu du Tîv9oç d'Aristote. » NOMINATIONS. L Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Corres- pondant pour la Section de Minéralogie et de Géologie. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 32, M. Lyell obtient 49 suffrages. M. De Dechen 1 M. Domeyko 1 Il y a un billet illisible. M. Lyfxi., avant réuni la majorité absolue des suffrages, est déclare élu. MEMOIRES LES PHYSIOLOGIE. — Mémoire sur la production des cellules du blastoderme srms segmentation du vilellus chez quelques articulés; par M. Cil. Robin. (Renvoi à l'examen de la Section d'Anatoinie et de Zoologie.) « I.e but du travail dont j'ai l'honneur de communiquer à l'Académie les résultats essentiels est de mettre en relief l'importance d'un ordre de faits restés jusqu'alors inconnus, et relatifs au mode de production de la mem- brane blastodermique. Du reste, on ne pouvait les interpréter exactement tant qu'on ignorait encore le mode réel de naissance des globules polaires par gemmation de la substance du vitelhis : phénomène qui a été l'objet de ma dernière communication. » Jusqu'à présent les observations existant dans la science ont toujours fait penser que les premières cellules de l'embryon apparaissaient d'une seule et même manière chez tous les animaux; que la segmentation du vitel- his élait un phénomène absolument général ; qu'elle seule amenait la pro- duction de ces cellules et que nul autre acte physiologique ne conduisait a ce résultat. Mais j'ai reconnu qu'il existe des animaux chez lesquels le vitel- his ne se segmente pas, et pourtant leur ovule fécondé présente un blasto- derme des plus nettement caractérisés, formé de deux ou plusieurs rangées de cellules superposées, d'abord ovoïdes, puis devenant polyédriques par pression réciproque. Ainsi le phénomène de la segmentation du vitelhis, considéré jusqu'à présent comme un fait sans exceptions, ne s'accomplit pas dans l'ovule de certains articulés; la production des cellules blastodermi- ques, qui en marque la fin dans le vitelhis des autres êtres, a lieu chez ceux-là d'après un mode différent de génération des éléments anatomiques, celui dit de gemmation. La naissance des cellules par gemmation a lieu dans les tissus d'un grand nombre d'espèces de plantes, des acotylédones cellu- laires particulièrement. Elle est essentiellement caractérisée par la formation d'un prolongement cylindrique de la substance de tel ou tel élément anato- mique avec scission de la base du premier, soit par suite d'un rétrécissement graduel, soit par division transversale de cette partie du prolongement. » La production des éléments anatomiques animaux par gemmation est plus rare; mais elle a été observée néanmoins. p Le cas de ce genre qui est le plus nettement caractérisé, et dont les phases peuvent être le mieux suivies, est incontestablement celui de la pro- duction des globules polaires à la surface du vitelhis dont j'ai fait connaître a l'Académie les phases remarquables et l'importance. ( '5r ) « Restreint à un seul point de la surface du vitellus de l'œuf des verté- brés et d'un grand nombre d'invertébrés, ce phénomène ne prend toute son extension quechez certains diptères, les Titulaires cttliciformes ; chezces insectes toutes les cellules blastodenuiques et non-seulement les globules polaires naissent par gemmation. Toutefois il est probable que les autres Tipulaires sont dans le même cas, mais le peu de transparence ou l'opacité complète de l'enveloppe de leurs œufs rendent des plus difficiles la détermi- nation précise de ce fait. La disposition anatomique du blastoderme chez les Muscides et d'autres diptères encore porte à croire que c'est également par gemmation et non par segmentation que se produisent les cellules de leur blastoderme; que, par suite, les faits dont je vais parler se rapportent à la majorité ou même à la totalité des insectes diptères et non pas seulement aux seuls genres sur les œufs desquels j'ai pu suivre directement toutes les phases de ce curieux phénomène. » Chez ces animaux, le vitellus, après avoir rempli complètement la membrane vitelline jusqu'à l'époque de la ponte, subit un retrait comme sur les autres espèces animales (seulement le retrait du vitellus, au lieu de s'opérer sur toute la périphérie, comme dans les ovules sphériques, n'a lieu qu'à ses deux extrémités chez les Tipulaires, par suite de la forme allongée de l'œuf). Aussitôt après l'achèvement de ce retrait, les globules polaires commencent à se produire vers la petite extrémité de l'ovule. Ils naissent par gemmation de la substance hyaline du vitellus, chez les diptères dont il est ici question et de la même manière que chez les Mollusques et les Hi- rudinées; souvent il s'en produit deux en même temps près l'un de l'autre. Leur nombre ne se réduit pas par coalescence graduelle des divers globules en un seul; ils se multiplient au contraire par scission. En même temps un noyau qui n'existait pas dans leur intérieur, s'y développe peu à peu et leur- donne les caractères de véritables cellules. Enfin, consécutivement à ce fait, au lieu de rester sur les côtés de l'embryon, comme un corps étranger en quelque sorte, à la manière des globules polaires des autres animaux, ces cellules prennent bientôt part à la constitution du blastoderme, à peu près au même titre que les autres cellules embryonnaires dont je vais parler. » Les cellules qui par leur juxtaposition forment le blastoderme naissent et se développent chez les Tipulaires culiciformes, indépendamment de toute segmentation du vitellus. Elles commencent à se montrer à l'extrémité du vitellus qui est opposée à celle où se produisent les globules polaires et alors qu'apparaissent les derniers de ceux-ci. Naissant les unes à côté des autres, elles gagnent peu à peu le reste de la surface du vitellus. En l'espace d'une ( iSa ) heure, elles atteignent et recouvrent sa petite extrémité ou depuis quelques instants déjà ne naissent plus des globules polaires. C'est aussi à l'aide et .iux dépens de la substance hyaline du vitellns que se développent les cel- lules blastodermiques. Le mode de leur naissance est celui dit de gemmation. La surface et le contour régulier du vitellns observés par transparence, présentent de petites éminences hémisphériques, dont la saillie augmente graduellement. Lorsqu'elles ont atteint une hauteur égale à leur largeur (qui est di i j a i6millièmes de millimètre), elles commencent à se comprimer réciproquement. Enfin d'une heure à une heure et quart après ce début, l'extrémitéadhérentede chaque saillie se resserre graduellement, et assez vite pour se séparer complètement en quelques minutes de la substance vitelline avec laquelle elle était continue. Ainsi se trouvent individualisées autant de cellules qu'il y avait de saillies. Ces éléments constituent une rangée unique de cellules blastodermiques, incolores, transparentes, entourant le reste du vitellns de toutes parts et le séparant de la membrane vitelline qu'il tou- chait auparavant. i ne heure après l'achèvement de celte première couche du blasto- derme, d s'en produit de la même manière une deuxième, formée de cel- lules semblables et sans qu'il y ait segmentation de la portion sous-jacente du vitellns. Celui-ci devient de plus en plus petit, plus foncé et plus granu- leux a mesure que s'épaissit le |blastoderme par gemmation de nouvelles cellules, a l'aide et aux dépens de sa substance hyaline. » Apres I apparition d'une troisième rangée de cellules autou r du vitellus, dont le volume s'est considérablement réduit, ce dernier n'est plus com- posé que de gouttes huileuses, réfractant fortement la lumière et immédia- tement contiguës. » Je pourrais à partir de cette période, qui correspond à la septième heure environ après la ponte, suivre les phases ultérieures des changements subis par ces restes du vitellus et par le blastoderme qui vient de naître ; je pourrais également montrer dans quelles limites le premier prend part a la formation de la couche hépatique de l'intestin, puis comment du second dérivent les téguments, le système nerveux, les muscles, etc. Mais, bien diie je possède tous les documents relatifs à cette série de phénomènes em- brvogeniques, toujours si remarquables dans chaque espèce animale, je m'abstiendrai d'en parler, afin de ne pas m'écarter du sujet de ce Mé- moire. » Mon luit, en effet, n'a pas été de traiter du développement de tel ou tel groupe d'Articulés, mais de l'un des modes de génération des éléments ana- ( '53) tomiques qui apparaissent les premiers dans l'œuf après la fécondation, éléments qui, par leur accumulation graduelle en nombre considérable et par un arrangement réciproque déterminé, constituent peu à peu les parties visibles à l'œil nu dans chaque organisme. » Or de la comparaison des faits que je viens d'exposer brièvement, il résulte que ces premiers éléments appelés cellules embryonnaires, ne naissent pas chez tous les animaux, par la segmentation du vitellus ; qu'il en est chez lesquels cette segmentation n'ayant pas lieu, c'est par gemmation d'une portion de la substance vitelline que se produisent ces éléments. » Ainsi la production des cellules animales par gemmation n'est pas un phénomène exceptionnel, un mode de génération de ces éléments restreint à quelques circonstances spéciales. Les observations contenues dans ce Mé- moire prouvent qu'il est chez les animaux plus général qu'on ne le pensait; il acquiert en effet chez certains d'entre eux une importance égale à celle de la segmentation du vitellus, phénomène dont la découverte eut un retentis- sement si légitime, alors que MM. Prévost et Dumas le firent connaître les premiers en 1824- » MÉMOIRES PRÉSENTÉS. M. Rayer présente, au nom de M. Aug. Vinson, un « deuxième Mémoire sur l'ulcère de Mozambique ». (Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés : MM. Serres, Rayer, J. Cloquet. ) M. Edm. Marx, en présentant au Concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie son livre « sur les accidents fébriles à forme intermittente qui suivent les opérations pratiquées sur le canal de l'urètre », y joint, pour se conformer à une des conditions imposées aux concurrents, une indication en double copie de ce qu'il considère comme neuf dans son travail. MM. Ch. Robin et Magitot envoient dans le même but, avec un Mé- moire imprimé « sur la genèse et le développement des follicules den- taires chez les Mammifères » , un résumé des faits considérés par eux comme nouveaux. « Ce travail, dit M. Robin, dans la Lettre d'envoi, renferme pour les fol- C. R., 18G2, I er Semestre. (T. L1V, N° 5.) a ° ( I-M ) licules dentaires le résultat des recherches que j'ai poursuivies de la même manière sur les autres tissus de l'économie. Ici lehnt était: i°de déterminer la nature des parties constituantes de l'appareil dentaire par la connaissance précise du lieu et du mode de l'origine de chacune d'elles; i° de déterminer les propriétés spéciales de chacune de ces parties du follicule et de la dent par l'examen des modifications qu'elles subissent dans la série des âges, en faisant application de la loi de continuité des phénomènes physiologiques, loi dont on doit à M. Flourens la connaissance, les formules et les pre- mières applications méthodiques. » (Réservé pour la future Commission.) chimie organique. — Mémoire sur l'acétale de cyanogène; par M. Schutzexberger. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Balard, Fremy.) « Dans un premier travail, j'ai annoncé que l'acétate d'argent et Piodûre de cyanogène réagissaient avec production évidente d'iodure d'argent; mais quand on cherche à distiller le produit pour séparer l'acétate de cya- nogène de l'iodure d'argent la masse détone. Malgré des efforts persévé- rants, je n'ai pu obtenir par cette méthode un produit défini. J'ai cherché depuis à préparer l'acide acétocyanique anhydre par l'action réciproque du chlorure d'acétyle et d'un cyanate métallique. Ceux des cyanates qui m'ont donné les résultats les plus avantageux sont les cyanates d'argent et de plomb. Le chlorure d'acétyle et le cyanate d'argent réagissent avec éner- gie : aussi convient-il de refroidir avec un mélange de glace et de sel pendant qu'on réunit les deux produits. On obtient dans ce cas une masse pulvéru- lente sèche et il ne se dégage aucun produit gazeux ou volatil. Cette masse ne fournit pas de vapeurs quand on la chauffe au bain marie à qo°, mais au dessus de ioo°elle dégage de l'acide carbonique d'un manière continue et en même temps il passe à la distillation un liquide mobile incolore, doué d'une odeur forte et piquante. Ce liquide bout entre 80 et 85°. Vers la fin de l'opération et à une température plus élevée, il distille un liquide huileux qui se concrète en une masse cristalline formée de belles aiguilles blanches. » Le premier liquide, malgré son point d'ébullition constant, est un mé- lange d'acétate de cyanogène et de cyanure de méthyle, ces deux produits ayant à peu près le même point d'ébullition. » En effet, sous l'influence de l'eau, il donne lieu à une vive effervescence ( i'55 ) due à un dégagement d'acide carbonique; il se produit en même temps de l'acétamide, qu'on a isolée en nature, dont on a étudié les principales propriétés et déterminé la composition par une analyse élémentaire. » Le dégagement d'acide carbonique et la formation d'acétamide sous l'influence de l'eau sont dus à la présence dans le liquide bouillant à 8o° d'une assez forte proportion de cyanogène. » On a en effet C 6 H 3 Az Q 4 4- 2 HO = C 2 O" + C 4 H 5 AzO 2 . » En rectifiant sur du chloruré de calcium le produit de l'action de l'eau sur le premier liquide, on obtient un liquide bouillant à environ 78 , qui présente toutes les propriétés et la composition de l'acétonitrile ou cyanure de méthyle. » La génération de ce corps se rattache au dégagement d'acide carbo- nique lors de la distillation du mélange de cyanate d'argent et de chlorure d'acétyle. Une partie de l'acétate de cyanogène se décompose alors d'après l'équation C° H 3 Az O 4 = C 2 O 4 + G 4 H 1 Az. !> Comme la masse qui se forme par l'action du chlorure d'acétyle sur le cyanate d'argent est parfaitement sèche, il est difficile d'y admettre l'exis- tence de l'acétate de cyanogène liquide ; et l'on est conduit à supposer qu'il se forme d'abord une modification solide de ce corps, par exemple de l'acide acétocyanurique anhydre; ce dernier par l'action de la chaleur se trans- formerait partiellement en acétate de cyanogène liquide et en partie se dé- composerait. » Le produit sec de la réaction du chlorure d'acétyle sur le cyanate d'ar- gent se décompose aussi par l'eau en acide carbonique et acétamide. » Je n'ai pu séparer le cyanure de méthyle de l'acétate de cyanogène par distillation fractionnée, ces deux corps ayant à peu près le même point d'ébullition. J'ai néanmoins observé que les premières parties qui passent contiennent plus d'acétate que les secondes ; de sorte qu'en opérant sui- de grandes masses on arriverait probablement à retirer ce corps à l'état de pureté. » Un grand nombre de dosages de carbone, d'hydrogène et d'azote faits sur différents mélanges obtenus dans des opérations distinctes confirme en- core la composition de ces liquides et se rapportent plus ou moins à des 20.. ( '56) mélanges de parties égales de cyanure de méthyle et d'acétate de cyano- gène . » En résumé, bien que je n'aie pu préparer l'acétate de cyanogène pur, son existence est mise hors de doute, surtout par son mode de décomposi- tion par l'eau et sous l'influence de la chaleur. On peut lui assigner les propriétés suivantes : » Liquide, incolore, d'une odeur forte et irritante, bouillant à environ 8o°, décomposable par l'eau, l'alcool, la chaleur, brûlant avec une flamme pourpre. Quant aux propriétés physiques qui exigent pour leur détermina- tion un produit pur, je n'ai pu nécessairement les établir. » Le produit solide qui passe en dernier, purifié par une nouvelle distil- lation, est blanc, d'une saveur sucrée, très-soluble dans l'eau et l'alcool ; fusible à environ 70 , il se solidifie en une masse de belles aiguilles par le refroidissement. Il bout vers 225° ; une solution concentrée de potasse le décompose; par l'éhullition il se dégage de Y ammoniaque pure, et la liqueur retient de l'acétate de potasse. Ces caractères se rapportent assez bien à l'acétamide, mais de nombreuses analyses faites sur divers échantillons dé- montrent que le corps en question n'est autre chose que de la diacétamide qui se produirait probablement par l'action de l'acétate de cyanogène sur de l'acide acétique monohydraté, ce dernier prenant naissance par suite d'une décomposition plus complète ; on a en effet C'H 1 AzO 4 4- C 4 H 4 O s =C 8 H 7 AzO 4 + C 2 O 4 . » En chauffant le produit de la réaction du chlorure de benzoïle sur le cyanate d'argent ou de plomb, il s'établit un violent dégagement d'acide carbonique et il distille un liquide qui présente la composition et les pro- priétés du cyanure de phényle C ,4 H 5 Az. D'après cela, le benzoate de cya- nogène se décomposerait comme l'acétate, d'après l'équation C"H 5 3 C 2 AzO = C 2 4 -t-C' 4 H 5 Az. » Mécanique appliquée. —Rappel d'un moyen proposé pour faciliter la conserva- tion du vide, notamment pendant les grandes chaleurs; par M. A. de Calig.ny. (Renvoi à l'examen de la Section de Mécanique.) « On s'occupe beaucoup en ce moment d'expériences qui pourraient avoir un très-haut intérêt pour la salubrité publique et la conservation des ( iS 7 ) engrais. Au lieu de se servir des anciennes méthodes usitées pour vider les fosses d'aisance, on le fait au moyen de capacités dans lesquelles on a d'a- bord fait le vide par des systèmes divers dont je n'ai pas à m'occuper ici. » Il s'agit d'indiquer un moyen commode de conserver convenablement ce vide jusqu'à ce que ces capacités soient amenées à l'endroit où le liquide quelconque doit être puisé. C'est bien moins en hiver qu'en été qu'il y a des précautions à prendre; d'ailleurs le système que je propose, et pour le- quel il faut entourer ces capacités d'enveloppes remplies d'eau, ne pourrait être usité pendant l'hiver dans les temps de gelée. On sait depuis longtemps que, pour amorcer des pompes aspirantes, il est très-commode de mettre de l'eau sur le piston, les liquides coulant moins facilement que l'air; mais je ne trouve pas qu'on ait publié le moyen que je propose, et qui exige l'emploi d'une enveloppe complète, avant le Mémoire que j'ai présenté, en 1837, à l'Académie, qui l'a honoré en i83g du prix de Mécanique. Je crois utile de rappeler ce moyen, à cause des services qu'il parait destiné à rendre dans cette question si intéressante pour la salubrité publique, en développant d'ailleurs quelques-unes de ses conséquences. » Je ferai d'abord remarquer quil offre une méthode extrêmement simple pour vérifier l'état des surfaces des capacités enveloppées, surtout dans les circonstances où la chaleur n'augmente pas trop la tension à leur intérieur. En effet, s'il y a quelques fissures dans ces surfaces, l'eau baissera dans l'enveloppe, et il est d'ailleurs facile de disposer un tube indicateur très-sensible. » Quant à l'effet des grandes chaleurs, il est évident que s'il reste une quantité quelconque de liquide dans ces capacités, il en résultera de la va- peur dont la tension pourra changer notablement la condition du système. Or l'enveloppe liquide, susceptible d'ailleurs d'être renouvelée aussi sou- vent que le besoin s'en fera sentir, est un véritable réfrigérant qui permet de diminuer l'inconvénient dont il s'agit. En général, dans les circonstances où l'on peut avoir besoin d'un réfrigérant de cette espèce, par exemple pour les machines à élever de l'eau analogues à celles qui sont connues sous le nom de De Trouuille, on peut disposer un système de robinets permettant, au moyen d'une très-petite quantité de l'eau élevée, d'établir des courants circulant dans toute l'étendue de l'enveloppe liquide de manière à la ra- fraîchir convenablement. » ( i58 ) riiKOHiE DES NOMBRES. — Note sur les nombres premiers des différentes classes par rapport à la raison dune progression arithmétique donnée ; par M. A. de PoMGXA<\ (Commissaires, MM. Hcrmite, Serret.) « Voici une formule qui complète les relations que j'ai établies entre la somme des logarithmes de tous les termes d'une progression arithmétique jusqu'à un nombre donné et les sommes des logarithmes des nombres premiers des différentes classes par rapport à la raison de la progression considérée. » Soit : A la raison de la progression, m un nombre entier quelconque, n un nombre entier quelconque premier et inférieur à À, M le nombre des nombres premiers et inférieurs à k, p et g deux nombres entiers quelconques assujettis à la condition p.g- = /i(modÀ - ), u tin nombre entier quelconque inférieur à M et non égal à g, t un nombre entier quelconque, y. une racine primitive de x n — i = o. » Désignons par M (x) le produit de tous les nombres premiers absolus non supérieurs à x et de la forme Km -+- h ■ désignons par ç> (fti _, (jr) une cer- taine fonction composée au moyen des fonctions d; nous avons déjà fait voir qu'on avait X i ) 2 log ( km + n) = V£ log au moyen de ô; voici cette expression, qui est assez simple : (,) i°gw*)=22n (S=ï) lo s^ IW1 et comme ces relations ont lieu quel que soit x, on peut immédiatement ( i5 9 ) éliminer logp^, (-) entre (i) et (2), et on aura (3) 2K(^ + ^=2222n(S^) ,og ^[(?) r l les quatre signes V étant relatifs aux quatre lettres g, h, p et t. » Si on prend oc < 1 , la relation (3) n'a plus de sens arithmétique, mais elle exprime des propriétés d'une nouvelle espèce de factorielles où les nombres complexes et les nombres idéaux jouent un rôle important ; je me propose de traiter cette question lorsque j'aurai poussé plus avant l'étude des nouvelles imaginaires que j'ai appelées quantités ultra-géométriques et dont j'ai eu l'honneur d'entretenir l'Académie il y a un an. » SI. Mkxe communique les résultats analytiques qu'il a obtenus en trai- tant des Joutes ordinaires par une méthode différente de celle qui est indi- quée dans les ouvrages de chimie. (Renvoi à la Commission des fontes et aciers, composée de MM. Chevreul, Despretz, Fremy. ) M. Pkkrot présente quelques résultats relatifs à l'électricité atmosphé- rique auxquels il est arrivé à l'occasion des recherches entreprises dans le but d'augmenter l'action des paratonnerres. (Renvoi à l'examen d'une Commission composée de MM. Pouillet et de Senarmont.) M. Vermer, qui avait précédemment adressé de Belfort des épreuves photographiques de l'éclipsé partielle du Soleil du 3i décembre 1861, envoie aujourd'hui deux négatifs qui ont servi à ces épreuves et qui pré- sentent plus distinctement que celles-ci certains traits cpii peuvent, suppose l'observateur, servir à éclaircir quelques points restés obscurs touchant la constitution physique du Soleil. Cette nouvelle communication est renvoyée, comme l'avait été la précé- dente, à l'examen de M. Babinet. ( i6o ) M. Gieramacd adresse d'Istres (Bouches-du-Rhône) des remarques sur un passage du Traité élémentaire de Chimie de M. Regnault relatif à la fabri- cation du carbonate de soude. (Renvoi à M. Regnault.) CORRESPONDANCE. M. LE Ml.MSTKE DE l'AgRICILTITRE, DD COMMERCE ET DES TrAVAI'X PUBLICS adresse pour la Bibliothèque de l'Institut un exemplaire du XCIP volume des Brevets d'invention pris sous l'empire de la loi de 1791 et du XXXIX e volume des Brevets pris sous l'empire de la loi de i844- La Société royale des Sciexces d'Upsal remercie l'Académie pour l'en- voi de plusieurs volumes de ses Mémoires et de ses Comptes rendus et adresse elle-même ses plus récentes publications. [Voir au Bulletin bibliographique.) La Société impériale de Géographie de Vienne, fondée en 1857, prie l'Académie de vouloir bien la comprendre dans le nombre des Sociétés aux- quelles elle fait don de ses Mémoires et de ses Comptes rendus : elle enverrait en retour les quatre volumes qu'elle a déjà fait paraître et ceux qu'elle publiera à l'avenir. (Renvoi à la Commission administrative.) M. Dumas dépose sur le bureau un Mémoire pour la lecture duquel M. Pasteur était depuis longtemps inscrit, et auquel se rapportent des figures qu'on a vues tracées sur le tableau dans les deux précédentes séances. Ce Mémoire a pour titre: « Études sur les Mycodermes: rôle de ces plantes dans la fermentation acétique ». M. Le Verrier communique l'extrait suivant d'une Lettre de M. Winnecke sur la V e Comète de 1 862. « Poulkova, 1S62 janvier l3- » J'ai pu observer la nouvelle comète les 8, 9 et 10 janvier. A cause de ( «6i ) l'intensité du froid, il ne m'a pas été possible d'observer au cercle méridien toutes les étoiles employées. Je ne puis donner pour le 8 janvier qu'une position approchée qui devra être rejetée aussitôt que les positions des étoiles anonymes de comparaison employées ce jour-là auront été détermi- nées. Pour les étoiles de comparaison du 10 janvier, j'ai essayé hier matin une détermination, mais elle a fort peu réussi, ce qui n'étonnera pas par — 26 Réaumur. T. M. *♦ — * Nomb. de de Poulkova. Ha bd a *«ft 3*^ comp. Etoil. b Janv.8 i4.33.4i — 5.i5,o +17. 5,o 218.49.11 4-25. 24. 3g 1 « » 9 i2.58.i2 +3o.35, 7 -f- o. 4,3 219.44 8,5 4-29.40.15,6 4 b » 10 17.24.53 —23.20,0 4- o.i5,4 221. 7.16,8 4-35.26.40,9 4 < Positions apparentes des étoiles de comparaison. a S (a) 21 8° 54. 26,1 -+-25. 7.34,o Bessel, Lalande. (b) 219.13.32,8 4-29.40.11,3 Bessel. (c) 22i.3o.36,8 4-35.26.25,5 Obs. méridienne. » Sur ces observations j'ai formé les éléments suivants : T=i86i Dec. 8,1837 Berlin. t: = ini .45.4i ) ■* Q = .46.58.35 JEquinoxe apparent > = 39. 9. 4 l°g<7 = 9>9 3155 Mouvement rétrograde. Lieu moyen (cale— obs. ) &X .cos p — -4- 29" AP = — i4 Ces éléments offrent une certaine analogie avec ceux de la comète ob- servée par Tycho en 1590. C. R., 1862, i er Semestre. (T. L1V, N° 5.) 2J ( >6 2 ) n La marche future de la comète est donnée par l'éphéméride suivante o h Berlin. a*<5 -77°4 0,0875 28 io. 29 7°- 9 9,8112 , 096 1 D'après le rapide mouvement de la comète on ne saurait attendre qu'un accord fortuit entre l'éphéméride et les observations. » ASTRONOMIE. — Eclipse de Soleil du 3i décembre 1861. Rapport ° 3.3o 17,0 757,85 .4,3 8,9 3.45 l6,0 757,70 14,2 8,9 4,0 4.1S i5,o 757,75 i3,5 9>° l3 ,7 4.3, 15,4 757,65 i3,6 8,9 '4,4 5. ,4,8 757,67 12,6 • 8,. i3,4 6. 11 ,?. 757,60 10,8 7,9 1 I .25 5,o 757,60 3,7 2 '7 18.37 6,3 757,10 4,' 20. 9.' 7 5 7,47 7>7 7,9 22. i5,o 758,00 10,0 10,0 23. 18,4 757,80 11,2 8,9 24. 10 20,5 757,40 i3,6 9> ? » Le temps a été constamment calme. Vent à peine sensible de l'ouest ou du nord-ouest. 2\ .. ( «64 ) » Après 2 h a5, Vénus devient visible. » A 3 h 5 m la lumière commence à devenir olive. » Passage de Mercure sur le Soleil le 11 novembre 1 861 ; Extrait dune Lettre de HI. Temple-Ciievaluer à M. Le Verrier. k Durham, le G décembre. » La planète a été vue depuis le lever du Soleil jusqu'à la fin du phéno- mène. Seulement les bords du Soleil, à cause de sa petite altitude, étaient affectés par des tremblements très-marqués. » Le premier contact interne a été assez bien observé avec deux lunettes équatoriales dont l'une, dite Northumberland, a 7 pieds 4 pouces anglais de distance focale et 5 pouces d'ouverture, et l'autre, de Fraunhofer, a 8 pieds 3 pouces de distance focale et 6,5 pouces d'ouverture. Temps sidéral des phases. Temple-Chevallier. A. Marth. Lunette Northumberland. Lunette Fraunhofer. ù m s h m s Contact interne 12.38.52,7 12. 38. 54, o Contact externe 12.40. 53, 6 12.40.59,0 » Le contact externe était peu satisfaisant, à cause de l'ondulation du bord du Soleil. » M. Marth a observé aussi les différences en ascension droite et en dis- tance polaire entre les bords du Soleil et de la planète. En comparant les observations avec les calculs d'après les formules du D r Schellerupp fon- dées sur les Tables de Le Verrier, on trouve pour la différence en ascen- sion droite : calcul moins observation = — o s ,i3. » Passai/e de Mercure sur le Soleil le 12 novembre 1861 ; Extrait dune /a tin de M. Respighi à M. Le Verrier. « Bologne, 2G novembre 1861. » Avec une bonne lunette de Steinheil et un grossissement de 200 fois, j'ai trouvé : li m a 2 e Contact interne 10.4.10,8 1 _. . , _ , J , ' T. M. de Bologne. » 2 e Contact externe 10. b. 45, 3 J ! i65 « M. Le Verrier annonce encore à l'Académie avoir reçu : » i° Une Lettre de M. Baramowski, directeur de l'observatoire de Var- sovie, sur le passage de Mercure, observé par lui et par M. Prasmowski : » 2 Une Lettre de M. Moësta, directeur de l'observatoire de San Yago, sur la grande comète de 1 86 1 . A cette occasion, M. Le Verrier fait con- naître à l'Académie que cette comète a été observée à l'Observatoire de Paris jusqu'au 28 décembre. » ASTRONOMIE. — Théorie de la Lunette méridienne, comprenant les corrections dues à l'irrégularité de la figure des tourillons, et rniptication à la Lunette de l' Observatoire impérial de Paris; par M. Yvox Villarceau. (Extrait par l'auteur.) « Afin de réduire à ses termes les plus simples la théorie de la Lunette méridienne, nous rappellerons que l'on est dans l'usage d'éliminer les effets des flexions latérales, les seules qui soient à considérer, en employant l' in- strument des passages, successivement dans ses deux positions directe et in- verse. Cette condition nous permet évidemment de procéder comme si le tube et l'axe de cet instrument constituaient un corps de figure invariable. )) Quand on tient compte de l'irrégularité de la figure des tourillons, on reconnaît que l'axe optique décrit dans l'espace une surface réglée qui, au lieu d'être plane ou conique, présente des inflexions plus ou moins nom- breuses et marquées : ces déviations de la forme plane ou conique pro- duisent, dans les observations des passages, des erreurs exactement com- parables aux erreurs de division des cercles gradués, dans l'observation des hauteurs méridiennes. » Divers procédés ont été employés pour étudier les questions relatives aux irrégularités de forme des tourillons : les uns consistant à étudier la forme même des tourillons, les autres à déterminer directement les dévia- tions produites par les irrégularités; les premiers ont été appliqués en Alle- magne et en Russie, les seconds en Angleterre. » Si l'on suppose la forme des tourillons irréprochable, les procédés qui consistent à étudier la forme elle-même suffiront généralement pour en constater la perfection ; mais dès qu'on veut aborder le problème général, dans lequel on supposera également les coussinets affectés d'irrégularités, ou reconnaît que l'étude directe des formes est impraticable et que les procédés r66 ) a employer, pour déduire les conséquences des mesures effectuées, ne le se- raient pas moins. » Au contraire, la constatation des déviations produites ne présente an- nule difficulté sérieuse. >> Une disposition très-ingénieuse a été réalisée par M. Airy, à l'Obser- vatoire de Greenwich, pour mesurer ces déviations. Cette disposition exige que l'axe de rotation de la Lunette soit percé et assez gros pour recevoir in- térieurement un collimateur mobile avec la Lunette. En outre, les dévia- tions sont observées au moyen d'un collimateur extérieur qui doit conserver une situation invariable relativement aux supports de la Lunette, pendant toute la durée de l'opération. A l'Observatoire impérial, où l'un seul des tourillons est percé, nous avons eu un instant l'idée de remplacer le colli- mateur intérieur, par un miroir plan adapté à l'un des tourillons; mais les difficultés relatives à l'installation d'un collimateur extérieur restaient les mêmes. » La disposition que nous avons réalisée a consisté à adapter aux tou- rillons, des appendices portant chacun un point d'un très-petit diamètre : le mouvement de ces points, produit par un changement de direction de la Lu- nette, était observé au moyen de deux microscopes grossissant 100 fois, et pourvus de deux vis micrométriques rectangulaires. Ces microscopes étaient montés solidement sur les masses de bronze qui servent de base aux coussi- nets sur lesquels reposent les tourillons. Les tourillons et les microscopes reposant ainsi sur le même support, nous n'avions pas à redouter l'instabi- lité relative d'un collimateur extérieur. Notre appareil a été construit par M. Brunner. • Quand on fait tourner la Lunette autour de son axe, la droite menée par les deux points ci-dessus, décrit dans l'espace une surface réglée qui ne serait autre que l'hyperboloïde de révolution a une nappe, si la figure des tourillons était parfaite; les points eux-mêmes décriraient alors des circon- férences de cercle. En outre, si l'on fait la différence des abscisses et ordon- nées correspondantes des deux points, la courbe construite avec ces diffé- rences serait pareillement un cercle, dans la même hypothèse; les irrégularités des tourillons changeraient celte courbe en une autre, d'autant moins diffé- rente du cercle, qu'elles seront moins prononcées. C'est sur la considération de cette courbe, comparée a la distance linéaire des points, que repose la détermination des déviations de l'axe optique. Dans les conditions hypothétiques du s\steme, il ne peut être question ( '6. 7 ) de considérer l'azimut et l'inclinaison de l'axe de rotation, ni l'angle de l'axe optique avec ce dernier, puisqu'il n'existe pas d'axe constant de rotation ; mais on peut substituer à cet axe une droite fixe arbitraire, pourvu que l'on soit en mesure de déterminer, pour chaque position de la Lunette, l'angle que cette droite fait avec l'axe optique. Alors les formules, pour la réduc- tion des observations, auxquelles on est conduit, peuvent être ramenées à coïncider avec les formules usitées, sous la simple condition que la collima- tion c y soit remplacée par c -h de; de étant une quantité variable avec la hauteur : les valeurs de c et de de dépendent évidemment du choix que l'on fait de la droite arbitraire. » Soient, relativement à une hauteur h de la Lunette comptée de l'ho- rizon Sud, |, Y} les coordonnées du point oriental, parallèles à des axes, l'un horizontal et dirigé vers le Sud, l'autre vertical et dirigé vers le zénith ; S,', yj' les coordonnées du point occidental rapportées à des axes de directions parallèles aux précédents, l'origine de chacun des deux systèmes étant arbi- traire; supposons d'ailleurs que les observations s'étendent à une circon- férence entière et que l'on ait fait varier h par intervalles égaux en nombre N; voici comment nous déterminons de. » Posons i „ i x = ?' - ?, y — -n' - 73, p = .jj- s*, q = n 2jr, 2 étant la caractéristique des sommes; et désignons par R la distance des deux points : nous calculons p = Rdirrs 7 ' tt x ~ pï cos h + { ? - fi sin h ï [¥ ^ posant enfin P — — 2P nous avons, pour expression de de en secondes de temps, &c = V-V m . » Nousindiquons dans le Mémoire, comment les valeurs de de concourent (*) La valeur de PR sin i " est la projection du rayon vecteur mené du point {pq ) au point {xy) sur la direction de la Lunette. On peut donc remplacer le calcul par une construction très-simple, et, par un changement d'échelle, relever immédiatement la valeur de P en secondes de temps. ( '68 ) .i la détermination de 1 axe optique exempt de collimation, au moyen de deux collimateurs horizontaux et à la détermination de l'inclinaison, par les ob- servations nadirales. » Sous de certaines conditions, l'axe optique exempt de collimation peut être déterminé au moyen d'un seul collimateur, en ayant recours au retour- nement de la Lunette. » Pour la mesure exacte des différences de longitude, il est nécessaire d'appliquer la théorie précédente. » Nous terminerons en présentant le résultat moyen de huit séries d'ob- servations faites en 1859-60, dans un intervalle de six mois, sur la Lunette méridienne de l'Observatoire impérial. Etude des Tourillons de la Lunette méridienne de l'Observatoire de Pans. Valeurs de oc. BAOtBDR delà Lunette POSITION HAUTEUR de la Lunette POSITION OAUTECIt de la Lunette POSITION IlACTEl'lt de la Lunette POSITION Directe. Inverse. Directe. Inverse. Directe. Inverse. Directe. Inverse. — 0,01 3 s — o.oo3 9° s -1-0,010 s — 0,010 180 s -t-o,oo3 s -1-0, oi3 270 s — 0,002 s -1-0,002 5 — La - 4 9 5 + 9 — 9 i85 + 3 -t- i3 273 — 1 — I 10 — 1 1 - 3 100 + 4 — 9 190 -+- 3 -+- i3 280 -h 1 ■ 5 — 10 - 4 io5 -+- 2 — 10 195 + 4 -i- 12 285 -h 2 + I 20 — 7 - 4 1 10 -1- 2 — 8 200 + 4 -t- 1 1 290 -+- 3 -1- 2 23 — 5 - 3 u5 -+- 3 — 6 2o5 -t- 5 -1- 1 1 295 -+- 3 3o — 2 — 1 120 + 2 ' 7 210 + 7 -+- 10 3oo -t- 2 1 35 — 2 123 - 4 21 5 + 4 + 7 3o5 — 3 ko — 1 H- I i3o — i — 2 220 + 4 -1- 6 3io — 2 — 5 45 -1- 2 ■ 35 — 2 225 -4- 5 -+- 5 3i5 — 5 — 5 5o •+- 2 -+- I 140 — 1 -+- 1 23o -+- 5 ■+i 2 320 - 6 - 4 55 -H 4 145 -+- 2 235 -+- 3 325 ' 7 - 4 60 -1- 7 — 2 i5o -+- I -1- 2 240 -+- 1 o 33o — 10 - 7 65 -+- 6 — 3 1 55 -l- 3 -f- 5 245 — 3 335 — 1 1 - 5 7° -t- 8 — 2 160 + 4 -H 7 230 — 2 — 3 340 — 1 1 - 4 -,'•> ■+- 10 — 1 i65 + 4 -t- 10 255 — 1 — 2 345 — 12 - 4 80 -+- 9 - 4 170 -+- 3 -+- 11 260 — 1 35o — i3 — 3 85 + 9 — 9 .75 + 4 -t- 12 2G3 -I- 1 -+• 1 355 - i3 — 3 90 -1-0,010 — 0,010 180 +o,oo3 -Ho , 1 3 270 — 0,002 +0,012 — o,oi3 — o,oo3 » Il est remarquable que les erreurs des tourillons ne dépassent paso s ,oi3, bien que la Lunette fonctionne depuis une trentaine d'années : il est encore également digne de remarque que les irrégularités sont sensiblement nulles dans les régions environnant les hauteurs 45° et i4o° qui sont précisément celles dans lesquelles l'instrument est le plus fréquemment employé, la ( <6 9 ) première répondant aux étoiles horaires et la seconde aux circompolaires très-voisines du pôle. » OPTIQUE. — Analyse des spectres colorés pir les métaux ; Note de M. H. Debray. « On connaît le remarquable Mémoire de MM. Kirchhoff et Bunsen sur les spectres colorés par les métaux. Leurs expériences n'ont pas été jusqu'ici projetées sur un écran, ainsi qu'on l'a fait pour les phénomènes lumineux que l'on veut rendre visibles pour un auditoire; j'ai pensé qu'il y aurai! quelque intérêt à réaliser cette projection. » La combustion du gaz de l'éclairage, alimenté par l'air ordinaire, donne une flamme trop pâle, lorsqu'on y introduit des substances métalliques, pour qu'on puisse en voir nettement le spectre autrement que dans une lunette; mais si l'on prend pour flamme le dard excessivement chaud du chalumeau a gaz hydrogène et oxygène, coloré par divers métaux, l'éclat qu'elle ac- quiert est si vif, qu'il devient très-facile d'en projeter nettement le spectre. Pour cela, on introduit cette flamme dans l'appareil photogénique de M. Duboscq, dont tous le: physiciens se servent pour leurs expériences d'optique, et l'on opère absolument comme s'il s'agissait d'obtenir le spectre de la lumière de la lampe à l'huile ou de l'arc voltaique. On obtient alors, sur un écran convenablement placé, la série de raies brillantes et diverse- ment colorées qui caractérisent le. métal introduit dans la flamme. Ces ex- périences réussissent, non-seulement avec les métaux alcalins et alcalino- terreux, mais encore avec quelques métaux ordinaires, tels que le cuivre ou le plomb, quoique ces corps ne donnent avec la flamme du gaz et l'appareil ordinaire qu'un phénomène assez confus. Comme le platine fond instanta- nément dans la flamme du chalumeau, on y introduit la substance métal- lique au moven d'un petit crayon de charbon de cornue ou d'une allumette fortement imprégnée de la matière à essayer, que l'on choisit de préférence parmi les chlorures métalliques. Avec un peu d'habitude, on maintient le phénomène assez longtemps pour qu'on puisse bien en saisir tous les détails même à une assez grande distance. » On peut également projeter, en employant la lumière de Drummond, le renversement de la raie brillante du sodium, observé, comme on le sait. pour la première fois par M. Foucault à l'aide de la lumière électrique. La lumière de Drummond placée dans l'appareil photogénique donne un spec- C. R , 1862, 1" Semestre. T. LIV, N° 5.' 22 ( '7°) tre continu dans lequel on fait apparaître une raie noire à la place qu'oc- cupe la raie brillante du sodium dans le spectre des flammes qui con- tiennent ce métal dès qu'on met devant la fente de l'appareil la flamme d'une lampe à alcool salé. » Pour produire la lumière de Drummond, je me sers d'un instrument peu compliqué et d'un maniement facile, dont je recommande l'emploi avec confiance, parce qu'il permettra de répéter la plupart des expériences d'op- tique qu'on fait avec la pile à défaut du soleil. 11 se compose essentiellement d'un cylindre de chaux vertical et d'un chalumeau à gaz séparés, dont le bout très-incliné permet de lancer entre la chaux un jet presque rasant, afin 7< .''-• 7» 7s 7« 7« ( '7' ) car, au lieu de j 2 , y 3 , > 4 , dans la dernière ligne du premier de ces détermi- nants, on peut alors substituer respectivement -(/A 7/4, -vJTsi tollt s * m - plement. » Donc -=- D^ j- devient égal à XD?/, et l'équation D r j = Le Jc peut être satisfaite par l'intégrale de l'équation (a) en déterminant convenablement les rapports entre les constantes arbitraires qui y figurent. De même ou voit, en général, que l'intégrale de D' r ^* = he ÀX sera (5) y = a,e ' -+- a 2 e ■ ■+•... + a t e • avec les conditions (4) x, -+- a 2 4- . . . + «,- = À, (5) a,a 2 . . . ai(at, — * 2 V 2 («, — aa) 1 . . . (a,_, — a,-) 2 = L. » Rien n'empêcbe de prendre un nombre quelconque des a et d'en faire différer les valeurs infiniment peu les unes des autres; on peut aussi, en général, former plusieurs groupes distincts de cette espèce. En agissant de cette façon, on arrive, par une analyse facile à retrouver et par le moyen d'un lemme que j'exposerai tout à l'heure, à des formes spéciales (pour ne pas dire singulières) de l'équation (5), dont voici le type le plus général : .a.x (6) j = Xe a ' r + X,e a où X = ai"*'+k"- 2 ... + /, avec les conditions suivantes : (7) In=i, (8) I«n=:l, (9) Tria" T«, a> Tn^cÇ ... (a - a,) 2 ""' («-«,) » Le nombre total de ces formes (l'intégrale générale y comprise) sera le nombre des partitions indéfinies du nombre /; le nombre de ces formes qui ne doivent contenir qu'un nombre donné 2/ — 2 — w de constantes arbitraires sera le nombre de partitions de i en /— w parties, lequel, quand w n'excède pas -> est identique avec le nombre des partitions indéfinies de w. » Le lemme dont il a été question est qui sert pour obtenir l'équation (9 ) est le suivant : 22.. • '7' » Si on a un système de n équations de la forme "" X' I , .r i +/^.r,-f-.. .-+-Y'; r r a ---p» où g = o, i, 2,...,n-i, alors, quand les À deviennent tons infiniment petits, la fonction (>.,-/, ?a,--k,Y..-(\_,-\yr t .r a ....... reste finie et aura pour limite une valeur indépendante de p , p n ..., p _ , savoir : ' / / n — i J'ajoute que la même méthode suffit également pour trouver et l'intégrale générale et les intégrales spéciales d'une équation d'une forme plus géné- rale, à savoir l'équation D:_r = ? (P t , P,,..,, P lV( )eA*, rp exprimant une forme de fonction quelconque donnée, et les P étant les fonctions algébriques de j, ) ,, r 2 ,..., J" 2 ,_ 2 , qui satisfont identiquement aux (/" — i) équations OU 0) = o, i , 2,..., i — À. » Sans insister là-dessus, je passe à la considération plus intéressante de certaines équations différentielles qu'on peut immédiatement réduire à une forme intégralité par le moyen de la formule établie à la fin de la Note pré- cédente, c'est-à-dire » Pour plus de brièveté, je me servirai du symbole 1 pour exprimer T- log, de sorte que la loi d'opération de '/. sur des produits sera identique avec celle de log, c'est-à-dire qu'on aura >. [UVW-. . . j = lu + ÀW + /H' +. . . . « Je me servirai aussi du symbole D, pour exprimer ce que j'ai précé- demment désigné par D^. y; on aura ainsi par la formule (la) jD 4 = (D 2 ) 2 XD 2 , D, = r 2 > y; donc D 3 =/(Xr/X:j 2 À,-) =. v\>.» ) 2 2 >.j +).;»)• » Ainsi' on voit que 'a solution de l'équation l) 3 — y 3 y I —, ) dépendra ( '73 ) de celle de l'équation (i3) \* jr. + *ljr = f (X.r); ou bien (en mettant Xy = u, ce qui donne jr=.e fSdx, u) pourra être ra- menée à celle de l'équation (.4) i(jr)^ 2 " = ï "- Cette dernière équation, on le voit immédiatement, aura pour intégrale 1.5) .» •= f du \/ 2 "V^"(^)-4" 3 Ainsi on voit que si o) ■ d;=ad; ? ou B. i =jf'-r' 2 et V 3 =xv"j"-jy"'-j' i j"-f' 3 -h2j'f'f". x Considérons d'abord l'équation (19); en faisant | f == A 6 x, elle prend la forme (ai) 'D 3 =J 3 ('D 3 ne différant de D 3 qu'en ce que | y remplace xj. Alors par la formule i 5 nous aurons *■= e iJ ' r ti ; c et y étant des constantes arbitraires. En écrivant n>= 2 e 2 + v -t- 2c 2 — 2 3 u, C= Jàc* — 2C C,=2C 3 H , on obtient immédiatement (en se servant de la substitution w = Ccos2#) C -I^±^L sl n=a m ( 2 -VcT^(£ + 7 ), y/^)^ ce qui donne log r^'Cyj^sin' amf a'-i/^Cx+y), y^g^+(a C a -C^ 2> 3 Cette équation est l'intégrale complète de l'équation donnée D 3 = A^' ; » Maintenant considérons l'équation (20), c'est-à-dire D! = AD;. La formule (1 5) donne ce qui, en mettant w = — -, devient du (aâ.) 4 A' «- -+- >,«' — 4" 3 1 En supposant A= 1 la somme en (23) devient identique avec celle qui a été trouvée plus haut en déterminant la valeur de S -f- 7, d'où il sera facile de conclure la valeur de log y qui contiendra la réciproque d'une double somme du carré d'une fonction linéaire du sin 2 am d'une fonction linéaire de x, et quant au cas général où A a une valeur quelconque, il se réduit x au cas précédent en écrivant £ = A 8 x. » Il existe encore une infinité d'équations d'une forme symétrique et analogue à celle des équations (19) et (20) auxquelles on peut appliquer une pareille méthode, non pas, il est vrai en général, pour les intégrer complètement, mais au moins pour en abaisser le degré de l\ unités. (Test toujours l'équation fondamentale (la) qui sert à effectuer cette réduction. » ( '75 ) chimie ORGANIQUE. — Recherches sur les dérivés pyrocjénés de l'acide citrique ainsi que sur quelques composés du groupe butyrique; par M. Aug. Cahocrs. « Les acides itaconique et citraconique, engendrés, comme on sait, par la distillation ménagée de l'acide citrique, étant représentés par des for- mules qui ne diffeient que par C 2 H 2 de celles des acides maléique et paramaléique qui dérivent de l'acide malique lorsqu'on place ce dernier dans des circonstances toutes semblables, il était intéressant de rechercher si ces corps ne constitueraient pas deux termes d'une série homologue et si, de même que les acides maléique et parama- léique qui se changent par leur union directe avec le brome en acide dibro- mosuccinique, il ne se formerait pas pareillement un dérivé dibromé d'un homologue de l'acide succinique. Dans le cas où cette hypothèse serait vérifiée par l'expérience, on aurait de la sorte un moyen d'obtenir un homo- logue de l'acide tartrique, dont l'étude comparée à celle de ce produit ne pourrait manquer de fournir des résultats dignes d'intérêt. » Afin de résoudre cette question, j'ai introduit dans un matras d'essayeur 10 grammes d'acide citraconique bien pur auquel j'ai successivement, et par petites portions, ajouté i2 gr ,4de brome, c'est-à-dire la quantité de ce corps nécessaire pour former par son union avec l'acide citraconique nor- mal le composé dibromé. Maintient-on pendant quelques heures le mé- lange au bain-marie après avoir scellé le matras à la lampe, la décoloration est complète. En brisant la pointe du tube, on peut s'assurer qu'il ne s'est pas produit d'acide bromhydrique ; donc il ne s'est pas opéré, comme dans les circonstances ordinaires, un phénomène de substitution. Le mélange se solidifie, à mesure qu'il se refroidit, en une masse cristalline qu'on comprime entre des doubles de papier buvard et qu'on reprend ensuite par un mé- lange d'alcool et d'éther dans lequel elle se dissout complètement. L'éva- poration spontanée de la liqueur fournit des cristaux incolores et tres-nets, auxquels l'analyse assigne la formule C ,0 H°Br 2 8 . » C'est bien là certes la composition d'un homologue de l'acide succi- nique, dans lequel 2 équivalents d'hydrogène auraient été remplacés par 2 équivalents de brome; il ne s'agissait pins que de rechercher si cette ( '76) homologie qu'on observe entre les formules existait pareillement entre ces deux corps relativement à leurs fonctions chimiques. » Or si l'on sature imparfaitement une dissolution concentrée de cet acide par la potasse et qu'on porte la liqueur à l'ébullition, une vive effer- vescence se déclare, de l'acide carboniqie se dégage en abondance et l'on obtient un sel de potasse d'où l'acide azotique ajouté jusqu'à saturation précipite une huile qui ne tarde pas à se concréter. Ce produit se dissout facilement à froid dans l'étlier et s'en sépare par l'évaporation spontanée sous la forme de longues aiguilles incolores et flexibles auxquelles l'analysi assigne la composition suivante C 8 H 6 Br 3 0\ ■> La formation de cette substance s'explique parfaitement au moyen de l'équation C i0 H 6 P»t - O 8 = 2 CO 2 + C 8 H 6 hV O*. » On se rend par suite facilement compte de la production de cet acide lorsqu'on fait agir simultanément le brome et la potasse sur l'acide citra- conique. » Les réactions que je viens d'indiquer se reproduisent d'une manière identique lorsqu'on remplace l'acide ci traconique par son isomère l'acide ita- conique. » Le produit brome précédent qui présente la composition de l'acide dibromobutyrique, en possède aussi les propriétés, comme j'ai pu m'en convaincre en préparant ce dernier par l'action du brome en vases clos à iZjo" sur l'acide monobromobutyrique. » L'acide dibromobutyrique cristallise en longs prismes déliés, inco- lores, qui fondent entre 45° et 4<3° en donnant lin liquide incolore ; celui-ci se concrète par le refroidissement en formant une masse d'aiguilles entre- croisées. Il boutvers a3o à :>>:<", en éprouvant une décomposition partielle; on observe en effet dans cette circonstance la production d'une petite quan- tité de gaz bromhydrique. » L'acide dibromobutyrique s'éthérifïe facilement lorsqu'on fait passer un courant de gazclilorhydrique à travers une dissolution de ce corps dans l'alcool concentré, maintenue chaude pendant toute la durée du courant. C'est un liquide incolore, doué d'une odeur éthérée agréable, qui rappelle celle des pommes || boni entre 191 et 191°. L'acide dibromobutyrique ( '77 ) forme en outre, avec les bases, des sels généralement solubles et qui cristal- lisent avec facilité. » J'ai pareillement préparé l'éther monobromobutyrique et j'ai pu con- staler l'exactitude parfaite des résultats obtenus par MM. Friedel et Machuca relativement à l'bistoire de l'acide monobromobutyrique. Cet acide s'éthé- rifie beaucoup plus facilement que le composé dibromé. Purifié par des lavages à l'eau pure et à l'eau alcaline, sécbé sur du chlorure de calcium et soumis finalement à la rectification, ce composé se présente sous la forme d'un liquide incolore dont l'odeur forte et piquante rappelle celle des pommes lorsqu'elle est délayée dans beaucoup d'air. Sa vapeur irrite forte- ment les yeux. Il bout entre 175 et 178 . Insoluble dans l'eau, ce produit se dissout facilement dans l'alcool et l'éther. Sa densité est de 1 ,345 à la température de 12 . » Ce produit ainsi que l'acide libre soumis à l'action de l'ammoniaque perdent leur brome à l'état de bromhydrate d'ammoniaque et l'on obtient un acide amidé homologue de l'alanine. » L'acide valérique se comporte, dans son contact avec le brome sous l'influence d'une température de i/jo à 1 5o°, de la même manière cpie l'acide butyrique. On obtient un acide brome liquide, bouillant entre 22b et 23o°, sans éprouver d'altération bien sensible, s'éthérifiant facilement et fournis- sant un composé dont le point d'ébullition oscille entre 190 et 194°. « Pour compléter cette étude j'ai fait agir le brome en vases clos sur l'acide caproïque à la température de i4o à i45°, en employant ces deux corps dans les rapports de 3 à 2 en poids. Au bout d'un contact de plusieurs heures, la couleur du brome a disparu complètement. Le produit retiré des tubes étant soumis à des purifications convenables donne finalement un liquide dont l'odeur rappelle un peu celle de l'acide caproïque, quoique beaucoup moins désagréable et qui bout vers 240 . » Ce produit se change par l'action de la potasse et de l'oxyde d'argent en acide leucique, tandis que l'ammoniaque le transforme en un acide amidé, l'acide capro-amique, qui n'est autre chose que la leucine. ■> La formation de ces produits peut facilement s'expliquer a laide des équations C ,2 H M BrO* H- KO, HO = HBr + C' 2 H 1 - O 6 , C ,2 H n Br0 4 -+- 2 AzH 3 = HBr, AzH 3 -+- C' 2 H n (AzH 2 )0 4 . » A chaque acide normal des deux grandes séries acétique et benzoïque C. R., 1862, 1" Semestre. (T. LIV, N° 5.) ^3 ( 178) il correspond donc un acide ainidé qui, conservant sa molécule d'hydrogène métallique, peut L'échanger contre les divers métaux et produire de véritables sels, tandis que d'une autre part l'introduction du résidu de l'ammoniaque \z H 2 à la place d'une molécule d'hydrogène, remplaçable par des radicaux négatifs, le rend apte à s'unir aux acides, ce qui rend compte du double rôle d'acide et de base que présentent ces produits, ainsi que je me suis efforcé de l'établir il y a déjà quelques années dans mon travail sur les acides amidés. » L'éther monobromobutyrique et ses homologues forment, par leur contact avec les bases ammoniacales amidées, imidées et nitrylées, des combinaisons cristallisables sur lesquelles je compte revenir dans un pro- chain travail. » CHIMIE ORGANIQUE. — Note sur la synthèse des glucosides; par M. Rosenstiehl. « Dans l'opinion de la plupart des chimistes, les sucres sont des alcools polyatomiques. M. Berthelot a prouvé que la mannite était un alcool hexa- tomique (Berthelot, Chimie organique fondée sur la synthèse, p. 192). Quant au glucose, M. Knop pense qu'il est l'aldéhyde de la mannite (Knop, Hand- buch d. chem. Methoden, p. 267) et M. Berthelot le considère comme un alcool hexatomique (Berth. loc. cit., p. 274). Si cette manière de voir est exacte, la formule du glucose devra s'écrire : C'HI 6 1 O 12 H 6 i U ■ La benzine serait le radical du glucose, et le trichlorure de Mitscheriich. ainsi que son tribromure, seraient leséthers chlorhytlrique et bromhydrique de cet alcool : C ,2 H 6 | C ,2 H 9 ( Cl 6 » ' Br° I' On conçoit la possibilité de substituer, dans ces derniers, des radicaux d'acides au chlore ou au brome et de se rapprocher ainsi des glucosides pro- duits par M. Berthelot à l'aide du glucose lui-même. Le but du présent tra- vail est de vérifier ces prévisions théoriques. Quand on fait réagir 1 équiva- lent de trichlorure de benzine sur 6 équivalents d'acétate d'argent, en solu- tion acétiqhe, à 160 pendant trente heures, on constate que l'acide acétique ( '79) renferme en dissolution un corps réduisant la liqueur de Barreswil. Pour isoler ce principe réducteur, on sature l'acide acétique par le carbonate de soude et on agite avec de I ether. L'évaporation de cette solution éthérée fournit une huile colorée, douée d'une grande amertume et réduisant abon- damment la liqueur de Barreswil. Cette huile paraît être un mélange com- plexe de plusieurs glucosides ; cependant, en la traitant pendant quelques heures au bain-marie avec de l'acide sulfurique étendu, les glucosides les plus altérables sont détruits et, par le refroidissement, l'acide sulfurique laisse déposer de petits cristaux durs, faciles à décolorer par le noir animal. Ce produit est peu abondant. Il est soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, l'acide acétique, le chloroforme, la benzine, le sulfure de carbone; il ne cristallise bien que dans l'eau ; sa saveur est extrêmement amène; il réduit à chaud la liqueur de Barreswil à la manière des glucosides; bouilli avec l'acide sulfurique étendu, il dégage de l'acide acétique. L'analyse conduit à la formule suivante : Trouvé. Calculé. C 24 H' 2 , C 33, 7 2 33,i 3(C 4 H 8 O s )i H 2,97 3 > 2 i Cl 9 Cl 48,7 48,9 La réaction peut se représenter de la manière suivante : C 24 H< 2 ) 3(C 4 H 3 2 )| Cl 3 ) C 24 H ,2 | Cl ,2 j + Ag 3 | AgM + 3(C 4 H 3 2 )j Cl 9 D'après ce produit, la formule du glucose serait C 24 H 24 24 , formule que Gerhardt a déjà employée. » En variant les conditions de l'expérience, en chauffant ■>, équivalents de trichlorure de benzine avec 3 équivalents d'acétate d'argent à i6o° pendant six heures, on obtient, par un traitement analogue à celui précédemment décrit, un produit très-soluble dans l'eau bouillante, de laquelle il se sépare par refroidissement sous forme de gouttelettes huileuses, se desséchant dans le vide en un vernis transparent, dur et cassant, fusible à une faible chaleur, comme une véritable graisse. » Ce produit présente les mêmes propriétés que le premier, seulement il est beaucoup plus altérable; l'analyse y démontre, en outre, une plus forte proportion de carbone et d'hydrogène et une moindre quantité de chlore. 2 3.. ( i8o ) Sa composition s'approche de la formule C"H») 4(C 4 H 3 2 )| CI 8 » Les résultats sont cependant peu concordants et il est naturel d'ad- mettre que ce produit est un mélange de plusieurs glucosides, se rappro- chant de la composition du glucose hexacétique de M. Berthelot. Leurs propriétés physiques et leur grande altérabilité ne permettent pas d'espérer d'en isoler un glucoside défini. La haute température à laquelle il faut opérer, et la grande altérabilité des glucosides en présence d'un sel oxydant, comme l'acétate d'argent, expliquent suffisamment pourquoi on n'en obtient que très-peu, relativement aux quantités de matières premières mises en présence. Dans les nombreuses expériences que j'ai tentées, une grande quantité d'ar- gent était toujours réduite à l'état métallique, et beaucoup de chlorure de benzine échappait à la réaction; à l'ouverture des tubes, on observait un abondant dégagement d'acide carbonique. Il est probable qu'en employant un sel d'argent moins réductible que l'acétate ( le butyrate, etc.), j'arriverai à préparer des produits plus maniables, ne renfermant plus de chlore et desquels, par une hydratation ménagée, on pourrait arriver au glucose lui- même. » chimie appliquée. — Analyse des gaz de l'emphysème général traumatique de l'homme; par MM. Démarqua y et Ch. Leconte. « Il existe dans l'histoire de la science des cas nombreux d'emphysème général produit chez l'homme, soit par des plaies pénétrantes de la poitrine, soif par des fractures de côte ayant déchiré la plèvre et les poumons. Au point de vue chirurgical, la question de l'emphysème traumatique laisse peu de choses à désirer, et la gravité qu'il peut présenter dépend bien plutôt de la nature de la lésion qui accompagne l'emphysème que de ce phénomène lui-même. Déjà en 1812, John Bell énonçait ce fait, « quelle danger n'est pas en rapport avec la gravité apparente des symptômes, qui, dans les circonstances mêmes les plus alarmantes, disparaissent avec rapi- dité. » M. Velpeau, a, nous a-t-il dit, eu l'occasion de vérifier plusieurs fois l'assertion de John Bell, et il est probable que tous les chirurgiens qui ont vu des emphysèmes provenant de lésions anatomiques légères ont également observé les mêmes faits. ( <«< ) » Dans un Mémoire que nous avons eu l'honneur de présenter à l'Aca- cad'émie des Sciences en i85o„ et qui est inséré dans les numéros d'octobre et de novembre des Archives (jénérales de Médecine de la même année, nous avons démontré par des expériences nombreuses que l'air injecté dans le tissu cellulaire ou le péritoine des lapins perdait rapidement sa composition; qu'une grande partie de son oxygène était absorbée, tandis que l'acide car- bonique apparaissait dans le mélange, mais jamais en quantité suffisante pour remplacer l'oxygéné absorbé ; qu'enfin l'azote augmentait relativement d'une manière très-notable, et dominait toujours pendant toute la durée de l'absorption du mélange, qui du reste était très-lente. » Nos expériences permettaient bien de prévoir jusqu'à un certain point ce que devenait l'air dans l'emphysème, mais elles pouvaient laisser quel- ques doutes dans l'esprit des savants qui pensent encore que les phéno- mènes physiologiques ne sont pas identiques chez l'homme et les animaux supérieurs. Nous venons aujourd'hui compléter l'histoire physiologique de l'emphysème traumatique de l'homme, en communiquant à l'Académie une série d'analyses de gaz retirés du tissu cellulaire d'un homme chez lequel un emphysème très-intense se développa à la suite d'une fracture de cote. Ce malade, qui est encore à la Maison municipale de Santé, est en bonne voie de guérison. » Le gaz était recueilli à l'aide d'un trocart explorateur très-fin, fixé à une vessie de caoutchouc dans laquelle on faisait exactement le vide. L'analyse était faite immédiatement sur le mercure: l'acide carbonique était absorbé par la potasse, l'oxygène par la solution alcaline d'acide py- rogallique. Le gaz non absorbé était considéré comme de l'azote. Nous nous sommes assurés du reste qu'il ne renfermait pas de gaz combustibles. Composition de ioo volumes de gaz. Jours de l'accident. Oxygène. Acide carbonique. Azote. 4 e 2,54 6,35 91,11 5 e 5,o8 4,66 90,26 6 e 6,60 4,4 90,16 T 6,07 3, 7 3 90,20 9 e 9> 3 9 1,4° 89,21 n e 11,11 0,00 88,89 .... » D'après ces expériences, on voit que dans l'emphysème de l'homme ( >8 2 ) l'air atmosphérique se modifie exactement de la même manière que dans nus expériences sur les animaux. Il y a d'abord absorption d'oxygène, exhalation d'acide carbonique qui semble indépendante de l'oxygène dis- paru. L'azote forme à lui seul les o, dixièmes du mélange; puis, pendant la résorption du mélange, l'oxygène augmente, et l'acide carbonique dis- paraît. « Si l'on fait abstraction de l'azote, on voit que l'oxygène et l'acide car- bonique des gaz de l'emphysème se rapprochent beaucoup des rapports de ces gaz extraits du sang à l'aide du procédé imaginé par M. Claude Bernard, procédé qui, à raison de l'emploi de l'oxyde de carbone, s'oppose à la trans- formation ultérieure de l'oxygène en acide carbonique. « Nos nombres s'éloignent au contraire très-notablement de ceux obte- nus par Magnus pour les gaz du sang; mais il faut remarquer que dans le procédé de Magnus une partie de l'oxygène se transformait pendant l'expé- rience en acide carbonique, qui domine toujours de 2 à 5 fois l'oxygène, même dans les gaz du sang artériel. » ANATOMIE PHILOSOPHIQUE. — Ostéolor/ic comparée des articubdious du coude et du genou dam la série des Mammifères, des Oiseaux et des Reptiles; Lettre à M. Flourens; par M. Ch. Martixs. « Dans une première Note que vous avez bien voulu communiquer à l'Académie ( 1 ), je crois avoir prouvé que l'humérus est un os tordu de 1 8o° dans les Mammifères terrestres et aquatiques, de 90 seulement dans les Chéiroptères, les Oiseaux et les Reptiles. Une seconde communication (2) avait pour but de démontrer que le chapiteau du tibia est un os complexe résultant de la coalescence du tiers supérieur et postérieur du cubitus avec le radius : la rotule représentant l'olécrane, la facette articulaire externe du tibia celle du cubitus, et la crête antérieure du tibia la crèle postérieure du cubitus. Je m'appuyais sur cette observation que dans la plupart des Mar- supiaux (Phascolôme, Phalanger,. Dasyure, Sarigue, Thylacine), le chapi- teau tibial n'existe pas, la rotule est fixée au péroné, et le tibia représente exactement le radius. » Pour vérifier ces lois morphologiques, j'ai pensé qu'il y aurait intérêt (1 ) Comptes rendus, t. XLIV, p. '^44- {■?.) Comptes rendus, t. XLV, p. 65. ( «83) à comparer dans toute la série des Vertébrés pulmonaires les deux articula- tions du coude et du genou, dont personne, depuis Galien, n'a contesté l'homolo CT ie. Ces deux articulations se composent de quatre pièces osseuses, savoir : trois os longs et un sésamoïde libre ou soudé. Examinons-les suc- cessivement. » Fémur et humérus. — Le premier est droit, le second tordu de i8o° ou qo°. L'humérus s'articule toujours avec les deux autres os longs, le radius et le cubitus. Il en est de même du fémur. Dans les Marsupiaux a rotule péronéale, les Monotrèmes, les grands Rongeurs, certains Insecti- vores, tels que la Taupe, le Hérisson, le Desman, le fémur est en rapport avec le tibia et le péroné. Au contraire, dans les Solipèdes, les Ruminants, les Carnivores, les Quadrumanes et l'Homme, il semble que la loi des con- nexions soit violée et que le fémur ne s'articule plus qu'avec un seul os; mais si l'on admet la composition du chapiteau tibial, le fémur s'articule réellement avec deux os confondus en un seul et représentant les portions supérieures du cubitus et du radius. Ainsi la loi se vérifie même dans les cas où elle semble être en défaut. » Le radius et le tibia sont les deux os constants de l'avant-bras et de la jambe, et leurs extrémités sont prépondérantes dans les articulations du corps et du tarse. Chez les Mammifères supérieurs le cubitus est un axe au- tour duquel s'exécutent les mouvements de supination, et alors les deux têtes sont placées l'une à côté de l'autre. Quand on descend dans la série animale, le mouvement de supination disparait, parce que le radius tend à se placer devant le cubitus. Le cas extrême se montre chez l'Éléphant, où la tète du radius est reçue dans une échancrure creusée en avant dans l'apo- physe sygmoïde du cubitus. Unis par un ligament ou une lame interosseuse, mais toujours distincts au bras, les deux os (radius et cubitus) se confon- dent partiellement à la jambe pour former le chapiteau tibial. » Olécrnne et rotule. — Ce sont des os sesamoïdes libres ou soudés. L'olé- crane est soudé au cubitus dans les Mammifères terrestres et aquatiques ; il est libre dans les Roussettes, la Chauve-Souris vampire et le Pingouin. Aplatie d'arrière en avant dans le groupe anthropomorphe, cette apophyse est comprimée latéralement dans les autres animaux et tuberculeuse dans les espèces carnassières : bien marquée dans les animaux terrestres et am- phibies, elle s'efface dans les Cétacés ichthyoïdes. La rotule est tibiale et libre dans les Mammifères monodelphes terrestres et aquatiques, nulle dans les Kangourous, péronéale dans les autres Didelphes, triangulaire ( 184 ) dans le groupe anthropomorphe, ovalaire dans la plupart des Quadrupèdes, massive dans les Ruminants et les Pachydermes, souvent nulle dans les Chéiroptères. Chez les Oiseaux, elle est soudée au tibia et représente un vé- ritable olécrane (Plongeon, Pélican). I.e plus souvent bifurquée comme l'olécrane du coude des Monotrèmes, elle se termine par deux tubercules surmontés quelquefois d'une partie libre, rotuliforme, que les auteurs ont prise pour la rotule tout entière. » Cubitus et péroné. — Ce sont les os variables de lavant-bras et de la jambe : prépondérants dans l'articulation numérale ou fémorale, leur extré- mité inférieure avorte souvent plus ou moins. L'homologue du péroné, c'est le cubitus moins l'olécrane, la facette articulaire et la crête sous-olécra- nienne qui se fusionnent dans le chapiteau tibial. Distinct dans l'Homme, les Quadrumanes, les Carnivores, les Pachydermes, les Cétacés, lesEdentés, les Monotrèmes et les Marsupiaux, le cubitus se fond plus ou moins dans le radius chez les Insectivores, les Rongeurs, les Solipèdes et les Ruminants. Plus variable encore, le corps du péroné se soude déjà avec l'extrémité inté- rieure du tibia dans les Makis, s'atrophie dans les Solipèdes et disparaît dans un grand nombre de Ruminants. L'avortement de l'extrémité périphérique du cubitus profite à l'olécrane et à la crête sous-olécranienne qui deviennent énormes (exemples, Élan, Chameau, Cheval, etc.). L'atrophie du péroné profite aux parties homologues des précédentes, la rotule et la crête anté- rieure du tibia. Ce balancement entre l'olécrane et le reste du cubitus, le péroné et la crête du tibia surmontée de la rotule, n'est-il pas à son tour une preuve de l'homologie de ces parties? La théorie de la composition du chapiteau tibial en reçoit une confirmation nouvelle. » L'embryologie d'une espèce quelconque de Mammifères ne saurait con- firmer ou infirmer les faits morphologiques auxquels nous sommes parve- nus : en effet, ces faits sont antérieurs à l'évolution des organes dans l'em- bryon : ainsi l'humérus n'est point un os d'abord droit qui se torde ensuite pendant l'évolution embryonnaire. Il y a mieux : 1 humérus est tordu vir- tuellement avant d'exister, car la main qui apparaît la première sous la forme d'un tubercule lobé sur les côtés du tronc est en demi-supination, les ru- diments des doigts sont dirigés en avant, ce qui suppose déjà la torsion de l'humérus de 180 , quoique cet os ne soit pas encore formé. Il en est de même de la composition du chapiteau tibial qui apparaît des l'origine tel qu'il sera toute la vie. Vainement on chercherait des noyaux osseux parti- puliers a la partie cubitale et à la partie radiale de ce chapiteau. Le dépôt ( i85 ) de sels calcaires n'est qu'un procédé de solidification de l'os qui existe déjà comme organe, lorsqu'il n'est encore qu'à l'état cartilagineux. L'embryo- logie zoologique, celle qui consiste à étudier les variations et le perfection- nement du type dans la série animale, peut seule élucider ces questions en dévoilant peu à peu les lois générales qui ont présidé à la création du monde organisé. » RI. de Saint- Venant demande et obtient l'autorisation de reprendre le Mémoire qu'il a présenté dans l'avant-dernière séance concernant « l'in- fluence retardatrice de la courbure dans les courants d'eau. » M. Cazenave fait hommage à l'Académie de son éloge historique du D r Grateloup, de Bordeaux, et exprime le désir d'être compris dans le nombre des candidats pour une place en ce moment vacante de Correspon- dant de la Section de Médecine et de Chirurgie. (Renvoi à la Section de Médecine et Chirurgie.) A 4 heures un quarts l'Académie se forme en comité secret. La séance est levée à 5 heures et demie. F. BULLETIN bibliographique. L'Académie a reçu dans la séance du 20 janvier 1 862 les ouvrages dont voici les titres : Le Jardin fruitier du Muséum ; par M . J . Decaisne; 5 I e livraison. Paris, 1861 ; in-4°- Des accidents fébriles à forme intermittente et des phlegmasies à siège spécial qui suivent les opérations pratiquées sur le canal de l'urètre; par M. Edm. Marx. Paris. 1861 ; in-4°. (Destiné par l'auteur au concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie.) Eloge du D r de Grateloup de Bordeaux; porM.J.-J. Casenave. Paris, 1 862, 111-8 . C. R., 1862, 1 er Semestre. (T. LIV, N° 5.) 2 "* ( '86) Eludes sur le scorbut; par le D r A. Netter. (Extrait de la Gazette médicale de Paris.) Paris, 1862; in-8°. Mémoire sur la genèse et te développement des follicules dentaires chez les Mammifères; par les D™ Ch. B.OBIH et E. Magitot. Paris, 1860-61 ; in-8°. ( adressé au concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie.) Catalogue des Brevets d'invention; année 1861 , n° 8. Paris, 1861 ; in-8°. Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d'invention ont ete pris sous te régime de la loi du 5 juillet r844 ; *• XXXIX. Paris, 1861, in-4°. Description des machines et procédés consignés dans les brevets d'invention, de perfectionnement et d'importation dont la durée est expirée et dans ceux dont la déchéance a été prononcée; t. XCII. Paris, 1861 ; in-4°. Monatsbericht.. . Comptes rendus mensuels des séances de l'Académie royale des Sciences de Berlin. Septembre, octobre et novembre 1861 ; in-8°. Znr théorie... Sur la théorie du quartz ; avec, des considérations sur la pola- risation circulaire; par le D r Jenzsch. Erfurth, 1 861 ; in-8°. Arsskrift... Annuaire de la Société royale des Sciences d'Upsal. Upsal, 1860-1861 ; tom. I et II; in -8°. Nova acta regiœ Societatis scientiarum Upsaliensis. Seriei tertia: vol. II et III. Upsaliie (1 856-1 858) et 1861; 2 vol. in-4°. Biographie n... Biographies pour servir à l'histoire delà civilisation en Suisse; par le D r Rudolf Wolf. Zurich, 1858-1862; 4 vol. in-8". Memorie... Mémoires de l'Institut royal Lombard des Sciences, Lettres et Arts. Vol. VIII, n° 2 de la i e série. Milan, 1861 ; in-4 u ( ,8 7 ) ERRATA. V r olume LIN, n° 2(j, |>. i 184 et 85, Programme du Prix Boudin, question concernant l'histoire anatomique et physiologique du corail. C'est par stiite d'une erreur typographique que la clôture de ce Concours a été indiquée pour le 3i décembre 1861 ; le Concours reste ouvert jusqu'au dernier jour de 1862, ainsi que l'annonce la première édition de ce programme donnée dans le Compte rendu de la séance publique du 25 mars 1861 t. 1,11, p. 6i5et6t6. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 27 JANVIER 1862. PRÉSIDENCE DE M. DUHAMEL. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. astronomie. — Note à l'occasion du dernier Compte rendu; par M. Le Verrier. « Quand on compare les ascensions droites d'étoiles éloignées en décli- naison et observées avec des lunettes différentes, on remarque souvent des anomalies dans les résultats. Pour la Chèvre et Rigel en particulier, on eût pu se demander si ces anomalies tenaient exclusivement aux observations, ou si le mouvement propre ne devait pas y être pour quelque chose. » De là la nécessité de connaître si les instruments des passages ne don- nent pas lieu à des erreurs systématiques avec la déclinaison. » Après avoir présenté dans la dernière séance un travail de M. Villar- ceau sur ce sujet, j'ai dit que j'avais résolu la question pratiquement, en comparant les résultats auxquels on arrive lorsqu'on observe successive- ment dans les positions directe et inverse de l'instrument. » Cette Note n'ayant pu trouver place au Compte rendu de la séance, je prie l'Académie de m'excuser si je la mentionne de nouveau aujour- d'hui. » « M. Milive Edwards présente à l'Académie la première partie du VII e volume de son ouvrage sur la Physiologie et l' Anatomie comparée C. R., 1862, 1" Semestre. (T. LIV, N» 4.) 2 5 ( -9" ) de l'homme et des animaux; ce fascicule est consacré à l'étude des phé- nomènes chimiques et physiologiques de la digestion et à l'histoire des sécrétions en général. » M. Lamé dépose un paquet cacheté. ASTRONOMIE. — Passage de Mercure sur le Soleil; Lettre de M. Valz ci M. Elie de Beaumont, en réponse à une Note de M. Le Verrier. « Dans sa réponse à la Lettre que j'ai écrite sur le passage de Mercure, M. Le Verrier me reproche de ne pas avoir deviné une faute d'impression ; mais il s'abstient entièrement de mentionner que j'avais été au-devant d une pareille explication en disant : « On ne sauiait admettre d'erreur sur le temp> de l'apparition de Mercure, car les journaux de Marseille du lendemain du passage la donnaient pour l'observatoire à y b 29™. » Ainsi donc l'explication donnée ne saurait rendre compte de la contradiction entre les deux relations, qui est encore bien plus grande par l'explication donnée, et n'est donc pas aussi futile qu'on veut bien le dire. Du reste, je pourrais y ajouter encore une nouvelle confirmation, car M. Tempel, adjoint démissionnaire, à qui j'ai demandé quelques éclaircissements à ce sujet, m'a répondu que lorsque Mercure fut aperçu à travers les nuages, il était assez loin des bords du Soleil et non par conséquent près du contact, comme il l'était à g h 3g" 1 20 s . »• 31. le Secrétaire perpétuel fait hommage a l'Académie, au nom de M. Seguin aîné, d'un exemplaire de son « Mémoire sur les causes de la cohésion » et lit l'extrait suivant de la Lettre qui accompagnait cet envoi. « Ce Mémoire est le résumé de tous ceux que j'ai lus à l'Institut depuis l'année 1848; il contient l'exposé et les conséquences de la nouvelle doc- trine sur l'identité du calorique et du mouvement considérés comme les manifestations sous des formes différentes d'une seule et même cause. » La découverte de ce principe est due au génie puissant de mon oncle le célèbre de Monlgolfier, de l'Institut, qui, en l'année 1800, me trans- mit ce glorieux héritage avec la mission que j'ai accomplie jusqu'ici de consacrer ma vie entière à éclairer cette grande idée, en développer les conséquences, et parvenir, s'il était possible, à la faire prévaloir : résultats qu'il considérait comme la plus grande victoire que put remporter la vérité sur l'erreur. IÇ>i ) » Tous les efforts que j ai faits depuis lors poui répandre les doctrines de Montgolfier ont été à peu près infructueux; c'est à peine s'il en est entré, à de rares intervalles, quelques éléments dans l'enseignement. Je considère donc tout ce que contient mon Mémoire plutôt comme des objections à la manière dont la science envisage le mode d'action qu'exercent les uns sur les autres les corps matériels soumis à l'empire de la loi de l'attraction que comme destiné «à venir s'ajouter au dépôt des connaissances humaines, dans la partie de la science à laquelle se rapportent tous les Mémoires que j'ai publiés jusqu'ici sur le même sujet. Aussi je n'ai pas l'espérance que ce der- nier travail soit lu et encore moins apprécié par les géomètres et les ana- lystes, mes honorables confrères de l'Institut, plus que ne l'ont été les précédentes communications que j'ai eu l'honneur de faire à l'Académie sur ce même sujet; mais je ne suis ni étonné ni découragé de cette indifférence qui me paraît toute simple et être l'image naturelle de la manière dont ont été établies et finalement adoptées toutes les réformes scientifiques basées sur des principes aussi clairs et aussi incontestables que ceux sur lesquels s'appuie notre célèbre confrère de Montgolfier. » M. Élie de Beaimoxt fait hommage à l'Académie, au nom de l'au- teur sir Roderick Impey Murchison, d'un opuscule avant pour titre : « Sur Pinapplicabilité au groupe permien du nouveau terme Dyas proposé par le D r Geinitz. M. Eue de Beaumoxt donne communication de la Lettre suivante par laquelle M. Vesselofski, Secrétaire perpétuel de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, annonce à l'Académie des Sciences la mort d'un de ses Correspondants pour la Section de Géométrie, M. Oslroqradski. '< Je remplis un pénible devoir en venant vous informer de la perte bien douloureuse que l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg a faite dans la personne de M. Ostrogradski, décédé à Poltava, le 20 décembre 1861 ( i er janvier 1862), par suite d'une longue et pénible maladie. Nous avons tout lieu de croire que la douleur où nous a plongés la mort de l'illustre géomètre, sera également partagée par l'Académie de Paris, qui le comptait parmi ses Membres correspondants. » 2 5.. ( l 9 2 ) MÉMOIRES PRÉSENTÉS. M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaix publics transmet un Supplément à un Mémoire île M. Reed de Londres sur le trai- tement du cholera-morbus. { Renvoi à la Section de Médecine et de Chirurgie constituée en Commission spéciale.) géologie. — Becherches sur les produits de la vulcanicilé correspondant hua différentes époques géologiques ; par M. Pissis. (Transmis par M. le Ministre d'État. ) (Commissaires, MM. Ch. Sainte-Claire Deville, Daubrée. ) « En jetant \m coup d'oeil rétrospectif sur l'ensemble des faits qui viennent d'être exposés, dit l'auteur en terminant son Mémoire (i), on aperçoit une suite non interrompue de phénomènes vulcaniques commençant en même temps que les grandes dislocations de l'écorce terrestre qui ont produit la chaîne principale des Andes et se continuant jusqu'à l'époque actuelle. L'injection des matières fluides qui ont formé les masses trachytiques com- mence cette série, et la puissante formation de conglomérats qui les recouvre montre qu'avant d'atteindre la surface (\u sol elles ont dû éprouver de puis- sants mouvements d'oscillation, qui ont broyé les roches qui se trouvaient sur leur passage, tandis qu'une partie de ces mêmes roches se dissolvait dans la masse fluide dont elle changeait la composition au point de produire les nombreuses variétés d'aspect et de structure que présentent ces masses. Pen- dant que ces matières venaient remplir les parties les plus larges des failles produites par le soulèvement, des fluides élastiques s'échappaient avec vio- lence, projetant au loin tout ce qui leur opposait quelque résistance et cou- vrant le sol des débris qui forment aujourd'hui les conglomérats ponceux. (.es communications avec l'intérieur, une fois déblayées par ces actions vio- lentes, laissaient une libre issue aux fluides élastiques et à la vapeur d'eau qui s'échappaient de la masse incandescente, emportant avec eux toutes les ma- tières que présentent les solfatares. Enfin le dégagement d'une aussi grande quantité de fluides élastiques s'échappant sous une pression énorme devait produire dans les parties où il avait lieu un refroidissement plus rapide que (i) Ce Mémoire est adressé de Santiago (Chili) et les observations qui y sont consignées se rapportent aux parties de l'Amérique méridionale qu'explore depuis plusieurs années le savant et zélé géologue. ( «93) dans le reste de la masse fluide; il arrivait un moment où la température n'e- tait plus sulfisante pour porter l'eau à l'état de vapeur, et ces évents se chan- geaient en sources thermales dont les dépôts successifs finissaient par obstruer entièrement les issues, laissant ainsi un filon métallifère comme dernier ré- sultat de l'action de toutes ces forces. » Pendant que l'action vulcanique paraissait ainsi s'éteindre sur quelques points, les fluides élastiques comprimés s'ouvraient brusquement un pas- sage sur les parties moins résistantes et donnaient lieu à une nouvelle série de phénomènes entièrement semblable à la précédente. » Dans les parties les plus fracturées, là où les failles du système des Andes avaient rencontré des dislocations plus anciennes, la pression des fluides élastiques, peut-être même celle des masses solides qui n'avaient point encore trouvé leur position d'équilibre, pesaient sur la masse fluide et la faisaient refluer jusqu'à la surface du sol, produisant les coulées de laves et les cônes de scories. Pendant toute cette longue période, l'action vulcani- que n'a cessé de se manifester sous les mêmes formes, produisant par inter- valle des coulées de matières fluides, des cônes de scories ou des solfatares; mais l'intensité de cette action paraît avoir diminué graduellement, depuis le soulèvement de la chaîne principale des Andes jusqu'aux temps actuels soit que les principales issues aient été obstruées par les injections de laves ou les dépôts des eaux thermales, soit que les parties disloquées de l'écorce terrestre, s'étant peu à peu équilibrées comme les pierres d'une voûte, ne pèsent plus aujourd'hui sur la masse fluide aussi fortement qu'à cette époque. » Un autre fait qui ressort de l'étude comparée de ces pbénomènes, est le rôle de plus eu plus important de la vapeur d'eau à mesure cpie l'on approche de l'époque actuelle, et il est tout naturel de se demander quelle est l'origine de cette grande masse d'eau qui s'échappe sans cesse des vol- cans et des solfatares. Ce corps fait-il partie de la masse fluide, où il serait maintenu à l'état liquide par l'énorme pression qui doit avoir lieu à ces profondeurs? pénètre-t-il, au contraire, par voie d'infiltration de la surface jusqu'à la masse incandescente? Sans vouloir rien préjuger à cet égard, on nous permettra d'indiquer encore quelques faits qui semblent se rattacher à l'influence des eaux d'infiltration sur les phénomènes volcaniques. On croit généralement, dans toute la partie de l'Amérique du Sud sujette aux tremblements de terre, que ces mouvements du sol sont plus fréquents du- rant la saison des pluies jusqu'à l'époque des sécheresses; depuis une dou- zaine d'années que nous habitons le Chili, cette assertion ne s'est point "!)4 ) •Inmentie : nous avons pu non-seulement en constater [exactitude, mais en- core nous assurer que les années où les pluies étaient plus abondantes, les tremblements de terre étaient aussi plus fréquents. Si l'on considère qu'à cette époque la région des Andes se trouve couverte d'une épaisse couche ■ le neige qui se fond sans cesse sur la surface en contact avec le sol, on est conduit à admettre que les infiltrations doivent être plus abondantes, et s'il existe encore des failles communiquant avec l'intérieur, de grandes masses d'eau peuvent arriver jusqu'aux matières incandescentes et produire par leur expansion les secousses qui donnent lieu aux tremblements de terre. » M. Païen dépose la Note suivante de M. M use u lus : « L'auteur, dit-il. rappelant les résultats de plusieurs des expériences que j'ai communiquées dernièrement à l'Académie et ses propres observations, les interprète dans le sens de la théorie qu'il avait émise. Il peut être intéressant pour les chimistes de comparer ces interpré- tations différentes et je désirerais que la Note de M. Musculus put trouver place dans le Compte rendu. » CHIMIE OKGANIQDE. — Nouvelle Noie sur la transformation de l'amidon en dextrine et glucose; pur M. T. Musçulus. (Présentée par M. Payen.) " L'année dernière, j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie nue Note dans laquelle j'ai essayé de démontrer que la transformation de l'ami- don en dextrine et glucose, sous l'influence de la diastase ou de l'acide sulfurique étendu, était plutôt une décomposition qu'une hydratation, précédée d'un changement isomérique. Les résultats que j'avais obtenus viennent d'être contestés par M. Payen (Compte rendu de C Académie des Sciences du 3o décembre 1861). Comme, parmi les observations citées dans ce travail, quelques-unes concordent avec les miennes, et que d'autres me paraissent confirmer d'une manière heureuse l'opinion que j'ai émise, je demande la permission à l'Académie de soumettre à son jugement les re- marques suivantes : » M. Payen pense que j'ai été induit en erreur par la structure particu- lière du grain d'amidon qui a pu me faire trouver accidentellement des mé- langes de glucose et de dextrine, à cause de la plus ou moins grande agré- gation des différentes couches dont il est formé. Or l'expérience fonda- mentale, celle qui m'a décidé a adopter une opinion contraire à celle gé- genéralement admise, expérience que j'ai citée dans ma première INole, est tout a lait indépendante de la structure du grain d'amidon. Cette expé- rience, la voici : » Si l'on fait digérer de l'amidon avec une solution de diastase, et si I on dose de temps en temps la glucose qui s'est formée, on remarque que la (juantité augmente jusqu'à ce que tout l'amidon ait disparu (ce qu'on re- connaît facilement par la teinture d'iode). A partir de ce moment, il ne se produit plus de sucre, quelque temps qu'on chauffe, quoi qu'il y ait encore dans la liqueur de la dextrine non transformée, comme M. Paven l'a trouvé lui-même. Mais si l'on remet une nouvelle quantité d'amidon, la sac - charification recommence, pour s'arrêter de nouveau, quand il n'y a plus d'amidon, et ainsi de suite, jusqu'à épuisement du pouvoir de la diastase. ce qui arrive, d'après MM. Persoz et Payen, quand i partie de diastase , t dissous 2000 parties d'amidon. » Comment expliquer ce phénomène dans l'hypothèse que l'amidon se transforme d'ahord en dextrine, puis en glucose? Il faudrait admettre que la diastase a pins de. pouvoir sur une partie de dextrine que sur une autre, ce qui ne me paraît pas possihle. » En opérant avec l'acide sulfurique étendu, j'ai dit que la même chose avait lieu, avec cette différence que la saccharificalion continue même quand d n'y a plus d'amidon, mais avec une extrême lenteur; c'est ce que M. Paven a reconnu aussi, puisque, pour obtenir le maximum de glucose, il a été obligé île chauffer pendant cinq heures de suite. Comme l'opération marche plus vite quand on chauffe à une pression supérieure à o m ,76, j'ai conseillé d'opérer en vase clos, pensant qu'on obtiendrait, outre l'économie, un produit moins coloré; car on sait que si l'on fait bouillir pendant long- temps une solution de glucose, elle brunit fortement. En ajoutant une nou- velle quantité d'amidon, la formation de glucose est considérablement accé- lérée, et au bout de vingt-cinq à trente minutes, si l'on opère avec tic l'amidon désagrégé, la liqueur ne bleuit plus avec de la teinture d'iode. » Comme j'ai toujours trouvé, après chaque addition d'amidon, et en arrêtant l'opération au moment où la liqueur ne bleuit plus avec la teinture d'iode, qu'une partie seulement de cet amidon avait été saccharifiée, et con- stamment la même, j'en ai conclu qu'il y avait eu dédoublement et non changement isomérique, puis hydratation. » En disant que les quantités constantes de dextrine et de glucose qui se forment dans cette réaction étaient dans le rapport de 2 :i, je n'ai voulu parler que de celles qui provenaient de la décomposition de l'amidon. 11 n'est donc pas étonnant que M. Payen soit en désaccord avec moi, quoique, ( 196 ) pour trouver ces proportions, j'arrêtasse l'opération au moment où la tein- ture d'iode accusait la disparition de l'amidon, tandis que M. Paye!) con- tinue à chauffer jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de glucose. >■ Cependant, en comparant les résultats de l'expérience n° 5 du Mé- moire de M. Payen avec celle n° 1, on voit que l'accord se rétablit. » Dans la première opération, M. Payen a obtenu avec de la diastase 2f'),o3 pour 100 de glucose, et dans la seconde, en épuisant l'action de l'acide sulfurique au yf^, 83, 06 pour 100, ce qui approche sensiblement des proportions que j'ai indiquées. « Cela s'explique facilement : dans l'expérience n° 5, la diastase n'a saccharine que l'amidon, tandis que dans celle n° 1 l'acide sulfurique a saccharine l'amidon et la dextrine. » Dans une autre expérience, M. Payen dit qu'il a obtenu jusqu'à o,5o de glucose, en opérant avec de la diastase sur de l'empois. » Je n'ai jamais pu arriver à cette proportion, même en chauffant pen- dant vingt-quatre heures après la disparition de l'amidon. « Ce résultat prouverait que la glucose ne paralyse qu'incomplètement l'action de la diastase sur la dextrine, et rapprocherait ainsi davantage la manière d'agir de la diastase de celle de l'acide sulfurique étendu. Mais si la glucose s'oppose plus ou moins à la saccharification de la dextrine, elle ne s'oppose pas à celle de l'amidon, d'où on peut conclure que, tant qu'il v a de l'amidon dans la liqueur, la dextrine n'est pas attaquée. > Enfin, M. Payen a trouvé que l'action de la diastase s'exerce encore à io° au-de,ssous de zéro(?) et qu'à cette basse température, comme aux températures plus élevées, il se forme toujours un mélange de glucose et de dextrine; on n'est jamais parvenu à obtenir de la dextrine sans glucose » Je crois qu'on peut considérer ce résidtat comme une confirmation du fait tpie je cherche à établir. Conclusion. » Si on admet que l'amidon se transformée!) glucose en passant préala- blement par l'état de dextrine, sous l'influence de la diastase ou des acides étendus, n'agissant que par leur présence, on arrive à cette conclusion : » Qu'un corps, rien que parce qu'il se trouve en présence d'un autre corps, subit toute une série de métamorphoses. Nous voyons bien, dans un assez grand nombre de réactions chimiques, des décompositions ou des combinaisons s'effectuer sous l'influence de la force catalytique, mais nulle part cette force mystérieuse ne détermine à la fois une désagrégation, une ( '97 ) dissolution, un changement isomérique et une hydratation. 11 n'est donc pas étonnant que des chimistes aient cherché une autre explication de ce phénomène. » M. Lutz, dans une thèse remarquable sur le rôle de l'eau dans les phé- nomènes chimiques, a comparé la transformation de l'amidon en glucose à une saponification. Ce chimiste a supposé, en s'appuyant sur l'existence et les propriétés de l'acide sulfoglucique, la formation d'un éther composé de l'alcool glucosique (M. Berthelot), qui, ne pouvant exister en présence.de l'eau à une température élevée, éprouve, immédiatement après sa forma- tion, une décomposition, en vertu de laquelle il se produit de l'acide sul- furiqne hydraté et de la glucose, S 2 O 6 C ,2 H ,0 O' 4-4HO = S 2 6 , 2 HO + C< 2 + H"0 ,, 1 Mais ce qui manque à'cette ingénieuse hypothèse pour que l'analogie soit complète, c'est précisément le fait que je signale. » Alors on peut dire que l'amidon, sous l'influence de l'acide sulfurique, se dédouble en dextrine et glucose avec fixation d'eau, exactement comme les corps gras, qui donnent, avec le même acide, un acide gras et de la gly- cérine avec fixation d'eau. Avec cette différence cependant que l'un des produits de la décomposition de l'amidon peut se transformer dans l'autre, ce qui n'arrive pas avec les corps gras. » Du reste tous les autres cjlucosides se décomposent d'une façon analo- gue : on obtient toujours sous l'influence de l'acide sulfurique, ou delà po- tasse, ou d'une substance azotée, delà glucose avec assimilation d'eau, et un autre corps. » La salicine donne de la glucose et de la saligénine ; la phlorizine, de la glucose et de la phloritine ; le tannin, de la glucose et de l'acide gallique, etc. » chimie organique. — Action du protochlorure diode sur quelques substances organiques; par MM. Schutzeniîerger et Sexgexwald. (Extrait par les auteurs. ) (Commissaires, MM. Dumas, Pelouze.) « I. Action du protochlorure diode sur le nitrobenzoate de soude. — Nous avons cherché à appliquer au nitrobenzoate de soude la réaction qui, avec le benzoate, donne, d'après un travail publié récemment par l'un de nous, de la benzine mono-iodée et bi-iodée, réaction exprimée par les C. R., 1S62, 1 er Semestre. (T. LIV, N° 4.) 20 ( i9» ) équations C ,4 H 5 INa0 4 + ClI = ClNa+C M H 5 IO\ C ,4 H 5 I0 4 = C 2 4 +C ,2 H 5 I, a(C M H 5 I0 4 ) = C 2 4 + C ,2 H 4 F + C ,4 H 6 4 . ». Quand on mélange équivalents égaux de nitrobenzoate de soude et de protochlorure d'iode, la masse s'échauffe et l'odeur de ce dernier produit disparait; en chauffant le produit brut de cette réaction au bain de sable, on observe un dégagement régulier d'acide carbonique : le résidu contient alors du sel marin, de l'iode libre, de l'acide nitrobenzoïque et un produit huileux qu'on sépare facilement en traitant le résidu par une lessive étendue de soude qui le laisse intact en dissolvant les autres corps. Ce liquide est un mélange de nitrobenzine mono-iodée qui passe à environ 290 , et d'un corps solide cristallisable, qui probablement représente la nitrobenzine bi-iodée. Ce dernier a été obtenu en trop petites quantités pour l'analyse. .. La nitrobenzine mono-iodée est liquide, jaune, d'une odeur pronon- cée d'amandes amères, soluble dans l'alcool, l'éther, insoluble dans l'eau. » Elle se forme d'après les équations C ,4 H^Az0 4 )Na0 4 + ClI = C ,4 H 4 (Az0 4 )IO, C ,4 H 4 (Az0 4 )I0 4 = C 2 4 + C ,2 H 4 (Az0 4 )I. » II. Action du protochlorure d'iode sur le hromobenzoale de soude. — Un mélange d'équivalents égaux des deux corps s'échauffe et perd l'odeur du chlorure d'iode; à la distillation sèche, il dégage de l'acide carbonique, de l'iode, de l'acide bromobenzoïque et des liquides huileux insolubles dans l'eau et les lessives alcalines. Le liquide huileux contient de la benzine mo- no-iodée et un produit bouillant vers 3oo° qui se dédouble par lebullition avec une solution alcoolique de potasse en bromobenzoate de potasse et phénate de potasse. Ce dernier serait, d'après cela, du bromobenzoate de phényle produit par la réaction suivante : 2 (C ,4 H 4 Bzl0 4 ) = C 2 4 + I 2 + C ,4 II 4 (C ,2 H 5 )Br0 4 . » Nous avons reconnu que le liquide huileux bouillant vers 3oo° qui se tonne par la décomposition du benzoate d'iode, contenait également, eu mélange avec une substance iodée, un corps capable de se dédoubler par l'ébullition avec la potasse en benzoate et phénate de potasse. » Si on se rappelle que l'acétate diode se décompose par la chaleur en acétate de méthyle et iodure de méthyle, on verra que le mode de transfor- ( '99 ) mation du benzonte, du nitrobenzoate et du bromobenzoate de soude, est tout à fait le même. » Nous n'avons pas pu obtenir dans la réaction précédente la benzine bromo-iodée que nous cberchions. » III. action du prolocli/orure d'iode sur t acide phénique. — Ces deux corps agissent l'un sur l'autre avec énergie et production de grandes quan- tités d'acide cblorhydrique. Le produit de la réaction se dissout dans la soude; la solution donne, avec l'acide chlorhydrique, un précipité liquide, épais, blanc-grisâtre; par ce traitement, on débarrasse le liquide primitif d'une certaine quantité d'iode libre. » La substance purifiée ainsi ne peut être distillée sans décompo- sition à la pression normale : elle dégage en effet, quand ou la chauffe, beaucoup d'iode, et il se forme des quantités notables d'acide rosolique, soluble en rouge-cramoisi dans les alcalis. En distillant dans le vide, nous avons pu partager le liquide en deux parties : l'une liquide que l'analyse a démontré être de l'acide phénique mono-iodé; l'autre solide, dure, cas- sante et amorphe, contenant un peu d'acide rosolique et de l'acide phé- nique bi-iodé. » La génération de ces deux corps est exprimée par les équations C' 2 H 6 O 2 + Cl I == C1H + C ,2 H 5 I0 2 , C ,3 H 5 I0 2 h- Cil = CIH -+- C ,2 H 4 I 2 2 . » L'acide phénique mono-iodé est liquide, sirupeux, incolore, plus dense que l'eau, d'une odeur persistante qui rappelle celle de l'acide chlorophé- nique, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther ; il se combine aux ^alcalis pour former des sels insolubles dans une lessive concentrée de potasse ou de soude, très-solubles dans l'eau pure, incristallisables. Il est décomposable par la chaleur et ne distille intact que dans le vide. L'acide phénique bi-iodé est solide, incolore, fusible vers iio°, très-peu soluble dans l'eau, un peu plus dans l'eau alcoolisée bouillante, d'où il se dépose sous forme de fines aiguilles aplaties, d'une odeur faible rappelant celle de l'acide chlorophénique, soluble dans l'alcool, l'éther et les alcalis, avec lesquels il forme des sels très-solubles dans l'eau pure, insolubles dans une lessive concentrée. La chaleur le décompose avec mise en liberté d'iode et formation d'acide rosolique. » On voit, d'après les faits contenus dans ce Mémoire, que le proto- chlorure d'iode pourra être employé avec avantage pour la préparation de dérivés de substitution iodés. » 26.. ( 20O ) GÉOLOGIE. — Etudes sur ta structure du globe terrestre; par M. H. de Villexeuve-Flayosc. (Commissaires déjà nommés : MM. Élie de Beaumont, d'Archiac et M. Ch. Sainte-Claire Deville, en remplacement de feu M. Cordier.) « Dans un Mémoire présenté à l'Académie le 29 mars i858, nous avons exposé que, sur une sphère, des lois de direction représentées par des angles de plans de grands cercles devaient engendrer des lois corrélatives pour les arcs de grand cercle. C'était, avec un point de départ différent, se placer dans le système de recherches que M. Élie de Beaumont a éclairé de ses découvertes. » Nous avons signalé dans les longueurs des faîtes et des thalwegs, dans Jes montagnes et les vallées, des rapports avec des types déterminés qui s'expriment par des nombres très-simples : nous avons montré que les ligues d'affaissement et de soulèvement se produisaient dans un même groupe par périodes régulières. Au point de vue de la théorie de la terre, comme à celui de la pratique des exploitations minérales, cette étude est des plus importantes, et nous venons en offrir la suite. » D'après nos recherches, les îles .sont comme les embryons des conti- nents : elles en sont les types et les étalons métriques. Le groupe le plus re- marquable de la Méditerranée est celui des îles de Corse et deSardaigne. » Ce type se reproduit à la fois par les montagnes et les grands thalwegs de l'Europe, par la chaîne des Pyrénées, par l'ensemble des chaînons qui se développent depuis Toulon jusqu'à Bâle, par les Asturies, par les thal- wegs des grands bassins des fleuves européens, le Rhin, le Rhône, le Pô, la Seine, la Loire, la Garonne, le Tage, le Cuadalquivir, et avec un remarqua- ble développement par le grand bassin européen, le Danube. Ce même éta- lon oltre des rapports géologiques minutieusement répétés par certaines contrées. Non-seulement le grand diamètre delà Provence, d'Arles à Nice, donne la longueur totale du cap Corte au cap Longo-Sardo où commence la Sardaigne, mais encore les terrains primitifs et volcaniques de la Pro- vence reproduisent les longueurs extérieure et intérieure du terrain pri- mitil de la Corse. La largeur du terrain primitif de la Corse se dédouble : une moitié offre la largeur des terrains primitifs de la Provence ; l'autre moitié dessine le contour des masses de gypse épigénique de la même con- trée. Les limites des rivages de la Provence sont circonscrites dans un cer- ( aor ) cle de même ravon que celui qui enferme les dentelures des rives occiden- tales de la Corse, et ce rayon est à la fois la longueur du thalweg du bassin du Var et la distance qui sépare entre elles les trois grandes sources de la Provence: Vaucluse, Fontaine-l'ÉvéQUE et Port-Miou. La Provence et la Corse résultent d'une même formule géologique, avec le seul changement de la valeur des variables. » Les longueurs de la Corse et de la Sardaigne sont liées par une loi géométrique. La Sardaigne est le côté du triangle équilatéral inscrit dans un cercle dont le rayon serait la longueur du terrain primitif de la Corse, et le terrain primitif de la Corse dérive de la même manière de la longueur totale du demi-diamètre de la Corse. » Enfin la longueur totale des deux îles dérive encore, de la même ma- nière, d'un triangle équilatéral inscrit dans le cercle dont le rayon est la Sardaigne elle-même. » Ces dérivations par générations successives de triangles équilatéraux dont le côté du triangle équilatéral précédent devient le rayon, se dessinent par des nœuds, des sutures ou des solutions de continuité. Le détroit de Bonifa- cio est placé aux — de la longueur totale des deux îles, en partant du cap Corte. En langage algébrique, si la Corse et la Sardaigne est i, la Sardaigne sera —, la Corse = et le détroit de Bonifacio sera placé entre i s/y n-v/3 V3 et — - — =1 ce qui reproduit à peu près les — de la longueur. n-y/3 H v r l IO » La séparation des masses des deux îles produite par le détroit est le trait principal, l'accident le plus remarquable de leur forme. Ce trait île discontinuité, cette faille séparative se reproduit dans les chaînes de mon- tagnes, dans les rivages des mers et des lacs, dans les bassins houillers et sédimentaires, clans les groupes des sources thermales, dans les sources ordi- naires et dans les filons; tous les gisements portent la forte empreinte de cette loi de coordination. Nous la trouvons dans le bassin houiller de la Loire comme dans le bassin à lignite des Bouches-du-Bhône. » La structure de l'ensemble du globe terrestre justifie l'énoncé de la loi générale. » Les plus grands développements des masses continentales se dessinent des deux côtés du détroit de Behring. L'ancien monde mesuré par l'arc d( grand cercle de Behring au cap de Bonne-Espérance, et le nouveau monde de Behring au cap Horn. ces deux arcs faisant ensemble l'angle de i "20° et la ( U02 ) Nouvelle-Hollande donnant, vers son centre, la bissectrice de l'angle précé- dent, de façon que les trois angles de fracture de moindre contour, de 120° chacun, se montrent autour du centre Behring. » Les deux masses continentales comparées au grand cercle total sont i43° '35' nouveau monde, i47°56' ancien monde; les parties marines des deux grands cercles, devenant ainsi — à — ? reproduisent, en se rap- 8 100 100 r r prochant du système pentagonal de M. EliedeBeaumont,larelation— =: tandis que la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande, dans leurs limites Sud, offrent la longueur -_ X -7= ou ? de la circonférence, soit 1 20 de longueur, ft ^3 \/3 3 » en degrés de méridien. » Eu dernier résumé, il est si vrai que les terres et les mers offrent le rap- port de 1 à —dans leurs axes de coordination semblables, que ces surfaces, dont le rapport est le carré de ces axes, offrent la proportion très-approchée de 1 à 3. » Considérés à part, les axes des masses continentales offrent dans leurs isthmes la même loi de subdivision et de suture. Les isthmes de Suez, de Pa- nama, le détroit de Totrès, séparation de la Nouvelle-Hollande, sont sur le même parallèle dont le centre est Behring, et dont la longueur du rayon est la fraction — des axes des masses continentales. » Tous les traits principaux de la forme des continents se coordonnent uniformément sur les mêmes petits cercles dont Behring est le centre (1). 1 ; Centre Behring. Calcul trigonométrique des longueurs des arcs de grand Degrés cercle, rapportés au point de départ à Behring; lati- du tude N. 66°, longitude O. 171°. méridien. DeBehriDg au cap de Bonne-Espérance, dont la lati- tude est 34°24' S., longitude ¥.. i6°8' l4ri.56.IO Axes des continents. . ( . ^ ' ° . . *' De Behring au cap Horn, latitude 55°, longitude o. 67° 143.35.20 Isthmes. De Behring à la pointe de l'isthme de Suez 84 ■ 9 De Behring au fond du golfe de Darien, isthme de Panama 84 De Behring au cap York 84-25 ( 203 ) » Les grandes montagnes du grand continent Asie-Afrique sont sur un même parallèle de Behring qui coordonne les Himalaya, le massif du Cau- case et de l'Ararat, les Alpes vers le mont Blanc, et le plateau central de la France au mont Dore. » A leur tour les grandes inflexions de la Nouvelle-Hollande prise à sou angle rentrant au sud, de l'Afrique, de l'Amérique, sont sur un même pa- rallèle de Behring. Les trois grandes Méditerranées de la terre avec les grands foyers volcaniques qui les caractérisent, soit au golfe du Mexique, soit dans la Méditerranée européenne, soit dans celle des îles de la Sonde, offrent la même longueur et sont situées sur le même espace annulaire autour du centre Behring. « La symétrie de Behring se manifeste relativement au pôle et aux points de convergence des lignes isothermes et magnétiques; ce que l'on ap- pelle les pôles froids, le pôle magnétique et le pôle proprement dit, sont sur un même cercle décrit autour de Behring. » Si l'on trace les oscillations du cercle polaire dérivées des oscillations de l'angle de l'écliptique, on trouve Behring occupant le milieu de la bande que cette oscillation dessine sur la terre. Et il y a /jooo ans le cercle polaire était à Behring! >' Ainsi les grandes lois astronomiques du mouvement de l'écliptique offrent de remarquables rapports avec la symétrie géographique. L'éclip- tique est le plan des résultantes définitives des actions sidérales sur la terre. De l'écliptique partent les ondulations de l'atmosphère, les ondulations des mers et les vibrations que les éruptions du fluide igné font éprouver constamment au globe. N'est-il pas naturel de voir dans les coordinations des grandes lignes nodales que doivent former tous ces mouvements vibra- toires prolongés, la cause première des traits de la figure terrestre? » De Behring aux Himalaya ; latitude 28°2 , j'4o", lon- gitude 88°i5'4o" 68°22. 37" Parallèle des grandes \ De Behring près de Vicence 68. 22. 37 montagnes. . • ( De Behring au mont Blanc 68. 10. 10 De Behring au mont Dore (France) 68. i/{- 3o De Behring au mont Caucase 65. 26.25 De Behring au mont Ararat, 7 1° 68 . 1 3 . 1 2 Inflexion des continents (Mesures prises directement sur un globe) ioq.it Extrémité sud du cap de la Nouvelle- Hollande, Van Diemen et Nouvelle- Zélande. Volcan d'Aconcagua 1 ig. 55 Soit 1 20 ( 204 ) PHYSIQUE DU GLOBE. — Observations physiques et météorolo(ji(jues recueillies à Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées); par M. de Pietra Santa. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires précédemment nommés : MM. Andral, Peligot.) « Thennalilé de Veau minérale de Bonnes. — De nouvelles observations thermométriques faites dans les conditions les plus précises démontrent que, dans les premières minutes, l'eau sulfureuse de Bonnes se refroidit plus promptement que l'eau du Torrent préalablement portée à la menu température de 32°. » Séance du i juillet 1861. — Température de la salle, i5°8o; exté- rieure, i5°. Apres 5 uilnut. 10™ 15 m 20 ni 25™ 30™ 35™ 40™ 45™ 50™ 55™ CO™ Eau de la Buvette à 32°. . 3o,20 29,00 37,80 27,20 26,50 25,90 25,20 24,70 24,00 23,70 23, 3o 22,70 E. du Torrent portée à 32° 3l ,20 29,40 28,5o 27,50 26,50 25,90 25,20 24,70 24,30 23,60 t3,oo 22,80 » Relevés ozonomélriques. — Des observations faites comparativement au mois de juillet 1861 aux trois stations des Pyrénées, de Paris et de Versailles, il résulte ce qui suit : » i° Aux Eaux-Bonnes la courbe de l'ozone a été en rapport direct avec la courbe de l'hygromètre Saussure ; 2 cette courbe ozonométrique a oscillé entre les nuances 5 et 16 de l'échelle Bérigny ; 3° la courbe obtenue par les papiers de M. Houzeau (deBouen) a montré une concordance parfaite avec la courbe obtenue par les bandelettes Jame (de Sedan ) ; 4° à Paris, bien que l'humidité ait toujours été assez notable de (70 à 85), la courbe de l'ozone s'est toujours tenue entre les degrés 1 et 3 de l'échelle Bérigny : 5° à Versailles il y a eu constamment plus d'ozone qu'à Paris, mais beaucoup moins qu'aux Eaux-Bonnes. » N'avons-nous pas dans ces constatations la démonstration directe que l'air de Paris n'est pas le même que l'air des Pyrénées; qu'il ne contient qm- des traces insensibles d'ozone (oxygène électrisé), tandis que cet élément existe en proportion notable dans les montagnes? » ( îo5 ) mécanique. — Immobilité d'une bille placée sur un disque tournant ; Lettre de M. J.-E. Tardif.» , à l'occasion d'une communication récente de M. Marchand. u Dans une Note de M. Marchand relative à des appareils pour l'élude des tremblements de terre, Note insérée aux Comptes rendus de l' Académie des Sciences (séance du 3o décembre 1 86 1), on lit ce qui suit : « Cependant il est dans les corps une qualité particulière que reconnaît » la dynamique, c'est l'inertie. Supposons, par exemple, qu'une bille par- » faitement ronde soit placée sur une surface unie et parfaitement horizon- » taie; si l'on déplace cette surface brusquement dans son plan en la » poussant soit à gauche, soit à droite, si l'on admet d'ailleurs que le » frottement n'existe pas, la bille n'aura pas bougé, et le déplacement du » plan par rapport à la bille pourra être mesuré. C'est celte considération » théorique qui sert de base aux instruments dont nous donnons la des- » cription dans ce Mémoire. » Maintenant, qu'il me soit permis de faire remarquer que dans une Note relative à quelques nouvelles expériencess de dynamique que j'ai pré- sentée à l'Académie le 9 avril 1 855, et insérée par extrait au Compte rendu de cette séance, je m'exprimais ainsi : « Un plateau circulaire horizontal, parfaitement poli et parfaitement plan, » de verre, d'ivoire, de marbre ou de porphyre, est fixé sur un pied vertical » autour de l'axe duquel on peut lui imprimer un mouvement de rotation » extrêmement rapide à l'aide d'un système de roues dentées » Sur ce plateau et près de son bord, je fais reposer une bille parfaitement » sphérique et parfaitement polie, de même substance que lui ou de toute » autre sur laquelle on voudra expérimenter. » Si l'on imprime alors au support le mouvement gyratoire excessive- » ment rapide dont je viens de parler, la bile conservera l'immobilité. Elle » offrira le phénomène d'un corps libre et immobile supporté par un corps » en mouvement » L'annulation du frottement par l'instantanéité étant une fois bien dé- » montrée, il restera à en déduire les applications scientifiques et pra- » tiques. » » Il résulte de ce simple rapprochement que les appareils de M. Marchand C. R., 1862, 1" Semestre. (T. LIV, N° 4.) 9 — 1.24.4 2 18(12 Janv. 1. 18.37.18 i4 18.39,0 -1-3. 9. 3i Éléments conclus par P. H. Safford. T= 1861 Dec. 6,9867 T. M. Washington. log7 =9,92400 ; Mouvement rétrograde. ' " / o = 33 1 ,3g. 10 ' Équinoxe apparent du I er janvier 1862. Q = i45 • 8.78 i 57 est la distance du périhélie au nœud ascendant ? = 4 r -58.4o dans la direction du mouvement. 27-- ( 208 ) » De ces éléments, on déduit l'éphéméride iiS h Washington. JU. ©. logA. 1862 Janv. 1 r ?.l4.4 -(- 3° 8 9,755 . 3 2l5.37 -+- 8.36 9>7'4 » 5 2l6.49 + i5 9 9- 6 75 » 7 2i8.1Q -H 22.59 9,638 » 9 220. l8 + 32. 3 9,609 » Vers le 20 janvier, la comète s'approchera du pôle nord. « M. Tuttle de son côté a calculé les éléments de l'orbite de la comète : T=i86i Dec. 6,52i3 G. M. T. a , „ TC = I 14-43.59 1 - . Q = i44.43.34 jEqmnoxe apparent. i= 4 2 - 2 6- 18 logç = 9,91944 Mouvement rétrograde. » M. Safford, assistant de notre observatoire, a récemment conclu de ses recherches sur les perturbations d'Uranus, la masse de Neptune - — - _^ — r' Cette valeur s'éloigne peu de celle que j'ai moi-même obte- nue en 1848 par la mesure des élongations du satellite, tandis. que M. Otto Struve trouve —7^ — » '449 1 M. Eue de Beaumont présente, au nom des auteurs, les ouvrages suivants : i° Au nom de M. Pouriau, un volume de ses « Eléments des Sciences physiques appliquées à l'Agriculture » . Ce volume traite de la chimie inor- ganique et comprend une étude des marnes, des eaux, etc. a Au nom de M. Massimo, un Mémoire écrit en italien, concernant 1< passage de Mercure sur le Soleil observé à Rome par ce savant. M. Ei.ie de Beaumoxt présente à l'Académie de la part de M. Zantcdeschi la description d'un spectromètre qu'il a fait exécuter, et des expériences qui ont été faites avec cet instrument sur les changements qui s'observent dans le spectre solaire. ( 2 °9 ) Il fait également hommage à l'Académie, au nom du même savant, d'un Mémoire imprimé intitulé : De la lumière polarisée des comètes, de sa nature probable, et de l'atmosphère des planètes. I! dépose enfin sur le bureau plusieurs Notes manuscrites de M. Zante- deschi, écrites en italien et relatives à différentes questions concernant l'acoustique, l'optique, l'électricité. Ces Notes sont renvoyées à l'examen d'une Commission composée de MM. Pouillet, Babinet, Duhamel, Despretz. M. Elie de Beaumoxt signale encore parmi les pièces imprimées de la Correspondance un « Traité pratique de Médecine légale >, par M. Casper, traduit de l'allemand par M. Gust. Germer-Baillière. « M. Elie de Beaumoxt met sous les yeux de l'Académie un échantillon d'or natif de la Californie qui lui a été communiqué par M. Marcol. Cet échantillon, dont la forme est pyramidale, présente sur ses différentes faces des lignes saillantes disposées avec une sorte de régularité et même de sy- métrie. La question serait de savoir quelle est l'origine de ces figures. C est dans ce but que M. Élie de Beauinont dépose l'échantillon sur le bureau de l'Académie. Il rappelle à cette occasion que, clans la séance du i er février 1 84 1 , il a présenté à l'Académie, de la part de M. Amédée Burat, de l'or natif en feuillets très-minces, trouvé entre les feuillets de certains schistes dans les mines de Taquary, province de Minas (au Brésd). Par leur aspect cristallin et par la manière dont ils reproduisaient tous les accidents des surfaces schisteuses, ces feuillets d'or rappelaient les productions galvano- plastiques (Comptes rendus, t. XII, p. 252). » MM. de Senarmont, Delafosse et Daubrée sont invités à examiner l'échan- tillon communiqué par M. Marcol. PHYSIQUE DU GLOBE. — Température de l'océan Atlantique comparée à celle de l'air, depuis Soulhampton jusqu'à la Havane; Lettre de M. A. Poey à M. Élie de Beaumont. « Dans ma traversée à la Havane, du 3 au 22 novembre dernier, j'ai, d'après l'invitation de M. Charles Sainte-Claire Deville, et dans l'intérêt général de la science, entrepris, à différentes heures de la journée, des observations ( 2I ° ) simultanées sur l'état thermométrique des eaux de l'Océan et de l'air, sur les vents régnants, la pression barométrique, l'électricité et la polarisation atmosphérique, la salure de la mer et autres questions. Des observations de cette nature effectuées en pleine mer sont d'un très-grand intérêt au double point de vue de la science pure et de la navigation. C'est en discu- tant des milliers d'observations principalement faites par la marine améri- caine que le lieutenant M.uiry est arrivé à abréger jusqu'à quatorze jours les traversées d'un point quelconque des Etats-Unis à l'Amérique du Sud. ( l'est aussi par la même voie que M. Ch. Sainte-Claire Deville a eu connais- sance des pôles de chaleur et de froid qui tourbillonnent dans la mer des Antilles ! i ), où les courbes s'infléchissent concentriquement. » Je me bornerai pour le moment à fixer l'attention de l'Académie sur l'influence qu'exercent les hauts-fonds sur l'état thermique des eaux de 1 Océan, phénomène qui fut observé pour la première fois en 1776 par Blagden (a), confirmé en 1 789 par Jonathan Williams (3), et plus tard par de Humboldt (4), John Davy (5), Pérou (6) et autres observateurs. L'abais- sement de température que l'on éprouve à l'approche des terres est telle- ment sensible, qu'il peut révéler au navigateur l'existence d'un haut-fond ou d'une côte encore invisible. Williams a souvent observé un abaissement île 1' centigrades pour trois heures de marche lorsqu'on était encore fort loin de tout danger. M. de Humboldt fait à cet égard la remarque judicieuse que « l'observation que la proximité d'un banc de sable est indiquée par un . abaissement rapide de la température de la mer à sa surface n'intéresse » pas seulement la physique, elle peut aussi devenir très-importante pour » la sûreté de la navigation. L'usage du thermomètre ne doit certainement » pas faire négliger celui de la sonde; mais plusieurs expériences prouvent » suffisamment que des variations de température sensibles pour les instru- [ 1 Recherches sur les principaux phénomènes de Météorologie et de la Physique générait aux Antilles Paris, 1849, ' n "4"> P- '89-229. — Annuaire de la Société Météorologique de France, i853, t. I, p. i6o-i65, avec une .carte. 2 Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis d'Amérique. Paris, i8o3, t. I, p. 23l. 3) Mémoire sur l'emploi du thermomètre dans la navigation, lu en i"i)0 à la Société Philosophique de Philadelphie, et traduit en espagnol par Vimercati. Madrid, 1 71 >4 ' in-8°. I Voyage aux régions équinoxiales. Paris, 1816, in-8", p. 109, I2q-i3l, >45, i5i. 3 Lu à la Société Royale de Londres, les i3 et 22 mai 181 7. (> / oyage de découvertes aux terres australes. Paris, 1816, in-4°, t. II, p. 3-.>-4-34 7 . ('2.1 ) » ments les plus imparfaits annoncent le danger Longtemps avant cpie le » vaisseau se trouve sur les hauts-fonds. Dans ce cas, le refroidissement de •> l'eau peut engager le pilote à jeter la sonde dans des parages où il se croyait » dans la plus parfaite sécurité ( i). » » Voici la moyenne diurne des observations que j'ai effectuées de Soutb- ampton à la Havane, du 3 au 11 novembre dernier, à bord >\u bateau à vapeur l'Atlrato : Tempérifhire Tèropérhtùïe Jours. 1I1 la nier. de Pair. Vents. Boromèl 1 3 l3,75 12 o.-s. 0. 3o ,o4 î5o -4 -S.-O. «1 . 19 5 15,75 i5 O.-S.-O. 3o,o5 6 17,75 16, 5o O.-N.-O. 2.g , 02 7 2 I , 25 i5 ,5o O.-N.-O. 29,01 8 18, 5o («■) 1 9 , 00 O.-N.-O. 29,04 9 22,2.5 20 ,75 S.-E. 29,08 10 22, 5û 2T ,00 0. au S. 29,06 1 1 22, 7 5 2 1 ,25 O.-S.-O. M,, n4 12 25,0O 24 , 00 0. 29,05 i3 25,25 24,25 O.-S. auO. 30,07 ■4 26,75 2.5 , OO S.-O.-O. 3o ,08 .5 27,75 24,75 («) S. 3o ,02 16 27,25 26,75 S. 29,07 '7 27,00 {') 27,50 E. 29 , 06 18 2 7 ,25( rf ) 26 , 5o N.-O. 1.. , >6 '9 ?7,oo(') 25,00 N.-N.-E. » „ 20 27 ,5o 26,75 N-.N.-O. » » 21 27,25 (/) 26,00 N.-N.-O. » ., > 2 27,O0(^) 26,50 E.-S.-E. » » 26,00 ( A ) 27 ,00 E.-S.-E. 1 i> » (1) Voyage aux régions équinixxiales du Nouveau Confinent, Paris, 1816, t. I, |i. 100. (■) En vue des Açores et à proximité de 4 kilomètres. ( 6 ) Ciel couvert. (') Dans la rade de Saint-Thomas. [ d ) En vue de Samana. En vue du càp Grange Mont Christi, à Saint-Domingue ). (') En vue de Moron, à Cuba . (*) En vue de Matauzas, id. f' 1 ) Dans la baie de la Havane. ( 212 ) » Ce tableau confirme en effet l'exactitude des observations de Blagden et de Williams. Ainsi la température de l'eau a éprouvé un abaissement marqué à l'approche des hauts-fonds ou des terres, comme prés des Açores, dans la rade de Saint-Thomas, dans la baie de la Havane et proche des îles de Puerto-Rico, Saint-Domingue et Cuha, ou soit de Samana, du cap Grange, de Moron, de Matanzas et delà Havane. » chimie INDUSTRIELLE. — Recherches sur lu composition des joules; application à la théorie du puddlage ; par MM. Mixary et Résal. « On admet généralement que la fonte est une combinaison du fer avec le carbone en proportion variable entre 3 et 5 pour ioo, alliée à de petites quantités de quelques autres corps, le silicium, le manganèse, le phos- phore, etc., dont la présence n'est qu'accidentelle et ne dépend que de la nature des minerais employés; ces derniers corps ne doivent pas ainsi être considérés comme des éléments constitutifs de la fonte, bien qu'ils en mo- difient les propriétés physiques dans certaine mesure. » Les nombreuses expériences que nous poursuivons depuis deux ans nous ont conduits à envisager sous un autre point de vue la transformation des minerais en fonte, et à donner l'explication de quelques-unes des réac- tions qui se produisent dans les hauts fourneaux, sur lesquelles on ne pos- sède, à notre connaissance, que quelques notions très-vagues. Toutefois nous ne nous occuperons dans cette Note que de la composition des fontes et des conséquences qui en découlent relativement au puddlage, en nous réservant de revenir plus tard sur la question des hauts fourneaux dès que jious aurons groupé tous les documents qui s'y rattachent. » La classification naturelle des fontes, basée sur leur aspect physique, est la suivante : i° les fontes grises ou noires; 2° les fontes blanches, cris- tallines, lamellaires; 3° les fontes blanches grenues, caverneuses. » Les fontes de la première catégorie sont uniquement composées de fer carburé, dans lesquelles la proportion du carbone varie entre 3 et 5 pour joo. » Les fontes de la deuxième catégorie sont des mélanges de fer carburé et de fer oxydé, l'oxygène et le carbone se trouvant à peu près dans la pro- portion de leurs équivalent; dans les fontes de la troisième catégorie la proportion d'oxyde de fer est plus grande que dans les précédentes, ou autrement l'oxygène s'y trouve en excès relativement au carbone. ( si3 ) >• La fonte grise pu noire, ne renfermant pas ou peu d'oxyde de fer, ne peut être affinée qu'en lui fournissant l'oxygène nécessaire pour brûler son carbone : c'est ce qui a lieu dans l'affinage francotntois et dans l'application du procédé Bessmer. » Dans les fours à puddler, c'est par l'addition d'oxvde de fer, de fer- railles brûlées, de battitures, etc., que l'on fournit à la fonte l'oxvgéne qui lui manque et qu'on la convertit en fer. » La fonte blanche cristalline, renfermant tout l'oxygène nécessaire à l'élimination de son carbone, n'a besoin d'aucune addition pour être affi- née : il suffit d'une fusion prolongée et d'un brassage qui amène en pré- sence les molécules d'oxyde et celles de fer carburé qui réagissent les unes sur les autres en produisant un dégagement d'oxyde de carbone; c'est ce qui donne lieu à la montée de la fonte et à uneébullition apparente, à la suite de laquelle le fer est constitué. » La fonte blanche grenue, de même que la précédente, n'a besoin d'aucune addition pour être affinée, la surabondance d'oxyde qu'elle ren- ferme détermine une réaction beaucoup plus prompte et qui dure moins longtemps. Le fer est constitué dans un temps plus court, mais il conserve l'excès d'oxyde ou d'oxygène que la fonte renfermait en trop. Le fer qui en résulte est blanc, lamellaire; il est cassant et de mauvaise qualité. » Cette fonte perd en qualité à mesure que le nombre de cavités augmente ou qu'elle devient plus caverneuse. » La structure caverneuse des fontes blanches est due à un commence- ment d'affinage dans le creuset du haut fourneau ; aussi observe-t-on dans ce cas au moment de la coulée de nombreux jets de flammes bleuâtres caractérisant la combustion de l'oxyde de carbone qui s'échappe de la fonte et auxquels est due la formation des cavernes après la solidification. » Nous avons reconnu depuis longtemps la présence de l'oxygène dans certains fers, principalement dans ceux que l'on obtient par le procédé Bessmer; c'est ce qui explique pourquoi cette méthode exige l'emploi ex- clusif de fontes grises, pourquoi elle ne peut donner que de l'acier ou du fer aciéreux déjà chargé d'oxygène, ou du fer cassant en prolongeant suf- fisamment l'opération. » La fusibilité du fer augmente avec la proportion d'oxygène qu'il ren- ferme; ainsi en plaçant l'un à côté de l'autre, dans le fourneau à vent, deux creusets identiques renfermant des rognures de fer au bois, de pre- mière qualité, et en mettant dans le second une certaine proportion d'oxyde C. P,., 18C2, 1" Semestre. (T. L1V, N° 4.) a8 ( *<4 ) de ter, après un coup de feu, les fragments de fer du premier creuset ont conservé leur qualité primitive, quoiqu'ils se soient légèrement soudés entreaux; mais le second creuset nous a donné un culot de fer lamellaire et de couleur blanche parfaitement identique aux fers dont nous avons parlé plus haut; ce fer se soude bien, mais dès qu'on le forge à chaud, il se pro- duit des criques sur les parties saillantes. » MÉTALLURGIE. — Note sur les laitiers des hauts Journeaux ; par M. Ch. Mèxe. « En général les laitiers des hauts fourneaux ont été peu étudiés, car on ne possède guère sur ce sujet qu'un chapitre de Berthier [Voie sèche,ll e vol.); un article de Valerius (Métallurgie du fer et de la joute, I er vol.) dans lequel est cité un travail remarquable de Platner, sur la fusibilité de quelques silicates, une série d'analyses de M. Rammelsberg (Annuaire de Chimie, par MM. Millon et Reizet, 1849), et quelques petites Notes sur certaines substances qui se trouvent accidentellement dans ces scories. Cependant l'analyse et la connaissance de ces matières sont de la plus haute impor- tance pour la métallurgie; car c'est d'après leur composition et leur ana- lyse qu'on doit diriger la marche des hauts fourneaux. C'est de la science, et non pas de la pratique. M'étant occupé de ces études depuis près de cinq ans (au Creuzot, à Terrenoire, Pont-Evèque, Lavoulte, etc.), je crois pou- voir aujourd'hui en formuler deux conclusions très-nettes, d'autant mieux que la métallurgie a fait pour la marche des hauts fourneaux des progrès vraiment remarquables. « On peut dire en thèse générale : i°que tous les laitiers sont des com- posés chimiques paijaitcment définis; car si l'on veut calculer en formules leurs résultats numériques, on y trouvera toujours des équations très- régu- lières. J'en donnerai pour exemple les séries suivantes prises au hasard dans près de trois cents analyses que j'ai pu faire pour les usines où j'ai tra- vaillé. Je ne parlerai aujourd'hui que des hauts fourneaux au coke et à l'air chaud. ( 215 ) - ui m r- C) ce -rt -rt !>■ UT O • =■ O o O o o O rt O o o O o O : O o o rt O O O rt « o O rt o rt « U rt rt U un « rt rt O Ci **3" es ^r M eo C3 lO „ co c/j M S ô Ô ô Ô o O o Ô 7\ O O s o O O c/ï o Ô Ô C/3 «3 C/3 n M « c/3 M aï c/3 en c/3 c/3 es c/î « + + + + + + + + + + + + + + + + + + rt O o c o O O O O O O O O o O c Z o O o fc. •* o> 31 °* , ■* , « « « 01 •• ( 01 •1 01 ai oi < ■< < < ■< •< < ■< < ". < O co "-^r fo 'U N CS r^ Ci 00 _ iO O M o os Os 00 LD in « 00 3Ï O o Cl Ci 00 a> u-l ce co ^cr ce Ci O Ci Ol a « « rt M d es « CT o rt es « « M es fS ci es 5 " — ^ z: — — — a. o u o o o — — - £ S S o o o O O U = S ï a — CL. H 53 -J - - - !iS.. ( 21(3 ) » On peut dire : 2° que les meilleures marches de hauts fourneaux pour ohtenir de honnes fontes hlanches (et non blanchies) sont celles qui ont un excès de chaux ou une formule de SiO s , APO 3 -t- SiO 3 , 4CaO (i). Berthier, du reste, avait dit : « En général, il y a avantage à introduire dans » les laitiers la plus forte proportion de chaux qu'ils puissent admettre » sans cesser d'être bien fusibles, parce que cette terre tend à enlever le » soufre et le phosphore au fer, pour former un sulfure, etc. » Seulement Berthier n'avait pas indiqué quelle était la limite de cette mesure ; il est même probable que ce savant n'en avait pas supposé la quantité devoir être aussi torte que celle qu'on emploie aujourd'hui, car il dit en parlant d'un laitier d'Ancy-le-Franc (qui donnait à l'analyse, silice o,5o2, chaux o,354, alu- mine 0,126, etc., etc.) : « Ce laitier contient plus de chaux que les autres; » cependant il est bien fusible et la fonte est bonne. » » Dans une prochaine communication je parlerai des fourneaux au bois. » CH1MIK. — Mémoire sur les combinaisons de [iode et de télain ; par 31. J. Personne. « Quand on étudie l'histoire très-abrégce des composés d'iode et d'étain exposée dans tous les Traités de Chimie, depuis l'édition de Bc-rzélius ( 1 83 1 ) jusqu'à nos jours, ainsi que les Mémoires antérieurs et postérieurs à cette époque (2), on est tout d'abord frappé par la différence des propriétés que les auteurs assignent à ces composés. C'est ainsi que, selon Berzélius, le proto-iodure est très-fusible et se sublime à une température plus élevée. Selon les auteurs modernes, au contraire, ce proto-iodure est fixe à la tem- pérature rouge. » D'un autre côté, tous les auteurs s'accordent sur le mode dé prépara- tion du proto-iodure : le procédé consiste à chauffer dans une cornue a parties d'iode et 1 partie d'étain en poudre, c'est-à-dire des équivalents égaux de chacun des constituants. Suivant eux, « il se sublime un peu de » bi-iodure S 11 1 2 et la masse consiste en proto-iodure fixe à la température » rouge; une partie de l'étain reste inattaquée. » » Si ce mode de préparation du proto-iodure était exact, il en résulterait ( 1 ) Ou en moyenne pour 100, silice 38, alumine 20, chaux 4?-. (2) Polydore Iîoulay, Académie des Sciences, 1827. — Th. Hcnrv, Journal de Chimie [sta- tique. /Innuairc de Millon et Reizef, 1847. ( 2I 7 ) ce fait singulier, que l'action de l'iode sur l'étain serait différente de celle du chlore et du brome sur ce métal, tandis que nous sommes habitués à voir ces trois métalloïdes agir d'une manière toute semblable sur les métaux. » Le résultat de mes observations étant venu confirmer mes doutes sur les propriétés attribuées au proto-iodure d'étain ainsi que sur son mode de préparation, j'ai pensé qu'il y aurait un certain intérêt à reprendre l'étude de tous ces composés. C'est le résultat de ce travail que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie dans cet extrait. » Action de l'iode sur l'étain* — Si l'on fait agir directement l'iode sur l'étain à équivalents égaux (21 grammes d'iode et 10 grammes d'étain en poudre), le mélange étant placé dans un tube scellé pour éviter la perte d'iode qui serait occasionnée par la violence de la réaction, l'action commence vers -+- 5o° ; elle est des plus énergiques, avec production de lumière ; la masse entre en fusion complète. Le tube étant brisé après refroidissement, on trouve un culot d'étain métallique qui représente exactement la moitié du métal mis en expérience et un corps rouge, très-fusible et volatil : c'est le bi-iodure Su P, ainsi que le démontre l'analyse (1). » Il ne se produit encore que du bi-iodure et jamais de proto-iodure, par l'action de l'iode sur l'étain, presque à la température ordinaire. Il suffit, pour cela, de faire agir l'iode, par très-petites quantités à la fois, sur un excès d'étain au sein du sulfure de carbone. La combinaison a lieu à la tem- pérature ordinaire avec élévation de température qu'on peut modérer à volonté, de manière à la rendre presque nulle. Quel que soit l'excès d'étain employé, il ne se produit que du bi-iodure Su P qui se dissout dans le véhicule au sein duquel se fait la réaction, » Bi-iodure d'étain.— Le bi-iodure d'étain est d'une couleur rouge-orangé ; il cristallise en octaèdres qu'on peut obtenir bien définis par voie de fusion ; par l'évaporation lente de sa dissolution sulfocarbonique, il donne aussi des cristaux du même système, mais toujours modifiés. Il se présente encore sous la forme de croûtes cristallines rouge-orangé, i°en laissant évaporer à l'air sa dissolution dans l'acide iodhvdrique en excès ; »° en traitant une dissolution concentrée de protochlorure d'étain par une dissolution égale- ment concentrée de bi-iodure de potassium. Il entre en fusionà -+- 1/(6° en émettant des vapeurs jaunes, se solidifie à -f- i4^°- Son point d'ébullition ne peut être déterminé par le thermomètre à mercure, la grande densité de (1) Sn 0' obtenu.... 24 pour 100. I trouvé 80,70 pour 100. calculé. ... 23 96 calculé 81 ,07 ( m8 ) sa vapeur exigeant une température supérieure à celle de 1 ébullition du mercure pour passer à la distillation. Toutefois, le réservoir du thermomètre étant placé aussi près que possible de la surface en ébullition, la colonne mercurielle reste stationnaire à -+- 295°. Selon les Traités de Chimie, il se volatilise à -4- 180 . La vapeur se condense à la surface des corps froids en belles aiguilles rouge-orangé, ressemblant, quant à la forme, aux aiguilles de sel ammoniac sublimé. » L'eau le décompose en acide iodhvdrique et bioxyde d'étain. Il est très-sol uble dans le sulfure de carbone et le chloroforme; il se dissout bien également dans la benzine, l'éther et l'alcool parfaitement anhydres; mais, de même que le bichlorure d'étain, il paraît contracter une combinaison avec ces trois derniers menstrues. » Le bi-iodure d'étain ne paraît pas former d'oxydo-iodures, du moins je n'ai pu en produire. Je n'ai pu également l'unir auxiodures alcalins. » Mais il absorbe très-bien le gaz ammoniac sec et forme avec lui trois combinaisons : i° 2(SnI'), 3AzH 3 composé jaune renfermant 7,5g pour 100 de gaz ammoniac. 1" SnF, aAzH- 1 « blanc » 9>86 » 3° SnP, 3AzH ; * blanc » 14 , 1 5 » » Tous ces composés sont volatils et décomposables par l'eau en acide stannique, iodure d'ammonium el ammoniaque qui se dégage. Ils s'obtien- nent facilement par l'action du gaz ammoniac sec sur le bi-iodure en so- lution dans le sulfure de carbone on dans l'éther anhydre. Ces composés sont tout à fait comparables, par leur composition, aux combinaisons ammoniacales obtenues avec les chlorures et bromures métalliques par MM. II. Rose et Rammelsberg. » Proto-iodure détain. — Le proto-iodure ne peut s'obtenir qu'en traitant 1'étain en poudre par une dissolution concentrée d'acide iodhydrique, ou bien par double décomposition, comme l'a déjà obtenu Polydore Boulay, en versant une dissolution de protochlorure d'étain dans une dissolution moyennement concentrée d'iodure de potassium; on obtient ainsi de belles aiguilles rouges à reflet jaune. Ces cristaux retiennent de l'eau qu'une des- siccation de trente jours dans le vide sur l'acide sulfurique ne peut leur faire perdre entièrement. Ainsi desséchés, ils fondent au rouge sombre en donnant des vapeurs d'acide iodhvdrique et de bi-iodure d'étain. Ils distil- lent à la température de fusion du verre vert. Selon les Traités de Chimie, |e proto-iodure est fixe à la température rouge. ( 2I 9 ) » Ainsi distillé, ce proto-iodure se présente sous forme d'une masse cris- talline d'un beau ronge vif, qui fournit une poudre rouge-vermillon. L'eau le décompose en partie en oxyde d'étain et acide iodhydriquc qui empêche la décomposition ultérieure de l'autre portion. Il se dissout à chaud dans les solutions aqueuses de chlorures et iodures alcalins, ainsi que dans l'acide chlorhydrique étendu. Le chloroforme, le sulfure de carbone et la benzine le dissolvent en petite quantité. L'analyse lui assigne bien la formule Snl (1 ;. » Oxydo-iodure. — Le proto-iodure d'ét;iin s'unit à l'oxyde d'étain pour former plusieurs composés qui s'obtiennent par l'action de l'eau froide et chaude sur le proto-iodure hydraté et plus facilement sur la combinaison de proto-iodure d'étain et d'iodure de potassium. J'ai pu produire ainsi quatre composés assez bien définis : Calcul. i u 3(SnI), SnO renfermant 38, 23 d'étain et 60, 4o d'iode Sn = 37,7i I=6o,84 2° 3(SnI), aSnO « 43,38 » » 42,73 3° Snl, SnO » 46,93 » » 46,75 4° Snl, 2SnO » 54,4o » » 55 ,4 1 <> » Ces composés sont pulvérulents, orangés ou jaune clair : leur altéra- bilité au contact de l'eau rend leur obtention avec une composition con- stante assez délicate. » Iodures doubles. — En reproduisant les iodures doubles avec les iodures alcalins, j'ai vérifié la parfaite exactitude des faits décrits par Polydore Boulay dans son Mémoire. J'ai seulement constaté de plus la présence de l'eau dans les iodures doubles de potassium et d'ammonium, les seuls que j'ai reproduits. Ainsi le sel obtenu avec l'iodure de potassium, d'un très- beau jaune de soufre, séché entre des feuilles de papier Joseph, renferme 9 équivalents de HO; il en perd 6 équivalents ou 8,55 pour 100 dans le vide sur l'acide sulfurique ou à la température de + no°. Le calcul donne 8,77. Chauffé à -4- i4o-i5o°, il donne des vapeurs d'acide iodhydriaue. Le dosage de l'étain et de l'iode conduit à la formule 2(SnI)KI, 3HO. Sn trouvé = 20,77 P our I0 °- * trouvé =68,06. Le calcul, d'après cette formule, donne Sn = 20,g4; 1 = 67,30. (1) Sn trouvé pour 100 = 32,o6; 1 = 68,27. Sn calcule » = 3i,8a; 1 = 68, 18. ( 220 ) » Polydore Boulay avait asssigné à ce composé la formule 3(Snl)RI; mais il n'avait dosé que l'iodure de potassium à l'état de chlorure de po- tassium en chauffant le sel dans un courant de chlore. Il avait du reste trouvé un nombre trop fort, comme il le constate. » L'iodure double d'ammonium a pour composition 2(SnI)AzH'I, 3H0; trouvé Su = 21 ,70 pour ioo ; 1 = 68,24; AzH 3 = 3, 16 pour 100 ; calculé d'après la formule, Sn =21,76; 1 = 68,95; AzH 3 = 3, 14 pour 100. » Outre le mode de préparation indiqué par Polydore Boulay, qui con- siste à verser une dissolution de protochlorure d'étain dans une dissolution concentrée d'iodure de potassium, j'ai obtenu aussi ces composés par l'ac- tion de I iode sur l'étain en poudre au sein d'une solution concentrée de chlorure de potassium et d'ammonium : procédé en tout semblable à ce- lui que M. Nicklès a dernièrement décrit pour la préparation des iodanti- monites. » Il résulte donc des faits exposés dans ce travail que l'action de l'iode sur l'étain est tout à fait semblable à celle du chlore et du brome sur ce métal, et que les iodures d'étain sont comparables par leur composition et leurs propriétés chimiques aux chlorures et bromures du même métal. ■> J'ajouterai en terminant que le bibromure d'étain peut être préparé, comme le bi-iodure, par l'action du brome sur l'étain au sein du sulfure de carbone. Cette opération peut même être mise à profit pour déceler la pré- sence des plus petites traces d'iode dans le brome. En effet, l'affinité du brome étant plus forte que celle de l'iode, il en résulte que le brome, en- trant d'abord en combinaison, disparaît complètement, en abandonnant son iode, dont la présence est alors manifestée par la coloration violette ca- ractéristique que produit sa dissolution dans le sulfure de carbone. » CHIMIE ORGANIQUE. — Note relative à l'action de l'ammoniaque sur l'acide monobromobulyriquc et aux acides dibromobutyrique et dibromopropionique ; par MM. Fmedel et Y. Machuca. « Dans une Note présentée à l'Académie des Sciences du 20 du présent mois, M. Cahours a bien voulu citer avec bienveillance notre travail sur l'acide monobromobutyrique, et confirmer les résultats que nous avons ( 221 ) publiés. Nous sommes heureux de nous trouver d'accord avec M. Cahours sur d'autres points encore, et notamment sur la production d'un corps azoté homologue du glycocolle et de l'alanine par l'action de ['ammo- niaque sur l'acide monobromobutyrique. » Dans la séance du 19 décembre 1861 de la Société Chimique de Paris, nous avions annoncé la production de ce corps, ainsi que colle des acides dibromobutyrique et dibromopropionique (1). Nous attendions, pour sou- mettre à l'Académie ces nouveaux résultats, d'avoir complété l'étude de ces divers composés, et en particulier d'être parvenus à transformer les acides bibromés en acide dioxybutyrique et en acide glycérique ou en un isomère du dernier acide. Quoique ce travail ne soit pas encore entière- ment terminé, nous pensons ne pouvoir pas tarder davantage à communi- quer à l'Académie les faits suivants : » L'ammoniaque alcoolique agit avec la plus grande facilité sur l'acide monobromobutyrique ; en maintenant pendant un certain temps à la tem- pérature dubain-marie un vase scellé renfermant ces deux corps, on voit se produire bientôt un abondant dépôt de bromhydrate d'ammoniaque. Le con- tenu du matras ayant été dissous dans l'eau et soumis, après addition de li- tharge en poudre, à l'ébullition jusqu'à ce que les vapeurs d'eau ne fussent plus mêlées d'ammoniaque, on a obtenu une solution qui, filtrée et traitée par l'hydrogène sulfuré, a donné un abondant précipité de sulfure de plomb. La liqueur, légèrement acide au papier réactif, a fourni par évapo- ration de belles lamelles blanches, nacrées, d'un corps renfermant Trouve. Théorie (€ 4 H 9 AzG* 2 ). C 46,5. 46,60 H 8,89 8, 7 3 Az i3,45 1 3 ,5 » C'est donc bien, d'après la formule, un homologue du glycocolle, que MM. Perkin et Duppa et M. Cahours ont obtenu dans une réaction ana- logue. Les propriétés du corps nouveau sont tout à fait pareilles à celles du glycocolle. Sa saveur est sucrée; en solution dans l'eau, il rougit légère- (1) Bulletin de la Société Chimique de Paris, 1861, n° 6. — M. R. Schneider {Pogg., CXIII, pag. lôg 1 ) dit que dans ces circonstances il se produit un acide qu'il regarde comme l'acide amidobutyrique. C. R., 1862, I er Semestre. (T. L1V, N° 4.) 29 ( 222 ) nient le papier de tournesol. Il est assez soluble dans l'eau, moins solnble dans l'alcool. Il forme avec l'acide chlorhydrique une combinaison cris- tallisable en beaux prismes qui paraît se détruire déjà à la température de ioo°. La combinaison avec l'oxyde de plomb se présente en fines aiguilles cristallines; racidecarboniquedel'air suffit pour séparer peu à peu le plomb de sa solution. » L'acide dibromobutyrique a été obtenu en faisant agir 2 atomes de brome, dans un tube scellé, à j4o°, sur l'acide monobromobutvrique. Poui préparer ce dernier dans un état de pureté complète, et pour éviter les pertes de matière provenant d'une légère décomposition qui se produit lorsqu'on distille l'acide monobromobutyrique sous la pression atmosphé- rique, nous avons distillé cet acide dans le vide. Il bout vers 1 io° sous la pression de 3 millimètres de mercure. L'acide dibromobutyrique brut a également été distillé dans le vide en fractionnant les produits a plu- sieurs reprises. Celui que nous avons obtenu, bouillant vers i4o u et sous 3 millimètres de mercure de pression, renfermait 66 pour 100 de brome, au lieu de 65 qu'exige la théorie. » Il était liquide, ce qui tient peut-être à ce qu'il n'était pas aussi pur que celui obtenu par M. Cahours, et qui s'est présenté sous forme de cris- taux. » L'acide dibromopropiooiqae se prend en une masse cristalline an mo- ment où l'on ouvre les tubes dans lesquels s'est produite la réaction du brome sur l'acide monobromopropionique. Après qu'on a purifié ces cris- taux en les exprimant entre des doubles de papier, ils sont blancs, solubles dans l'eau, et cristallisent facilement par évaporation à l'air d'une solution concentrée. Ils fondent à 65° et distillent vers 227 en s'altérant un peu. » Ils renferment : 'trouve. Théorie. C , '5,47 i5,5i H 1,91 i,7 2 Br 68,88 68,i,6 » Les deux acides bibromés précédents réagissent facilement sur l'oxyde d'argent en présence de l'eau, et fournissent, après traitement par l'hy- drogène sulfuré et saturation par la chaux, des sels de chaux précipitables par l'alcool comme le glycérate, mais que nous n'avons pas encore pu jusqu'ici obtenir dans un état convenable pour l'analyse. » ; 22 3 ) ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Détermination de quelques intégrales définies; Note de M. P. Voi.piceixi. « Pour trouver l'intégrale définie / cos(rt +■ «5)cos(£ -\- pQ) sin (c ■+- qO cij , où les a, b, c, n, p, q sont des constantes quelconques, nous pourrons em- ployer. les relations trigonométriques suivantes : cos x cos y = - [cos (x -+- y) -+• cos(x — y)], x sin y = - [sin(.r -+- y j — sin [x — y) ]; cos et nous aurons (') Jcos^rt -+- n5)cos{b -+- pO) sin K c -t- qO){/j i j cos ja+J+t) — cos \a -+- b -t-c-f- (n -\-p-\-q )it] \ n + p-\- q cos ( c — a — b) — cos [c — 17 — b -\-lq — n — p)i:] q — n—p cos (a — b -\- c) — cos [ a — b -+- e -f- ( « — p -+- q ) tt ] n—p-hq cos [b + c — a) H - — COS [6 + C — a-\-( p -\-q — ^p]) p + q — n Cette formule prend la forme - quand un de ses dénominateurs est nul; mais il est facile, dans ce cas, de la déterminer suivant les règles connues. Si les quantités rc, p, q sont entières, on voit facilement que la (î) se réduit a la / cos [a -h nO) cos (b + pO) sin(c -+- qO)dù -p + -t- 7 L J /) + ?-« I 2 9 . ( 224 ) En supposant a = b = c = o, nous déduirons de la (2) J cos n6 cos }> r j smqôdS 4L "- (3) •p + q q—n — p u — p + q p + q — /> Supposons dans la (3) q = 1, et l'on aura l I cos nO cos /j 5 sin q 6 d$ (4) ' Soit de la (2) on obtiendra C = --c, q=- q. j cos(rt + nO)cos(b + pQ)cos(c' ■+■ q'Q)'d6 Jo _ 1 ([1 — (— i)" + P-i']i\n( — a — b-hc') [1 — (— 1 )-»'-"-f] sin (c' + imprimé par erreur g h 3o m au lieu de 9 h Zcf. » Dans la séance du 3o décembre [Compte rendu, p. 12^0), M. Valz a réclamé contre cette inexactitude, sans s'apercevoir qu'elle tenait à une faute d'impression. » J'ai rétabli le fait dans toute sa simplicité à la séance suivante [Compte rendu du 6 janvier, p. 16); j'ai montré que le nombre en question résultant de la somme de deux autres nombres donnés exactement, la nature de l'er- reur se voyait d'elle-même. C. R., 1862, i lr Semestre. (T. L1V, IN» à.) 3o ( 2 3o ) u Dans la dernière séance (Compte rendu, p. 190 , M. \ al/ insiste et issure qu'il ne s'agit pas d'une faute d'impression. » Sans m'arrêter à plus d'un point regrettable dans la Note de M. Valz, il suffira, pour y répondre péremptoirement, de transcrire les passages sui- vants de deux Lettres consécutives de M. Simon, dont la première a été écrite le jour même du passage de Mercure, et qui l'une et l'autre portent très-nettement 9 h 39' u et non pas 9 h 3o m . n Marseille, te 1 2 novembre... « A 9 b 39 ra , le Soled s'est laissé voir un instant » à travers un nuage léger et nous avons aperçu distinctement Mercure près n du bord inférieur » Signé Simon. >> Marseille, le 18 novembre.... « C'est à 9 h 39 m -t-i5 ou 20 secondes, que » j'ai aperçu Mercure sur le disque solaire, très-près du bord inférieur....» Sic/né Simon. » J'ai l'honneur de placer les deux Lettres de M. Simon sous les j eux du Bureau de l'Académie. » On ne voit pas du reste quel but peut se proposer M. Valz. » ASTRONOMIE. — Eclipse de Soleil du 3i décembre 1861. — Observations météorologiques fuites à Paris. — Observations astronomiques et météoro- logiques faites à Marseille; Note de M. Le Verrier. « Ainsi qu'où le sait, l'éclipsé de Soleil du 3i décembre 1861 n'a pu être observée à Paris, le ciel ayant été constamment couvert et l'horizon chargé de brouillards. » On n'a pas laissé de suivre avec attention les variations des instru- ments météorologiques. Il résulte des observations de M. Charault sur la température : i° que le maximum diurne se produisit vers 2 h 3o m ; 2 qu'à partir de cet instant la température s'abaissa jusque vers S^ao™, où se présenta un minimum; que de 3 b 25' n jusque vers3 h 55 m , les thermomètres accusèrent un faible réchauffement d'un demi-degré, promptement suivi du refroidissement nocturne. Les deux maximums et minimums eurent lieu très-près de o°. On sait que l'éclipsé commençait à 2 h 2 m , finissait à 4 h 8 m et que le Soleil se couchait à 4'' 1 1'". » La pression atmosphérique, l'état hygrométrique de l'air, l'intensité et la direction du vent n'ont pas sensiblement varié. » La déclinaison magnétique a régulièrement suivi sa marche diurne : elle fut Irouvéeégaleà r9°i4',9 '» i h 3o m et égale à r9°i2',6 à 4'' 35 m . L'in- clinaison n'a non plus présenté aucune anomalie. ( 23, ) » Le temps a été très-beau à Marseille. M. Simon a pu observer, non- seulement le premier contact, mais même le second, à travers de légers nuages roses qui voilaient le Soleil près de l'horizon. Voici les résultats qu'il a obtenus en temps moyen de Marseille : Premier contact. ..... 2 h i7 m 5g",2. Deuxième contact... . 4 h2 9 m 4 2S '4- » Le premier instant est douteux, comme il arrive toujours, pour le commencement des éclipses. » L'observation d'une boussole de variation n'a donné à M. Simon que des résultats négatifs. » Pendant l'éclipsé, le baromètre est resté à peu près stationnaire et l'abaissement de température peu marqué comme on en peut juger : h 01 2. O 12.9 b m 3. , .2.4 Il tu 4. . ,1.4 2.l5 12. 7 3 i5 11. 8 0. i5 1 1 . 1 a.3o 12. 7 3 3o 11. 6 o.3o 10.8 2.45 12.5 3.45 11. 6 » Le vent de l'est-sud-est était assez fort. La flèche du croissant lumi- neux ayant été réduite aux o,35 du diamètre du Soleil, l'affaiblissement de la lumière a été très-sensible. » astronomie. — Tables fie Venus et de Mars; Note de M. Le Verrier. « J'ai l'honneur d'offrir à 1 Académie le volume de nos Annales qui contient les Tables de Vénus et de Mars. » Je saisis cette occasion de donner la comparaison de mes Tables du Soleil, de Mercure et de Vénus, avec les observations faites à Paris et à Greenwich dans les quatre années i856 à 1809. Je me borne à la plus im- portante des coordonnées, celle qui définit surtout le mouyement dans l'or, bite, l'ascension droite. » La correction moyenne de l'ascension droite du Soleil calculée par les anciennes Tables, est de 3",o par l'ensemble des observations des quatre années. Elle n'est que de o",4 pour mes Tables, et par conséquent elle est inférieure à l'incertitude d'un ensemble d'observations du Soleil. » Pour Mercure, la correction moyenne des anciennes Tables, déduite des erreurs qui s'élèvent au moins à 5", est de 6", 3. La moyenne correspon- dante est sept fois plus petite pour mes Tables: elle n'est que de o",q. 3o.. ( a3a ) » Pour Vénus, la correction moyenne des anciennes Tables, déduite des erreurs qui s'élèvent au moins à 10", est de 27", l\. La moyenne correspon- dante est quinze fois plus petite pour mes Tables : elle n'est que de i",8. » ZOOLOGIE. — Sur un Eléphant vivait! ai rivé à la Ménagerie du Muséum a" Histoire naturelle le 7 jévrier 1862. " 31. A. Valexcikxxks donne les détails suivants sur un Éléphant mâle vivant, arrivé récemment à la Ménagerie du Muséum d'Histoire naturelle. » L'Eléphant que l 'Administration vient d'acquérir par voie d'échange, est un mâle âgé de douze ans, de la race des individus à trèsqaetites défenses droites, dite dans les Indes Eléphants Mooknah, par opposition à la race aux grandes et fortes défenses désignée sous le nom d' 'Eléphants Daunlelah. » Ce Mooknah a été envoyé directement de Colombo (Ceylan). Il est évidemment de là même race que les premiers Éléphants qui ont vécu au Jardin des Plantes. Ceux-ci étaient également nés à Ceylan, et ils avaient été primitivement reçus à la Ménagerie de la Haye. Ils furent amenés avec les trophées de nos campagnes de 1792 et 1793. Le mâle mourut en 1806; la femelle vécut jusqu'en 1817. Cuvier a fait graver le squelette de cet Élé- phant mâle, et ce portrait m'a permis de reconnaître que notre Éléphant actuel est très-certainement de la race des Mooknah. Il est bon de remar- quer encore que les Éléphants dont je parle ont le dos très-voùté, le train de derrière déclive, ce qui donne à l'animal un profil très-différent du Dauntelah (pie la Ménagerie a perdu il y a peu de temps. Celui-ci a le clos droit et incliné de la tète à la queue. » On retrouve aussi dans notre Mooknah la saillie en forte bosse que notre premier Éléphant mâle avait également au-dessus au commencement de la racine de la trompe. Cette saillie est due, on le sait par les dissections de Cuvier, à deux cartilages convexes et contigus existant sous les muscles releveurs de la trompe. » Notre Éléphant, haut déplus de trois mètres, est loin d'être adulte. Il pèse au moins trois tonnes ou six mille livres. Il est de la race de ceux qui arrivent à la plus liante taille, que les Indiens estiment à seize pieds anglais. » MÉCANIQUE appliquée. — Description d'un anémomètre totalisateur; par M. le Cénéral Morin. « Les appareils de ventilation les mieux établis et dont la disposition ( 2 33 ) semble offrir toutes les garanties d'un bon service, sont souvent loin de produire les effets que l'on est en droit d'en attendre, par suite de la négli- gence des agents préposés à leur marche, et l'administration des établisse- ments où ces appareils sont installés se trouve le plus souvent dépourvue de movens de contrôle d'un usage facile et sûr. y> Depuis longtemps tous les ingénieurs qui se sont occupés de la venti- lation avaient signalé l'utilité d'un instrument qui, à la simple vue, permet- trait de reconnaître quel est le volume d'air écoulé dans un temps donné plus ou moins long, sans déplacement de l'appareil, sans calcul et sans que les agents du service pussent en aucune façon influer sur les indications. » A l'occasion de l'examen de divers projets présentés pour la ventila- tion des nouveaux bâtiments du Palais de Justice, la Commission, présidée par M. Dumas et dont j'avais l'honneur d'être le Rapporteur, fit introduire, sur ma proposition, dans le cahier des charges, la condition ^i) que l'on établirait dans les cheminées d'appel général et dans un certain nombre de cheminées d'appel partiel des anémomètres totalisateurs qui indique- raient, à la fin de chaque journée ou de chaque nuit, les volumes d'air qui seraient passés par ces cheminées. » Pour réaliser cette condition, j'ai fait exécuter par M. Bianchi, ingé- nieur en instruments de physique, l'anémomètre que je mets sous les yeux de l'Académie. Il est basé sur le même principe que les divers anémomè- tres à ailettes et n'en diffère que par la grandeur des dimensions et par la disposition du compteur, qui permet de totaliser les nombres de tours et par conséquent les volumes d'air écoulés par jour, par semaine, par mois et même par année, sans qu'il soit nécessaire de toucher a l'instrument, au- trement que pour y renouveler l'huile qui lubrifie les pivots. >> Les ailettes, au nombre de six, en aluminium, et en forme de surface hélicoïdale, ont un diamètre extérieur deo m ,i5, qui pourrait être porté a o m ,2o si l'on voulait augmenter la sensibilité de l'instrument. Ces ailes sont montées sur un arbre vertical que l'on place au centre de la cheminée. Cet axe, en acier, est terminé par deux pivots coniques qui reposent sur des crapaudines de même forme, mais un peu évasées et disposées de telle sorte , que le pivot et la crapaudine sont toujours plongés dans un bain d'huile qui, ne pouvant pas s'écouler et presque entièrement à l'abri de L< poussière, ne devra être renouvelé cpie très-rarement. (i Rapport sur le chauffage et la ventilation des bâtiments du Palais de Justice. Juillet 1860. — Page 85. ( 234 ) » L'arbre du moulinet porte une vis sans fin à un seul filet qui conduit une roue de cent dents, laquelle fait connaître les unités du nombre de tours faits par cet arbre, ce qui pour la plupart des cas n'est pas nécessaire puisque l'instrument est destiné à fonctionner longtemps. » L'arbre horizontal qui porte cette roue devant se prolonger dans toute la largeur de la cheminée pour transmettre le mouvement au compteur, on lui a donné trois supports et on l'a formé eu deux pièces réunies par un joint universel. » La partie de cet arbre qui doit sortir de la cheminée porte un limbe divisé en cent parties, comme la première roue, ce qui permettrait au be- soin de connaître les nombres d'unités de tours des ailettes, si cela était né- cessaire. Cet arbre pénètre dans la boîte d'un compteur fermée à clef, il porte une vis à un seul filet, qui conduit une première roue de cent dents, dont chacune correspond par conséquent à cent tours des ailettes. Sur l'arbre de cette roue est fixé un limbe divisé en cent parties et qui indique les centaines de tours des ailettes jusqu'à ioooo tours. Sur le même arbre esl monté un pignon de dix dents, qui conduit une roue de cent dents, dont chacune correspond ainsi à iooooo tours des ailettes. 1J y a de la sorte six arbres, portant chacun un limbe et tournant de dix en dix fois moins vite, qui permettent de lire le premier les centaines, le deuxième les dizaines de mille, le troisième les centaines de mille, le quatrième les mil- lions, le cinquième les dizaines de millions, le sixième les centaines de mil- lions jusqu'à un milliard de tours des ailettes. » Tous les limbes sont à frottement doux sur leur axe et peuvent être ra- menés au zéro quand on le veut; mais il importait d'éviter cette opération cpie l'on ne pouvait confier à des mains plus ou moins grossières, et c'est ce qui a conduit à multiplier assez les rouages du compteur pour qu'il ne fût nécessaire de le ramener à son point de départ qu'après un temps fort long et seulement lorsqu'on le visiterait pour renouveler les huiles et le nettoyer s'il le fallait. » Malgré cette multiplicité des rouages et par suite de la grandeur donnée aux ailettes, de la bonne disposition des pivots et de l'ensemble de l'appa- reil, «lut- au talent de JM. Bianchi, la sensibilité de cet anémomètre est tres- comparable à celle de l'anémomètre si léger de M. Combes. Ainsi, dans une expérience préparatoire, une observation faite sur l'introduction de l'air par un tuyau de o"\2<)5 de diamètre a montré que, quand l'anémo- mètre, di' .M Combes, dont la tare est V = o m ,ao -+- o,o7o55N, ( a35 ) faisait 55 1 tours en i minute et indiquait une vitesse de o m ,848 en i se- conde, l'anémomètre totalisateur faisait 419, 33 tours en 1 minute. » D'après ce premier essai, les ailettes feraient 8 tours environ sous l'ac- tion d'un courant d'air de 1 mètre en 1 seconde, et il est facile de voir que sous celle d'une vitesse de 4 mètres en 1 seconde, que l'on n'atteint jamais dans les appareils de ventilation, il pourrait marcher pendant plus d'une année, sans qu'il fût nécessaire de ramener le compteur au zéro. » Dans le service courant il suffira donc, pour s'assurer de la marche de la ventilation, pendant le jour ou pendant la nuit, de venir lire à la hoite fermée du compteur les nombres de tours faits dans ces intervalles. La différence des nombres lus d'une observation à l'autre fera connaître combien les ailettes ont lait de tours dans l'intervalle de temps qui aura séparé les deux observateurs. Une tare préalable ayant été faite, l'on dé- duira de suite des nombres de tours, le volume d'air écoulé, ce qui per- mettra de reconnaître la marche de la ventilation. » Tout le mécanisme de l'instrument est monté sur un support en fonte solide et assemblé avec une plaque de tôle qui sera fixée à demeure sur la paroi extérieure de la cheminée. Le compteur, dans une boîte fermée à clef, est en dehors et à l'abri du contact. » Un bâti en fer, disposé de manière à n'opposer au mouvement de l'air que la moindre résistance possible, devra être installé dans la cheminée, pour recevoir l'appareil, que l'on pourra ainsi enlever quand on le jugera nécessaire. » Je m'occupe de faire monter au Conservatoire un gazomètre à l'aide duquel je ferai tarer les anémomètres de ce genre par la comparaison de leurs indications avec la mesure du volume d'air réellement écoulé. » LEÇONS DE MÉCANIQUE PRATIQUE. — Résistance des matériaux, 3 e édition; par M. le Général Morin. (Extrait.) « En présentant à l'Académie cette troisième édition de l'ouvrage que j'ai publié sur la Résistance des matériaux, je prendrai la liberté d'appeler particulièrement son attention sur deux questions assez importantes de cette partie de la science. » L'on sait que l'hypothèse fondamentale de la théorie de la résistance des matériaux aux déformations que des forces extérieures tendent à leur faire subir, consiste h admettre que, jusqu'à certaines limites, que l'expé- ( a36 ) rien ce détermine à peu près, les allongements et les raccourcissements que les fibres éprouvent sont proportionnels aux charges qui les produisent, et qu'entre ces mêmes limites les fibres reviennent exactement à leurs dimen- sions primitives, lorsque les causes qui les avaient déformées cessent d'agir; od dit alors que l'élasticité n'a pas été altérée. » Or, dans ces dernières années, M. Eaton Hodgkinson, savant anglais, auquel l'on doit un grand nombre d'importantes recherches sur ces ques- tions, avait cru pouvoir conclure de ses expériences que, toutes les fois qu'un corps subit un allongement ou un raccourcissement quelconque, il ne reprend jamais entièrement ses dimensions primitives, lorsqu'il cesse d'être soumis à l'effort qui l'avait déformé. Il admettait en conséquence que, par exemple, dans l'allongement d'un fil métallique, il se produisait toujours, outre l'allongement élastique, qui cessait avec l'effort de tension, un allongement permanent. » La discussion des expériences de M. Hodgkinson, l'examen des dispo- sitions qu'il avait prises pour les exécuter et l'excessive petitesse des allon- gements permanents observés, m'avaient conduit à attribuer ces allonge- ments, non pas à une déformation ou à une variation de la longueur même des fibres, mais bien à un tassement des points d'appui ou d'assemblage ou à un redressement général des pièces essayées. Cette explication me pa- raissait d'autant plus probable, que les barres de i5 mètres de longueur totale employées par M. Hodgkinson étaient formées de plusieurs parties réunies par des écrous à filets en sens contraire, qui sous l'action des charges pouvaient fort bien éprouver des tassements. » Pour lever les doutes à ce sujet, il m'a paru nécessaire de faire des ex- périences spéciales, en opérant sur des fils métalliques d'une grande lon- gueur et d'une seule pièce. J'ai profité pour l'exécution de ces expériences de la grande hauteur de la galerie d'expérimentation du Conservatoire des Arts et Métiers, et j'ai pu ainsi soumettre à la traction des fils de cuivre et des fils de fer de plus de 22 à 24 mètres de longueur. » Au moyen de cathétomètres très-précis, on a pu observer à un centième de millimètre près les allongements produits entre deux repères tracés sur les fils et distants de 21 mètres. » Ces expériences présentaient cependant une difficulté provenant de ce que les fils employés ne se trouvent clans le commerce que sous forme de paquets roulés de o m ,6o à o m ,7o de diamètre, et qu'il était très-difficile de les redresser complètement avant l'expérience; de sorte qu'ils offraient encore de légères courbures appelées rosses, dont le redressement successif, ( 23 7 ) sous l'action des charges, pouvait exercer sur les résultats une certaine influence, ce qui est effectivement arrivé. o Mais, en répétant les expériences à plusieurs reprises, cet effet, une fois produit, devait s'atténuer de plus en plus, et la véritable marche des allon- gements devait se manifester de mieux en mieux. » Les charges suspendues aux fils étant successivement mises en place et enlevées, l'on a pu, pour chacune d'elles, observer l'allongement produit et le retour à la longueur primitive, d'où l'on a conclu la valeur de l'allonge- ment élastique et celle de l'allongement permanent. » Or, tandis que dans des limites étendues les premiers sont restés proportionnels aux charges, comme la théorie le suppose, les seconds, tou- jours très-faibles, ont été en diminuant d'une expérience à l'autre, c'est- à-dire à mesure que les fils étaient plus exactement redressés. » Ainsi deux fils de cuivre successivement essayés ont donné les résultats suivants : Numéros des Désignation du fil. expériences. N° 1. Allongement permanent en fraction de la longueur primitive. I Diamètre 2 mm ,584. 2 9 585 i n666t i 285-ji5 l l N°2. Diamètre 2 mm ,6oo. i5ooq Négatif. i i i 2903 quantités évidemment négligeables, et qu'il est certainement permis de regarder comme nulles, par rapport à l'influence des moindres variations de température, puisque, d'après les résultats des expériences de Laplace et de Lavoisier, une différence d'un seul degré du thermomètre centigrade produit une dilatation ou un raccourcissement de longueur égal à ^ — » Cette dernière observation explique même comment, dans la deuxième C. R., 1862, 1 er Semestre. (T. L1V, N° 5.) ^1 ( a38 ) expérience sur le fil n° 2, l'allongement permanent a pu être négatif par l'effet d'un léger abaissement de température. » L'examen des valeurs du coefficient d'élasticité déduites de ces expé- riences prouve d'ailleurs que dans aucune d'elles l'élasticité n'a été altérée Ces coefficients ont eu, en effet, les valeurs suivantes : Numéros Valeurs des des coefficients Désignation des lils. expériences. d'élasticité. / I 6 909971 3o9 kil y 1. j 2 7 118 354 507 ( 3 Moyenne 6 521 770 186 6 85o oo3 001 / 1 7 3io 170 535 kil N°2. 1 2 8 777 809696 ( 3 7 3 7 4 366 197 Moyenne 7 827 448 809 Moyenne générale 7 338 740 4o5 » On remarquera que ces valeurs sont toutes inférieures à celles qui étaient fournies par les anciennes expériences et qui étaient pour Le fil de cuivre rouge étiré 12 000 000 000 kil Le fil de cuivre rouge recuit 10 5oo 000 000 Moyenne. . . 11 25o 000 000 » Il convient d'ailleurs de faire observer que les densités indiquées pour les fils anciennement expérimentés sont aussi supérieures à celles des fils que l'on trouve actuellement dans le commerce, et qu'il semblerait résulter de la comparaison des résultats des anciennes expériences aux nouvelles que, pour un même métal, les coefficients d'élasticité varieraient dans le même rapport que les densités. Ce qui d'ailleurs semble rationnel. » Des expériences analogues ont été exécutées sur des fils de fer très-fins de o mm ,20 de diamètre, et, en répétant trois fois de suite les épreuves, l'on a constaté que les allongements permanents ont été à la expérience - de l'allongement tota 277777 1 3ia5oo ( #9 ) tandis que, les allongements élastiques étant restés à très-peu près les mêmes, le coefficient d'élasticité a eu les valeurs suivantes : i re expérience. . . 19 326 210 9S0 kiI 2 e " » 19 747 235 387 3 e 19 857 029 388 Moyenne . . . 19 643 458 585 valeur très-peu diff